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22 août 2007
ALICE, ANNIE, ARTHUR & JOHN
Publiés en 1865 et 1871, Alice au Pays des Merveilles et De l'autre côté du miroir sont peut-être les deux livres pour enfants qui ont été les plus illustrés, adaptés, déformés, détournés. Voici quelques photos réalisées par Annie Leibovitz, dont j'avais déjà parlé à propos du Verrou de Fragonard par là.
Sous chaque photographie, l'illustration originale de Sir John Tenniel - le premier illustrateur d'Alice si on excepte L. Carroll lui-même - et celle d'Arthur Rackham - réalisées en 1907 - quand elle existe.
Commençons par une photographie d'Alice Liddell par Lewis Carroll :

Le modèle Natalia Vodianova en Alice Liddell
par Annie Leibovitz :

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ALICE'S ADVENTURES IN WONDERLAND
Chapter I
DOWN THE RABBIT HOLE

Cet épisode de la chute d'Alice n'a pas été illustré par Tenniel ou Rackham. L. Carroll, qui a également réalisé des dessins pour Alice Liddell (voir images et lien en bas de page), ne l'a pas illustré non plus.
Chapter IV
THE RABBIT SENDS IN A LITTLE BILL


Chapter V
ADVICE FROM A CATERPILLAR



Chapter VI
PIG AND PEPPER

Aucun personnage ne s'appelle Pepper. Karl Lagerfeld pourrait incarner le Laquais, s'il n'avait pas disparu de l'histoire à ce moment.


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Avec son éternel maillot à rayures, Jean-Paul Gaultier est un idéal Chat du Cheshire.

Chapter VII
A MAD TEA-PARTY

Christian Lacroix en Lièvre de Mars.


Chapter VIII
THE QUEEN'S CROQUET-GROUND

Cette image, avec John Galliano en Reine de Cœur, est une compilation de deux illustrations de Tenniel :

Alice et le Flamant rose

Le Roi et la Reine de Cœur

Compilation chez Rackham itou, avec Alice en arrière-plan qui tient encore le porcelet.
Chapter IX
THE MOCK TURTLE'S STORY

Donatella Versace et Rupert Everett dans cette dernière photographie pour Alice, qui détonne par son manque d'imagination.


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THROUGH THE LOOKING GLASS
Chapter I
LOOKING GLASS-HOUSE

Superbe image, où l'allée du parc fait écho au passage du miroir.

Chapter IV
TWEEDLEDUM AND TWEEDLEDEE


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CADEAU BONUS
Deux doubles pages extraites du manuscrit d'Alice illustré par Lewis Carroll en 1863, pour Alice Liddell :


Liens
On pourrait en citer des centaines, en voici quelques-uns qui valent le détour.
Les photos d'Annie Leibovitz par ici, en plus grand et avec plus d'explications.
Cinquante-huit photos de Lewis Carroll.
Toutes les illustrations d'Arthur Rackham pour Alice.
Les textes en ligne et en idiome grand-breton de :
Alice's Adventures in Wonderland
The Hunting of the Snark
Through the Looking Glass (And What Alice Found There)
Sylvie and Bruno.
De beaux liens à propos d'Alice sur Lekti-ecriture.com.
Le manuscrit d'Alice illustré par Lewis Carroll en 1863 pour Alice Liddell. Très beau travail de mise en ligne opéré par la British Library mais attention, il s'agit d'une animation en Flash qui plante parfois…
Dans la Boîboîte, j'avais déjà parlé de Tenniel avec la Duchesse d'Alice. Et j'avais vaguement évoqué Rackham dans Un thé chez les fous.
09:20 Lien permanent
Commentaires
Je préfère les illustrations de Tenniel ;-)
Une version électronique en français
http://www.inalf.fr/ananas/site/htm/textes/Alice_texte.html
Ecrit par : Micheline | 22 août 2007
Tiens, j'ai aperçu un chat qui ne m'est pas inconnu!
Ecrit par : la bacchante | 22 août 2007
Je l'ai vu aussi ...
J'crois que c'est un Ka du Cheshire !
Belle recherche encore ! bravo !
Ecrit par : Didier(?) | 22 août 2007
Quelle drôle d'idée de faire cela en photo! Mais à quoi ça sert?
Si c'était pour prouver que la photo (ou du moins ce type de photo) n'est pas du tout appropriée à l'illustration de contes, c'est bon. Mais il ne fallait pas se donner tant de mal pour ça! Cela ne fait absolument pas marcher l'imagination. Cela ne sert ni à la narration, ni à l'établissement d'une atmosphère propice. Au contraire, on se perd à détailler tous ces... détails, bien trop descriptifs.
La photo, qu'on le veuille ou non, véhicule des notions de réalisme qui sont absolument incompatibles avec la «construction» d'un imaginaire. Elle gèle tous les processus d'appropriation du récit en imposant une vision rigide. Une vision qu'on ne peut pas modifier.
Dans une certaine mesure, on pourrait dire la même chose des illustrations. Mais comme elles n'ont pas ce statut de réalisme que possède la photo, elles apportent d'autres dimensions, elles ouvrent des portes, elles suscitent des pistes pour l'idéation. Et quand, à l'instar de celles de Rackham, elles exagèrent le propos, même un très jeune enfant sait que «ce n'est pas tout à fait vrai».
Non, décidément, ces photos ne représentent pour moi qu'un exercice de style mondain.
Ecrit par : Béat | 23 août 2007
La série de A.L. ne vise pas à "illlustrer" Alice, c'est une série réalisée pour les pages modes de Vogue. Le choix de la référence à Alice au PAys des Merveilles correspond à une scénographie et "colle" avec les envies de mise en scène des réalisateurs (rédaction, photographe) : montrer des créations haute couture, les organiser autour d'un fil directeur, montrer leur domension onirique et originale (ce ne sont pas simplment des "vêtements" fonctionnels), rassembler le vêtement, le manaquin et les créateurs, tout en restant cohérent avec la personnalité de ces créateurs. Le rapprochement Alice/Vodianova est un clin d'oeil supplémentaire, de par l'histoire de Vodianova et son entrée das le monde de la mode. La photo de mode aime bien le rapprochement avec l'art, avec les univers du conte. Ainsi, Leibovitz a fait une série inspirée de la "Belle au Bois Dormant", de Liaisions Dangereuse aussi. JP Goude pour Chanel a fait un spot inspiré du petit Chaperon Rouge ; il a aussi, pour Chanel toujours, réédité Titi (avec Vanessa Paradis, avec un spot en forme de clin d'oeil à l'oiseau de paradis dans une cage dorée..). La peinture a fourni des thématiques à la photo Haute Couture -par exemple YSL et Sorrenti, et les maisons de Luxe sont partenaires des Arts (exemples actuels : Guerlain avec kimiko Yoshida, Vuitton avec son espace expo sur les Champs, LVMH et le Centre Pompidou).
Dire que la photo est une représentation d'ordre réaliste par opposition à l'illustration, à mon avis c'est une erreur. Il y a des images : photos, peinture, illustration, gravure, caméra, 3D... certaines sont plutôt dans un certain "réalisme", d'autres pas, mais ce n'est pas tant lié à la technique qu'aux choix de leur auteur. Et puis une image est toujours une reconstruction, même si elle nous semble "représenter" quelque chose.
La photo est loin d'être incompatible avec la construction d'imaginaire : au contraire, la prise de vue suppose un imaginaire préalable. La photo, ce n'est pas dans l'appareil que ça se passe : c'est dans l'oeil, derrière l'oeil. La capatation d'un morceau de réel dans le cadre n'est pas toute l'image, c'en est la matière.
A.L. ne prétendait pas écrire un conte, ni refaire Alice ; elle a fait une mise en scène en clin d'oeil.
Ecrit par : flo | 23 août 2007
Je suis bien heureux d'apprendre que ces images n'ont pas la prétention d'illustrer un conte (désolé, je n'avais pas fait d'investigations à ce sujet). C'est donc bien ce que je disais... «un exercice de style...». Et dans ce sens, il est vrai qu'on peut l'apprécier. (Ou pas.)
Quand j'oppose les notions de réalisme véhiculées par la photo, à celles, plus oniriques des illustrations, je simplifie à gros traits et je sais bien que tout cela doit être nuancé. Mais en faisant cela, j'essaie surtout de me placer du côté du public à qui se destinent les images. Celui-ci n'a malheureusement pas toujours le bagage et la culture visuelle nécessaire pour ressentir toutes les finesses dont on peut faire étalage entre «spécialistes». Ce problème a été évoqué au sujet des livres pour la jeunesse. On a constaté qu'il y avait quelques fois un fossé entre le vernis culturel des images qui s'adressent plus aux parents (qui achètent!) et le «ressenti» véritable des enfants (qui eux n'accrochent pas forcément).
Ecrit par : Béat | 23 août 2007
Mais c'est "Alice au pays des paillettes"
et "Prisonniers du Miroir"!
(de toute manière, il a tellement été disséqué par les psys
et les amateurs de petites culottes que Lewis Caroll
ne doit plus faire l'effort de se retrourner dans sa tombe...
on lui a installé une centrifugeuse)
Ecrit par : Ter | 23 août 2007
P.S. Cette vieille peau de Lagerfeld fait une bonne Duchesse,
mais il porte aussi le col amidonné du Chapelier fou.
Ecrit par : Ter | 23 août 2007
Quelle coïncidence ! Hier 22 août, j'ai justement regardé avec ma petite fille le DVD du télé film « Alice in wonderland », sorti en 1999 aux US et réalisé par Nick Willing, avec Whoopi Goldberg, Martin Short, Ben Kingsley, Pete Postlethwaite entre autres.
Nous avons vu la version française de ce télé film dont le DVD a pour titre "Alice au pays des merveilles". La petite, qui connaissait le Walt Disney, a beaucoup apprécié cette interprétation plus "mûre".
Mon opinion sur cette représentation du texte de Caroll est tout à fait favorable, tant du point de vue du scénario que du jeu des acteurs. À recommander pour des enfants à partir de 9 ans (durée 2h) et pour les amoureux du texte : ils ne seront pas décus, beaucoup de dialogues de la version française du DVD étant conformes au mot près à la traduction de Henri Parisot.
Et en surfant un peu j'ai trouvé le site :
http://www.lewiscarroll.net/
(cliquer sur la photo de Lewis pour entrer)
qui présente notamment tous les illustrateurs d'Alice, de Anglada à Zwerger.
Ecrit par : kinkapricorne | 23 août 2007
ami chemin entre Béat & Flo...
1 artiste a toujours le droit de "s'approprier" 1 mythe, 1 oeuvre pour la revisiter
mais je ne suis pas du tout convaincu par ces photos
Ecrit par : Eric LOW | 24 août 2007
Merci pour les bons moments que votre blog nous donne dans notre quotidien grace à l'image merci Alice et autres.
Ecrit par : Christian | 24 août 2007
Eric LOW :"1 artiste a toujours le droit de "s'approprier" 1 mythe, 1 oeuvre pour la revisiter
Tout dépend du lieu et de l'époque...
Ecrit par : Amazone | 24 août 2007
j'aime beaucoup ces dessins de chenille fumant le narguilé.
Dans un autre genre, les illustrations de Pat Andrea au château de Chenonceau.
http://www.acryom.com/article-4117-Alice-au-pays-des-merveilles-par.html
Ecrit par : Enn' | 25 août 2007
Une chose m'intriguait dans ces photos et je sais maintenant ce que c'est : malgré son titre, Alice ne visite par le pays des merveilles mais plutôt des cauchemars, allant de crise en crise, dans cette fuite éperdue jusqu'au réveil.
Or, autant les illustrations réussies d'Alice évoquent ce mal être, cette condition de "petite" fille pas à sa place au milieu de personnages perturbants, autant les photos montrent presque toutes une Alice dont on a l'impression qu'elle s'ennuie profondément ! Vous ne trouvez pas ?
Cela dit, si on fait abstraction du mythe d'Alice, je les trouve pour la plupart assez réussies. Et le malaise ne vient il pas alors dans le fait de montrer une jeune fille désabusée, dans un monde de beauté plastique ?
Ecrit par : Sébastien B. | 26 août 2007
Une analyse très approfondie des images d'Alice par là :
http://monsieur.nicolas.free.fr/fs1.html
Ecrit par : Sébastien B. | 26 août 2007
D'autres illustrations dont certaines magnifiques, tout en courbes, sur :
http://www.authorama.com/alice-in-wonderland-1.html
Cliquer plusieurs fois sur "Continue" en bas de page
Mais impossible d'identifier l'illustrateur. Quelqu'un a une idée ?
Ecrit par : Sébastien B. | 26 août 2007
SEBASTIEN : Mabel Lucie Attwell est l'illustratrice.
Ecrit par : KA | 26 août 2007
Encore un lien et j'arrête... (sujet infini !) dans le style un peu des collages de Prévert :
http://www.johnclearygallery.com/pastshows/almostalice.html
Ecrit par : Sébastien B. | 26 août 2007
SEBASTIEN : J'avais consacré un billet à Maggie Taylor :
http://laboiteaimages.hautetfort.com/archive/1999/01/03/peintures-numeriques-de-maggie-taylor.html
Ecrit par : KA | 26 août 2007
Je mets mon grain de sel, pour une fois, à propos des photos. Moi non plus, je ne suis pas convaincue par les photos présentées par M. Ka (Merci à lui pour toutes ces recherches à chaque fois passionnantes).
Le fait que la mode "glamourise" le conte a quelque chose de tellement réducteur qu'on ne peut que dissocier les deux, conte et photo de mode.
Ceci dit, la photo peut avoir une réelle dimension artistique, onirique et tutti quanti quand elle est pensée comme telle. Si on cesse de chercher à faire joli pour tenter de donner un sens personnel à ce que saisit l'objectif, l'image ainsi capturée ouvre la porte (en général) au rêve, à l'interprétation, brèfle, à l'évasion.
fin du grain de sel.
Ecrit par : Leila Zhour | 26 août 2007
Et mon grain de sel à moi, m'sieur Ka?
Il ressemble à un corbeau?
Ecrit par : Ter | 26 août 2007
J'aime bien visiter ton blog. J'y suis venu avant longtemps par hasard, mais c'est première commentaire. Merci pour les post intéressants.
Ecrit par : nooe | 26 août 2007
NOOE : Ah ! la Corée à Paris ;-) Merci pour la visite.
LEILA Z. : Plusieurs personnes ici n'apprécient pas trop ces photos. Bah !
Le principal est que ça réagisse !
Quant à moi (tiens, je vais donner mon avis pour de vrai), j'en trouve certaines assez réussies et d'autres ratées, mais surtout je déteste ce modèle anorexique, publicité pour un portemanteau.
TER : Lagerfeld vieille duchesse ? T'y vas fort. Duègne, tout au plus. Son col, ouais, il l'a piqué au Chapelier fou.
Ecrit par : KA | 26 août 2007
De l'autre côté de l'écran cette promenade vers l'irréalité des images serait plus complète avec un petit sommaire des articles passés, toujours vivants et difficiles à trouver.
Ce serait la cerise sur le gâteau...
Ecrit par : glu | 28 août 2007
GLU : Ii y avait, jusque rès récemment, un sommaire des billets. Mais je ne l'avais pas mis à jour depuis avril dernier, et de toute façon son emploi n'était pas vraiment utile puisque les titres que je donne ne sont pas, le plus souvent, très explicites.
Alors il reste la navigation à la dérive parmi plus de 600 billets, et l'emploi du moteur de recherche interne !
Ecrit par : KA | 28 août 2007
KA, ne voyez vous pas une allusion au "déjeuner sur l'herbe " de Manet dans "the mock turtle" , et d'autres référence picturales dans quelques unes de ces photos ?
j'ai l'impression d'y retrouver des images déjà vues ailleurs : peut-être chez certains préraphaëlites (genre Burne-Jones, Ford maddox Brown ou Millais...), mais je ne parviens pas à situer précisément.
En tous cas, je trouve que le résultat de toutes ces références accumulées (Alice, couturiers, peintres...) n'est pas très intéressant et est même bien souvent bancal, ou négligé, dans ses compositions.
Ecrit par : max | 28 août 2007
MAX : Tout à fait ! Je ne l'avais pas dit, un peu exprès ;-) La position de l'homme à droite est un énorme clin d'oeil, en effet.
J'avais déjà parlé des emprunts à la peinturlure classique d'Annie Leibovitz (voir le lien signalé en début de billet) et en fouillant un peu sur le ouèbe, on trouve d'autres photos clairement référencées.
En ce qui concerne les références aux préraphaélites dans ces photos carrolliennes, bah ! je crois plutôt que cette histoire a été écrite en Angleterre en pleine mode préraphaélite, et que forcément, la peinture de cette époque a marqué les illustrateurs du temps. On en trouve d'ailleurs quelques petites influences dans l'œuvre de Rackham, ainsi que des influences symbolistes.
Ecrit par : KA | 28 août 2007
La photo incompatible avec l'imaginaire ?
Pour se convaincre du contraire : Sarah Moon
http://www.galerie-photo.com/sarah-moon.html
et que dire des relations de la photographie et du surréalisme !
Ecrit par : patmo | 29 août 2007
PATMO : Plus un mot ! T'es en train de me griller l'un de mes tout prochains billets !
:-)
Ecrit par : KA | 29 août 2007
Oups ! Désolé...
je repars sur la pointe des pieds en laissant tomber de ma poche une autre image-rêve...
http://www.sungallery.co.kr/exhibition/ralph/5.jpg
Ecrit par : patmo | 29 août 2007







