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27 mars 2005
VIOLON D'INGRES
Jean Auguste Dominique Ingres (1780-1867) était un fabuleux peintre et dessinateur. A ses élèves, il disait :
Il y a trois principes à respecter pour réussir dans la peinture : 1/ le travail, 2/ le travail, 3/ le travail.
Quand il ne travaillait pas, Ingres avait un passe-temps : il jouait du violon. D'où l'expression bien connue.
En 1924, Man Ray, photographe d'origine américaine, réalise ce célèbre Violon d'Ingres.

Violon d'Ingres,
épreuve photographique aux sels d’argent
rehaussée de crayon et encre de Chine,
28,2 cm x 22,5 cm.
Man Ray, l'Homme Rayon (de son vrai nom Emmanuel Rudnitsky), commence à travailler dans la publicité et le graphisme.
Il se lie à Marcel Duchamp et au groupe Dada en 1915, s'initie à la photographie, pratique des collages, etc. Puis il s'installe à Paris en 1919 et rejoint le groupe des Surréalistes qui lui devront beaucoup.
C'est le célèbre modèle Kiki de Montparnasse qui posa pour ce Violon d'Ingres.
On la voit assise de dos, ses bras sont invisibles, sa tête est tournée vers la gauche. Sur son corps sont dessinées, au crayon et à l'encre de Chine, deux ouïes de violon. La forme de son dos rappelle cet instrument, son crâne enturbanné évoque le haut du manche appelé communément tête.
Nous avons donc l'image d'une femme-violon qui nous rappelle le passe-temps d'Ingres et aussi, peut-être, son grand intérêt pour les femmes. Sans parler de celui, non feint, que Man Ray portait à la sublime Kiki.
Mais la chose ne s'arrête pas là.
La position de Kiki, ainsi que son turban, rappellent directement Le bain turc qu'Ingres peignit en 1862 (visible au Musée du Louvre).

Cliquer sur l'image pour la voir en plus grand
Il est à noter que la femme de dos joue d'un instrument, qui n'est pas le violon…
Les surréalistes avaient repris à leur compte une phrase issue des Chants de Maldoror (écrits par Isidore Ducasse, dit Comte de Lautréamont, 1846-1870), qui leur servait à qualifier leur mouvement :
beau comme la rencontre fortuite sur une table de dissection d'une machine à coudre et d'un parapluie.
La rencontre de Kiki et d'un violon n'a, on l'a vu, rien de fortuit. Elle reste néanmoins l'une des plus belles oeuvres surréalistes jamais produites.
Quelques photos de Man Ray sur Artchives.com.
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Commentaires
Vous écrire à propos de cette note ou d'une autre...peu importe. C'est juste pour vous dire que naviguer sur votre blog est un bonheur!
Ecrit par : Quilirene | 05 avril 2005
QUILLRENE : Merci merci ! C'est trop d'honneur de la part de quelqu'un qui s'occupe d'un blog authentiquement pointu tel que
http://antiquite-tardive.hautetfort.com/
Ecrit par : KA | 05 avril 2005
Toujours instructif et en plus passionnant.. Pour Kiki, voir le site
http://www.zabriskiegallery.com/KIKI%202002/KikiImages.html
Ecrit par : alan | 26 avril 2005







