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09 novembre 2006

VÉNUS, MARS ET LE PAPILLON

Pour ma muse.

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Peint par Botticelli, ce Vénus et Mars est une commande que la famille Vespucci passa au peintre en 1483, probablement à l'occasion de la célébration du mariage de Simonetta Vespucci et Giuliano de Médicis représentés ici en dieux mythologiques.

Dans le coin supérieur droit, à côté de la tête de Mars/Giuliano, on peut voir une souche d'où s'échappent des guêpes. Il s'agit là d'une allusion à la famille Vespucci, puisque guêpe se dit vespa en italien et au singulier, vespe dans le même idiome au pluriel (Vespa est également une célèbre marque de cyclomoteurs toutefois assez peu répandus dans la Florence du XVème siècle).






Le format étrange de cette oeuvre (69 x 173,5 cm) s'explique par le fait qu'il s'agit de l'avant d'un cassone, c'est-à-dire un coffre contenant la dot de la mariée.




Cassone Nerli réalisé pour un mariage
par Zanobi di Domenico et Biagio d'Antonio en 1472 ;
peintures de Jacopo del Sellaio



Par-delà le mythe grec revu par le Rome antique, on peut lire dans ce tableau une signification toute empreinte de philosophie néo-platonicienne : Vénus, représentant la Concorde, est opposée à Mars représentant la Discorde ; l'union des deux créant l'équilibre du monde.

Cela dit, on peut voir également dans cette peinturlure d'autres choses un peu plus olé-olé. Allez hop ! Tentative d'auscultation :






Mars dort. S'il dort, c'est peut-être qu'il est fatigué après de menus efforts… Il est bel et bien au repos, notre guerrier, et son index droit replié nous le confirme :






Pendant ce temps, Vénus reste éveillée et apprécierait que son compagnon abandonne Morphée pour saisir à nouveau sa lance. C'est ce que suggèrent les faunes, êtres lubriques par excellence, qui s'amusent avec :






Même que l'un d'eux tente de réveiller le dieu endormi en soufflant dans un buccin (le buccin, ou bulot, était aussi le nom donné à une trompette dans la Rome Antique) :






Au cas où l'on aurait encore un doute, Vénus, pour bien signifier son désir, regarde son compagnon en tripotant le tissu de sa robe d'une manière qui ne laisse rien au hasard :






Alors voilà, nous avons donc sous les yeux une peinture illustrant un cassone - un coffre de dot commandé par la famille de la future mariée - qui, sous couvert d'une représentation philosophico-mythologique, nous dit : « Attention, mon p'tit Giuliano de Médicis, va falloir assurer un max sinon c'est trop la honte ! »

Ce coffre et cette peinturlure eurent bien du succès dans le landerneau florentin. Tellement de succès, qu'un autre peintre décida de la parodier. En 1490, Piero di Cosimo peint Vénus, Mars et Cupidon sur un panneau de bois mesurant 72x182 cm. Dans ce cas également, on pense qu'il s'agit d'un décor de coffret à dot.

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Le problème de Cosimo, qui était un sacré plaisantin (oui oui, c'est officiel), c'est qu'il ne pouvait pas reprendre les clins d'oeil utilisés par Botticelli avec le doigt plié de Mars et ceux de Vénus fourrés dans le tissu. Il fallait trouver autre chose.

Pour Mars, Cosimo alla chercher le bras plié de l'armure, qui fait écho au poignet du dieu :






Et pour les ceusses qui n'auraient pas compris, des Amours en arrière-plan s'amusent avec les attributs guerriers de Mars, dont une épée dans son fourreau qui est dirigée vers le bas.






Allez hop ! Le sort de Monsieur Mars est réglé. Passons maintenant à Madame. On remarquera qu'elle est nue, et c'est le premier nu couché de la peinture occidentale.

Son fils Cupidon, dieu de l'Amour, est près d'elle. Il montre à sa mère ce pauvre Mars endormi, pendant qu'un lapin lui renifle le bout des doigts.






Pourquoi un lapin ? Pour faire la nique (ah ah ah) aux colombes qui se bécotent aux pieds de Vénus ? Non point. Les colombes sont un attribut classique de Vénus, et ce couple noir-blanc représente ici Mars et Vénus, tout bêtement.






Alors, ce lapin ?

En latin, lapin se dit cuniculus. Dans le Sujet dans le tableau, Daniel Arasse écrit ceci :
« Sa terminaison évoque le suffixe diminutif latin bien connu -culus et le cuniculus passe ainsi facilement pour être un
" petit cunus ". Ce dernier terme n'existe pas mais il évoque par consonance le cunnus, le sexe féminin. »


Ce lapin, donc, n'est rien d'autre qu'un sexe féminin.

Cunnus donnera con en français, tandis que cuniculus donnera connil et connin, anciens noms du lapin. On trouve, dans le Roman d'Énéas (vers 1160) l'expression pel de conin qui signifie, par euphémisme, nature d'une femme. Ainsi ce jeu de mots (con-connin) trouve-t-il ses sources dans la langue latine.

Mais revenons à nos peinturlures !
Là ou Botticelli nous montre une Vénus habillée tripatouillant les plis évocateurs de sa robe, Di Cosimo fait un jeu de mots. Avec un lapin qui, soit dit en passant, n'est pas un lapereau de l'année ! La bête a en effet une taille confortable, de quoi épuiser ce brave Mars…








En passant, Di Cosimo ne peut pas s'empêcher de faire un autre gag. On avait remarqué les abeilles à droite du Mars de Botticelli, évocation de la famille Vespucci. Di Cosimo, quant à lui, dessine une mouche sur l'oreiller de son dieu !






Un dernier détail enfin : sur la jambe droite de Vénus repose un papillon. Représente-t-il la Psyché grecque (psyché=papillon en grec ancien), qui ne trouvait pas de mari parce que sa trop grande beauté était effrayante ? À moins que nous devions considérer ce papillon non pas dans son acception générique mais dans sa particularité : il s'agirait (selon untel l'entomologiste dans les commmentaires) d'une écaille chinée, falena tigrata (phalène tigrée), en italien. Or il se trouve que falena est, au figuré, synonyme d'inconstante voire de prostituée.

Si la peinture de Di Cosimo faisait partie d'un coffre de dot, on peut espérer que le commanditaire ne s'est pas questionné quant à ce papillon pas si innocent !






CADEAU BONUS


Simonetta Vespucci, qui était réputée pour être la plus belle femme de son temps, servira plusieurs fois de modèle à Botticelli. Il la portraitura vers 1480 :






… et la représenta, notamment, dans La Naissance de Vénus (vers 1485):






Afin de ne pas être en reste, Piero Di Cosimo la peignit également vers 1480 dans le costume de Cléopâtre :






Les portraits de Botticelli et Di Cosimo ne se ressemblent pas du tout. La belle Simonetta serait-elle un fantasme de Sandro ?

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Commentaires

en relation avec le buccin de Boticelli, le (ou la?)venus est un bivalve dont la connotation mythologique adhère bien à la métaphore que vous développez. cfr la moule, un autre bivalve mieux connu.

Pour le lapin, en ancien français, dans les fabliaux, on retrouve le terme unique "conin" pour désigner à la fois le sx féminin et le lapin. (en neerlandais, le radical apparait dans "konijn" et en italien dans "coniglio"). Pour rester dans la zone, ce ne serait pas inintéressant d'explorer l'histoire du doublet "chatte" et "minette"... mais là, on a des différences de niveaux de langues.

Ecrit par : patricia mignone | 09 novembre 2006

Ton papillon s'appelle une fiancée. Un thème bien en rapport avec le coffre de mariage, même s'il n'alimente pas ta lecture monomaniaque du tableau! ;-)

Ecrit par : Meuh | 09 novembre 2006

psyché=papillon : Tu prends des cours de grec ancien ? ;-) Une peinture de Botticelli, en cadeau de mariage, ça a plus de gueule qu'un service en porcelaine... non ?

Ecrit par : laurence | 09 novembre 2006

"ça à" : tu peux enlever l'accent sur le a ?

Ecrit par : laurence | 09 novembre 2006

Pour répondre à Patricia, il me semble que le chat a plusieurs fois fait irruption dans la langue pour remplacer des animaux au nom devenu obsolète : par exemple, il a pris la place de l'écureuil de "dès potron-jacquet" quand on n'a plus su associer ce mot ancien avec l'animal roux (et quand on s'est aperçu qu'on voyait plus souvent des culs de chats que des culs d'écureuil, le matin). Idem pour le con, dont plus personne ne se rappelait qu'il était le descendant du conin. Et puis le chat offre en plus l'homophonie avec le chas de l'aiguille. D'ailleurs, cette vieille baderne réactionnaire de Léon Daudet utilisait cette orthographe, si j'en crois le TLF : "C'était là toute une autre affaire que quand la déesse cache son chas ou ses seins, par une pudeur dont personne ne lui sait gré...
L. DAUDET, Les Bacchantes, 1931, p. 254."

À part ça, chouette billet. Les artiss du XVème, z'avaient beau travailler pour des mécènes, c'étaient pas des vendus : traiter la patronne de mal-baisée, faut oser.

Ecrit par : LeChieur | 09 novembre 2006

Ben vrai ça ! Un chouette billet ! J'avais d'jà r'marqué la main joueuse de Mars mais pour tout l'reste, KA, vous m'avez z'ouvert les yeux. En c'qui concerne le papillon, j'pencherais putôt pour une Ecaille chinée ( euplagia quadripunctaria ), à cause des points blancs sur le thorax, des deux ch'tits points noirs sur les ailes inférieures orangées et des zébrures blanches qui ressemb' plus à celles de l'Ecaille qu'à celles de la Fiancée. Les guêpes, elles, ont bizarrement des rayures sur le thorax et surtout 4L... Botticelli d'vait êt' moins piqué d'entomologie ( ah! ah! ). Enfin, j'me demande si le bras d'l'armure s'rait pas posé sur un gobelet.

Ecrit par : untel | 09 novembre 2006

Pfff... ça donne chaud tes billets, même s'il fait froid dehors!

Ecrit par : Esteban | 09 novembre 2006

Quel pied botticellien que ce billet!

Ecrit par : la bacchante amusée | 09 novembre 2006

Voici une photo d'Ecaille chinée : http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/7/76/Euplagia_quadripunctaria03.jpg A propos d'pied botticellien, la Vénus a l' deuxième orteil plus long que le pouce, i' m'semb' que c'est c'qu'on appelle un pied égyptien.

Ecrit par : untel | 09 novembre 2006

Je m'incline devant la science entomologique d'Untel : mettons cette erreur, je vous prie, sur l'absence de café à une heure aussi matinale, et les nombreuses années qui me séparent de ma dernière chasse aux papillons. J'ai la teuhon grave, quand même.

Ecrit par : Meuh | 09 novembre 2006

Coucou me revoilou ! J'ai trouvé dans un d'mes bouquins que Botticelli se s'rait inspiré de la description d'un tableau d'Aetion faite par Lucien de Samosate, voyez les § 4 et 5 du lien : http://remacle.org/bloodwolf/philosophes/Lucien/herodote.htm

Ecrit par : untel | 09 novembre 2006

MEUH : j'ai p'têt' pas bu assez d'café moi aussi, on m'dit que mon pied égyptien est en fait un pied grec. Chuis moins calé en podologie.

Ecrit par : untel | 09 novembre 2006

Non seulement les guêpes ont quatre ailes, mais elles font partie des hyménoptères, ce qui est parfait pour un coffre de dot.

Ecrit par : Pierre | 09 novembre 2006

Et lapin en espagnol d'espagne (car souvent c'est différent dans les pays d'amérique du sud), ou conejo, veut aussi dire, de nos jours, en argot, "la chatte" ou le con. Je n'en connaissais pas l'origine, merci de me l'avoir appris.

Ecrit par : nicolas | 09 novembre 2006

Très beau billet.
Déjà au 15e s. nos hommes sont fatigués ;-)

Je vois que ces messieurs sont avides de s'instruire sur "l'obscur objet du désir"...

"La malpeste soit de cette homonymie
C'est injuste madame et c'est désobligeant
Que ce morceau de roi de votre anatomie
Porte le même nom qu'une foule de gens." Georges Brassens (Le Blason)

Ecrit par : Micheline | 09 novembre 2006

PIERRE : j'crois que j'me suis mal exprimé. J'voulais dire que c'qui était surtout bizarre, c'est que Botticelli ait peint ses guêpes avec quat' z'ailes, vu qu'elles n'en ont que deux.

Ecrit par : untel | 09 novembre 2006

Le premier nu couché ... j'avais toujours cru que c'était celui-ci : http://www.wga.hu/detail/p/piero/cosimo/allegory/procris.jpg
du même auteur.
Mais non, Monsieur K a raison - bon j'ai vérifié les dates hein, j'ai confiance mais quand même... : )

Ecrit par : Sylviane | 09 novembre 2006

Très belle note, comme d'hab ! Très belles zimages!
Une petite contribution à la vie de "nos amis les mots". Notons aussi que 'VESPA' (Pluriel : vespE) a donné WASP (= guêpe) en angleterrien.
Ce terme a aussi été utilisé aux Zétazunis comme l'acronyme de "White Anglo Saxon and Protestant" (concept de base dans l'histoire de la colonisation US: http://fr.wikipedia.org/wiki/WASP).

Ecrit par : Didier(?) | 09 novembre 2006

Lapin Malin
Bonjour Mister KA,
"... En latin, lapin se dit cuniculus. ..." excellent et superbe explication, fallait la trouver ! Je la garde précieusement...
Alors pour aller dans votre sens ... Comme nombre de mes semblables je demeure un chercheur de l'ombre, un explorateur éclairé dans l'origine du con, et par là-même, parfois par ailleurs aussi (cet ailleurs dont Dali nous disait qu'il était le plus important), de l'avenir des cons et de ses dérivés. On en vient tous, et on le devient tous également, plus au moins en tous cas aux yeux des autres, certains les cassent, d'autres les chassent, moi j'ai opté pour les caresses. La caresse aux cons, les caresses au con, j'analyse et j'os-sculpte, je scal-pelle à la plume de mes doigts, je déploie dans les plis les ailes du plaisir !
Bref, j'ai souvenir d'avoir lu en préface d'un bouquin, je ne sais s'il s'agissait de Tournier ou Barjavel, toujours est - il qu'on y apprenait l'origine du mot con, qu'on se le dise, et d'un de ses dérivés, à savoir le verbe 'déconner'.
L'auteur plaçait l'origine du verbe au moyen-age, et donnait cette explication : "au moyen age, une femme qui ne connaissait d'homme voyait son con se déplacer à l'intérieur de son corps à la recherche de nourriture, car à cette époque les fonctions et les organes du corps avait leur vie propre. Ainsi donc, ne trouvant satisfaction à ses besoins au lieu dit du con, le con voyageait et allait trouver pitance au lieu-dit du cerveau, matière blanche la plus ressemblante au caviar habituel dont le con se repait. Du coup, le con bouffait une partie du cerveau de la sujette, et celle-ci devenait donc délirante, on disait alors qu'elle dé - connait, et par extension, 'déconner' devint synonyme de délirer".
J'adore cette histoire, elle est belle et encore d'actualité je crois.
Alors sur ces bons mots, ne laissons pas les cons nous dévorer, et offrant leur un beau repas, on peut rêver, perso, un dîner de cons pour moi tout seul, j'en rêve depuis longtemps ! En attendant, jouer sur les mots et la langue, et fabriquer des cuni-lingus en veux tu en voilà, demeure un plaisir fort con-plait !
:o)
Bien à vous,
v/

Ecrit par : v/ | 09 novembre 2006

Cher M. Ka
permettez-moi de soumettre à votre sagacité la couv du magnifique album que je suis en train d'écouter, qui n'est pas sans rapport avec ce billet (en particulier le portrait de Simonetta Vespucci) :

http://en.wikipedia.org/wiki/Image:Ys_cover.jpg

Le peintre dit s'être inspiré de ses confrères du XVe siècle pour le style, la technique, et même les matériaux, mais c'est la compositrice-harpiste-chanteuse, représentée sur le tableau, qui lui a fourni les éléments symboliques. Je suis bien conscient que cette peinture n'est pas un chef-d'oeuvre (le disque, si), mais elle m'intrigue.

Ecrit par : RB | 09 novembre 2006

Une 'tite précision . J'ai lu que l'Ecaille chinée se disait en italien falena tigrata ( phalène tigrée ), et qu' au figuré, falena était synonyme d'inconstante et même de prostituée. Bah ! De toute façon, le papillon symbolise la légèreté, et la mouche, tout comme le lapin, sont réputés pour leurs ardeurs sexuelles.

Ecrit par : untel | 09 novembre 2006

J'me demande aussi si le Cupidon de Piero di Cosimo ne montrerait pas du doigt le rocher " turgescent " et on n'peut plus parlant qui s'trouve à droite.

Ecrit par : untel | 09 novembre 2006

Aaargh ! ch'suis arrivée trop tard ! dès le 1er coup d'oeil, je savais que c'était une écaille chinée ! Mais Untel m'a devancée... Bon, heureusement, il me reste de quoi étaler ma science d'entomologiste experte (hé oui ! quoi, mes chevilles ?) car personne ne s'offusque de la monumentale et inadmissible erreur d'Untel, qui trouve étrange le fait que les guêpes soient peintes avec 4 ailes "vu qu'elles n'en ont que deux". Hé bien, honte à vous, monsieur Untel ! Les guêpes ont bien QUATRE ailes, et je me demande d'où pouvez-vous tirer de pareilles inepties. Wikipédia appuiera mes propos...
http://fr.wikipedia.org/wiki/Gu%C3%AApe

Ceussent qui auraient d'autres questions sauront à qui s'adresser en matière d'entomologie. A bon entendeur...

Ecrit par : Myri-tournelle | 09 novembre 2006

Je ne suis pas experte en entomologie, mais je trouve que le papillon sur la jambe de Vénus ne ressmble pas tout à fait à une Ecaille chinée (?)

Ecrit par : Micheline | 09 novembre 2006

MYRI-TOURNELLE : Poulalaaa ! Quelle mouche te pique ? J'en ai encore mal aux z'oreilles ! Honte sur moi, en effet, Myri-tournelle. Rôlalaaa l'plantage ! Tu s'ras pas surprise d'apprendre que d' pareilles inepties, je ne les tire que de moi. en lisant deux paires d'ailes, j'ai compris deux ailes. Bon.........

Ecrit par : untel | 09 novembre 2006

D’après un site allemand, (le tableau de Cosimo se trouve à Berlin), le papillon sur la jambe de Vénus serait un catocala.
http://www.zikaden.de/ungedruckt/Venus%20und%20Mars.html

Catocala nupta ou la mariée (lichénée rouge).
http://www.fond-ecran-image.com/71183-la-lichenee-rouge-catocala-nupta-est-un-papillon-de-nuit-de-la.php

Vénus est l’épouse officielle de Vulcain, mais le papillon n’est pas un Vulcain (sinon Ka ne poserait pas la question) mais Vénus fricote avec Mars…donc Cosimo se moquerait-il de Vénus en l’affublant de ce papillon "mariée" ?

Ecrit par : Micheline | 09 novembre 2006

A TOUS : Pfff… débordé que je suis, jme dis "fais un billet un peu costaud, ça va occuper tes lecteurs, et pendant ce temps toi tu t'occupes à gagner ta vie". Sauf que bêtement je pose une question de papillon, et voilà que je suis obligé de me transformer en ouèbe-entomologiste !
Bon, tentons de répondre aux commentaires - ou du moins de donner un avis. Je commence par la fin :

MICHELINE : Il ressemble pas à mon papillon, ton catocala.
Quant à Vénus, épouse de Vulcain, elle a si bien fricoté avec Mars que le résultat est ce morveux de Cupidon ! Décidément, elle a la cuisse (de lapin) un peu facile, cette Vénus.

RB : La couv' du disque d'YS, oulalah ! A vouloir trop en faire, "l'artiste" s'est un peu embourbé, je dirai. J'vais voir si je peux en dire quèque chose… Faut que je regarde ça à tête reposée.

UNTEL : Pour le rocher turgescent, on m'avait déjà fait la remarque et ptêtre qu'en effet… Mais pourquoi Di Cosimo l'a-t-il représenté si son propos est de nous montrer le contraire, c-à-d un Mars endormi ? C'est la question que jme pose.

DIDIER(?) Je corrige le pluriel de la guêpe vélocipédique…

SYLVIANE : Aie confiaaance en la Boîboîte… ;-)

UNTEL : La description du tableau d'Aétion correspond, en ce qui concerne les Amours faisant joujou avé les zarmes. Maintenant, reste à trouver une repro dudit tableau, à supposer que ce dernier existe toujours ! (Votre mission, si vous l'acceptez, etc.)
A propos de l'écaille chinée, ya de menues différences (la découpe du bas des ailes, notamment). Mais ptêtre que Di Cosimo n'était pas une bête en entomologie. Et puis l'explication selon laquelle : "falena tigrata (phalène tigrée), falena étant au figuré synonyme d'inconstante et même de prostituée" me plaît bien !
Or donc, je garde et j'insère l'info dans le billet.

LAURENCE : Ta phôte ? Je sais pas, on va vouaaar…

Ecrit par : KA | 09 novembre 2006

Voici une reproduction "Le mariage d'Alexandre et Roxane" http://cybermuse.gallery.ca/cybermuse/search/artwork_f.jsp?mkey=14624 qui correspond à la description donnée dans Lucien (cité par untel)http://remacle.org/bloodwolf/philosophes/Lucien/herodote.htm

mais ce dessin est de Charles-Joseph Natoire (1700-1777). A-t-il vu le tableau en question?

Ecrit par : Micheline | 09 novembre 2006

Meuh (2ème commentaire) donnait aussi le nom de "fiancée" pour le papillon. Il y a bien un catocala nupta (mariée) et un catocala sponsa (fiancée).

Je me base sur le site allemand http://www.zikaden.de/ungedruckt/Venus%20und%20Mars.html

;-)

Ecrit par : Micheline | 09 novembre 2006

MICHELINE : Natoire passait son temps à copier les trucs anciens. Je crois qu'on peut faire confiance à son dessin et dès lors, le lien avec "Vénus et Mars" me semble très très très éloigné.
Pour ce qui est des papillons, j'étais allé sur le lien que tu donnes, oui. Mais aucun des deux zanimaux ne ressemble avec celui du tableau. Voir par là :
http://www.galerie-insecte.org/galerie/html/ILepidopteraNoctuidae.html

Ecrit par : KA | 09 novembre 2006

et ce lien-là ?
http://champignon.champyves.free.fr/FicsHtml/P_Mariee.htm

Tu nous as tellement appris à décortiquer une peinture qu'on voit des sens cachés partout. :-)))

Ecrit par : Micheline | 09 novembre 2006

MICHELINE : Je l'avais consultée aussi, cette page ;-) Mais ce papillon ne ressemble toujours pas à celui du tableau.

Ecrit par : KA | 09 novembre 2006

Ah, "le Blason"! En voilà, une belle chanson...
Aussi coquine qu'émouvante et vachtement bien tournée,
du grand Brassens!
Mais j'avais aussi un petit air qui me trottait dans la tête,
sans doute murmuré par un de ces petits faunes italiens:

"Jamme jamme
'ncoppa jamme ia!
Jamme Jamme
'ncoppa jamme ia!
Cuniculi Cunicula
Cuniculi Cunicula
'ncoppa jamme ja!
Cuniculi Cunicula"

Ecrit par : Ter | 09 novembre 2006

Que voilà un décryptage réjouissant. Dire qu'il me faut attendre au soir pour pouvoir le lire alors que dans la journée morne et enfermée il m'aurait fait tant de bien.

PS : euh le coup de la Vespa, n'était-ce pas un peu facile :-) ...?

Ecrit par : gilda | 10 novembre 2006

trés intéressant tout ça ^^ bravo ka

Ecrit par : Léo | 10 novembre 2006

A noter que notre Simone nattée appartenait à la riche famille florentine des Vespucci, dont était originaire le célèbre marchand et explorateur Amerigo Vespucci qui donna son prénom au continent américain…

Une question me taraude :
KA serait-il tenté de nous faire avaler la couleuvre qu’elle porte autour du cou ?

« Simonetta Vespucci, qui était réputée pour être la plus belle femme de son temps, servira plusieurs fois de modèle à Botticelli. Il la portraitura vers 1480
… et la représenta, notamment, dans La Naissance de Vénus (vers 1485): »

Pouf pouf !
La malheureuse était déjà morte de phtisie en 1478 !


« Afin de ne pas être en reste, Piero Di Cosimo la peignit également vers 1480 dans le costume de Cléopâtre : »

Euh… Il aurait été peint vers 1520, d’après… une médaille. Quant à Cléopâtre, l’interprétation de Vasari semble douteuse : « il faut plutôt supposer une symbolique « hiéroglyphique » au sens des devises inspirées de l’Egypte. Dans la mythologie de l’Antiquité finissante, le serpent, celui qui se mord la queue, était considéré comme allégorie de l’éternité ou du temps qui se renouvelle. Il était donc attribué à Janus, le dieu du nouvel an, et à Saturne (=Cronos ? Dont le nom fut confondu avec celui de Chronos, le temps) ou « père temps ». Il est remarquable que Simonetta soit qualifiée de « Ianuensis » (appartenant à Janus) dans l’inscription. Le serpent était en même temps un symbole d’intelligence. »

[Cf. L’art du portrait ; Norbert Schneider –Taschen]

Quid des nuages menaçants et de l’arbre desséché sur la gauche ? Une allusion à sa mort précoce ?

« Les portraits de Botticelli et Di Cosimo ne se ressemblent pas du tout. La belle Simonetta serait-elle un fantasme de Sandro ? »

Dans quel rôle la préférait-il ?
La vénus, la madone,
http://www.artinvest2000.com/botticelli_madonna_magnificat.htm

ou l’hermaphrodite ?
http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/8/85/Sandro_Botticelli_021.jpg

Un petit zoom :
http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/c/c1/Sandro_Botticelli_024.jpg

Bon, comme dirait le fatigable Mars :
Pourvu qu’il n’en ait pas gardé d’autres sous la cubitière !

Ecrit par : MiniPhasme | 10 novembre 2006

... Pas de "?" après Cronos...

Ecrit par : MiniPhasme | 10 novembre 2006

MINIPHASME: Botticelli "termina" La Naissance de Vénus" en 1485, neuf ans après la mort de Simonetta...
http://en.wikipedia.org/wiki/Simonetta_Vespucci

Portrait de Simonetta vespucci en Cléopâtre en 1480
http://fr.wikipedia.org/wiki/Image:Piero_di_Cosimo_043.jpg

Ecrit par : Micheline | 10 novembre 2006

Brillantissime. On peut peut-être prendre un peu de recul et examiner les masses représentées sur le tableau. On remarque le lourd trait horizontal que constitue le buccin : il relie symboliquement Mars et Vénus. Il va de la gorge de Vénus à l'oreille de Mars, comme si elle lui parlait dans son sommeil. De même au bas du tableau la main de Vénus et le pied de Mars se rejoignent ; Tout ceci donne une impression de force, d'union.

Ecrit par : Le garde-mots | 10 novembre 2006

Je viens de mettre un lien chez moi avce la Boîte à iméges.

Ecrit par : Le garde-mots | 10 novembre 2006

La mouche m'a mis la puce à l'oreille. Mars pourrait êt' homo. En relisant la Vita di Piero di Cosimo de Vasari, j'y ai lu qu'à la fin de sa vie, di Cosimo ne voulait plus être entouré de garçons, que sa bestialité diminua et qu'il se mettait en colère avec les mouches (?). C'est p'têt' pour ça que cupidon conseillerait à Vénus d'aller s'contenter d'la turgescence minérale...J'dis bien p'têt'.

Ecrit par : untel | 10 novembre 2006

MINIPHASME : J'savions bien qu'elle était déjà morte, Adèle (nan, Momone), quand Botticelli et Di Cosimo la portraiturèrent.
Mais j'voulions point embrayer sur un autre sujet de billet alors j'ai zappé l'info.
Précision n°1 : le portrait de profil de la Momone par Botti aurait été pondu comme il réalisa le portrait de Giuliano : à partir du masque mortuaire. Voir Giuliano par là :
http://gallery.euroweb.hu/art/b/botticel/portrait/medici.jpg

Précision n°2 : l'inscription au bas du portrait de Momone par Di Cosimo serait plus tardive. Mais pas forcément d'une autre main.

UNTEL : Si jme souviens bien, ya deux Vies de Cosimo par Vasari. Où l'on se rend compte que le personnage était assez fantasque, je dirais même assez plaisant, un mec qui n'en faisait qu'à sa tête et se foutait des honneurs (contrairement à un Léonard, qui était un vil courtisan).

Ecrit par : KA | 10 novembre 2006

KA : pour c'qui est d'rechercher le tableau D'Aetion, j'dis mission impossible, une oeuv' datant de deux mille ans, je jette l'éponge et l'seau avec. Faudrait pas balancer pépère dans les ronces ! Sinon, faute de grives, j'ai lu que la description d' Lucien aurait inspirée le Sodoma à la Villa Farnesina, mais bon...http://www.lincei.it/informazioni/visita/img/NOZZE.ALESSANDRO.jpg?PHPSESSID=72fbcbd7f6a9138fa22f87bda51f839f

Ecrit par : untel | 10 novembre 2006

Pour rêver encore de la belle Simonetta
http://editions.espaces34.free.fr/espaces34_livre.php3?id_article=119

Botticelli, semble-t-il, a demandé à être enterré aux pieds de sa belle (34 ans plus tard).

Je vous rappelle que la pièce de 10 centimes d'euros italienne reprend le visage de Vénus de Botticelli.
http://en.wikipedia.org/wiki/Image:10ec_ita.png

Ecrit par : Micheline | 10 novembre 2006

UNTEL : La ressemblance entre ton Sodoma de la Villa Farnesina

http://www.lincei.it/informazioni/visita/img/NOZZE.ALESSANDRO.jpg?PHPSESSID=72fbcbd7f6a9138fa22f87bda51f839f

et la copie du "mariage d'Alexandre et Roxane" par Natoire, dont Micheline nous donna le lien :

http://cybermuse.gallery.ca/cybermuse/search/artwork_zoom_f.jsp?mkey=14624me

me semble assez évidente.
Cela dit, je ne parviens toujours pas à établir une quelconque ressemblance, - ni dans le fond ni dans la forme - avec mes p'tits Vénus et Mars ci-dessus.

Ce que je constate, en revanche, c'est qu'à chaque fois que je parle de peinturlure et de sexe, ya foule de commentaires ;-)))

Ecrit par : KA | 10 novembre 2006

MICHELINE : Et je rappelle (aux Français de France) que l'on retrouve également le visage de la Simonetta sur des pots de yaourts vendus chez ED.
Il lui en aura fallu du temps, à Botti, pour se faire un nom dans la grande distrib !

Ecrit par : KA | 10 novembre 2006

Untel :
Les guêpes ont quatre ailes, mais les deux ailes postérieures sont solidaires des ailes antérieures (d'où le nom de l'ordre, Hyménoptères), si bien qu'on ne perçoit pas leur existence dans le vol de la bestiole, contrairement aux libellules, par exemple.

Ecrit par : Pierre | 10 novembre 2006

Faisez la mouche, pas la guêpe ! (Sttellla)
http://www.discogs.com/image/R-150-395968-1107781679.jpg

Ecrit par : Dominique | 10 novembre 2006

Dire que j'avais raté ce palpitant billet pour cause de fil rss paresseux, je rââââle (mais ça remarche, il y a dû y avoir une panne d'électricité chez Atom)

Ecrit par : samantdi | 11 novembre 2006

Bonjour, je n'ai pas de commentaire particulier à faire mais juste une question à propos de la belle Simonetta. Quel est son lien de parenté avec le célèbre navigateur Amerigo Vespucci dont le prénom à été utilisé, afin de lui rendre hommage, pour baptiser le Nouveau continent en 1507 à Saint-Diè (vive la Lorraine)?

Ecrit par : Jean-Michel Ochs | 18 avril 2007

JEAN-MICHEL : Pas de lien direct. Née en 1453, Simonetta Cattaneo épousa à 15 ans un certain Marco Vespucci, lointain cousin du navigateur.

Ecrit par : KA | 18 avril 2007

bonjour,
super ce blog! et les commentaires sont à la hauteur...sauf que vous ne m'avez pas vu venir et ça va se dégrader!

Je tiens à rappeler que Simonetta Vespucci est aussi une jument qui remporta de nombreuses courses lors de remontées extraordinaires. Comme toutes les beautés, elle
se laissait longtemps désirer, n'apparaissant à l'écran que lors des derniers mètres- laissant ses supporters au bord de l'apoplexie- pour coiffer les lourds mâles fatigués...
Un peu de culture, quand même..

P.S: ceux qui ont des nouvelles récentes de la belle, je suis preneur.

Ecrit par : fredorso | 29 juin 2007

Et pourquoi que le lapinou il renifle les doigts du gosse alors ? En voilà une question qu'on s'est pas posée ! Surtout que les doigts ne sont pas innocents dans ces tableaux.

Ecrit par : Boucle d'Or | 19 juillet 2007