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06 juillet 2005
LES BIENFAITS DE L'INDUSTRIE
Dans les années 50, la consommation des foyers étazuniens prenait une ampleur jamais atteinte jusque-là. Ces biens ne sortaient pas de nulle part, il fallait les produire dans des usines. L'industrie, qui oeuvrait pour le bonheur de tous, communiquait dans ce sens.
Tout commence avec l'indispensable automobile, fierté éminemment américaine. Ici une Oldsmobile de 1958 placée dans un décor champêtre, avec un planeur au-dessus d'elle. Chromes aux formes sexuées, planeur effilé, une bien belle image aux harmonies de couleurs dignes d'un Vermeer.

Mais abandonnons un instant ce décor idyllique pour contempler la future station-service imaginée par Bohn Aluminum and Brass. N'est-ce pas merveilleux ?

Et quoi de plus beau qu'un complexe industriel signé Chrysler ?

La chimie n'est pas en reste : de l'usine Mathieson Chemicals à la robe d'enfant en passant par le calicot qui recouvre un parterre de fleurs, l'industrie déroule sous les pieds nord-américains un bonheur sans fin. (On observera les fines fumées, qui vont bien vite se perdre dans les nuages.)

Et puis, sans Mathieson Chemical, toutes ces chères têtes blondes auraient-elles droit aux esquimaux glacés ? Il faut croire que non. (Tiens, aucun enfant de couleur dans cette image ; ni dans les autres, d'ailleurs…)

Ah ! Quel bonheur que le progrès industriel qui délivre Madame du seau et du balai en fabriquant des aspirateurs électriques pendant que Monsieur ira se détendre au golf !

Le doux foyer est le symbole de la réussite, le temps est aux rêves les plus fous : les compagnies électriques indépendantes prédisent l'avènement de la maison qui tourne sur son axe au gré des heures, au gré des saisons.

Pendant ce temps, les ouvriers du chemin de fer - représentés dans un style que n'auraient pas renié les peintres de la Chine maoïste [voir un exemple ici] - ont droit à une pause-café avec Maxwell House.

N'oublions pas que les trains au diesel fonctionnent à merveille grâce aux roulements à billes de la Bower Roller Bearings ! Sans doute est-ce la raison pour laquelle toute trace de fumée est ici absente.

Et le week-end, chacun astique les chromes avec Sharon Steel, bien sûr.

Ah ! Quel confort et quelle tranquillité de pouvoir surveiller à distance sa progéniture grâce aux entreprises dispensatrices d'énergie !

Quant aux femmes qui travaillent en usine, elles ont la vie simplifiée avec les tournevis à air comprimé de Gardner-Denver.

N'oublions pas les progrès fulgurants de la médecine. C'est grâce à la chimie industrielle de Mathieson Chemicals - encore eux - que la tuberculose a été vaincue, mais oui.

Et Vanadium Corp. of America fabrique des canons anti-cancer. N'est-ce pas merveilleux ?

Que serions-nous sans les bienfaits de l'industrie, sans Union Carbide qui domestique l'énergie pour nous ?

Rappelons toutefois qu'Union Carbide est responsable de la catastrophe de Bhopal, en Inde. L'une de ses usines de pesticides y explosa le 3 décembre 1984, provoquant une dizaine de milliers de morts. Les ruines de l'usine sont toujours là, et les produits toxiques également. Union Carbide n'a jamais levé le petit doigt pour décontaminer la zone.

Toutes les illustrations ci-dessus ont été dénichées sur ephemeranow.com.
L'affiche chinoise vient des Stefan Landsberger's Chinese Propaganda Poster Pages.
10:50 Lien permanent
Commentaires
Magnifique collection... Bravo...
Ecrit par : Robert Marchenoir | 07 juillet 2005
Alain Korkos libère la femme.
Ecrit par : M | 07 juillet 2005







