« AU PLAISIR DES YEUX : L'AGENCE EUREKA | Page d'accueil | LE STANDINGE SELON DUBOUT »
28 avril 2006
COSY-CORNER
Il était une fois un enfant qui n'avait pour toute lecture que deux albums, trois ou quatre enquêtes d'Alice en Bibliothèque Verte et une collection de livres édités au Fleuve Noir.
Paul Kenny y écrivait les aventures de Coplan FX-18, Jean Bruce avait pour héros Hubert Bonisseur de la Bath alias OSS 117, et le commissaire San-Antonio racontait ses propres histoires ! L'enfant abandonna bien vite Alice et son serre-tête pour rejoindre la compagnie des agents secrets en pleine guerre froide et se délecter des délires de San-A.
Les couvertures de ces livres - ainsi que celles de bien d'autres auteurs de romans policiers ou d'espionnage parus chez le même éditeur - étaient toutes réalisées par Michel Gourdon, dont le frère dessinait des pin-up pour le magazine Lui sous le pseudonyme d'Aslan.
Certaines illustrations de Michel Gourdon marquèrent durablement l'enfant.
Paul Kenny





Jean Bruce



San-Antonio



L'enfant avait onze ans. C'est à cette époque qu'il commença à fréquenter le Louvre et le soir, dans son lit, il dévorait ces romans de gare chipés dans un placard. Souvent, il contemplait les illustrations de couverture en se demandant comment on pouvait dessiner aussi bien, comment on pouvait composer des images si percutantes avec si peu de moyens mis en oeuvre. Il rêvait d'en faire autant, et devenir Gourdon, Ingres et Rembrandt à la fois était toute son ambition.

À l'heure où paraît un film intitulé OSS 117 - Le Caire • nid d'espions, l'enfant repense à ce temps. Et tel un vieux con râleur, il se dit que l'affiche du film aurait dû être traitée à la manière de Gourdon dans les couleurs des premiers Paul Kenny et Jean Bruce. Pour l'unique satisfaction d'un adulte incomplet qui n'a pas oublié ses lectures enfantines peu communes, son cosy-corner et sa petite lampe de chevet bleu ciel.

CADEAU BONUS
Les bandes annonce d'époque de cinq grands nanars avec des vrais coups de pistolet dedans :
OSS 117 SE DÉCHAÎNE
BANCO À BANGKOK POUR OSS 117
FURIA À BAHIA POUR OSS 117
ATOUT CŒUR À TOKYO POUR OSS 117
PAS DE ROSES POUR OSS 117
01:20 Lien permanent
Commentaires
heureux les couche-tard qui attendent chaque soir un nouveau billet sur la "Boîte à Images"...
et Gloria Bérurier.
Ecrit par : Chtif | 28 avril 2006
Le petit Grincheux devrait la mettre en veilleuse et courir voir ce film jubilatoire ;o)
(si ce n’est déjà fait !)
http://www.startoons.fr/figurines/walt%20disney/images/grincheux.gif
Ecrit par : MiniPhasme | 28 avril 2006
Le "vieux con râleur... adulte incomplet" me semble bien accompli aujourd'hui !
Ecrit par : FG | 28 avril 2006
Démodé, peut-être mais combien évocateur et nostalgique ... Merci au "vieux con" !
Ecrit par : olaf | 28 avril 2006
Il me semble que le premier San Antonio, d'ailleurs publié hors du Fleuve Noir à Lyon dans une petite maison, était à la troisième personne.
Ecrit par : Dominique | 28 avril 2006
DOMINIQUE : Le premier San-A s'intitulait "Réglez-lui son compte ! Les révélations de San Antonio" par San-Antonio, Editions Jacquier, 1949.
Il était écrit à la première personne.
Quelques citations extraites de cet opus rarissime :
- "Je ne sais pas si vous êtes comme moi, mais je trouve qu'à part la bombe atomique, on a jamais rien inventé de mieux que le lit."
- "Je m'écroule à une terrasse et je me fais servir un double pastis aussi épais que la conscience d'un huissier."
- "Je n'insiste pas et m'adresse à un type qui, à en juger par ses galons, doit être général au Honduras ; ça tombe au poil parce qu'il s'agit du sous-chef de gare."
- "Je suis tellement bien constitué que si je sortais en slip dans la rue la circulation serait aussitôt interrompue."
Le deuxième San-A était "Laissez tomber la fille" paru au Fleuve Noir en 1950.
Deux citations :
- "Elle a un sourire qui transforme ma moelle épinière en mayonnaise. C'est inouï ce que l'homme le plus blindé peut devenir évanescent devant les singeries d'une poulette."
- "Le lit est la plus belle conquête de l'homme après le cheval et le chewing-gum."
Des tonnes de citations sont lisibles par là (attention fou-rire):
http://www.crescenzo.nom.fr/san-antonio.html#un
Pour une biblio complète, voir par ici :
http://dard.si2v.com/
Ecrit par : KA | 28 avril 2006
Ouaip et c'est grâce à des "romans de gare" comme ça qu'on a envie de prendre le train.
Ecrit par : Isido | 28 avril 2006
Le film ne manque pas de maladresse mais la seconde version de l'affiche me fait penser au début du film qui respecte bien cette ambiance là.
Ecrit par : pup | 28 avril 2006
"Toujours le même air sous le soleil,
C’est la même chanson, c’est pareil.
Sur le velours XVIème
Ou sur l’acrylique H.L.M.,
C’est toujours le même air
Dans le cosy-corner.
………..
Un meuble de grand-mère,
Un cosy-corner."
Alain Souchon (1978)
;-)
Ecrit par : Micheline | 28 avril 2006
Dans l'affiche, j'adore la reprise de la posture (elle, très caractéritique d'un temps que les moins de 20 ans, etc.) du "gars résolu qui sort son pistolet".
Ecrit par : nic | 28 avril 2006
KA a essayé, il peut
Ecrit par : digamela | 28 avril 2006
DIGAMELA : ouaipe, j'ai essayé, on peut !
Ecrit par : KA | 28 avril 2006
pup : "Le film ne manque pas de maladresse"
Espèce de français(e) !
[pouf pouf !]
Il faut voir le film pour comprendre :o}
Ecrit par : MiniPhasme | 28 avril 2006
jean dujardin est au poil et a servi d'aspirateur
l'affiche spiel kein role pour le box-office mais est ok,
j'avoue ne l'avoir regardée qu'après avoir vu le film
Ecrit par : Nomad | 28 avril 2006
Très bien votre version Mr Ka, mais elle se serait fondue dans la grisaille de nos murs ; et la couleur "indique" un peu le ton léger du film.
Mais cette affiche ne fait elle pas plutôt référence à celles des précédents films d' OSS 117, ou celles des James Bond, Flint, et autres Tigre et Monocle ?
C'est vrai que ces couvs (comme les images proposées par l'Agence Euréka) ont nourri quelques générations de dessinateurs.
Ecrit par : didierg | 28 avril 2006
Digression :
je suis étonné que nos diverses ligues de bienpensance n'aient pas pris le mors aux dents en indiquant que la vision des minarets en bas de la sphère, derrière un héros-bien-de-chez-nous dénotait le caractère sectaire et caricatural d'une œuvre raciste stigmatisant l'Egypte comme un repaire de sous-développés espionnant pour le compte - qui sait ? - d'un chef islamiste pédophile (je rappelle que ça n'a rien d'incompatible).
Alors que tout le monde sait qu'il ne se passe jamais rien en Egypte, quelle mauvaise foi !
Encore un coup des producteurs siionistes à la solde de neocons bushistes.
;-)
Ecrit par : kalle | 29 avril 2006
DIDIERG : Il n'est que de voir le nombre d'affiches monochromes pour se convaincre que celle-ci (ou une autre un peu plus travaillée que ce que j'en ai fait) aurait pu passer.
Cela dit, on comprend les choix du distributeur : orange est une couleur qui se repère de loin, et tant pis si elle est connotée années 70 alors que le film est en référence aux années 50-60.
Ecrit par : KA | 29 avril 2006
Au bas de ce billet, je viens d'ajouter les liens vers les bandes annonce d'époque de cinq grands nanars avec des vrais coups de pistolet dedans :
OSS 117 SE DÉCHAÎNE
BANCO À BANGKOK POUR OSS 117
FURIA À BAHIA POUR OSS 117
ATOUT CŒUR À TOKYO POUR OSS 117
PAS DE ROSES POUR OSS 117
Ecrit par : KA | 30 avril 2006
Le sigle FN du Fleuve Noir deuxième manière aurait bien du mal à passer aujourd'hui.
Ecrit par : Jacques Layani | 03 mai 2006






