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12 mars 2005

KANDINSKY - 3

En 1909-10, Kandinsky peint Composition II. La toile mesure 200x275 cm, c'est la plus grande qu'il ait jamais réalisée à cette époque.

Le tableau a disparu dans un incendie pendant la Seconde Guerre mondiale mais il subsiste l'étude préparatoire, qui mesure 97,5x 131,2 cm. Selon leur auteur, il n'y a aucune différence entre ces deux oeuvres sinon le format.




Etude pour Composition II, 1909-10

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Dans Composition II, on voit la libre utilisation des couleurs sans la contrainte des exigences de la perspective… Je n'aimais pas voir des prolongements contradictoires du corps ou des distorsions anatomiques dans les tableaux des autres, et je savais très exactement que ce ne pouvait et ne serait pas là la solution du problème figuratif. L'objet allait ainsi se dissoudre progressivement de lui-même dans mes tableaux. On peut le voir dans presque tous les tableaux de 1910.

C'est ainsi que le cavalier central et les personnages qui l'entourent disparaissent presque, dans une imbrication de couleurs rythmées. À propos de cette oeuvre, Franz Marc (peintre et ami de Kandinsky et Paul Klee) évoquera l'ornementalisme des tapis mahométans.






Partie de canot, 1910

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Kandinsky emploie ici le noir et le blanc, couleurs éminemment "graphiques" qui confèrent à l'ensemble un côté dramatique : il semblerait qu'une tragédie guette les rameurs.

Toutefois, l'essentiel n'est pas là. Chaque élément figuratif (les rameurs, le lac noir, le château, les montagnes, le soleil couchant) n'est qu'un point de départ. Trois courbes blanches, un rectangle vertical orange, des bandes horizontales jaunes, rouges et blanches, des triangles noirs qui s'opposent, créent un système de tensions excluant peu à peu l'anecdote.






Improvisation 11, 1910

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Une barque sur la mer démontée, avec un rameur et des passagers ; des gardes, pointant des lances ; deux cavaliers rouges brandissant des épées, deux canons dont l'un tirant un coup de feu, une explosion, un chien qui se lèche, indifférent au tumulte…

Autant de figures qui, une fois encore, ne sont que prétextes à affrontements colorés.



Dans ces trois oeuvres datées de 1910, les sujets représentés ne sont pas réellement importants. Ce qui compte, c'est la collision des formes et des couleurs, les rythmes. Depuis qu'il a assisté à une représentation du Lohengrin de Wagner, Kandinsky conçoit sa peinture comme un oeuvre musicale.

En règle générale, la couleur est donc un moyen permettant d'exercer une influence directe sur l'âme. La couleur est la touche. L'oeil est le marteau. L'âme est le piano avec ses nombreuses cordes. L'artiste est la main qui fait vibrer l'âme humaine en appuyant de façon adéquate sur telle ou telle touche.

Mais pour l'instant, il a encore besoin de ces supports figuratifs qui lui servent de passerelles vers l'abstraction :

Je poussais donc les objet d'un même tableau à un degré de dissolution plus ou moins poussé afin qu'ils ne pussent être reconnus tous en même temps (…) Çà et là, des formes purement abstraites trouvèrent leur place (…) En d'autres termes, je n'étais pas encore mûr pour faire l'expérience de la forme purement abstraite sans un pont figuratif. Si j'avais alors eu cette faculté, des tableaux absolus* de ma main auraient déjà vu le jour à cette époque.

* Kandinsky utilise indifféremment les mots absolu et abstrait.

11:28 Lien permanent

Commentaires

quel régal, ces toiles!!!
merci cher KA je me suis précipitée sur ce billet, dès que j'ai vu son titre

Ecrit par : penglobe | 16 mars 2005