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05 février 2006

UNE BURKA À L'INTÉRIEUR DU CRÂNE

Le sujet d'aujourd'hui m'a aimablement été fourni par l'ami Lenain.


La vie en rose
était un magazine féministe québécois qui vécut de 1980 à 1987. Un magazine qui fut, selon le site québécois Alternatives, loin d’être revanchard et sectaire (…), ouvertement féministe et subjectif (…) plutôt marqué par son sens de l’humour, son ouverture, son sens critique et les débats d’idée, et ce, au sein même du mouvement féministe.

Vingt-cinq ans après son premier numéro, La vie en rose s'est vue renaître de ses cendres en octobre 2005 pour un hors-série, dont la couverture créa quelques remous.







clin d'oeil…



Un groupe féministe français, qui possède un site baptisé les mots sont importants, n'apprécie pas du tout cette photographie.

Les auteurs de ces Réflexions féministes et anticolonialistes sur la couverture d’un magazine féministe québécois n'y vont pas par quatre chemins : dans une diatribe considérant comme malsain de focaliser l'attention sur le port de la burka, elles condamnent violemment cette couverture de La vie en rose.

Avec une absence totale d'humour et une opiniâtreté que n'eût point détestée Robespierre, elles tranchent dans un verdict sans appel et l'on se dit que les journalistes québécoises ont bien de la chance d'avoir l'océan entre elles et leurs juges.

Des juges qui ne peuvent admettre l'idée selon laquelle les femmes afghanes rêvent de vivre, de se débarrasser de la burka et de marcher tête nue, en talons hauts ou en tong à marguerites. Tout comme leurs soeurs iraniennes*, qui s'habillent joliment sous l'infâmant tchador.
__________

* L'Afghanistan compte deux langues officielles, qui sont le pushtu et le persan.




Photographie de Caroline Penn, Panos Pictures



Des juges qui, dans un saisissant raccourci, nous affirment tranquillement que les femmes afghanes sont arabes et comparent la couverture de La vie en rose avec les cartes postales de l'Algérie coloniale. Confondant ainsi le sort de femmes dont l'existence même est niée, avec celui de jeunes filles photographiées par des commerçants dénués de scrupules.

Peut-on vraiment comparer ceci :





avec cela :





et dormir tranquille ? Peut-on dire sans sourciller qu'espérer voir les femmes afghanes délivrées de leur burka revient à soulever le voile d'une jeune arabe pour contempler sa nudité ?

Comment peut-on être stupide au point d'entériner une telle barbarie au nom d'un soi-disant refus de l'ethnocentrisme ? Comment peut-on se prétendre féministe quand on a une burka à l'intérieur du crâne ?


Lien
L'article en question est consultable ici.





00:05 Lien permanent

Commentaires

le travail photographique d'une iranienne sur la burqua

http://www.qoqnoos.com/body/photography/sh-ghadirian/p06.htm

Ecrit par : camille | 05 février 2006

Merci de cette note.
De mon point de vue ces féministes pas drôles et pro burqa sont l'exemple typique d'une idéologie de l'équivalence de toutes les pensées, au mépris de la réalité. L'idéologie aboutit au mépris du respect de la personne, de son choix de défendre son intimité ou de manifester ce qu'elle est.
Merci aussi pour l'ensemble de vos notes, toujours surprenantes, instructives et sources d'admirations variées.

Ecrit par : Annales histoire société christianisme | 05 février 2006

Merci pour cette note, en tant que femme, je suis toujours scandalisée des propos de mes congeneres.

il est toujours scandaleux de voir jusqu'où peut aller une idéologie, et quelle que soit la religion.

Mais il ne faut pas oublier que la Burka est un objet; mais en dessous se cache un être humain.....

Ecrit par : la jeune divorcée | 05 février 2006

D'accord sur le fond mais c'est quand même dommage que vous ne disiez pas que la jeune femme iranienne qui fume en jeans a du s'exiler aux USA depuis et à cause de cette photo.

A noter aussi que sur toutes les autres photos de la série de Caroline Penn on ne voit que des iraniennes pratiquer le sport voilées de la tête au pied.

Ne faites pas comme ceux que vous dénoncez et donnez des infos complètes au lieu de généraliser à partir d'une photo.

Ecrit par : Jean-Yves | 05 février 2006

Bien vu ! Comme dirait Mustapha, sous son burka…

http://www.insecula.com/oeuvre/photo_ME0000083852.html

Ecrit par : MiniPhasme | 05 février 2006

Après avoir eu maille à partir avec la justice, le revoilà avec une maille* qui fait tache !

http://www.planet.nl/planet/show/id=69407/contentid=676610/sc=3ac2be

*du latin macula, tache

Ecrit par : MiniPhasme | 05 février 2006

À TOUS : Absent pendant plusieurs jours, je n'ai pu mettre mon grain de sel dans les commentaires. La chose sera réparée très rapidement, soyez-en sûrs !

Mais en attendant, j'aimerais répondre fissa au commentaire ci-dessus signé par JEAN-YVES :

Vous regrettez que je n'aie pas dit que « la jeune femme iranienne qui fume, etc. » ;
vous précisez que « toutes les autres photos de la série de Caroline Penn on ne voit que des iraniennes pratiquer le sport voilées de la tête au pied » ;
vous finissez en me sermonnant par un « Ne faites pas comme ceux que vous dénoncez et donnez des infos complètes au lieu de généraliser à partir d'une photo. »

Il s'agit là de deux procès d'intention.

- Le premier, le plus important, envers Caroline Penn. Qu'auriez-vous désiré ? Qu'elle demande à d'autres jeunes femmes de prendre des attitudes jugées provocantes par le régime en place ? Vous auriez alors crié à la manipulation, au bidonnage. Ou bien vous supposez que cette jeune femme en jeans à la mode a posé, et qu'elle est complice d'un bidonnage. Si vous avez des informations à ce sujet, partagez-les. Sinon…

- Le second envers moi en me soupçonnant de dissimuler des informations, et en m'accusant de faire des généralités à partir d'un cas particulier.

Sauf que :

1/ je n'ai pas la science infuse (ah ! je vois mes admirateurs défaillir par milliers en apprenant une si funeste nouvelle ;-) et ne savais rien du sort de cette jeune femme.

2/ je ne généralise pas hâtivement en disant que nombre d'Iraniennes s'habillent de manière très élégantes sous leur tchador. C'est la vérité. Et même qu'elles se maquillent, figurez-vous ! Oui oui ! Renseignez-vous auprès d'Iraniennes exilées ou bien reportez-vous à une émission de Daniel Mermet sur France Inter, qui diffusa un reportage à ce sujet, il y a deux ou trois ans de cela.

Voilà. On peut m'accuser de bien des maux, mais pas d'être un vil manipulateur. Et je dois avouer que les donneurs de leçons m'insupportent un tantinet.

(On le sent, l'énervement, là ? Nan pasque sinon, j'peux préciser, hein…)

Ecrit par : KA | 05 février 2006

Salut Alain !

Je ne doutais pas, en te refilant l'info de cette image et de sa critique que tu allais t'enflammer ainsi ;-)

Le problème, c'est qu'en écrivant « Comment peut-on être stupide au point (…) Comment peut-on se prétendre féministe quand on a une burka à l'intérieur du crâne ?», tu ne nous laisses pas grand place pour la discussion contradictoire sauf à passer pour un connard ;-)

Petite précision : le site LMSI n'est pas un site féministe. En revanche les textes qu'il propose (dont le manifeste des Indigènes de la République) sont parfois dérangeants quant à la manière dont ils se disent (une manière qui ne devrait pas déplaire à un certain KA ;-)

Le fond de ces textes (posant souvent la question de l'Autre) n'en est pas moins très intéressant parce que bousculant les schémas fossilisés, pas seulement de Sarkozy, mais de tous, et notamment de nous, les "émancipé-es" et "émancipateurs-trices" de longue date. Toujours intéressant de ne pas s'endormir sur ses lauriers ou ses certitudes.

Désénerve toi un instant et relis ce texte, avec le fond duquel je suis en grande partie d'accord sans être taliban pour autant.

Il ne défend en aucune façon le port des voiles ou les barbares. Il décolle des clichés pour questionner l'imagerie dichotomique et manichéenne qui oppose «burka» et «symbolisme du sexy occidental» quand elle prétend résumer le problème de la soumission et de la libération. Et suggère que ce simplissisme n'est pas si innocent et en dit long sur le mal que nous avons à envisager l'Autre, et même sa libération, en dehors d'un rapport ethnocentrique à lui.

Il rappelle que mme Bush s'est intronisée chantre de la libération de la femme quand elle dénonçait la burka tandis que les bombes massacraient hommes femmes et enfants. Il aurait pu rappeler qu'en Algérie, c'était à mme Massu qu'avait incombé le combat contre le voile. Tandis que leurs militaires de maris tuent, les épouses libèrent... Il ne suffit pas de dévoiler les femmes pour être féministe. Et on peut être soumise en talons haut comme on l'est en burka - sauf à penser que le camp de prostitution qui va être installé à côté du stade allemand de la Coupe du monde de football est le signe même d'une société on ne peut plus égalitaire.

http://sisyphe.org/article.php3?id_article=2226

Maryline est morte massacrée par les hommes qui ont joué avec elle, qui l'ont instrumentalisée jusqu'à plus soif. Elle est pour moi l'archétype de la femme occidentale soumise. Et ses images ne me font pas saliver. Elles respirent la souffrance maquillée.

Bon, je t'embrasse, histoire de déminer ton ire :-)

thierry

Ecrit par : Thierry | 06 février 2006

Ouf ! Heureusement que Thierry est là !

Alain, je lis votre blog depuis quelques mois et je continuerais à la lire car j'y trouve de l'intérêt.

Mais il ne faut pas s'énerver. Je n'ai pas fait de procès d'intention. Relisez bien vos phrases et les miennes...

Sur la jeune fille libanaise : je ne savais pas non plus qu'elle avait du s'exiler mais vous avez donné le site de Caroline Penn en lien et que je lis bien tout avant de parler, j'ai lu cette info en légende de la photo ! Rien de plus.

C'est d'ailleurs comme ça que j'ai vu toute la série de photos. Je ne connaissais même pas Caroline Penn :-))

Est-ce que j'ai dit ou même supposé que cette jeune fille aurait posé ??? Jamais !!!

Bien sûr qu'elle n'a pas posé. Bien sûr qu'elle n'est pas la seule. Bien sûr que les iraniennes se maquillent plus que les saoudiennes (c'est un exemple) !!! Je ne suis pas idiot !

Je dis simplement que vous n'auriez pas du écrire "comme leurs soeurs iraniennes" mais "comme certaines de leurs soeurs iraniennes".

Je ne vous ai pas accusé de "vil manipulateur", relisez-moi.

J'aurais juste souhaité que vous ne résumiez pas autant la situation.

Pour conclure, je vous remercie de bien vouloir faire savoir à vos lecteurs si le débat contradictoire est autorisé ou non sur votre blog.

Ca vous évitera de vous énerver...

Ecrit par : Jean-Yves | 06 février 2006

THIERRY : je savais bien que tu ne serais pas d'accord avec moi, et je savais aussi que tu savais que je ne serais pas d'accord avec toi !
(Ça va ? Les autres suivent ? ;-)

L'argumentation de cet article, que tu présentes de manière plus cilaire, me semble extrêmement tordue :

1/ on ne peut pas comparer le port du voile en Algérie dans les années 50 et celui de la burka en Afghanistan aujourd'hui. Il y a des degrés dans l'oppression et tout ne peut pas être mis au même niveau.

Parce que sinon, on sait bien comment ça se passe : tout est évalué selon l'échelle la plus basse et la plus violente des tortures est ainsi revue à la baisse, minimisée jusqu'à se dissoudre dans le banal.

Ainsi, le sort des femmes occidentales ne peut être assimilé en aucune manière à celui des femmes afghanes, qui ont d'autres soucis que celui d'éliminer les cinq petits kilos en trop qui leur font des bourrelets ici, ici et là, vu qu'elles se demandent si un jour elles auront tout simplement le droit de vivre.

2/ Ce n'est pas parce que Missize Bush et mâdâme Massu ont milité contre le port de ces attributs pendant que leurs maris tuaient, que le ports de ces attributs se justifie pour autant.

Parce qu'alors, si la Bush dit que l'eau est indispensable à la vie, que vas-tu répliquer ? Que c'est faux, au prétexte que son époux est un sale type ?

Non vraiment, ce genre de raisonnement - qui compare des choses incomparables - ne tient pas la route.

« Il ne suffit pas de dévoiler les femmes pour être féministe », dis-tu. Et c'est ce que dit l'article aussi. Certes. Mais qui a dit que cela suffisait ? Personne. Et surtout pas le magazine "La Vie en Rose", qui a lutté pour la cause féministe pendant des années. On ne peut réduire son passé de militantisme à une seule couverture de journal.

L'intégralité des numéros de "La Vie en Rose" est accessible sur le site de la Bibliothèque et des Archives nationales du Québec à l'adresse :

http://bibnum2.bnquebec.ca/bna/vierose/

Quant au reste du site "les mots sont importants" : il est vrai que j'y ai trouvé des articles qui me plaisent bien. Ce qui ne m'empêche pas de continuer de considérer que celui-là est particulièrement malvenu.

Ecrit par : KA | 06 février 2006

JEAN-YVES : Certes, le débat et autorisé ici ! La preuve ci-dessus.

Mais supposer que j'ai volontairement dissimulé une partie de la vérité m'a énervouillé, oui. Enfin bon, passons.

Ecrit par : KA | 06 février 2006

Il n'était pas inutile de s'expliquer.

Bravo pour votre site et, en prime, je vous propose de lire les miens ... je fais comme les iraniennes, je me dévoile :-))

Ecrit par : Jean-Yves | 06 février 2006

Alain,

oui, oui, je me doutais aussi que tu savais que je savais que tu savais que je savais ! ;-)

Très important bien entendu de hiérarchiser les choses. Quoique parfois on parvient à l'effet inverse que celui recherché : plutôt que de souligner le caractère particulièrement aggravé d'une horreur, on en banalise d'autres, on leur refuse même la réalité d'horreur au motif que certaines en détiendraient l'exclusivité...

Par ailleurs, ce n'est pas parce qu'on aurait une horreur n°2 beaucoup moins horrible qu'une horreur n°1 qu'elles ne renverraient pas à la même oppression - et ce n'est pas atténuer leur différence que de chercher ce qu'elles ont en commun, notamment dans leurs origines. Cela est même très utile de les relier, car on peut aussi comprendre comment, en empêchant l'horreur la moins grave, on peut peut-être prévenir l'horreur la plus grave.

Je persiste par ailleurs à dire qu'il n'est pas innocent que mmes Bush et Massu aient fait de la suppression du voile leur combat... On instrumentalise même les nobles causes. Savoir que certaines femmes algériennes se sont revoilées pour montrer leur opposition aux colonisateurs ne signifie pas qu'on affirme que les femmes afghannes portent la burka de façon réolutionnaire. Mais simplement que de telles problématiques et combats ne peuvent être réduits à une image de publicitaire, sauf à s'exprimer comme Nike ou Reebok.

Et puis quand mr Bush me tend un verre d'eau, je ne le bois pas ! ;-)

je te suggère la note de Bernard Lalllemand de ce matin. Elle est très intéressante.

http://sartre.blogspirit.com/archive/2006/02/05/s-entendre.html

A plus, amigo !
Thierry

Ecrit par : Thierry | 06 février 2006

Il y a quand même belle lurette que Marylin Monroe ne représente plus la femme occidentale. Il faudrait cesser de la citer dans ce genre de débat.
La femme occidentale ne représente pas un idéal, ce n'est pas l'archétype de la femme. Tout le monde en conviendra. La société occidentale a une qualité cependant : elle permet d'évoluer et s'efforce d'aller dans le sens d'un plus grand respect des autres.
Je ne souhaite qu'une chose : que les autres cultures, à leur manière, essaient elles aussi d'évoluer.

Ecrit par : ania | 06 février 2006

Ania > tel qe vous présentez les choses, on a le sentiment que seule la société occidentale possède cette qualité (permettre d'évoluer et d'aller vers le respect des autres); Vous semblez poser cette qualité comme endogène dans le cas de la société occidentale et souhaitez que les autres cultures essaient de l'acquérir.

Serions-nous les seuls à avoir jamais possédé cette qualité intrinsèque et avons nous toujours tendu dans une belle continuité vers l'évolution et le plus grand respect des autres ?

L'Allemagne nazi et la France pétainiste n'étaient-elles pas des sociétés occidentales ? Cela ne fait jamais qu'un peu plus de 60 ans... Et êtes-vous si certaine de nos lendemains chantants ?

Je me permets de vous conseiller cette lecture :
http://www.peripheries.net/f-bessis.htm
:-)
Thierry

Ecrit par : Thierry | 06 février 2006

Sans aller jusqu'aux extrèmes de la cruauté occidentale, il suffit de se souvenir que les fondements de toutes les sociétés du monde ont été créés au Moyen Orient. Et si on veut être plus précis et plus lointain, à Bagdad même !

Ecrit par : Jean-Yves | 06 février 2006

Réponse à Thierry : je n'ai pas envie de trop théoriser sur le sujet ni de faire de belles phrases.
Vos arguments ne sont pas négligeables, bien évidemment, et je ne suis sûre de rien.
Je vais me rendre sur le site que vous conseillez, en espérant ne rien y trouver d'extrémiste.

Ecrit par : ania | 06 février 2006

Dans l'article incriminé (dont certains développements sont par ailleurs dignes d'intérêt) je relève surtout qu'après avoir souligné que les intentions du magazine n'étaient pas claires et que les interprétations sont multiples, les auteures en retiennent une qu'elles font ensuite varier pour servir leur démonstration.
Cela dénote d'un esprit "chevalier(e) - sic - blanc(he)" prompt à traquer en permanence dans son propre camp l'impureté, la déviance, etc. Esprit très répandu dans le milieu des gauches radicales où moins on est nombreux et plus on se convainc d'être dans le vrai !

Ecrit par : nic | 06 février 2006

CAMILLE : Très belles photos que celles de Ghadirian Shadi !

(S_CL : à ton retour de vacances, ne manque pas d'aller voir ça !)

Ecrit par : KA | 06 février 2006

les femmes Afganes portent la burqa et pleurent... lire "Le suicide et le chant" par Sayd Bahodine Majrouh, poésies traduite par lui et André Velter (connaissance de l'orient)

Ecrit par : Oussama | 06 février 2006

Nic. "Le fait de traquer en permanence dans son propre camp, l'impureté, la déviance" (et d'ailleurs, que signifiez-vous par "impureté et déviance" ; y mettons nous le même sens ?) n'est pas, comme vous semblez le dire, l'apanage des "gauches radicales". L'époque n'est pas si lointaine où dans l'Allemagne nazie on éliminait tous les impurs (juifs, tziganes, homosexuels, malades mentaux, opposants politiques). En ce qui concerne "le moins on est nombreux et plus on se convainc d'être dans le vrai !", là, je suis d'accord avec vous car si la poignée de résistants du début, en 1940, n'avait pas cru en son combat contre le gouvernement de Vichy et les nazis, que se serait-il passé ?
Ania. Quant à dire que "la société française permet d'évoluer et s'efforce d'aller dans le sens d'un plus grand respect des autres", c'est oublier les événements récents des banlieues et les délits de faciès en ce qui concerne l'embauche ou la location d'appartements... Et j'en passe ! Je me permets, à l'instar de Thierry, de vous conseiller la lecture qu'il mentionne. Elle permet de remettre à jour notre conception de l'ethnocentrisme.

Ecrit par : FG | 06 février 2006

Cité de travers et avec le renfort d'amalgames et de paralogismes, me voilà quasi nazi, j'en rirais PRESQUE !

Ecrit par : nic | 06 février 2006

Euh… on se calme, on se calme… Personne n'a traité personne de je ne sais quoi.

Ecrit par : KA | 06 février 2006

La question qui me parait interessante est la suivante: la femme "occidentale" PEUT-elle montrer ses jambes ou DOIT-elle montrer ses jambes ?
Dans le premier cas, c'est une liberation (par rapport a la femme "afghane" ou a la femme occidentale d'il y a qq decennies), dans le second, non.
Or, a mon avis, il n'y a pas de reponse tranchee a cette question. Bien sur, officiellement, c'est le premier cas qui est vrai. Nos "democraties" se vantent de leur liberalisme (au sens moral) et personne n'a risque les foudres de l'Etat pour refus de devoilement (je parle uniquement des jambes). Mais c'est oublier un peu vite tout ce que nous a appris la sociologie (entre autres: la Domination masculine de Bourdieu) et la psychologie sociale (je ne saurais que vous conseiller le dernier J-L Beauvois): nous integrons, dans notre corps meme, toute une serie de code sociaux (dont le devoilement des jambes chez les femmes) qui renforcent la domination des uns sur les autres (ici des hommes sur les femmes). Et nous integrons ces codes non seulement sans nous en rendre compte mais en etant meme persuades du contraire (ne sommes nous pas libres ?).
Il est clair que je prefererais etre une femme occidentale a etre une femme afghane (je pense aussi que la situation des hommes occidentaux est, en general, plus enviable que celle des afghans (ce n'est pas un jugement sur la culture afghane mais sur le fait qu'il est preferable d'etre du bon cote du fusil)) mais je ne crois pas, comme le resume trop lapidairement KA, que le probleme des occidentales se limite a perdre 5 kilos : 10% des femmes en France sont quand meme victimes de violences conjugales (etude enveff; NB: le terme violence ne designe pas uniquement les violences physiques).

Ecrit par : blop | 06 février 2006

Vu sur Arte ce soir (enfin, hier soir) : "Le voyage des femmes de Zartalé", documentaire de Claude Mouriéras.

« Village de Zartalé, au coeur de l'Afghanistan. Des femmes turberculeuses entreprennent un long voyage à pied pour rejoindre l'hôpital le plus proche. Une première pour elles, qui, il n'y a pas si longtemps, n'avaient pas le droit d'être examinées par des hommes. »

On y entend des femmes parler sans prendre de gants, qui disent qu'on les traite comme des bouses de vaches, moins bien que des vaches ; des femmes qui vivent sans burka (mais doivent la mettre pour descendre à la ville), un homme qui traite d'arriéré celui qui veut mettre un voile à une femme qu'on doit sortir de sous une tente pour la déposer sur une civière, etc.

Un film qui aura sûrement remis quelques idées en place dans la tête de certains…

Ecrit par : KA | 07 février 2006

à KA > Tiens, tu me fais penser à ce roman pour la jeunesse, sorti il n'y a pas longtemps, où une jeune adolescente qui s'est faite violée par un groupe de mecs conclut son récit, après avoir appris les souffrances des femmes afghannes, en s'adressant à celui qui l'a conduite dans ce traquenard. Elle lui dit : « Je te pardonne à cause des victimes innocentes d’Afghanistan… ».... Il devrait te plaire le raisonnement de cette gamine, hein ? Comme toi, elle relativise... ;-)

Critiquer l'opposition burka-jambes sexy, ce n'est en aucune façon minimiser les souffrances extrèmes des femmes afghanes. C'est tellement évident, que laisser croire que c'est le cas de certains dans ce débat sur ton blog apparaît quelque peu de mauvaise foi, amigo...

Et rassure-toi, on peut être sensible aux jambes découvertes des femmes - et mêmes aux porte-jarretelles ;-)
http://laboiteaimages.hautetfort.com/archive/2005/12/26/hurler-avec-la-meute.html

sans être un allié objectif des talibans !

bonne journée :-)
Thierry

Ecrit par : thierry | 07 février 2006

THIERRY : L'argument du roman jeunesse, pfffuittt ! Encore un raccourci pour le moins hardi…

Et si les écriveuses de "les mots sont importants" ne soutiennent pas le port de la burka au nom d'un "refus de l'ethnocentrisme", alors il faut qu'elles le disent haut et fort. Car :

« I1 est certains esprits dont les sombres pensées
Sont d'un nuage épais toujours embarrassées ;
Le jour de la raison ne le saurait percer.
Avant donc que d'écrire, apprenez à penser.
Selon que notre idée est plus ou moins obscure,
L'expression la suit, ou moins nette, ou plus pure.
Ce que l'on conçoit bien s'énonce clairement,
Et les mots pour le dire arrivent aisément. »

Nicolas Boileau.

(Et nous continuerons en privé cette discussion, hein, gars !)

Ecrit par : KA | 07 février 2006