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29 avril 2007

THE GOOD GERMAN

Le 14 février 2007 sortait sur nos écrans The Good German de Steven Soderbergh :






L'affiche se réfère l'une de celles qui furent concoctées pour le Casablanca de Michael Curtiz, sorti en 1942 :






Et en effet, sur allocine.fr on peut lire :

L'histoire du film se déroulant à la fin de la Seconde Guerre Mondiale, Steven Soderbergh a souhaité tourner dans les mêmes conditions qu'à l'époque afin d'en accentuer la vraisemblance. Pour cela, il s'est inspiré des films de Michael Curtiz, cinéaste de l'âge d'or d'Hollywood, et a utilisé les mêmes techniques que lui. Il s'est ainsi procuré plusieurs sortes d'objectifs fréquemment utilisés dans les années quarante mais quasiment inexistants aujourd'hui. Comme à l'époque, le film a été tourné uniquement à Los Angeles, a été éclairé exclusivement à l'aide de lumière incandescente et aucun micro émetteur n'a été employé. (…)
Pour
The Good German, Soderbergh s'est inspiré des scénarios et des relevés des script-girls des années quarante, ainsi que de plusieurs films de cette époque, dont Casablanca, Le Troisième homme, Les Enchaînés ou encore La Griffe du passé.







Cependant, l'affiche du Good German en dit un tout petit peu plus, un p'tit quelque chose qui a du sens. La séparation noir-rouge est ordonnancée selon ce schéma…






… qui n'est rien d'autre qu'une demi-croix gammée. Avec à gauche les méchants, et à droite les gentils.

D'autre part, elle illustre à merveille le titre original, The Good German, en nous affirmant qu'un "mauvais" Allemand de cette époque (l'immédiat après-guerre) se résumerait à une croix gammée, alors qu'un "bon" n'en serait que la moitié. Un de ces Allemands qui ont adhéré au nazisme pour survivre.



10:06 Lien permanent

Commentaires

Il est dommage que le svastika, détourné par les nazis, provoque chez nous le rejet , alors que ce signe, qu'on retrouve chez les Chinois et les Japonais, est un symbole de bien-être et de bonheur.
Un des peintres japonais vus à l'expo "Plaisirs d'Edo" signait d'un petit svastika dans le coin de ses gravures (Faudrait que je recherche qui).

Me souviens pas avoir vu cette affiche de film...

Ecrit par : Micheline | 29 avril 2007

MICHELINE : J'avais, il y a longtemps, projeté de faire un article sur le svastika. Et puis j'ai renoncé. D'une part parce que je ne voulais pas voir la Boîboîte envahie de commentaires indécents, et d'autre part parce que la Ouiquipédia (en français comme en anglais) est déjà largement pourvue.

Ecrit par : KA | 29 avril 2007

Micheline : j'ai vu une estampe d'un certain Hotiwara avec un svastika en bas à gauche.

Ecrit par : untel | 29 avril 2007

Petite forme sur ce coup là ? ;-) Perso je ne vois pas trop la svastika, d'autant qu'il me semble que tu as oublié de compter l’angle formé par la casquette de Clooney ;-) En ce qui me concerne, j’interprète l’usage du rouge pour signifier les méchants et celui du noir et blanc (puisque le film n'est pas en couleur) pour en isoler le bon allemand et sa probable compagne. Je ne trouve pas qu'il y ait de recherche de forme sous-jacente mais plutôt un travail de composition établi en fonction des prises de vues utilisées. C’est mon opinion perso et je précise que je n'ai pas vu le film.
Amusé aussi par l'ambiguité de la trad : « Le bon allemand » pour la VO américaine contre « L'ami allemand » pour la version française. Quelques décennies d'amitié franco-allemande sont passées par là et c'est tant mieux pour nous car « Le bon allemand », je trouve cela un peu hardcore (cela suppose qu'il n'y en avait qu'un !).

Mais il y a autre chose qui me titille sur cette affiche, et c'est l'objet principal de mon message : ce sont les fontes ultra condensées régulièrement employées pour citer la production et la distribution ; ce qui se faisait moins à l'époque de Casablanca si l'on en croit l'affiche originelle. En plus de flinguer régulièrement les affiches cinématographiques, je trouve que ces lignes sont totalement illisibles ! Et s'il faut absolument les mettre, je suis sûr qu'une typo standard serait bien plus lisible, même avec 10 corps en moins. C'est dit ;-)

Ecrit par : ouinon | 29 avril 2007

OUINON : Je suis en pleine forme, Môôôsssieur ;-) Et je m'explique :

- quand j'ai vu l'affiche pour la première fois, sur le quai de gare qui était en face de moi - loin, donc - je n'ai vu que cette forme que je décris, séparant le noir et blanc du rouge ; et ça m'a paru évident ; de plus près, j'ai vu cet angle formé par la casquette, certes ; mais une affiche étant faite pour être vue de loin, je continue de penser que mon interprétation est la bonne ; j'ajouterai que « Le bon allemand » va largement dans mon
sens ;

- le trio noir-rouge-blanc, j'en ai longuement causé par le passé, voir les deux liens que j'ai mis dans le billet précédent ;

- je dois préciser que cette affiche de Casablanca n'est peut-être pas la première (en fait, il en parut plusieurs simultanément, rien qu'aux Zétazunis) ; il me semble que celle-ci reprend un dessin originel mais que les couleurs qui y ont été apposées sont plus récentes ; voir, par exemple, ces deux autres versions, dont l'une avec une mise en page et une typo du titre légérement différentes :

http://images.allposters.com/images/MG/144282.jpg
http://www.neartexpress.com/art/images/large/limages/CLU/JPGS/C5021.JPG

toutefois, la version publiée dans ce billet parut de manière certaine avant la sortie du film de Soderbergh.

Quant à la typo étroitisée, c'est la conséquence malheureuse du fait que légalement, on se doit maintenant de dresser sur une affiche de film le générique quasi-complet ! L'affiche de Casablanca se contentant de nous donner le nom des acteurs, du réalisateur et du producteur.

Ecrit par : KA | 29 avril 2007

Ok, ok, je ne conteste pas ;-)

Ecrit par : ouinon | 29 avril 2007

Il est à noter que Soderbergh a tellement léché ses lumières, ses objectifs achetés dans une brocante, sa pellicule qui crépite comme il faut, ses décors "made in Los Angeles" et sa direction d'acteurs du genre "vas-y Coco, joue-le comme Bogart" qu'il en a totalement oublié de s'intéresser au montage. Résultat, le film est pétri de bonnes intentions, mais chiant à mourir.

Sur la traduction du titre, "L'ami allemand" est aussi le titre français du roman dont est tiré le scénario, ceci explique (en partie) cela. Enfin disons que le trépané de service est à chercher plutôt chez l'éditeur du livre que chez le distributeur du film. Car il faudra qu'on m'éclaire un jour sur cette traduction : il n'y a pas plus d'ami (au masculin) allemand dans cette histoire que d'humanisme dans l'oeil de Sarkozy, alors qu'il y est bel et bien question de "good", au sens du bien et du mal. Mais bon... S'il faut commencer à mettre du sens dans les titres des films amerlocains, où allons-nous, n'est-ce pas...

Ecrit par : LeChieur | 29 avril 2007

J'ajoute que ce titre débile, "L'ami allemand" a sans doute été conçu par l'éditeur inspiré (ou par le traducteur besogneux, je ne sais pas comment ça se passe dans le monde de l'édition) pour faire penser à "L'ami retrouvé", de Fred Uhlman, qui n'est pas tout à fait de la même eau.

Ecrit par : LeChieur | 29 avril 2007

Untel : exact, c'est bien Hotiwara.
http://sandelin.idm3.fr/dossiers/ukiyoe/ukiyoe1.html
voir estampe à décor d'animal.

Ce qui m'avait frappée, c'est que Prosper Alphonse Isaac (1858-1924) qui a légué sa collection d'estampes japonaises à Calais, avait aussi fait des tableaux ou des gravures dans le style
Ukiyo-e et avait adopté le même symbole que Hotiwara.

Ecrit par : Micheline | 29 avril 2007

« L'ami allemand » aurait fait un très bon titre de porno gay en tous cas ;-)

Ecrit par : ouinon | 29 avril 2007

Je ne suis pas tout à fait d'accord avec l'analyse, surtout sur cette séparation "bon-mauvais". A voir le film on peut se demander si l'héroïne en noir sur l'affiche est "gentille" et si la blonde et le russe sur la partie rouge de l'affiche sont "méchants".
Même le héros Clooney est ambigu...

C'est l'ambiguïté qui prime dans le film !

Ecrit par : Mazeo | 29 avril 2007

Micheline : T'as raison. J'ai trouvé une oeuvre de cet Isaac avec le svastika. Il faut gougueuler "Hokusai et Hiroshige : la poésie du paysage", c'est en format pdf. L'image est petite mais on peut la zoumer.

Ecrit par : untel | 29 avril 2007

MAZEO : Je n'ai pas vu le film mais je viens de lire, effectivement, que les personnages y sont ambigus.
En général, je parle d'affiches dont je n'ai pas (ou pas encore) vu les films. Parce que je ne veux pas me laisser influencer par l'histoire, justement ! Je veux juste tenter de décrypter ce que dit l'affiche et il n'est pas rare que le message qu'elle véhicule soit sensiblement différent de celui que délivre le film.
C'est un peu comme les bandes-annonces : elles nous vendent quelque chose qui, bien souvent, n'a qu'un lointain rapport avec les bobines qu'elles promeuvent.

Ecrit par : KA | 29 avril 2007

Untel: je n'avais rien trouvé pour A.Isaac sur le ouèbe (sauf dans le catalogue de l'expo). Il y avait un autre tableau de lui, un paysage, mais surtout il avait acheté des estampes et était un ami de Siegfried Bing (expo à Bruxelles l'an dernier
http://www.expo-bing.be/fr/01.html

Ecrit par : Micheline | 29 avril 2007

Pfffffffff, nan, mais j'rêve, comment veux-tu tenir une conversation avec Micheline et Untel sans passer trois plombes sur le net pour savoir de qui ils parlent !

J'adore, on dirait qu'ils sont autour d'une table en train de boire le thé.

Chuis découragée au plus haut point. Y aurait-il des cours accélérés pour tenir le niveau ?

Ecrit par : Vroumette | 29 avril 2007

VROUMETTE : Et le pire, c'est qu'il ne se sont jamais rencontrés ! (Je tiens l'info de source sûre, jai mon service de renseignements secret, parallèle aux Pamélas, heureusement…)

Ecrit par : KA | 29 avril 2007

Vroumette : mais nous t'invitons à notre table bien volontiers :-)) Mais j'crois pas que ce soit du thé (enfin, pour moi).
Tu veux que je te donne des cours ? Je crois que Untel Pomelos est encore plus qualifié :-)

Dis, tu cliques sur les liens et tu comprends tout...

Ecrit par : Micheline Paméla | 29 avril 2007

Vroumette : Mouais, bof, le thé ! Moi c'est café au lait l'matin et un p'tit chateau-machin de temps en temps. Entre Micheline et moi ? Beh on s'comprend passeque "intelligenti pauca".

KA : Côôôa ? Y'avait d'jà les bristols et j'apprends qu'il y aurait les services secrets ?

Ecrit par : untel et ctuel | 29 avril 2007

Ah c'est malin : ma latiniste préférée étant au diable vauvert, il m'a fallu copicoller "intelligenti pauca" pour apprendre que ça signifie : "peu de choses suffisent à celui qui est intelligent".
Question angoissante : est-ce que Goût-Gueule peut être assimilé à "peu de choses" ?

Ecrit par : KA | 29 avril 2007

@Micheline : mais je clique comme une damnée, kestucrois !Mais j'aimerai bien de temps en temps me dire en vous lisant "ah oui, hmm, mais tout à fait, en ayant l'air de savoir de quoi vous parlez" (mais je m'accroche, je m'accroche).

@Untel : je sais, je sais que vous avez votre langage à vous, mais parfois vous me faîtes peuuuuuuuuur !

@KA : tu te doutes que je suis allée sur le site de locutio pour savoir ce qu'untel voulait dire par là....

Ecrit par : Vroumette | 29 avril 2007

Untel : "Beh on s'comprend passeque "intelligenti pauca" " tu me fais trop d'honneur là ! Même si je n'ai plus fait de versions latine depuis longtemps. En plus d'être zoziologue, t'es aussi Magister ?

vroumette : ben tu vois, tu suis maintenant, tu as reconnu que c'était du latin...

Ecrit par : Micheline | 29 avril 2007

LECHIEUR : "L'Ami allemand" est paru en 2003 chez Belfond. Le titre vient donc de l'éditeur puisque le film est largement postérieur.
Voir par là :
http://www.amazon.fr/Lami-allemand-Joseph-Kanon/dp/2714438946/ref=sr_1_4/402-8450864-6086534?ie=UTF8&s=books&qid=1177880106&sr=8-4
Quant à "l'ami retrouvé" (qui est allemand, je précise pour ceux qui ne connaissent pas ce bouquin), il a ptêtre aidé à choisir ce titre, ouais ;-)

Ecrit par : KA | 29 avril 2007

KA : "Le titre vient donc de l'éditeur puisque le film est largement postérieur". Oui, merci, c'est ce que je disais. Pfffff, si même le maître des lieux fait tout juste semblant de suivre, oucé kon va ?

Ecrit par : LeChieur | 29 avril 2007

En fait c'est bien le film qui contient et exprime le sens du titre. Pas l'affiche.

Ton explication (ou interprétation ou lecture, comme on voudra) repose sur le présupposé que le visuel explicite un titre ou une accroche, ou qu'il l'illustre. Or ce n'est pas toujours le fonctionnement d'une association image/texte ou image/script. Sur cette affiche, si j'essaie de mettre en rapport le titre et le visuel (et je raisonne en mettant de côté les contenus du film) ce qui me frappe avant tout c'est qu'il y a 8 visages (et peut-être 9 : en haut à gauche en est-ce un ?). Alors je lis une question : Qui "est" this good German ? Quelle est la figure du "good german" ?

Pourtant je trouve qu'il y a un truc exact dans ta lecture : en "restituant" la ligne en demi-svastika, tu suis l'intuition selon laquelle il y a une ellipse dans l'affiche, un demi-aperçu. Et ça, c'est exact. Mais l'ellipse n'est pas celle de la ligne, c'est le récit fait par le film, qui seul donnera la clé. "The good German", sur l'affiche, est un indécidable.

Et le film ne dit pas "qui" est et qui n'est pas "the good german". Là non plus, il "n'illustre" pas le titre. Il le conteste, il détricote la simplicité du couple good/bad appelé par l'énocé "the good german". Il ne dit pas qu'il n'y a pas de valeurs, mais qu'elles ne sont pas illustrées, elles sont des signes sans référent. Ou du moins sans référent définitif (d'où l'ambiguisation, poussée jusqu'à l'ostentation, des personnages).

Peut-être que le titre n'a de valeur que formelle : il serait alors, dans le brouillage des référents, une ironie faite sur l'idée du "bon allemand". Un contre-titre en quelque sorte. Un anteTitre.

Voilà pourquoi ni l'affiche ni le film ne te disent ce qu'est un "good german".

Ecrit par : flo | 30 avril 2007

Intéressants commentaires, et sur l'affiche et sur le titre. Je n'ai pas vu le film mais ai lu le livre, et vous propose ceci : plus qu'un demi-svastika, on pourrait aussi voir dans la césure de l'affiche une rune SS, en allusion au mari chercheur, et SS, soit-disant "comme tout le monde" à cette époque. Tout le volet policier du livre tourne autour de ce mari trompé, que Russes & Américains tentent de récupérer, et dont les archives recèleraient ou non les bases du "Persilschen" (certificat de propreté ?) sans lequel il ne pourrait être reconnu comme un "bon allemand" aux yeux des autorités d'occupation.

Pardon pour ce commentaire un peu long, mais l'originalité et la qualité des contributions de ce site, et son objet fort salutaire, ont aiguilloné mon enthousiasme.
Oui, réapprenons à regarder !

Ecrit par : Mordicus | 30 avril 2007

Ben, j'suis pas tout à fait d'accord avec vous pour le titre (je précise que je n'ai pas vu le film), mais "L'ami allemand" ça me rappelle plutôt "L'ami américain" et puis "Le ""bon"" allemand", je trouve ça tarte comme titre ! même si c'est la traduction, mais souvent les mots n'ont pas le même impact d'une langue à l'autre, et le fait de transposer un titre peut le rendre plus "parlant".

Et la demi svasti KA, tu la tires pas un peu pour qu'elle aille dans ton sens ?...

Ecrit par : zerbinette | 30 avril 2007

La poire peut être coupée en deux.

La structure apparente, donnée, qui sépare les personnages en deux groupes autour de cette ligne brisée/demi croix-gammée/demi insigne schutzstaffel les délimite par blocs.

Bien que je n'aie pas vu le film, on peut supposer que cette fracture opère en fonction d'un jugement moral ou du climat politique qui règne à Berlin en cette fin de guerre mondiale et en ce début de guerre froide. On sait qu'en 1945, Berlin a été fragmenté en diverses zones d'influences.

http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/5/56/Occupied_Berlin.svg/741px-Occupied_Berlin.svg.png


Toutefois, cette délimitation claire, presque géographique (ceux qui sont du bon côté et les autres) qui saute aux yeux au premier coup d'oeil, mais de manière un peu trop schématique (un peu comme sur une carte, justement, où l'on désigne l'axe du mal et celui du bien à l'aide de couleurs primaires) est nuancée lorsqu'on s'approche de plus près.

En effet, à l'échelle individuelle/intime, on note que tous les protagonistes qui s'étagent sur l'affiche nous ignorent complètement, (à la différence de Casablanca où certains personnages semblent prendre en compte notre présence) trop occupés à regarder dans leurs directions respectives, enfermés qu'ils sont dans leurs propres points de vue.

Leurs objectifs sont d'ailleurs souvent diamétralement opposés, même si ils semblent à l'origine participer du même groupe/de la même couleur.


Bref, une première lecture évidente et manichéenne pour l'homme de l'extérieur, bien vite démentie par les attentes complexes d'individus aux positionnements pas si évidents...


D'où l' ambiguité...tout dépend de où l'on se place. Où se situent les spectateurs dans leur approche des évènements et quel est le point de vue de ces personnages au coeur de l'Histoire.


Flo-> moi j'en compte 7 de visages. Et derrière, en fonds, ce qui ressemble à des spots de DCA.

Ecrit par : Joseph Pujol | 30 avril 2007

JOSEPH P. : J'aurais pas mieux dit ;-)

Ecrit par : KA | 30 avril 2007

si si, regarde : dans le haut à droite de la partie rouge, donc à droite du visage de Tobey Mc Guire, il y a un "gros plan" : on voit la forme du nez et de la bouche d'un visage sans regard. Maintenant, quand on regarde à gauche du visage de Mc Guire, c'est moins sûr, mais il y a des formes et des ombres qui pourraient correspondre à celles d'un nez, d'yeux et du bas d'une figure au dessus d'un col --mais cette évocation est vraiment fugace, pas démontrable. Visage subliminal ? Besoin ou envie de l'oeil de lire un visage dans les formes si indécises ? Hasard ou clin d'oeil graphique volontaire que ce "visage" en haut à gauche ? C'est un peu comme pour le "good german" : tantôt oui c'est bien ça, tantôt ah bin non c'est pas ce qu'on croyait, tantôt la vision se précise tantôt elle se redéfait.

Pour moi, il y a 7 visages portraits complets (et avec regards qui tracent des lignes se fuyant les unes les autres), et en arrière-plan de "l'autre côté" de la frontière des couleurs, un visage incomplet sans regard, et une ombre dans le tableau (sans regard autre que celui de l'observateur incertain).

Ecrit par : flo | 30 avril 2007

L'affiche en grand pour compter les visages, par ici :
http://a69.g.akamai.net/n/69/10688/v1/img5.allocine.fr/acmedia/medias/nmedia/18/63/12/39/18721592.jpg

Y'en a bien sept.

Ecrit par : KA | 30 avril 2007

Le cadrage, l'angle de vue et la lumière disent aussi beaucoup, non ?

Le personnage de Clooney est situé au premier plan (si on peut parler de premier plan dans un espace recomposé comme celui-ci). Il est donc le plus "proche" de nous. L'effet de "connivence" avec le spectateur est accentué par la disposition de ses épaules, qui débordent du cadre : c'est un peu comme s'il venait de se tourner, quittant notre point de vue pour se placer dans l’espace où se tiennent les autres personnages.

Il est le seul à être vu en très légère contre plongée, comme s'il dominait la scène (et la situation ?).

Il est le seul enfin à regarder directement du côté de la source lumineuse. Et pourtant ses yeux sont dans l'ombre. Le contraste entre les deux moitiés du visage est particulièrement marqué, renforcé par la continuité entre la zone d’ombre et la chevelure de la femme.
Visiblement, le personnage interprété par Clooney cherche à savoir quelque chose, mais il oeuvre aussi "dans l'ombre".
A moins qu ce ne soit une façon de signifier l’ambivalence (politique ?) du personnage.

Bon. Cela dit je n'ai pas vu le film, qui dit peut-être tout autre chose.

Ecrit par : Olivier L | 30 avril 2007

En complément au fil des discussion un article déposé sur appeau vert :
http://ap.over-blog.org.over-blog.org/article-10235495.html

Ecrit par : PA | 01 mai 2007

Question angoissante : est-ce que Goût-Gueule peut être assimilé à "peu de choses" ?
Nous le sommes tous un petit peu. ;-)

Ecrit par : Gougle en retard cmme d'hab' | 07 mai 2007