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31 décembre 2005

RAME, RAME, RAMEURS RAMEZ

La nouvelle année de la Boîte à Images s'ouvrira par un jeu, qui vous demandera de convoquer votre imagination.

Compte tenu du fait que le 1er janvier a la détestable habitude d'apparaître le lendemain du 31 décembre au soir, et compte tenu du fait que vous ne serez pas forcément au mieux de votre forme, vous aurez trois jours pour réfléchir à ce jeu baptisé la Boîte à Rêves qui aura lieu toutes les deux semaines.

En attendant, voici l'interprétation amusante d'une photo de Sebastião Salgado.




Cliquez sur l'image pour la voir en plus grand




Cette photo de Sebastião Salgado nous montre des pêcheurs siciliens s'en allant à la pêche au thon. En apparence. Examinons plus attentivement l'image avec une règle graduée et une calculette…

Le personnage qui est au premier plan est très exactement fixé sur une ligne verticale déterminée par le nombre d'or :
370 pixels divisés par 1,618 = 228 pixels.

Ce personnage barbu, portant beau, placé au point stratégique de l'image et dirigeant une escouade de rameurs, ça ne vous rappelle rien ?

Composée de onze participants, ladite escouade s'inscrit dans un triangle parfaitement centré. Un triangle, la trinité, vous voyez ?

Onze participants + un chef = douze.
Et le treizième ? Est-il tombé à l'eau ou bien est-ce lui, debout tout au loin sur une autre barque aux frontières du triangle ? Lui, le traître, qui se frotte les mains !

Alors que des Romains (nous sommes en Italie, ne l'oublions pas) sont en train de dresser une croix, une perche sortie d'on ne sait où préfigure la lance qui blessera au flanc le futur crucifié.

En lieu et place d'une compagnie de pêcheurs siciliens, nous avons donc Jésus, accompagné de ses disciples, qui se rend sur les lieux de son supplice.






Délire d'interprétation, direz-vous. Et pourtant.

Une scène qui se présente sous les yeux d'un photographe offre un choix infini de possibilités. L'angle, le cadrage, le moment où il appuie sur le déclencheur. Il est possible que le hasard ait offert ici une bonne opportunité à Salgado.

Face à cette scène, il a choisi l'angle, le cadrage et le moment idéaux pour appuyer sur le déclencheur. Ce qu'il a vu à l'état d'ébauche, de potentialité, ce qu'un autre n'aurait peut-être pas vu, il l'a concrétisé en un déclic.





08:35 Lien permanent

Commentaires

Salgado découpe la réalité en Salgado, pour reprendre la formule de Chris. Marker à propos de Klein.

Ecrit par : Bladsurb | 31 décembre 2005

Youhou !!! Un jeu !!! Let'sPlay

Salgado, j'adore !!!

Ecrit par : buLLes | 31 décembre 2005

Bien vu...puis le contexte de la photo, ces pêcheurs, («Venez à ma suite, et je ferai de vous des pêcheurs d’hommes.» évangile de Marc 1,17), c'est un peu "trop gros" (dans le symbole et dans le signe) pour que cela n'aie pas (au moins) traversé l'esprit de Salgado.

Ce personnage barbu me fait d'ailleurs penser à l'apôtre Pierre. Comme son frère André, il était pêcheur sur le lac de Génesareth. C' est là qu'ils rencontrent Jésus et qu'ils deviennent ses premiers disciples. L'homme dont la tête dépasse de son épaule, c'est peut-être André...qui sait...

Que voit cet homme (Simon-Pierre) au regard intense ? Est-ce la ligne bleue des Vosges ou réalise-t-il que l'homme qu'il vient de rencontrer va bouleverser sa vie ?

Il y a aussi ce passage de "Jésus marchant sur les eaux" qui veut mettre à l'épreuve la foi de Simon-Pierre. Peut-être est-ce la vue de cet homme marchant sur l'eau qui stupéfie ce pêcheur ? Sur la photo, un personnage semble bien flotter sur l'eau, mais il est derrière, sur une barque lui aussi.

De plus, étant les premiers à suivre Jésus, l'image de ces hommes derrière eux est frappante...on ouvre la voie...les 10 autres suivent derrière !

Pour finir, l'iconographie de saint pierre est restée singulièrement assez constante à travers les époques, celle d'un homme robuste à la barbe courte et taillée entre autres . L'apparence de cet homme correspond parfaitement mais l'histoire de l'art est remplie de saints et ermites à la barbe plus ou moins carrée...

saint pierre:

http://site.voila.fr/lacart/peintres/caravage/crucifixiondesaintpierrep.jpg

http://www.culture.gouv.fr/Wave/image/joconde/0001/m006504_rimg1396_p.jpg

mais avec saint andré ça marche aussi:

http://www.culture.gouv.fr/Wave/image/joconde/0037/m505104_0010682_v.jpg

une dernière pour la route, la procession saint pierre à Menton (c' est le saint-patron des pêcheurs comme vous l'avez deviné)

http://blogbosteur.kaywa.com/files/images/2005/7/mob93_1120462944.jpg

P.S: ah ouais, Pierre vient de me dire (oui...les saints me parlent...pas à vous ?) qu' il vient de paumer ses clefs de bagnoles...donc si vous mettez la main dessus...vous serez bien gentil de les remettre à Ka...

Ecrit par : Joseph Pujol | 31 décembre 2005

Je suis ébaudi. Si je veux en faire autant pour mes photos, je vais plus en prendre beaucoup... des photos ;-)

Ecrit par : rato1 | 31 décembre 2005

Sacré Jésus, il est vraiment partout !...

Mais, tout de même, il a pris un coup de vieux, je trouve ;-)

Ecrit par : Th. | 31 décembre 2005

Merci pour cette formidable photo que je ne connaissais pas.
L'interprétation de Joseph Pujol m'a d'abord attirée. L'idée que le pessonnage central soit Pierre est séduisante. On pourrait donc en déduire que la barque elle même soit le Christ qui sauverait de la noyade les pécheurs/pêcheurs comme l'arche avait sauvé Noé et sa famille du jugement. (ou même le coffret de jonc qui servit de berceau-refuge pour le petit Moïse) L'homme qui se frotte les mains pourrait être Ponce Pilate qui se laverait les mains.
Cependant, un problème se pose à cette interprétation. Celle de Judas qui ne peux se trouver dans cette barque. Non parce qu'il aie trahit Jésus mais parce qu'il ne crois point qu'Il est le Sauveur qui rachète les péchés des hommes qui croient en lui. (Il se suicidera plutôt que de se repentir comme Pierre l'a fait, lui qui a également trahit Jésus par trois fois)
Finalement, L'interprétation de Monsieur Ka reste la plus crédible (celle que l'homme soit Jésus et à l'arrière plan Judas)

Ecrit par : La Fourmi | 31 décembre 2005

Magnifique photo, avec une interprétation à la hauteur.
Le photographe ne fait qu'appuyer sur le déclencheur, pourtant derrière ce simple geste se trouve condensé un regard, une expérience et une sensibilité au moment.
Il n'y pas de hasard, juste un instant de grâce saisi avec talent!

Ecrit par : Bob | 03 janvier 2006

LA FOURMI: Moi j'aime bien l'idee que le barbu soit Saint Pierre. Mais Jesus n'est pas la barque. Alors, ou est-il ?

Allez, reflechissez bien...

Il y a 13 personnes sur cette barque...

He oui, Jesus, c'est le photographe !

Quand a Judas, pas la peine de chercher midi a 14h, c'est celui qui se cache derriere sa casquette, honteux.

Je vous laisse interpreter le jeu des regards.

Ecrit par : blop | 09 janvier 2006

Wow!
On dirait une scène du film de Pasolini d'après Matthieu!
Pierre ou Jésus, ce vieux barbu est la colonne qui soutient cette barque dans l'image.
Rien qu'à la voir, je sens le roulis.

Ecrit par : Ter | 16 janvier 2006