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17 septembre 2007

METS DE L'HUILE !

En 2003, les huiles Carapelli faisaient paraître cette publicité dont on notera l'épaisseur du discours :






Deux saintes qui nous présentent une huile vierge en provenance d'Italie, en vlà un message qu'il est subtil ! Et bravo au maquettiste qui a réalisé un prodige avec Photoboutique pour insérer la bouteille entre leurs mains, et qui n'a pas hésité à ternir leurs couleurs pour ne pas qu'elles fassent de l'ombre au produit (le produit, coco ! le produit).




Santa Justa et Santa Rufina par Murillo, 1666



Saintes patronnes de Séville, Santa Justa et Santa Rufina tiennent ici la célèbre Giralda et au rayon martyre, elles n'ont point démérité si l'on en croit la légende : sœurs et potières vivant au IIIème siècle après Jicé, elles refusèrent de vendre pichets et assiettes aux organisateurs d'une fête païenne. Leur marchandise fut détruite, elles se vengèrent en profanant une image de Vénus, et c'est là que leurs ennuis commencèrent vraiment : torturées, emprisonnées, affamées pour qu'elles renoncent à la foi chrétienne, on les contraignit ensuite à traverser pieds nus la Sierra Morena. Pff ! Même pas peur ! qu'elles s'exclamèrent, les sœurettes. Alors hop ! retour au cachot sans rien à manger ni à boire. Et là, paf, Justa meurt. Rufina, ça ne lui fait ni chaud ni froid, elle ne renonce toujours pas à sa foi. Alors on la livre au lion mais ce dernier refuse de la boulotter, alors on l'étrangle et on la brûle et basta.

Les huiles Carapelli ont récemment récidivé, avec cette affiche :






Plus de saintes peinturlurées, mais un beau mec genre éphèbe tenant une bouteille d'huile Nobile. Le tout surmonté d'une phrase qui reprend le style de typo dont on affuble ordinairement les davinciconneries.

Joseph Pujol, qui m'a aimablement suggéré ce billet, voit dans cette image une réminiscence des portraits de nobles peints par l'italien Agnolo Bronzino, qui ne manquait jamais de leur coller dans les mains un objet attribut :




Portrait de jeune homme, 1540





Pour ma part, cette photographie et notamment le costume de l'éphèbe - qui n'est pas du tout d'époque Renaissance - me fait plutôt penser à un autre peintre espagnol, Goya :




Portrait de Tiburcio Pérez y Cuervo, 1820






Mais Micheline, fidèle des fidèles, suggère dans les commentaires que l'éphèbe huileux est une reprise de l'autoportrait d'Ingres, peint en 1804 :





Et effectivement, c'est elle qui a raison.

Enfin bon, les publicitaires sans idée n'en finissent pas de pomper la peinture classique pour nous fourguer leur camelote. Rien de nouveau sous le soleil. Et si on les plongeait dans de l'huile bouillante ?

Lien
D'autres pompages picturaux de l'huile par ici.

20:45 Lien permanent

Commentaires

"La peinture à l'huile, c'est bien difficile.." ;-))

Ecrit par : Micheline | 17 septembre 2007

Et si on leur faisait subir une première pression à froid!

Ecrit par : la bacchante | 17 septembre 2007

Une première pression à froid, la bacchante ? N'est-ce pas ce que Mister Ka vient de leur faire subir par son billet ? Ah ah, sentez la pression de Ka, publicistes sans idées, et tremblez !

Ecrit par : Yepok | 17 septembre 2007

Le portrait de l'éphèbe pourrait être l'autoportrait de Jean-Auguste-Dominique Ingres (Musée Condé à Chantilly)
http://cache.eb.com/eb/image?id=24933&rendTypeId=4

Ecrit par : Micheline | 17 septembre 2007

Devant la perspicacité de Micheline, j'ai dû modifier mon billet car sans aucun doute, elle a déniché l'origine du pompage oléagineux.

Ecrit par : KA | 17 septembre 2007

Evidemment que c'est Ingres ! J'avais aussi celui-là en tête :

http://commons.wikimedia.org/wiki/Image:Jean_Auguste_Dominique_Ingres_018.jpg

Ecrit par : untel | 18 septembre 2007

Cet autoportrait d'Andrea del Sarto m'est reviendu à l'esprit :

http://cgfa.sunsite.dk/s/p-sarto1.htm

Ecrit par : untel | 18 septembre 2007

Erra Tom : Pas autoportrait mais portrait, ou bien hôte au portrait. ;-)

Ecrit par : untel | 18 septembre 2007

Oui mais bon, si on commence à ressortir tous les portraits cadrés ainsi, autant parler tout de suite du plus célèbre d'entre eux, "l'Homme en bleu" de Titien :
http://www.wga.hu/art/t/tiziano/10/21/01bluesl.jpg

Ecrit par : KA | 18 septembre 2007

Ka: désolée, hein, je l'ai trouvé par hasard ;-)))
J'avais d'abord trouvé celui-ci
http://img.verycd.com/posts/0607/post-302383-1153621670.jpg
mais la main tenant le chiffon n'avait pas la bonne position.

Ecrit par : Micheline | 18 septembre 2007

Le hasard sourit aux innocentes ;-)
arf arf arf

Ecrit par : KA | 18 septembre 2007

M'sieur Ka, dur, dur, hein, de perdre la face ;-))
(la prochaine fois, soumets-moi d'abord ton billet, que je le corrige;-)))

Ecrit par : Micheline | 18 septembre 2007

Je sens que le commentaire précédent va être censuré…
niark niark niark

Ecrit par : KA | 18 septembre 2007

Etant donné l'objet présenté, j'aurais plutôt pensé à un portrait de Carpaccio...

Ecrit par : anita | 18 septembre 2007

ANITA : Anthropophage !

Ecrit par : KA | 18 septembre 2007

Tout de même assez phalique, la Giralda entre les mains caressantes et douces (sans doute grâce à Palmolive) des deux saintes, on sent venir la première pression à froid...

Ecrit par : M | 18 septembre 2007

Excellent work of archaeological advertising. Greetins from "la Giralda"

Ecrit par : Mariano Cruz | 18 septembre 2007

Faire vendre des boutanches à des saintes qui ont refusé de vendre des pichets, ça grince ! - d'où l'huile...

Ecrit par : nic | 18 septembre 2007

Vu la position du bras, ce ne peut être que de l'huile de coude...

Ecrit par : fuligineuse | 18 septembre 2007

FULIE : :-)

Ecrit par : KA | 18 septembre 2007

Et pendant qu'il disserte gentiment sur 2 saintes peinturlurées et un éphèbe pas tout à fait Renaissance, KA en profite pour placer 4 fois (sur 8 images!) un produit Carapelli. Ce blog ne serait-il pas un instrument de marketing viral de tel ou tel syndicat d'annonceurs, ou fabricant d'huile?

Ecrit par : Béat | 18 septembre 2007

La première image, je vois bien où est le truc, oui, une bouteille d'huile, bien.

Mais sur la deuxième image, qu'est-ce qui a été rajouté? L'Empire State Buildingue ou le Palais de la Culture de Varsovie?

Ecrit par : Ter | 18 septembre 2007

pour l'huile bouillante, vous êtes dur M. Ka.

Ecrit par : rimbus | 19 septembre 2007

Toutes ces pubs pour l'huile, c'est quamême un peu chaudbouillant, faire venter les mérites de l'huile à des vierges! m'étonne que les ligues de vertus, celles qui ont fait interdire d'autres "utilisations" publicitaires de tableaux religieux n'aient pas trouvé le loup, pour crier après, Hin-hin-hin.

Ecrit par : ours gris | 19 septembre 2007

L'homme de la seconde affiche est trop pingre ;-).

En fait il s'appelle Yves et avec sa bouteille il s'enduit le dos, l'Yves. ;-)

Ecrit par : untel | 19 septembre 2007

Ter : le monsieur KA il te dit que c'est la Giralda, célèbre clocher (enciennement minaret) de Séville.

Untel & Fuligineuse : -2/20.

Ecrit par : M | 19 septembre 2007

Si on m'aime oint d'oeufs sur vin, combien va me valoir ce com ? ;-)

Ecrit par : untel | 19 septembre 2007

Wah l'aut' eh!
Si on peupludékonner...

Ecrit par : Ter | 19 septembre 2007

juste pour ce commentaire sur

http://www.strategies.fr/archives/1292/129202902/creations_qui_fait_quoi_publicite_publicis_conse.html

« On peut difficilement dire du mal de cette campagne, étant donné qu'on a déjà utilisé le même principe pour les cafés San Marco et la chapelle Sixtine... L'affiche n'est pas gênante, elle ne dérange pas l'oeil, n'abîmera pas les murs du métro et ne fait pas de mal à la marque. »

(ou comment noyer les souris (ou)vertes!)

Plus étrange, le slogan sous la marque précise "Tout en elle chante l'Italie"... Vu de Paris le sud est vaste!

Autre remarque : le jeu sur "les saintes huiles" et "l'extrême onction..."

Ecrit par : ap | 19 septembre 2007

AP : j'avais lu ce commentaire perfide, ouais. Sinon, pour le jeu de mots, j'avais pigé : « Deux saintes qui nous présentent une huile vierge », disais-je.
Et le titre de mon billet est aussi un clin d'œil…

Ecrit par : KA | 19 septembre 2007

Je n’omets pas l’huile dans l’aimée.

Bien entendu, j’avais relevé l’œillade coquine. Cependant je pensais à quelque chose de plus.
J’ai associé « saintes huiles et extrême onction » car il me semble que contrairement au commentaire perfide, cette réclame véhicule plus d’un contre sens.

Outre l’incohérence spatiale (l’Italie en Espagne), ce produit qui est sensé vanter le plaisir du goût (et par allusion grivoise, le plaisir de la chair) contient simultanément le message inverse puis qu’il s’agit de deux jeunes martyrs (les palmes le disent et comme le précise la référence directe au tableau de Murillo).
Donc, ok pour les phantasmes mais on avouera qu’il affirme une sacrée part de sadisme puisqu’il conduit au martyre et donc à la mort.

L’onction des plaisirs extrêmes (ici suggérée) n’est donc sans doute pas aussi innocente («L'affiche n'est pas gênante, elle ne dérange pas l'oeil, n'abîmera pas les murs du métro et ne fait pas de mal à la marque.» !!! puisqu’elle conduit jusqu’à l’extrême onction.

Enfin, me direz vous, c’est une question de goût, mais il me semble que tant qu’à faire réfléchir sur la faiblesse des messages publicitaires on peut sans doute dépasser le simple jeu des citations visuelles (auxquelles comme vous je suis sensible) et démonter un peu plus le message qui, comme ici, montre soit le manque de culture générale de ces concepteurs, soit leur réelle perversité.

Ecrit par : P.A. | 20 septembre 2007

Content de vous connaitre.
Excellente analyse de l'affiche de JP2. Chapeau !
Le symbolisme nous dirige...

Ecrit par : Standing bull | 23 septembre 2007