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15 septembre 2005

DE LA PERSPECTIVE - 1

Cette série de neuf billets fait désormais partie de mes conférences,
seul le premier d'entre eux reste accessible. Voir lien dans la colonne de gauche.





On m'a plusieurs fois demandé de parler de la perspective. Je vais m'y risquer en plusieurs épisodes, mais il faudra m'excuser de la manière forcément rapide avec laquelle je vais traiter ce sujet, si vaste.


Parler de perspective revient à parler d'espace.

Nous vivons dans un monde à trois dimensions qui sont la hauteur, la largeur et la profondeur. Dessiner, peindre, c'est - du moins en Occident - tenter de restituer ces trois dimensions sur une surface (mur, feuille de papier, toile, etc.) qui n'en a que deux : la hauteur et la largeur.

Comment créer cette illusion qui va abuser l'observateur ?


Des hommes ont fabriqué bien des images convaincantes(1) avant que surgisse cette invention de la perspective ;

d'autres ont mis au point de subtils stratagèmes(1) visant à suggérer une profondeur qui ne reposait pas sur des principes mathématiques (voir ci-dessous) ;

d'autres encore ont élaboré(2) ces fameuses lois de la perspective et les ont appliquées(3) ;

malgré cela, certains ont continué de créer des images au mépris des lois(4) pourtant portées à leur connaissance(5),

pendant qu'ailleurs elles étaient intégrées au mode de représentation traditionnel(6) ;

enfin, vinrent ceux qui décidèrent de jouer(7) et rejouer encore(8) avec la perspective,

pour finir par s'en détacher avec force hésitations(9).



PREMIÈRES IMAGES CONVAINCANTES


Environ dix-sept mille ans avant notre ère, les hommes du paléolithique supérieur peignaient sur les parois des grottes de Lascaux.





Deux taureaux, dont l'un baptisé licorne à cause de ses cornes droites. L'arrière-train du plus petit passe devant le plus grand. En cachant le poitrail du second, le premier crée une illusion de profondeur.






Trois cervidés courent. Leurs positions respectives, étagées, transforment la roche en une étendue. Ceux qui sont peints en rouge semblent plus éloignés que celui qui est peint en noir. La tête de ce dernier passe devant l'arrière-train du deuxième.

Le recouvrement partiel d'un sujet ou d'un objet par un autre et la différence de couleurs entre sujets ou objets sont deux astuces qui seront constamment utilisées à travers les siècles, jusqu'à nos jours. (Il faudrait en réalité parler de différence de valeurs plutôt que de différence de couleurs, mais j'y reviendrai plus tard.)

Une autre astuce employée par les hommes de Cro-Magnon consistait à utiliser les creux et les bosses des parois rocheuses. On peut voir, à Lascaux, des animaux peints sur des reliefs. La pierre, qui semble épouser leur forme, leur donne une épaisseur saisissante.



Si l'on procède aussi au recouvrement dans l'Égypte pharaonique, le but n'est pas du tout le même. Les Égyptiens n'avaient pas pour ambition de créer une illusion tridimensionnelle, et rien ne les intéressait moins que de faire jaillir un personnage ou un animal peint de la pierre.






Leur peinture était codée, s'appuyaient sur des critères religieux et sociaux. Il s'agissait d'une peinture conceptuelle basée sur l'idée qu'on doit se faire d'une reine ou d'un bouquet de papyrus, sur leur valeur dans un monde donné, et non pas une peinture basée sur les perceptions de l'oeil humain.






Ces deux manières radicalement opposées de penser la peinture, et l'espace dans la peinture, continuent de coexister de nos jours. De cela aussi, je serai amené à reparler.



SUBTILS STRATAGÈMES


En Occident, le Moyen Âge se débrouilla tant bien que mal avec ce problème de la troisième dimension suggérée. La tapisserie de Bayeux, aussi appelée tapisserie de la Reine Mathilde, exécutée aux environs de 1070, relate la conquête de l'Angleterre en 1066. On peut y voir, à maintes reprises, l'astuce de Lascaux : des chevaux et leurs cavaliers qui passent l'un devant l'autre.






Mais pas seulement. Ici, on peut observer un siège dont le plan horizontal est visible ; à droite de celui-ci se dresse un château, dont un semblant d'illusion perspective nous laisse entrevoir la profondeur.


Au début du XVème siècle, les peintres primitifs flamands n'avaient toujours pas cerné les règles de la perspective. Ils tentaient de créer un espace à trois dimensions avec des moyens parfois empiriques. Prenons deux exemples chez Van Eyck.


1/ Les époux Arnolfini, 1434





En blanc figurent les lignes de fuite. On voit aisément qu'elles ne convergent pas vers un ou plusieurs points situés sur une ligne d'horizon (eh oui, le principe de la perspective, c'est ça ; des explications plus détaillées viendront plus tard).


2/La Vierge au chancelier Rolin, 1435





Les lignes de fuite figurent ici en rouge. Comme pour la peinture précédente, c'est la plus grande confusion.

Pourtant, si l'on regarde ces deux chefs-d'oeuvre de Van Eyck débarrassés de mes gribouillés tracés à la règle, on est loin de la naïveté de la représentation constatée dans la tapisserie de Bayeux. Et ceci pour deux raisons.

1/ Dans les époux Arnolfini, Van Eyck joue énormément avec l'ombre et la lumière afin de créer la sensation d'espace. Ce procédé est particulièrement visible dans les ombres portées des chaussures en bois, du chien, de la femme sur le lit.


Cliquez sur l'image pour la voir en plus grand






2/ Pour la Vierge au chancelier Rolin, Van Eyck utilise la perspective atmosphérique, ou perspective aérienne. Les Flamands avaient remarqué que dans un paysage, les couleurs s'estompaient avec la distance pour finir par se dissoudre dans un bleu pâle (si l'on suppose un paysage par beau temps, en pleine journée).
Van Eyck utilisera sa technique incomparable de la peinture à l'huile afin de créer de subtils dégradés à coups de glacis* successifs.

_____

* Le glacis est une technique basée sur le principe "gras sur maigre" :
on peint d'abord une légère couche avec petit peu d'huile. Quand elle est sèche, on ajoute par-dessus une deuxième couche de couleur ou de valeur différente, avec un peu plus d'huile. La troisième couche comportera encore un peu plus d'huile.
Cette méthode permet de créer une lente saturation des couleurs, une profondeur et une précision dans les détails qu'aucune autre technique n'a jamais réussi à égaler.
_____


Cliquez sur l'image pour la voir en plus grand





Le lent éclaircissement des plans, d'abord saturés de couleurs puis finissant par se confondre dans ce ciel d'aube (l'action se passe à six heures du matin) crée l'illusion de profondeur, la troisième dimension.

Voici un autre exemple de l'application de ce principe avec cette illustration réalisée aux alentours de 1470-1475 par Jean Fouquet pour les Antiquités judaïques de Flavius Josèphe :





On constate, là aussi, la lente dissolution des montagnes qui concourt à créer l'illusion de profondeur.


Et voilà, ce sera tout pour aujourd'hui, la suite plus tard !


Liens

Le site ouèbe des grottes de Lascaux
La tapisserie de Bayeux en panorama QuickTime (indispensable.)
Les époux Arnolfini de Jan Van Eyck
La Vierge au chancelier Rolin de Jan Van Eyck
L'enluminure en France au temps de Jean Fouquet (site tout en Flash).

00:05 Lien permanent

Commentaires

quelle grosse tête
tu nous mets en éveil

ta lanterne éclaircit comme les pépites de la tour eiffel

bizzzzzzz

Ecrit par : oreillette | 15 septembre 2005

Merci pour toutes ces explications.

Ecrit par : La Jeune Divorcée | 15 septembre 2005

tu viens déjà d'expliquer en 15 minutes, ce que mes profs d'art ont mis 1 ans à faire comprendre. C'est clair c'est du rapide mais au bout du compte la conclusion reste la même!
Merci et Bravo

Ecrit par : Marie | 15 septembre 2005

Passionnant, j'attends la suite

Ecrit par : Stéphane | 15 septembre 2005

Merci Monsieur le PROFESSEUR, car grace à toi même moi, peu féru en matière d'art peinturluresque, prend plaisir à lire ces explications. Bon mais quand même la suite là c'est pour quand hien !!!

Ecrit par : Gandalf | 15 septembre 2005

lol, c'est quoi cette maniére de prendre la perspective complétement abérante, on voit que tu ne comprends pas bien ce que c'est apparement ;)
je rappelle que l'on ne prends la perspective Que pour des objets et des batiments qui sont dans la même perspective...je me demande comment tu a fais pour en arriver a ca dans t'est lignes de fuites... si j'ai le temps tout a l'heure je te ferais les lignes de fuites de fuites des 2 van eick + haut et jemetrrais le lien ici ^_^

Ecrit par : Léo | 15 septembre 2005

LÉO : J'attends avec impatience tes petits croquis, je sens qu'on va bien s'amuser tous les deux :-)
Enfin, si j'arrive à te lire…

Ecrit par : KA | 15 septembre 2005

lol ^_^ c'est tant mieux si on s'amuse alors...
pour en revenir à nos moutons,je le trouve quand même plus juste dans la vierge au chancelier
http://site.voila.fr/angeduchaos/vaneick/PO_Vp_S1_24_Jan_Van_Eyck_La.gif
par contre, j'ai constater par moi même à quel point il a "merdouiller" dans la partie supérieur des époux arnolfini. La fenêtre qu'il a redressé dirait-on.
http://site.voila.fr/angeduchaos/vaneick/arnolfini.gif

Ecrit par : Léo | 15 septembre 2005

LEO : Tes lignes de fuite dans les Arnolfini sont à peu près identiques aux miennes.
Pour ce qui est de Rolin, alors là !!!
Tu devrais essayer de tracer tes lignes sur une bonne reproduction papier, histoire de voir la différence.
Et tu peux continuer l'expérience avec n'importe quel tableau de Van Eyck, tu auras toujours le même résultat.
De toute façon, le premier bouquin parlant de perspective est paru en Italie en 1435 ("Della Pittura" de Alberti). Van Eyck a peint les Arnolfini en 1434 et Rolin en 1435.
Il ne connaissait pas le bouquin d'Alberti,parce que Amazon ne faisait pas les livraisons entre l'Italie et les Flandres…

Ecrit par : KA | 15 septembre 2005

Déterminer le point de fuite en traçant les lignes de fuite et constater qu'elles s'entrecroisent ne se conçoit que si l'on sait que le volume d'après lequel on les prolonge comporte, dans l'espace en trois dimensions, des lignes parallèles. Ainsi en est-il (sauf exception) d'un carrelage ou des balcons d'un immeuble. Ce serait impossible sur un paysage... Faire l'opération entre les arêtes de deux meubles est périlleux: qui dit que les meubles sont ou étaient parallèles dans la réalité ?

Ecrit par : M | 15 septembre 2005

M : Si je suis ton raisonnement, les meubles n'étaient point parallélépipédiques avant 1435, et le devinrent brusquement après.

1435 : naissance de Ikea ?

On verra ça dans le prochain billet demain ou après-demain, ce soir j'ai conférence… (cherchez pas, les autres, c'est un gag privé.)

Ecrit par : KA | 15 septembre 2005

Non, tu n'as absolument pas suivi mon raisonnement, faute d'avoir lu mon commentaire.

Ecrit par : M | 15 septembre 2005

M : si si j'ai bien lu ! Tu supposes que les meubles n'étaient pas forcément parallèles, alors que les carrelages l'étaient de manière absolue.
Bizarre, ça : on savait tailler des carreaux à angle droit et pas des planches ?

En ce qui concerne les paysages : si c'était impossible, comment s'y prend-on, depuis des siècles, pour leur donner un air de vraisemblance quant à leurs proportions ?

Grâce aux arbres, entre autres. Il est aisé de connaître la taille moyenne de chaque type d'arbre (un fusain est plus petit qu'un chêne, un peuplier est plus étroit qu'un érable, etc.) Il est aussi aisé de connaître le rapport entre la taille moyenne d'un homme et chacun de ces arbres. A partir de là, le reste coule de source.

D'ailleurs, le premier exemple qu'on donne aux étudiants pour expliquer la perspective centrale est une route bordée d'arbres.

Ecrit par : KA | 15 septembre 2005

Même de nos jours, les meubles (supposés parallélépipédiques, pour simplifier le raisonnement) ne sont pas forcément parallèles dans une pièce.

Concernant les paysages, j'ai parlé de points de fuite et le ligne de fuite. Je n'ai rien dit au sujet des proportions. Alors ne dit pas que je t'ai contredit sur un point que je n'ai pas évoqué.

Ecrit par : M | 15 septembre 2005

Tu n'as sans doute pas lu que je parlais des arêtes de DEUX meubles.

Ecrit par : M | 15 septembre 2005

Je viens de prendre quelques clichés destinés à appuyer mes propos, et je te les présenterai vers 20 heures (le temps de rentrer à la zonmé, de remplir le frigo, d'allumer le pécé...)

Ecrit par : M | 15 septembre 2005

Voici quelques images sans valeur esthétique, mais destinées à illustrer ma pensée. Elles ont été prises dans le couloir d'un bâtiment moderne, où le plafond est parallèle au sol et les murs sont à angle droit.

Prenons cette image : http://543210.free.fr/boite/q9159647.jpg

On y trace en rouge les lignes de fuite, tout converge vers un point P1 : http://543210.free.fr/boite/q9159647f.jpg
(je n'ai pas tracé les lignes issues du plafond, de la porte ni de l'armoire pour ne pas surcharger, car ça n'apporte rien de plus).

Jusqu'ici, tout va bien.

Maintenant, ôtons subrepticement une punaise de l'un des posters du mur de droite : http://543210.free.fr/boite/q9159649.jpg

Traçons en vert les lignes de fuite relatives au poster bancal : http://543210.free.fr/boite/q9159649f.jpg

On observe sans surprise que les lignes vertes convergent vers un autre point noté P2 et nettement distinct de P1.

Ce que je veux dire par cet exemple, c'est que derrière les neuneuilles, nous avons un cerveau et que celui-ci fait parfois (souvent) des hypothèses (sans parler des illusions d'optique, un autre sujet mais pas totalement distinct).

En examinant le mur de droite, deux hypothèses sont proposées :
1: le poster est cloué de travers, ou bien il n'est pas rectangulaire.
2: l'appareil-photo a subitement oublié les lois de l'optique cet après-midi à 17h52, ce qui reviendrait à dire, s'il s'agissait d'une peinture, que le peintre n'a (volontairement ou non) pas respecté les lois de la géométrie.

Ici l'hypothèse n°1 s'impose évidemment. Mais je trouve que des interprétations d'œuvres ont parfois tendance à pencher pour la n°2, en se basant sur l'hypothèse qu'elles représentent des scènes "d'équerre". Avez-vous mesuré des angles dans une maison ancienne ? J'ai habité dans un immeuble très pré-pré-hausmanien vers la Bastille, on n'aurait pas pu jouer aux billes sur la moquette sans qu'un camp soit clairement avantagé.

Je pense à titre d'exemple à un tableau de Van Gogh représentant sa chambre à Arles, ou le lit ou un autre meuble ne "colle" pas du point de vue de la géométrie, si l'on s'entête à le croire parallèle au mur. KA va nous retrouver cette œuvre en deux temps trois mouvement. On peut en parler sans Paul & Mick, parce que cette histoire de lit bancal n'enlève ni n'ajoute rien à la carrière de son auteur.

Cela dit, il me semble, de mémoire, que la distorsion du lit de Van Gogh est plus "grave" que ça, et que mathématiquement on pourrait monter qu'aucune position du lit dans la pièce ne pouvait donner cette image (en gardant l'hypothèse par exemple que le sommier est parallèle au sol, et/ou les montants du lit sont parallèles). Peut-être que mon exemple n'est pas le bon !

Ecrit par : M | 15 septembre 2005

En tous cas, Leo montre qq chose: il ne faut pas tricher beaucoup pour arriver a un joli point de fuite au milieu du chancelier. Preuve que van Eyck ne connaissait pas les lois de la perspective, mais les avait dans l'oeil...

Ecrit par : blop | 15 septembre 2005

http://www.ibiblio.org/wm/paint/auth/gogh/gogh.chambre-arles.jpg

Ecrit par : Guillaume | 15 septembre 2005

comme tu a raison blop...^^

au fait ka, en allant a la biblio cet aprém je me suis rendu compte que vaneick cafouiller pas mal avec la pers' >_>
en tout cas, c'est chouette, j'ai vraiment appris un truc la ^^

je n'imaginais pas qu'un artiste de renom tel ce cher V E. puissent merdouiller comme cela avec la pers' tu en a d'autres des révélations comme celle la dans ta besace ^_^;

Ecrit par : Léo | 15 septembre 2005

M et BLOP : Que le poster dépunaisé ne soit plus aligné sur la même point de fuite est évident, on ne va pas en discuter parce que c'est tout à fait normal.
Mais je te montrerai dans un exemple, d'ici un ou deux jours, ce qu'il advient d'une table fabriquée par un ébéniste qui n'a vraiment pas le compas dans l'oeil. Je crois que la chose est édifiante.

En ce qui concerne Van Gogh, il s'agit en effet de la chambre à Arles.
Là, on peut dire que la p'tit Vincent était un peu à côté de ses pompes mais on peut dire aussi qu'il avait de sacrées excuses, qui n'étaient pas dues à son état mental. C'est vraiment une question de définition de l'espace. Je montrerai ça aussi d'ici un à deux jours.

En ce qui concenre Van Eyck et ses approximations perspectives, je vois que LEO a suivi mon conseil et a regardé une bonne reproduction dans un bouquin. On y voit mieux que sur le ouèbe combien son idée de la perspective était empirique. Cela dit, il avait bien subodoré que tout se rejoignait quelque part, mais n'avait pas compris ce concept de la ligne d'horizon. On verar ça quand j'aborderai la perspective artificielle, ce qui ne va pas tarder maintenant.

[En tout cas, je vois que ce genre de sujet prise-de-tête intéresse, et ça me plaît bien de constater que je ne suis pas le seul à être un grand malade ;-]

Ecrit par : KA | 15 septembre 2005

Eh bien !!! c'est l'archi-gloire de susciter un beau débat comme ça dans ses commentaires grâce à un seul billet ! Chapeau (très bon pour le rank...).
De toute manière, moi je suis pour KA parce que je l'ai connu quand j'étais tout petit !

Ecrit par : Vrai Parisien | 15 septembre 2005

Très, très intéressant. Vivement la suite.

Ces principes s'appliquent aussi bien-sûr à la photo. Par anticipation avec ta note, cet après-midi en quittant Hendaye, j'ai pris la photo ci-dessous à contre-jour : une ligne de fuite et un éclaircissement du fond. J'ai bon ? ;o)
http://www.ocoindufeu.net/medium/177.jpg

Ecrit par : steph | 16 septembre 2005

L'histoire de la perspective est fascinante: parleras-tu des tableaux piégés? des perspectives a deux points de fuite?

On couche avec la perspective ce probleme des proportions, de la représentation "fidèle" des apparences... Je me suis specialise dans les nus: l'éternel problème est toujours entre l'exactitude emmerdante et la liberté creeative - toujours suspecte de n'être qu'une flemmardise ou une facilité.

La chambre de Vincent est totalement fausse selon la perspective mais juste, humainement et picturalement.

Il en va comme de tous les systèmes: ils dévoilent et limitent. il faut les connaître, jouer avec eux pour parvenir à l'essentiel qui n'obéit à aucune règle.

Ecrit par : leon | 16 septembre 2005

VP : si transit gloria mundi !

Ecrit par : KA | 16 septembre 2005

STEPH : 21/20 ! Chouette photo, comme d'hab…

Ecrit par : KA | 16 septembre 2005

LEON ; tableaux piégés, oui, perspectives à deux, trois, quatre points de fuite, re-oui !
On va en manger pendant un certain temps, j'en ai peur ;-)

Ecrit par : KA | 16 septembre 2005

Pas pour enrichir le débat - très intéressant - mais pour le plaisir des yeux :

http://forumelectronique.forumactif.com/viewtopic.forum?t=90

Ecrit par : Tybalt | 16 septembre 2005

TYBALT : Oui ! je connais ces dessins ! J'avais l'intention d'en parler, il y a quelques mois, mais me suis fait griller la politesse par kNo', sur son blog "Je hais le printemps" (voir lien dans la colonne de gauche).

Le temps a passé, peut-être pourrai-je en dire quelques mots dans le cadre de ces articles sur la perspective, en effet, puisqu'il s'agit bien de cela (mais pas seulement).

Ecrit par : KA | 16 septembre 2005

KA : « D'ailleurs, le premier exemple qu'on donne aux étudiants pour expliquer la perspective centrale est une route bordée d'arbres »

Sur ce site, on peut trouver une route bordée d’arbres, œuvre d’Escher qui pourrait bien donner des cauchemars à M ;o))
http://bstf.free.fr/

L’illusion d’optique : encore un beau sujet… en perspective !

Ecrit par : MiniPhasme | 16 septembre 2005

MINIPHASME : Apparemment, ton lien ne fonctionne pas. Mais j'ai quand même trouvé l'image en question, à l'adresse ci-dessous.
Elle est intéressante, mais n'est pas du tout l'oeuvre d'Escher ! Plutôt celle du ouèbemaistre de ce site…

http://bstf.free.fr/Illusions/Escher/Escher.php?ishome=1&filename=Un%20effet%20d'optique%20tres%20interessant%201.jpg&filenumber=57

Ecrit par : KA | 16 septembre 2005

Si tu observes attentivement les taureaux de Lascaux, tu remarqueras que les pattes au second plan ne s'attachent pas aux corps des animaux. Ce procédé qui donne l'illusion de la profondeur est très courant sur les peintures rupestres. Mais est-ce de la perspective?

Ecrit par : le sarkologue | 21 septembre 2005

LE SARKOLOGUE : Tout à fait d'accord avec cette remarque concernant les pattes des taureaux.
Cela dit, si j'ai parlé d'illusion de profondeur, je n'ai jamais dit qu'il y avait de la perspective dans les peintures rupestres.
Créer de la profondeur n'est pas l'apanage de la perspective, heureusement.

Ecrit par : KA | 21 septembre 2005

La peinture est une poésie qui se voit au lieu de se sentir et la poésie est une peinture qui se sent au lieu de se voir (Léonard de VINCI) Dans la perspective d'une suite, en arriverons-nous à cette peinture abstraite qui fait très souvent braire les ânes, se pâmer les poules et bâiller les singes?

Ecrit par : thiel | 28 septembre 2005

Merci pour ces exllentes explications

Ecrit par : MARTINE | 28 novembre 2005

s'ait tresjolie

Ecrit par : schlienger | 07 décembre 2005

tres bon site mais vous devriez donner davantages dexpluication sur la notion de perspective au cour du temps
Car on galere en cours d'art appliqué

Ecrit par : cinok | 20 janvier 2006

CINOK : Eh mon gars ! tu veux pas que je te fasse tes devoirs, aussi ? Et que je vienne te servir le café-croissants tous les matins ?
Il y a huit ou neuf articles consacrés exclusivement à la perspective, plus des paragraphes dans d'autres articles, ici ou là. Alors hein…

Ecrit par : KA | 20 janvier 2006

ses de la balle

Ecrit par : quentin | 16 mars 2006

Zut, les liens de M ne fonctionnent plus. Heureusement qu'il a décrit ses photos, sinon ses commentaires ne servaient à rien.

Ecrit par : sic | 16 mars 2006

les époux Arnolfini c'est ceux qui sont dans le générique de Desperate Housewives !!!

Ecrit par : claire | 21 mars 2006

CLAIRE : En cliquant sur le lien ci-dessous, on accède à une page de la Boîte à Images où est décrypté le générique de "desperate housewives". C'est magique ;-)

http://laboiteaimages.hautetfort.com/archive/2005/09/01/les-menageres-desesperees-passent-aux-aveux.html

Ecrit par : KA | 21 mars 2006

sur la question de l'espace de la qualité photographique des peintures à partir du XVème, des "fautes de perspective" et les secours de l'optique, lire le trés instructif "savoirs secrets" de david Hockney, parole de peintre on en apprend beaucoup!

Ecrit par : yo | 24 octobre 2006

YO : Boarf… Le travail pictural de Hockney est en tous points admirable mais ses délires à propos de la "camera oscura" - dont, selon lui, des tas de peintres auraient été pourvus - sont pour le moins regrettables.
Non vraiment, son "Savoirs secrets" n'est pas à conseiller.
Parole de peintre aussi…

Ecrit par : KA | 24 octobre 2006

pourquoi délires? je ne le suis pas à tous les coups mais il me semble qu'il n'a pas fait cette recherche sans prendre pas mal d'avis, sans expérimenter lui-même.; la camera obscura existe depuis longtemps, ajoutée à l'optique ça donne un résultat puisque l'image est mise à plat comme sur une peinture, que c'est net et que la "vision" est autre; ce n'est pas une méthode de décalcage c'est d'abord il me semble une approche transposée du réel un peu comme l'histoire de Bruneleschi et de son miroir; j'ai trouvé ce livre convaincant même si parfois il pousse un peu ; du coup j'ai refait les expériences...

Ecrit par : yo | 24 octobre 2006

à part ça vivement la suite de ces pages sur la perspective, tout à fait intéressantes et écrites avec lisibilité et pertinence à la fois; je me pose une question: les architectes ont bati des édifices bien avant que ces fameuses lois du dessin sur la perspective soient connues; comment est-ce possible?c'est idiot comme question?

Ecrit par : yo | 24 octobre 2006

YO : Dans son bouquin, Hockney colle une camera oscura à tout le monde et rien ne l'arrête : selon lui, "les Epoux Arnolfini" de Van Eyck ont bénéficié de cette technique.
Sauf que problème : si le principe de la camera oscura était connu depuis longtemps, l'objet n'existait pas en 1435. Il faudra attendre le VXIème siècle pour voir les premiers engins construits.
Et de toute façon, l'emploi d'une camera oscura n'aurait en rien expliqué les aberrations constatées sur le tableau de Van Eyck, qui sont dues à sa méconnaissance de cette arnaque qu'est la perspective, inventée par les Italiens (il ne s'agit pas de lois naturelles, mais bien d'une arnaque reposant sur l'illusion).
Quant à l'architecture, nul besoin de connaître les fondements de la perspective pour élever des bâtisses. Ça n'a rien à voir. Heureusement, d'ailleurs :-)

Ecrit par : KA | 24 octobre 2006

je n'arrive pas à piger comment on n'a pas plus tôt touvé comment représenter un monument par exemple, l'explication sur l'architecture , désolée, est un peu ..rapide; mais c'est peut-être moi qui suis limitée dans l'espace; je suis d'accord sur l'arnaque, mais d'une façon générale, la peinture c'est une arnaque, un leurre, une illusion; au xV ème il y avait le principe de la camera obscura (connu depuis - 5000 si j'en crois mes sources)et il y avait des lentilles, pas les deux en même temps?et puis il ya les lentilles-miroirs ou miroir concave; je ne suis pas une spécialiste ni historienne, ni opticienne, je me pose des questions et l'aventure des méthodes et techniques est passionnante quoique aucune technique n'ait fabriqué du génie, évidemment.je termine en prétendant que personne ne parle de ces aspects : on évoque pour la première fois la camera obscura au XIX ème concernant Vermeer, et cela semble confirmé, c'est à peu prés tout, et l'utilisation de l'optique reste tout à fait absente des commentaires techniques en général; qu'en penser?

Ecrit par : yo | 24 octobre 2006

erreur de chiffre j'ai mis un zéro de trop! pour la camera c'est moins 500! en chine

Ecrit par : yo | 25 octobre 2006

j'ai beau mettre creusé la tete a comprendre qu'est ce que la notion de perspective je suis désolé mais je ne comprend pas bien surtout que j'ai un devoir a faire sur ca et bien je peux vous dire que ca ne m'aide pas beaucoup et le site est quand meme bien

Ecrit par : zaza | 04 janvier 2007

bravo
tu a lesprit clair et precis
tu a reussi a m'expliquer ce que mon prof d'histoire de l'art tente d'evoquer en 10 copies doubles appuyé sur des mots trop compliquer, quel lourdeur.
merci et continu
je passerais plus souvent o lieu de passer des heures a essayer de recopier mes cours sur ordi et decripter les lessons compliquées de mon prof

Ecrit par : sara | 05 février 2007

trop cool

Ecrit par : PLOTS | 19 octobre 2007

Vivement la suite......

Ecrit par : ROOS | 30 décembre 2007

Vivement la suite......

Ecrit par : ROOS | 30 décembre 2007

@ Roos =
Tourne la page !

:-)

Rhaaaa, faut tout faire ici maintenant que le taulier s'est fait la malle !

Ecrit par : Fincasor | 31 décembre 2007

Les cours de perspectives me semblent assez loin, plus de 15ans déjà, je ne me suis jamais posée la question des photos que vous évoquez, des tableaux connus, des perspectives genre les photos de Van Eyck, pourtant après explication tout paraît tout simple. Ce qui est magique dans cette boîte c'est qu'à chaque passage je trouve avec grand plaisir de nouvelles choses, vous avez arrêtez cette boîte mais elle déborde de trésors, il suffit juste de l'ouvrir et de chercher. Merci d'avoir laissé ces trésors en ligne...

Ecrit par : S. | 22 janvier 2008