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26 avril 2005

L'ENTERREMENT D'UNE IMAGE

En 1950, le magazine américain Life commande à Robert Doisneau un reportage sur les amoureux de Paris.

Le photographe s'en va arpenter les rues de Paris, s'arrête à une terrasse de café face à l'Hôtel de Ville, repère un couple d'amoureux à qui il demande de poser pour lui.




Cliquer sur l'image pour la voir en plus grand


Françoise Bornet, la femme du baiser, est aujourd'hui âgée de soixante-quinze ans. Afin de pouvoir monter une société de production de films documentaires, elle a vendu aux enchères, ce lundi 25 avril 2005, un tirage de la photo que lui avait offert Doisneau quelques jours après la prise de vue.

D'une valeur de départ estimée entre 15 et 20 000 euros, le Baiser de l'Hôtel de Ville a été adjugé pour la somme de 155 000 euros ! Belle récompense pour l'un des deux modèles qui n'a jamais touché, de la part de l'agence Rapho, un centime de royalties sur l'exploitation de la célèbre photo.



Cette image, tout le monde l'a vue, revue, re-revue. En cartes postales, affiches, calendriers, sur des agendas, etc. Peut-être même existe-t-elle en puzzles, sur des cendriers, des dessous de plat, des peignoirs de bain.

le Baiser de l'Hôtel de Ville est une image morte, comme La Joconde de Vinci ou l'Angélus de Millet assassinés à coups de foulards, timbres-poste, boîtes à sucre, tapisseries au point de croix.

Il est devenu difficile - sinon impossible - de les considérer pour leurs seules qualités esthétiques, pour l'émotion qu'elles suscitent, elles ne sont plus que cadavres de papier. Dommage.

Trop d'image tue l'image.



Doisneau n'appréciait pas énormément ce cliché. À chaque fois qu'il l'évoquait, il disait préférer la photo volée de Mademoiselle Anita prise au dancing de la Boule Rouge, en 1951 :





Une centaine de photos de Robert Doisneau en cliquant ici.

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Commentaires

Bon ben c'est un juste retour des choses pour Françoise Bornet quand même !
Après c'est vrai qu'une image vue et revue ça devient aussi pénible que d'écouter la radio.. pourtant j'adore cette image...

Ecrit par : Lew | 26 avril 2005

Donc c'est bien une photo truquée ...?

Ecrit par : Rubempre | 26 avril 2005

RUBEMPRE : C'est une photo préparée, mise en scène, pas un instantané pris à la volée. Doisneau en a fait d'autres, dans ce genre.

Ecrit par : KA | 26 avril 2005

Ka, après Neocitrus, tu es à l'honneur dans "un blog par jour"!

Ecrit par : enflammée | 26 avril 2005

J'adore cette photo. L'effet de filé sur le personnage à l'arrière-plan contribue largement à donner cette impression d'instantané.
Par contre, ''Mademoiselle Anita'' j'accroche moins, même si

Ecrit par : steph | 26 avril 2005

argh, fichu clavier !
je disais donc, j'accroche moins, même si il y a une atmosphère dans cette photo.

Ecrit par : steph | 26 avril 2005

ENFLAMMÉE : Oui j'ai vu. A'y'est, j'vais être célèb' !

Ecrit par : KA | 26 avril 2005

Dans la seconde photo, malgré l'apparente facilité, il y a plein de choses.

N'apprend-on pas dans les écoles de photographie à se méfier des miroirs. Et si le personnage central de la photo n'était finalement pas Anita ?

Ecrit par : 26/11/1964 | 26 avril 2005

26/11/1964 : Bien vu ! En effet, dans les miroirs on voit deux fois Doisneau.

Ecrit par : KA | 26 avril 2005

j'ai entendu dire,que mme BORNET avait une maison de production ,qu'elle voulait aider les jeunes a se lancer ,etant moi meme dans l'audiovisuel,vous serait il possible de me fournir une adresse ,afin que je puisse la contacter,pour avoir plus de renseignements .
merci par avance.

MAHU nicolas

Ecrit par : mahu nicolas | 27 avril 2005

Je préfère ses photos d'enfants, la plupart gardent leur spontanéité, ce qui devrait catractériser l'acte de photographier...

Ecrit par : greta | 02 mai 2005

Vous m'avez piqué mes expressions !

Ecrit par : Srozynski | 12 décembre 2005

SROZYNSKI :Hein ?

Ecrit par : KA | 12 décembre 2005