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27 février 2005
LA CÈNE DU CRIME
Après son interdiction d'affichage à Milan, la Cène de Léonard de Vinci revisitée par les stylistes Marithé et François Girbaud crée la polémique à Paris.

Cliquez sur l'image pour la voir en plus grand

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En effet, le 25 février dernier, la Conférence épiscopale française a intenté une action en justice afin d'interdire cette campagne publicitaire qu'elle considère comme insultante. Il serait question de poses lascives et des plus suggestives, de comportements érotiques et blasphématoires à l’égard de ce qui constitue l’essentiel pour les chrétiens (…) alors qu’on est en plein carême.
En vérité, que voit-on sur cette image conçue par la photographe italienne Brigitte Niedermair ?
La Cène de Léonard où tous les personnages masculins ont été remplacés par des femmes. Dont les poses, il faut bien le reconnaître, sont aussi lascives qu'un assortiment de saucisses de Strasbourg emballées sous plastique.
Sauf que des femmes à la place des apôtres, mon Dieu quelle honte !
Seul un homme figure sur cette affiche, et c'est là le second objet de la discorde. Torse nu, il est enlacé par deux femmes en même temps.
Pourquoi cet homme au sein de ce gynécée ?
Les concepteurs de l'affiche font ici référence à cette nullité littéraire baptisée Da Vinci Code. Dans ce livre, son auteur suggère que le personnage représenté par Vinci à la droite du Christ n'est pas un homme, mais une femme. Il s'agirait de Marie-Madeleine, qui serait l'épouse ou la concubine de Jésus.
L'Église se dresse donc contre cette affiche, qui n'a pourtant pas grand-chose de choquant si on se souvient du livre de Bettina Rheims et Serge Bramly intitulé Inri, qui avait été interdit à l'affichage dans les vitrines des libraires de France :

Dans cet ouvrage, on pouvait voir, entre autres, cette Cène :

… et d'autres images bien plus sulfureuses !
Le président du tribunal a demandé aux évêques français de revoir leur assignation, afin qu’elle vise le diffuseur de la campagne et non les créateurs. Une nouvelle audience aura lieu le 10 mars prochain.
M'est avis que la Conférence épiscopale française ferait bien de se trouver d'autres combats.
09:30 Lien permanent
Commentaires
merci (encore!!!) pour ce billet
j'ai été stupéfaite de voir les réactions hostiles des bien-pensants catholiques à propos de "cette cène"...
Il n'y a rien de vulgaire, je ne vois rien de lascif, je trouve que c'est beau(ah, la colombe sous la table!), bref, y a peut etre d'autres chats à fouetter, non?
hors sujet: puisque tout le monde se met à table, merci pour l'adresse chinoise du 11eme ;-)
Ecrit par : penglobe | 27 février 2005
A voir le catalogue de la formidable exposition "Copus Christi ou la représentation du christ de 1855 à 2002" que présentait l'hôtel de sully en 2002. « Cette exposition propose une vision photographique de la représentation du Christ. Les images sont la traduction des choix esthétiques et philosophiques des artistes. Certaines d'entre elles pourraient heurter la sensibilité des visiteurs. » Tel est l'avertissement que l'on découvre sur un panneau au moment de prendre son ticket d'entrée à l'hôtel de Sully! Et oui le sujet de ton article est visiblement toujours d'actualité! Pendant cette exposition on a beacoup parlé de la photo de Adi Nes photographe israélien qui faisait une réprésentation de la cène avec les apôtres habillés en soldats, magnifique. Un catalogue que l'on pe pt'être encore dénicher... Très beau article!
Ecrit par : alekssandre | 27 février 2005
ALEKSSANDRE : Oui ! j'avais oublié cette expo !
Un article à son propos et quelques images dans Télérama.
Taper "corpus christi télérama" dans Google (l'adresse de la page est trop longue pour être écrite ici).
Une présentation du catalogue sur :
http://www.marval.com/catalogue/livres/corpuschristi/index.shtml
Ecrit par : KA | 27 février 2005
merci pour la sobriété et la clarté de l'analyse et d'une façon générale pour la qualité de votre site avec lequel je viens d'établir un lien sur le nôtre...
Ecrit par : louis | 27 février 2005
LOUIS : Merci !
Ecrit par : KA | 27 février 2005
Qu'as tu trouvé de nul dans le DA VINCI CODE !!!
Ecrit par : Gandalf | 27 février 2005
GANDALF : "Qu'as tu trouvé de nul dans le DA VINCI CODE !!!"
TOUT ! Ce bouquin, mal écrit, ne tient pas debout une seule seconde. Le nombre d'absurdités qu'il contient est phénoménal.
3 exemples :
- au chapitre Peinture : au Louvre, la nana décroche "la Vierge aux Rochers" de Vinci. C'est une peinture SUR BOIS qui mesure 1,20mx2m SANS le cadre. Entraîne-toi aux haltères et va essayer…
- au chapitre Topographie : relis le passage où l'auteur situe l'ambassade amerlocaine. Prends une boussole et tu seras surpris.
- au chapitre Architecture : le méchant de la secte va dans l'église Saint-Sulpice. On a donc droit à une description du lieu qui ignore LE truc le PLUS important qui figure dans cette église.
Normal, l'auteur n'a jamais mis les pieds à Paris !
Etc.
Ce bouquiin est un tissu d'inepties au point de vue artistique, au point de vue scénario, au point de vue spatial.
Mais qu'on se rassure, bientôt paraîtront des clones de Da Vinci Code, tout aussi crétins, voire plus. On risque donc d'avoir droit à des chefs-d'oeuvre absolus dans le genre ;-)
Ecrit par : KA | 27 février 2005
Ouaich laisse moi rire à part quelques personnes d'une culture avancée c'est à dire 1 à 2% des personnes ayant lu ce bouquin personne n'aura vu ces incohérences (je fais parti des 98% 80) ). Je te trouve sévère mais bon il est vrai que j'ai lu ce bouquin à sa sortie avant qu'il ne face le TABAS que je ne comprend pas non plus. J'ai trouvé que c'était un bon polar mais sans plus sans rien d'extraordinaire. Mais bon je me fou royalement du côté véridique ou pas de ce qui est écrit l'intrigue elle tient la route. Enfin ce n'est que mon avis et chacun a ces critères de jugement quant à la littérature.
Ecrit par : Gandalf | 27 février 2005
Bravo pour cet article et les 2 reproductions. J'ai découvert ce blog en cherchant cette publicité pour transmettre l'image (que je trouve très belle) avant que les catholiques fanatiques* ne réussissent à la faire interdire. J'ai découvert à la fois pub et plainte aux infos de 13h et ne voit rien de choquant dans cette publicité. Au contraire mon côté féministe l'approuve entièrement. Je transmets à mes contacts le lien pour cette page.
ps : je n'avais pas reconnu un homme de dos =:-o
Comment peut-on intervenir pour contrer la plainte ?
Encore bravo !
* : je sais ce dont je parle, mes parents m'ont collé l'étiquette catholique quand j'avais 6 mois et l'éducation religieuse qui va avec ...
Ecrit par : justine bridu | 01 mars 2005
JUSTINE : "Comment peut-on intervenir pour contrer la plainte ?"
A moins d'écrire des lettres de protestation à des journaux, je ne vois pas bien ce qu'il est possible de faire…
Ecrit par : KA | 01 mars 2005
Cela me rappelle une autre image, et il me paraît plus simple de publier une note illustrée qu'un simple commentaire chez lui. J'espère que tu me pardonnera, KA ...http://neocitrus.hautetfort.com/archive/2005/03/01/tous_en_cene.html
Ecrit par : croustine | 01 mars 2005
L'image en elle même est bien loin de me choquer... Ce qui me laisse perplexe, c'est cet esprit intolérant dont fait encore une fois preuve l'Eglise.
Farouche défenseur de la laïcité, et au delà de ça fervent détracteur de toute religion, il n'en reste pas moins que j'aime à me documenter sur ce sujet. Pour débattre d'une question, il vaut mieux connaitre ses gammes...
Petit retour en arrière qui me fait voir toute cette polémique comme déplacée de la part de L'Eglise, voire même blasphématoire. (un comble...):
Sans rentrer dans le détail, alors que Moise crapahutait sur sa montagne à la recherche des tables de la loi, ses accolytes s'ennuyant ferme, ne trouvèrent rien de mieux à faire que de vénérer une idole. (je vais à l'essentiel). Ce qui ne manqua pas d'attirer sur eux les foudres divines, puisque l'idolatrie est un crime de lèse seigneur-mégalo.
Et que fait aujourd'hui le clergé? Il s'attache à défendre un tableau, fort joli au demeurant, le dressant quasiment au rang de sainte relique.
Il n'en reste pas moins que c'est un tableau, un dessin peint par un homme fait de chair et de sang. Une représentation de la Cène, vue par les yeux de Léonard. Rien d'autre.
Le clergé crie au blasphème, mais quelle ironie, c'est le clergé qui remporte la palme du blasphème en idolatrant une toile, tout simplement.
Au delà de l'aspect purement matériel, pour autant que j'en sache, les religions sont sensées délivrer un message de tolérance et d'ouverture d'esprit.
Ce qui est malheureux dans tout ça, c'est que les personnes qui devraient être au plus pret de leur créateur et de ses saints préceptes, sont paradoxalement les plus intolérantes et obtues qu'il soit...
Ecrit par : geo | 15 mars 2005
mon commentaire ici:
http://alessandrab.blogspot.com/2005/03/visual-representation-of-entire.html
(en anglais)
Ecrit par : alessandra | 17 mars 2005
ALESSANDRA : à ce commentaire, je répondrai ceci :
1/ critiquer les créations vestimentaires de M. et F. Girbaud ou dénoncer le mercantilisme qui les anime n'a rien à voir avec le sujet concernant le caractère éventuellement blasphématoire de cette publicité.
2/ Le deuxième commandement impose de ne point adorer les images :
"Tu ne te feras point d'image taillée, ni de représentation quelconque des choses qui sont en haut dans les cieux, qui sont en bas sur la terre, et qui sont dans les eaux plus bas que la terre. Tu ne te prosterneras point devant elles, et tu ne les serviras point".
Des ses Epîtres aux Corinthiens, Saint Paul ne s'est pas privé de le rappeler à plusieurs reprises :
"un poids éternel de gloire, parce que nous regardons, non point aux choses visibles, mais à celles qui sont invisibles; car les choses visibles sont passagères, et les invisibles sont éternelles. "
[II Cor. 4:18]
"car nous marchons par la foi et non par la vue".
[II Cor. 5:7]
Ecrit par : KA | 17 mars 2005
critiquer les créations vestimentaires de M. et F. Girbaud ou dénoncer le mercantilisme qui les anime n'a rien à voir avec le sujet concernant le caractère éventuellement blasphématoire de cette publicité.
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**éventuellment** blasphématoire?
La question est qui defini le respect? C'est une personne qui n'a pas le respect? Pour quoi c'est votre conception de traitement sans respect pour des autres personnes et ses religions qui doit être la loi et la règle dans le monde?
Par example, aux Etats Unis, les Indiens ont déposé une action en justice contre un équipe du sports, parce qu'il utilisent l'image d'un indien comme mascotte et les Indiens disent que cela met leur image dune façon qui n'a pas de respect. C'est la même chose.
(The question is: who defines what is respect? Is it someone who does not have respect? Why should you, someone who does not have respect for other people and their religions, be the person who defines the law and the rules in society?
For example, in the US, an Indian nation has sued a sports team who uses an Indian image as a mascot. The Indian nation says that's a way to use their image to demean them. It's the same thing.)
Ecrit par : alessandra | 17 mars 2005
Le "respect" ressemble ici fort à un alibi que se donnent certains responsables religieux, ici des catholiques mais ce n'est pas mieux ailleurs, pour interdire que l'on tienne un autre discours que le leur sur des sujets, qu'ils se sont appropriés. En d'autres termes, le respect est ici un joli mot pour ce qu'en d'autres contextes, on dénommerait de la censure.
Le respect véritable consiste à considérer que l'autre est mon égal et que je dois accorder la même valeur à ses avis, décisions, actes... que celle que j'accorde à mes propres avis, décisions, actes... Ainsi, le droit qu'un responsable religieux s'accorde à discourir sur certains sujets, à condamner comme hérétiques certains avis ou certaines représentations, il doit me l'accorder aussi, au moins dans un Etat laïque et républicain.
Hugh j'ai dit.
Ecrit par : Zorglub | 17 mars 2005
Le respect véritable consiste à considérer que l'autre est mon égal et que je dois accorder la même valeur à ses avis, décisions, actes... que celle que j'accorde à mes propres avis, décisions, actes...
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Si les personnes ne sont pas égales, pour quoi insister qu'il n'y a pas de différence? Vous n'êtes pas égale a moi, vous n'êtes pas moi. Votre valeurs ne sont pas les miennes. Vous n'est pas d'accord avec mes valeurs, mes idées. C'est une illusion que tous est la même chose. La différence, pas l'égalité, c'est la réalité.
[Le "respect" ressemble ici fort à un alibi que se donnent certains responsables religieux, ici des catholiques mais ce n'est pas mieux ailleurs, pour interdire que l'on tienne un autre discours que le leur sur des sujets, qu'ils se sont appropriés."]
Voilà, "un autre discours" ce n'est pas le même discours. Il y a de très grandes différences entre les discours. Nous ne sommes pas tous le même.
Et, je suis d'accord qu'il y a des contextes, religieux ou non, où la demande pour respect c'est une façon de faire la censure (l'ignorance de idées pro-homosexuels, par exemple).
"a gratuitous and aggressive act of intrusion on people's innermost beliefs" et "The offence done to Catholics far outweighs the desired commercial goal," a dit le juge.
C' est ne pas une question d'être hérétique, c'est le droit de faire une aggression gratuite pour vendre des vêtements idiots.
Ecrit par : alessandra | 17 mars 2005
L'égalité n'est pas l'identité. Le respect ne consiste pas à partager les opinions d'un autre mais à lui reconnaître le droit d'en avoir et à reconnaître qu'elles méritent la même considération que les miennes.
Discuter avec quelqu'un, écouter ses arguments, entreprendre même de lui montrer qu'il a tort sont à ce titre autant de marque de respect.
En revanche, le faire taire, lui dire qu'il raconte des inepties sans autre précision relève de l'absence de respect.
Reste que je ne défends pas particulièrement les publicitaires : leur utilisation des oeuvres artistiques (musicales, iconographiques...) a une fâcheuse tendance à m'agacer. Mais ceci n'a rien à voir avec le contenu de telle ou telle oeuvre et, dans ce cas précis, l'épiscopat aurait mieux fait de se taire.
Ecrit par : Zorglub | 17 mars 2005
L'égalité n'est pas l'identité. Le respect ne consiste pas à partager les opinions d'un autre mais à lui reconnaître le droit d'en avoir et à reconnaître qu'elles méritent la même considération que les miennes.
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De cette façon, comment tous les agressions (verbales) expriment des sentiments et, d'une façon plus ou moins visibles, des idées, vous prêchez que tous les agressions verbales sont admissibles, pour être une façon de s'exprimer. Personne a le droit d'avoir un traitement avec respect dans le sphère émotionelle, psychologique, intellectuelle.
Ce ça c'est la liberté d'expression totale. Et c'est un monde de guerre et violence, parce que, comment nous n'avons pas jamais les mêmes droits réels, ni les mêmes moyens et possibilités de faire le discours publique et privée, les puissants peut faire tous ses agressions et les autres n'ont pas le droit de s'exprimer ou de se défendre. La liberté de n'être pas agressé est un droit aussi.
La question est que il y a une agression avec cette publicité. Bien sur que si Madame Girbaud ait proposé une conférence pour discuter les problèmes de la religion Catholique avec les femmes, personne objecterait et demanderait la censure. C'est ne pas la censure des idées, mais la question de l'agression.
(If Ms. Girbaud had proposed a conference to discuss the problems with Catholicism and women, no one would have objected (to the point of censorship). It's not the censorship of ideas that is in question here, but the component of aggression.)
Ecrit par : alessandra | 17 mars 2005
Un principe que l'on trouve dans les Consitutions fondées sur la notion de liberté est celui de l'interdiction de l'abus de droit : en résumé, ce principe dit qu'il est interdit d'utiliser les droits reconnus au titre de la liberté pour mettre en cause la liberté.
Un principe similaire s'applique au respect : celui qui agresse l'autre, donc ne le respecte pas, ne peut invoquer le respect dû à sa personne pour se voir reconnaître un tel droit d'agresser.
On pourrait en conclure que précisément les publicitaires ont abusé de leur liberté d'expression et donc méritent bien leur sanction mais cette conclusion serait un peu rapide.
Dans le domaine verbal, la limite entre ce qui relève de l'agression (de l'insulte) et ce qui n'en relève pas, est moins nette à établir que dans le domaine physique. Les juges tranchent en se fondant sur le contexte, l'intention et sur le sens usuel des mots et il n'est (évidemment) pas question de mesurer l'existence de l'insulte au seul fait que le destinataire des propos s'est senti blessé. En l'occurrence, ni le contenu de l'affiche, ni le fait qu'elle constitue le pastiche d'un tableau célèbre (qui n'appartient au reste pas à l'épiscopat), ni le contexte (une publicité) ne permette de conclure à un outrage délibéré.
Celui-ci n'existe que parce que l'Eglise a en l'occurrence décidé de s'arroger l'exclusivité des discours ou représentations de la Cène ou pour ceux qui, comme tu l'indiques sur ton site, pensent qu'une guerre de religion est en cours et que tous ceux qui ne sont pas avec vous sont donc contre vous.
Je ne suis pas en guerre.
Fin du débat pour moi.
Ecrit par : Zorglub | 17 mars 2005






