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03 novembre 2006

BIZNESSE ET BLASONS

La peinturlure a toujours été assujettie aux pouvoirs, qu'ils soient religieux, politique ou financier. Aujourd'hui c'est le biznesse qui l'emporte le plus souvent, les grandes expositions et les musées sont sponsorisés par des marques.

Il en est ainsi, par exemple, de l'actuelle exposition (ratée) Venise et l'Orient à l' Institut du Monde arabe à Paris financée par le pétrolier Total :






Il en est ainsi, également, du musée du Louvre qui a pour partenaires Accenture, Arjowiggins, Le Crédit Lyonnais, Nippon Television Network Corporation, Total, AGF, Toyota France et une foule d'autres entreprises. On peut s'en énerver, surtout quand on constate les dérives auxquelles ce genre de démarche mène (voir mon récent billet intitulé ce joli tableau vous est offert par AXA et Coca-Cola.)

Et sans aller aussi loin dans la bêtise insondable, on peut estimer que la collection Phillips, Véronèse ou le Titien ne méritaient pas cette litanie de logos commerciaux apposés sur d'horribles affiches (qu'on pende le graphiste !)




Le Titien au musée du Sénat, Paris, 2006-2007



La chose n'est pourtant pas neuve. Les peintures des XVème et XVIème siècles français et flamands, par exemple, arboraient fièrement les logos de leurs sponsors. Sauf qu'on parlait alors de blasons et de commanditaires, ou de donateurs.






La résurrection de Lazare
par le Maître de Coëtivy, fin du XVème siècle


La donatrice est cette petite femme de droite, agenouillée derrière son blason.







Nativité
par Jean Hey (Maître de Moulins), vers 1480



Le donateur est représenté à droite avec son blason. Il s'agit du cardinal Rolin, fils du chancelier (voir la Vierge au chancelier Rolin).

Le plus souvent, toutefois, le blason ne figurait pas et le donateur ou commanditaire était représenté en tout petit sur l'oeuvre :






La résurrection de Lazare
par Gérard de Saint Jean (Geertgen Tot Sint Jan),
fin du XVème siècle



D'autres fois enfin, seul le blason était représenté :






Vierge à l'enfant avec quatre saints
par Rogier van der Weyden, 1450-1451


Il s'agit du blason à fleurs de lys de la ville de Florence, fief des Médicis qui commandèrent probablement* cette oeuvre à Rogier van der Weyden quand il se rendit en Italie.


Or donc, puisque le chemin nous est tracé depuis au moins cinq cents ans, la Boîte à Images (qui est une oeuvre d'art à elle toute seule, mais oui mais oui faisons semblant d'y croire) a décidé de sortir de sa réserve et accepte dorénavant tous les logos d'entreprise accompagnés d'un chèque substantiel.

(La substance commence avec deux zéros, hein, soyons clairs et faisons semblant d'attendre les chèques…)


__________
* Le doute subsiste quant à cette hypothèse parce qu'une famille de Louvain possédait le même blason, argent à fleur de lys florencé gules. On trouvera les détails de cette histoire compliquée dans Les Primitifs flamands, ouvrage indispen-
sable d'Erwin Panofsky publié par les Éditions Hazan, à la page 488.

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Commentaires

arf, c'est vrai que l'expo de titien ne méritait vraiment pas une affiche aussi laide et mal fichue...

Cela dis, l'affiche de l'expo "venise et l'orient" est, elle, plutot jolie

Pour ce qui est de la litanie de logos, bof. Moi, du moment que c'est en tout petit dans un coin est que ça se voit pas trop, ça ne me gêne pas tellement; Il sont mécènes, ils veulent que ca se voit ^^' Il faut bien que ca se fasse de toute façon...non? ^^

Ecrit par : Léo | 03 novembre 2006

LÉO : Ouais c'est sûr, même si parfois c'est gonflant, c'est inévitable. Quant à l'affiche de Venise et l'Orient, c'est à peu près ce qu'il y a de mieux dans l'expo (j'exagère à peine).

Ecrit par : KA | 03 novembre 2006

Ralala ! L'bizeness ! Voyez comme i' peut tout s'accaparer ! Le blason à trois fleurs de lys ne fut accordé par concession de Louis XI, qu'en 1465, un an après la mort de Van der Weyden, et une quinzaine d'années après l'exécution de cette Vierge au p'tit Jéjus. Pour c'qui est du chèque, KA, chuis désolé mais j'n'en avions point, pas pus que d'beurre en manche !

Ecrit par : untel | 03 novembre 2006

Est-ce qu'il y a pas une grosse différence quand même? Parcequ'avec l'exemple des marques (que ce soit coca cola, axa, france télévision etc... ... ...) on a une promotion de la diffision de l'art (sous forme d'expositions ou que sais-je...) alors qu'avec le coup des blasons, il y a bel et bien promotion certes, mais c'est celle de la production!
Il y a peut etre litanie des sponsors, mais au moins on a un événement a la clef, ce qui est toujours mieux que rien! Et puis l'affiche de l'expo reste l'art qui signale l'événement et non pas l'Art présenté lors de l'événement, alors si les sponsors veulent nous montrer leur toute puissance ou leur bonté (au choix...) en bardant les affiches de leurs noms, pourquoi pas hein...(bon j'avoue que c'est pas ce qu'il ya de plus esthétique..!)

Ecrit par : le maori | 03 novembre 2006

ce qui serait plus génant peut etre c'est si les peintres commencent à caser coca cola dans le paysage parcquils ont été payés pour... remarque c'est ptet pour ça que les publicitaires se prennent pour des artistes!

Ecrit par : le maori | 03 novembre 2006

Z'avez vu l'détail de la nativité de Jean Hey ( dans l'coin en haut à droite) ? Nan, nan ! C'était pas déjà sponsorisé par le Time! "Deum time" ( crains Dieu) est tiré de l'Ecclésiaste 5 : 6. Encore un billet intéressant KA ! Dès qu'y a d'la peinture ancienne, j'me régale.

Ecrit par : untel | 03 novembre 2006

Dites-moi, maître Ka, comment faisait-on il n'y a pas si longtemps pour faire des expos qui n'étaient pas sponsorisées par toutes ces marques ? Juste pour savoir...

Pour le chèque, pas de prob, avec autant de zéros que vous le souhaitez. Après la virgule, nous sommes bien d'accord ???

Ecrit par : Isido | 03 novembre 2006

Euh, et pi (3,1416 bien sûr), me semblait que, y'a pas si longtemps aussi (je vais vraiment passer pour un vieux con...), les mécènes, ils s'affichaient pas.
Et que, à l'inverse, quand on affichait les sous qu'on donnait, on appelait ça de la réclame. Mais bon, c'était un autre temps, peut-être...

Ecrit par : Isido | 03 novembre 2006

J'imagine que les bénéfices de plus en plus juteux que les grosses sociétés récoltent sur le dos des travailleurs et des consommateurs doivent (en partie ! ;-)) être répartis en frais généraux pour éviter de payer trop d'impôts. Ce doit être un truc de ce genre, non ? Est-ce que ce soi-disant mécénat donne une meilleure conscience aux actionnaires de Total, par exemple, de polluer la planète ? Tout cela me paraît bien hypocrite et certainement pas dicté par des valeurs progressistes. Y a du calcul dans l'air, en plus des oxydes :-))

Ecrit par : Jo | 03 novembre 2006

J'ai donc un début de réponse à la question que je me posais il y a quelques jours :
Vaut-il mieux un mécène qu'un gros bonnet de la finance ?
A pile au face quel est celui qui est le mieux placé pour juger de la qualité d'une oeuvre d'art...

Ecrit par : Dom | 03 novembre 2006

Nous avons heureusement les sponsors-donateurs sur tous (ou presque) les vitraux de Chartres : cela permet, pour les corporations, d'avoir un quasi reportage sur les métiers du XIIIe siècle, et pour les personnes physiques (nobles ou chanoines), ce sont des indices précieux pour les datations.

SI l'on voulait faire un véritable parralèle entre ces époques et la notre, il faudrait imaginer la tête de François Pinault dans un coin d'une installation de Cattelan (au hasard)

Ecrit par : Philippe[s] | 03 novembre 2006

UNTEL : Pour le blason des Médicis, j'étais au courant, ouais. Vu que c'est typiquement le genre d'information que je vérifie. Et donc, un p'tit coup d'oeil sur la Ouiquipédia m'a fourni les mêmes infos qu'à toi.
Cela dit, la question demeure. Voilà pourquoi j'ai écrit "probablement".

LE MAORI : Oui, ce que tu soulignes est juste, on n'est pas tout à fait dans le même cas de figure. Mais ce que je voulais signaler, c'est la parenté de la démarche : le soutien financier de l'art signalé par l'apposition d'un signe graphique qui a la même fonction, qu'il soit blason ou logo.
Cela dit, même si l'on assiste maintenant essentiellement à un partenariat a posteriori (financement des expos), le partenariat a priori existe aussi par l'intermédiaire des commandes publiques et l'on se retrouve dans la même situation que par le passé.

PHILIPPE[S] : Ouais je pensais à ça aussi en rédigeant le billet : ce serait marrant de voir, en bas à droite des oeuvres contemporaines, le pédégé sponsor tenant un écu avec dessus le logo de sa multinationale. Le seul problème, c'est qu'un pédégé ça va-ça vient, ça saute en parachute et ça retombe ailleurs tous les quatre matins…

Ecrit par : KA | 03 novembre 2006

« l' Institut du Monde arabe à Paris financée par le pétrolier Total »

« bêtise insondable » ?

=> Incroyable, ce pouvoir du pitrol sur le Monde arabe…
[On touche le fond !]

Egalement « insondable » le regard du cardinal Rolin :
un ancêtre de Pasqua ?
[Plutôt preneur que « donateur »... ]

Ecrit par : MiniPhasme | 03 novembre 2006

Ça me rappelle un épisode des Simpsons dans lequel, Homer s'étant mal conduit dans une expo parainnée par un opérateur de téléphonie, la maison de Springfield se voit transformée en relais de télécoms avec des antennes partout…

Ecrit par : M | 03 novembre 2006

J'ai ajouté une précision pas très précise en fin de billet à propos du blason qui est en fait celui de la ville de Florence qui fut le fief des Médicis qui récupérèrent la fleur de lys sauf qu'une famille de Louvain en Belgique avait les mêmes armes alors on n'est pas sûr de l'identité du commanditaire d'autant plus que les saints représentés peuvent aussi bien convenir aux uns qu'aux autres vu que leur identité à eux aussi est plutôt floue enfin bref non seulement rien n'est simple mais en plus tout se complique…
Collez-moi un logo BNP là-dessus et qu'on n'en parle plus !

Ecrit par : KA | 03 novembre 2006

Une chose est sûre, avec un tel billet, tu joues le rôle de l'anti-sponsor, M. Ka!

Ecrit par : la bacchante a-musé-e | 03 novembre 2006

Pour "la Vierge à l'enfant", le gars Van Der Weyden, y se serait pas fait planter par deux annonceurs, vu qu'y reste deux emplacements libres ?

Que penserais-tu d'une nouvelle mode de (très) riches : s'offrir une telle toile et y faire peinturlurer son portrait, ou le logo de sa boîte (en discret bien sûr, dans le respect de l'oeuvre, of course) ?

Sinon pour ton chèque je peux t'en faire un qui *débute* par autant de zéros que tu veux !

Ecrit par : Froussard Anonyme | 03 novembre 2006

FROUSSARD : Les annonceurs se sont dégonflés, oui ! On pourrait coller les logos de boîtes multinationales sur les écus restés libres, mais ça risque d'être délicat ; l'oeuvre (sur bois) est conservée au Städelsches Kunstinstitut de Francfort et les gardiens apprécieraient peu qu'on l'agrémente d'une paire d'autocollants.
Le mieux serait de la chourer, elle ne mesure que 61,7 x 46,1 cm ;-)

Euh non j'ai rien dit !

Ecrit par : KA | 03 novembre 2006

La triple fleur de lys pourrait n' êt' qu'une seule fleur d'iris qu'on représentait ainsi, voir le lien: http://fbecuwe.free.fr/lys.htm Cette fleur est d'ailleurs rappelée dans l'tableau et Lille et Bruxelles l'ont pour emblême. Le blème, c'est que p'tit à p'tit, l'iris et le lys se sont confondus. Mais bon ! J'arrête, j'vais pas en faire des caisses pour un blase dont je n'suis sûr de rien. KA, j'voulais vous dire cake chose: pus j'survole vot' site et pus j'me rends compte de vot' ecclectisme, de vot' prop' moteur de recherche ( j'veux dire le cérébral) et du gros travail déjà fait, chapeau ! Vouaiche ! A part ça, j'vois qu'vous ram'nez la BNP sul' tapis, j'vous ai d'jà dit qu' j'ai pas d'chéquier! Nan! Nan et renan! Rôlalaaaa ! Poscritone : La résurrection de Lazare par le maître de Cauet TV (j'ai pas pu m'empêcher).

Ecrit par : untel | 03 novembre 2006

UNTEL : Des jeux de mots pourris comme ça, attention ça frise l'exclusion ! Nanmèhô. Surtout quand c'est pas moi qui les fais (comment ça, jaloux ?)

Sinon, pour le lys et l'iris, c'est vrai qu'on a affaire là à un vrai sac de noeuds et ça contribue à rendre l'identification du commanditaire tout à fait impossible. A moins qu'on découvre un jour le contrat (puisqu'un tel acte était systématiquement passé entre le peintre et son client).

Ecrit par : KA | 03 novembre 2006

Un cas intéressant : celui de l'ancienne bourse de commerce de Lille. Un des plus beaux monuments de la ville (XVIIeme si je ne m'abuse), entièrement et joliment rénové dans les années 90. Avec la participation de fonds privés, essentiellement des grosses boites du nord (La Redoute, Crédit du Nord etc.).
Et en récompense de leur financement, ces entreprises ont eu le droit d'apposer leur logo sur le bâtiment lui même, précisement aux emplacements où figuraient autrefois les blasons des comerçants de la ville.
Ici, c'est bien l'"oeuvre" elle-même sur laquelle on a apposé le logo des mécènes ; mais, il est vrai, dans une continuité historique finalement assez logique avec l'histoire du bâtiment.

Ecrit par : Paul | 03 novembre 2006

J'y crois pas ! Tu nous fais un billet pareil sans même nous mettre un de tes tableaux préférés - la vierge au chancelier Rolin (en général, tu trouves toujours un moyen de le mettre dans un billet, ptit joueur sur ce coup ci !)

Ecrit par : Vroumette | 03 novembre 2006

L'emblème de Bruxelles est l'iris (iris jaune des marais)
Lire ici: http://www.bruxelles.irisnet.be/fr/region/region_de_bruxelles-capitale/l_embleme/presentation.shtml

Et puis Rogier van der Weyden s'appelait au départ Roger de la Pasture (son nom a été flamandisé)...

Ecrit par : Micheline | 03 novembre 2006

Magnifique voyage dans l'avant-Copernic (comment fais-tu pour stimuler aussi bien par l'image avec ton outil digital ?). Juste une remarque : l'art payé pour s'envoyer au ciel est-il notre logorrhée fiacale ? Et faire du logo un symbole, n'est-ce pas le réduire ? Merci pour cette joyeuse visite.

Ecrit par : calliope | 04 novembre 2006

Ton RSS ne semble plus fonctionner et on n'est plus informé des mises à jour de ton blog. Voici ce qu'on me dit : (désolée si le problème a été déjà évoqué).

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Ligne : 8 Caractère : 3


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Ecrit par : signal | 04 novembre 2006

PAUL : Je ne connaissais pas cette anecdote, qui colle tout à fait et notamment parce qu'elle a lieu dans le Nord !

VROUMETTE : J'ai pas collé la Vierge au chancelier Rolin, nan, mais ya le lien, quand même…

MICHELINE : Rogelet de la Pasture, devenu Maître Rogier de la Pasture (alias Rogier van der Weyden) est né à Tournai, ville francophone. Mais à l'époque, la frontière linguistique n'était pas barbelée comme maintenant. Et de la Pasture ou van der Weyden est bien, de par sa culture, un maître de l'art flamand, contemporain de Van Eyck.

CALLIOPE : Euuh… vous pouvez répéter la quession ?

SIGNAL : Oui je sais que le fil RSS est rompu, ça arrive souvent, chuis désolé, je vais encore en avertir Hautetfort.

Ecrit par : KA | 04 novembre 2006

KA: tout à fait d'accord que van der Weyden est un peintre "flamand"
Un peu de provoc' de ma part sans doute...;-)

Ecrit par : Micheline | 04 novembre 2006

Pour les logos commerciaux modernes apposés sur la façade de la Vieille Bourse de Lille, ça donne ça :
http://www.pbase.com/fohoizey/image/54631773
Personnellement et en tant qu'ex-Lilloise, j'avais trouvé ça choquant, et moche : l'héraldique des blasons d'origine au moins étaient dans le style du bâtiment.

Ecrit par : Sylviane | 04 novembre 2006

Est-ce "le Blason du beau Tetin" (Cl.Marot) qui t'inspira ce fameux concours (3 en 1) ?

Ecrit par : Micheline | 04 novembre 2006

Sylviane
Bah, moi en tant que Lillois d'adoption et pourtant plutôt anti-pub en général, je trouve ça acceptable : du point de vue esthétique ça reste assez discret, et vu l'histoire et les fonctions du bâtiment (créé par des marchands) c'est cohérent. Je ne dirais pas la même chose si c'était un autre monument.

Ecrit par : Paul | 04 novembre 2006

Reste à savoir si le cardinal Rolin fut le mécène de van der Weyden !

http://korkos.club.fr/mystere-01grand.jpg

Las, beaucoup moins chanceux cet artiste…pourtant auréolé de son vivant…
http://ccat.sas.upenn.edu/~rs002/Images/Christian/stluke.jpg

… dont il faut souligner le louable souci d’authenticité…
http://minilien.com/?KN2yal6vIc
[œuvres très anciennes, le noir et blanc en témoigne]

… puisqu’il ne s’est pas contenté d’imaginer la Madonna…
http://minilien.com/?ZcbUWSEJyz *

… le castigne a dû être éprouvant…
http://minilien.com/?5HhiD89LpL

… car les candidates pullulaient, implorantes…
http://www.insecula.com/oeuvre/photo_ME0000059160.html

=> Les œuvres de St Luc sont-elles restées méconnues, faute de mécène ?

* euh… Colijn de Coter et Van der Weyden : même donateur ?

Ecrit par : MiniPhasme bon com | 04 novembre 2006

Eh bien... en ce qui me concerne, ce nouveau blason clinquant me hérisse le poil et je le considère comme une entourloupe par rapport à la charte de Venise qui réglemente toutes les interventions sur les bâtiments classés. Il aurait fallu restaurer ou reproduire le blason d'époque, tel qu'il était à l'origine. Et s'il n'y avait plus de trace, plus d'archives pour décrire ce qu'il y avait avant, on ne mettait rien. Là, c'est vraiment n'importe quoi. Si les entreprises veulent aider à la sauvegarde du patrimoine, qu'elles le fassent avec modestie. De toutes façons, elles en retirent un bénéfice. Tant qu'on y est, pourquoi pas un appareil photo dans la main de dieu sur la fresque de la chapelle sixtine, restaurée grâce aux Japonais ?

Ecrit par : Jo | 04 novembre 2006

A propos du blason-logo de la Bourse de Lille :
l'idée me paraissait un tantinet choquante, mais au vu de la photo le truc semble assez discret. Alors bon… je ne sais plus trop qu'en penser.

A part ça, j'ai vu sur une pub dans le métro que les magasins ED commercialisent de nouveaux yaourts avec sur les pots des portraits de Botticelli. Le pire - parce que oui il y a pire - c'est que lesdits portraits ont été retouchés (sur ordre d'un service de comm qui trouvait sans doute que Botticelli dessinait comme un pied !)
Après la laitière de Vermeer, Michel-Ange sur les paquets de café et j'en passe…
Voir par ici :
http://laboiteaimages.hautetfort.com/archive/2004/12/22/les_serviettes_periodiques_de.html

et par là :
http://laboiteaimages.hautetfort.com/archive/2005/09/26/le-code-de-vinci.html

Ecrit par : KA | 04 novembre 2006

Le sponsoring est en effet partout !
Au .... zoo de Lisbonne, par exemple, on peut voir les affichettes des sociétés qui ont financé la rénovation des cages des perroquets, des singes, des gazelles, des panthères, que sais-je...

Ecrit par : nuages | 05 novembre 2006

Bien qu'habitant Lille, j'avoue n'avoir jamais fait attention jusqu'à présent à ces logos sur la Vieille Bourse. Quelle horreur ! (Même si ça reste discret)

Ecrit par : Marc | 05 novembre 2006

Tout est une question de considération du patrimoine...! Accoler un logo sur un monument historique revient à accepter le monument en question dans notre patrimoine! meme si je comprends que l'idée puisse chagriner certain, je pense qu'!l s'agit pourtant d'une redéfinition sociale. C'est tout simple, je considère comme mien ce patrimoine, je colle mon nom dessus... (bon cest vrai quil y a peut etre des considérations plus mercantiles derrière!)
Le patrimoine est une vaste question, et vouloir a tout prix instaurer un patrimoine mondial est une vaste supercherie. Chaque objet traverse les différents temps, lieux et milieux comme il peut, et etablir un patrimoine "humain et universel" revient a essayer de figer un ouvrage dans un seul temps et un seul milieu. En archélologie, il s'agit d'une pomme de discorde quant à savoir quel est l'état que l'on souhaite préserver et (ou) montrer. Que restitue-t-on, que reconstitue-t-on?
Lors de la révolution de 1789, quand on allait gaiement démonter un chateau de ses pourris de nobles ou souffler allègrement une église, c'était bien parcequ'on ne voulait pas intégrer les pouvoirs écclésiastiques et monarchiques dans le patrimoine qu'on revendiquait alors...
Les Talibans qui font sauter les Boudha géants en Afghanistan ont réussi à faire soulever une marrée de protestation internationnale criant à l'assassinat du patrimoine mondial, n'empêche que les Talibans dans le temps et leur milieu ne veulent pas de Boudha!
Tout ça pour dire que démonter un chateau ou un boudha revient finalement à affirmer que le patrimoine qu'on dézingue n'est pas le notre...!
Et ne pas restituer les blasons d'origines sur la bourse de Lille équivault à aggréger le patrimoine à notre Culture.
Démonter, préserver ou modifier, voila trois actions qui ressortissent au même principe, définir un patrimoine.

Ecrit par : le maori | 05 novembre 2006

=> Faut-il *imposer* le mécénat ?

Si St Luc n’a pas trouvé mécène, le nom de ce dernier n’a même pas été retenu pour désigner le prix remis aux entreprises dont les actions de mécénat sont jugées exemplaires !

Cette récompense porte le nom d’Oscar…
http://www.uda.fr/index.php?id=3406

Oscar ! Mais qu’a donc fait ce remarquable inconnu pour emballer tout ce beau monde ?
http://www.oscardelemballage.com/article/page_article.cfm?idoc=60750&time=1
[A noter qu’il cartonne également chez les pubeux…]

Pauvre Mécène ! Faut-il qu’une antonomase soit dépréciative pour qu’on la retienne ?
http://www.aei.ca/~anbou/cmecene.html
http://perso.orange.fr/christine.jongen/P01aOeuvres/OeuvresA01.htm

…riche comme Crésus, il ne s’est pourtant pas comporté comme un Harpagon…
http://www.univ-montp3.fr/~pictura/GenerateurNotice.php?numnotice=A0822

Ecrit par : MiniPhasme | 05 novembre 2006

KA : « Et Picasso ? Ah Picasso on peut pas, il a déjà une voiture avec la bénédiction de sa famille, minée par les difficultés financières… »

(pouf pouf)

=> Une authentique Picasso est une voiture accidentée !
[asymétrique, forcément ]

Cela dit, j’en ferais bien… un César !

Ecrit par : MiniPhasme | 05 novembre 2006

MINIPHASME : Si Saint-Luc n'a pas trouvé de mécène, il est tout de même devenu le patron des peintres et dessinateurs (cf. la célèbre Académie Saint-Luc en Belgique).
Les difficultés financières des Picasso qu'ont bien du malheur, c'était là :
http://laboiteaimages.hautetfort.com/archive/2004/12/22/les_serviettes_periodiques_de.html
(mais j'avais déjà redonné de lien récemment, je crois).

Ecrit par : KA | 05 novembre 2006

Saint-Luc est aussi patron des médecins d'où Cliniques Saint-Luc à Bruxelles...

Ecrit par : Micheline | 05 novembre 2006

KA :"Si Saint-Luc n'a pas trouvé de mécène, il est tout de même devenu le patron des peintres et dessinateurs"

Ah, zut, j'ai oublié de le préciser!
(snif... du coup, la dérision s’en trouve amoindrie)

Ecrit par : MiniPhasme | 05 novembre 2006

Si les donateurs d'ces deux résurrections et de la Nativité avait été aussi fidèles à leur Dieu que ne le sont les chiens envers l'homme, ils ne se s'raient pas fait représenter. D'ailleurs, j'ai trouvé cette photo montrant, p'têt' ben, une tête de chien gravée dans la pierre ( la high fidelity ne se grave pas que dans la cire ). http://www.insecula.com/oeuvre/photo_ME0000028541.html C'est Jésus qu'avait balancé:" quand tu donnes, que ta main gauche ne sache pas ce que fait ta main droite". Aaaah ! J'me plais à penser aux donateurs qui restent inconnus, même aujourd'hui, mais j'rêve, la vanité fait l'reste.

Ecrit par : untel | 05 novembre 2006

Bonjour.
Lu hier dans un Ici Pourri ou Franche Déménce qui traînait chez ma mère que Renaud filait 150 000 euros pour financer une école dans le village de sa femme. Pour le remercier, la commune va donner son nom à l'école.
Un rapport avec ton billet ?

Ecrit par : jean-louis | 06 novembre 2006

=> Un mécène ne gagne pas forcément sur tous les tableaux !

http://minilien.com/?0iawwrDIPQ

Ecrit par : MiniPhasme | 08 novembre 2006

ah ben si y a des familles différentes qui se mettent à avoir le même logo, où va-t-on mon bon monsieur ;-)
vous imaginez, de nos jours, le crédit agricole et le crédit lyonnais qui auraient le même blason,
ce bazard que ça foutrait ?
:-) :-) :-) ;-)

Ecrit par : gilda | 24 novembre 2006