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20 octobre 2007

AU NOM DU SILENCE

Il est rare que des produits de grande consommation offrent des visuels publicitaires de grande qualité. Or donc, comme le suggéra Olivier dans un commentaire pour sainte Barbe, voici quelques mots à propos de deux affiches vantant les bienfaits de la bière Grimbergen.
Et j'en profite pour dédier ce billet aux pères Arno et Xave, tiens. À la bonne vôtre, mes bien chers frères.


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Le slogan Au nom du silence rappelle le roman d'Umberto Eco intitulé Le nom de la rose, puis l'adaptation filmée par Jean-Jacques Annaud.

Et la première des affiches Grimbergen n'est pas sans évoquer vaguement celle de ladite bobine :





Mais il y a d'autres rapprochements à faire, intimement liés à l'origine du produit. La bière Grimbergen est une bière belge qui était à l'origine brassée dans l'abbaye de Grimbergen (comme par hasard), en Belgique flamande.

Et voilà ce que nous vendent ces deux affiches : la Flandre de la fin du Moyen Âge, son folklore, son art, ses traditions et une ou deux p'tites arnaques en prime.

Première petite arnaque :
Sur les deux affiches nous voyons dessinée la basilique de Grimbergen, qui fait partie de l'abbaye.





Voici la basilique pour de vrai et l'on constate qu'elle est fidèlement reproduite :





Cela dit, fabrique-t-on toujours, dans l'abbaye qui la jouxte, la savoureuse bibine ainsi que nous le suggèrent les affiches ? Certes non ! Car en vérité je vous le dis, la bière belge Grimbergen est propriété de Kronenbourg, qui est comme chacun sait une marque française. Qui cependant appartient désormais à Scottish & Newcastle, premier groupe brassicole britannique. On est loin des p'tits moines et l'endroit où l'on élabore la Grim ressemble plus sûrement à cette usine qu'à une abbaye médiévale :





Et puis de toute façon, la basilique de Grimbergen fut érigée en 1660. Elle est de style baroque et on est loin, très loin du Moyen Âge !

Seconde petite arnaque :

Les deux affiches nous montrent des moines vêtus de blanc et sont agrémentées d'un slogan (ou baseline, pour causer la novlangue des pubards) convoquant le silence.
Bure blanche + silence = trappistes
puisque ces derniers sont ainsi vêtus et ont l'habitude de rester silencieux (même si le vœu de silence n'a jamais fait partie de leurs contraintes).





Sauf que les religieux de Grimbergen ne sont en aucun cas des trappistes. Cette abbaye fut fondée en 1128 par saint Norbert de Xanten, qui faisait partie de l'ordre de Prémontré. Il s'agit donc de chanoines soumis à la règle de saint Augustin, et non de moines cisterciens soumis à celle de saint Benoît. Alors certes, les prémontrés sont vêtus de blanc comme les trappistes. Mais ils ne font pas partie de cet ordre.

En associant des religieux vêtus de blanc et la notion de silence, on voudrait nous faire croire que la Grim fait partie des prestigieuses bières trappistes. Or il n'en existe que sept, dont six sont belges : la Westmalle, la Westvleteren, et l'Achel pour les bières flamandes ; la Chimay, l'Orval et la Rochefort pour les bières wallonnes. La septième est néerlandaise, c'est la Trappe.

On s'aperçoit au passage que la Leffe n'est pas non plus une trappiste, puisque l'abbaye de Leffe appartient aux prémontrés comme Grimbergen.

•••


Allez, glissons sur ces petits détails et concentrons-nous maintenant sur ces deux superbes affiches (vous avez le droit d'aller vous chercher une Grim au frigo et je vous le conseille, vous en aurez besoin).

Elles sont l'œuvre d'Antoine Helbert, illustrateur strasbourgeois ô combien talentueux.

Je disais plus haut que ces deux affiches nous vendent la Flandre de la fin du Moyen Âge, son folklore, son art et ses traditions. Tentons (tontaine) de recenser ce qui y participe.


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Le cadre, d'abord. Il rappelle ceux des retables flamands, et peut-être plus précisément celui-ci :



Triptyque de la Vierge
par Rogier van der Weyden, vers 1440



Les coins supérieurs des cadres des affiches Grim sont en effet identiques à ceux du triptyque de Van der Weyden :





Passons maintenant à la première affiche peinte par Antoine Helbert.


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Je disais précédemment qu'elle a une légère ressemblance avec celle du film Le nom de la rose. Mais elle est surtout le mélange de deux tableaux anciens. La partie supérieure fait référence à celui-ci :



Allégorie de la Vierge de Hans Memling, 1479-1480



La partie inférieure fait référence à celui-là :




La tour de Babel de Bruegel, 1563


Le mélange des deux…




… nous donne ceci :





On notera que les personnages installés sur un promontoire situé en bas à gauche se retrouvent à la fois chez Bruegel et chez Antoine Helbert.

La position centrale du moine, avec son doigt levé, rappelle à l'évidence de nombreuses représentations de Dieu ou de Christs célestes ou non :




Détail du panneau central supérieur du
polyptyque de l'Agneau mystique de Gand
par Jan et Hubert Van Eyck, 1427-1430


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Triptyque de la famille Braque
par Rogier Van der Weyden, vers 1450



L'image nous montre la basilique de l'abbaye attaquée par la musique, le bruit. Des notes, sur des portées musicales, partent à l'assaut de la basilique-citadelle :





Des notes cuivrées, qui ont quelque chose à voir avec les cuves de fermentation des brasseries :




Cuves de l'ancienne brasserie Stella Artois,
photographie de Tchorsky


Les portées musicales, elles, sont un clin d'œil aux phylactères qui ornent nombre de tableaux de cette période :





Détail de l'un des volets extérieurs du triptyque du Maître de Moulins dont j'avais causé par là.


Rappel pour ceux qui suivent pas
et qui préfèrent siroter de la bibine
au fond de la classe.


Un phylactère, c'est :
- une amulette grecque (phulactérion = antidote) ;
- une bandelette de papier sur laquelle est recopié en hébreu un extrait de la Torah et, par extension, la boîte (téfilin תפילין) contenant ces bandelettes ;
- une banderole affichant les paroles d'un personnage dans une peinture du Moyen Âge ou de la Renaissance ;
- une bulle de bande dessinée.

Dans le ciel, tels une armée d'anges ordinairement musiciens,
des moines s'alignent pour la bataille. Ils brandissent en guise d'étendards des portées musicales où n'est inscrit
qu'un seul signe : le silence sous forme de pause.






Panneau central du triptyque du Jugement dernier
par Jérôme Bosch, non daté



Pour cette première affiche, nous avons donc (sans que la liste soit limitative) : Hans Memling, Pieter Bruegel l'Ancien, Jan et Hubert Van Eyck, Rogier Van der Weyden et Jérôme Bosch, que nous retrouverons dans la seconde.
Leurs périodes de vie vont de 1399 (naissance de Jan Van Eyck) à 1569 (mort de Pieter Bruegel).
C'est bien la fin du Moyen Âge et un peu le début de la Renaissance qu'on nous vend ici, avec l'image d'une basilique du XVIIème siècle qui est largement postérieure à cette période. Bon allez, pour une fois on pardonnera les pubards parce que ces deux visuels (comme ils disent) sont bien jolis, mais qu'ils n'y reviennent pas !

•••


Passons maintenant à la seconde affiche. (Avant, vous avez le droit d'organiser un second raid vers le frigo.)


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Les moines représentés à droite sont peints dans des tons ocres (les deux affiches, d'ailleurs, ont cet aspect monochrome) :




Nous avons là un rappel des images peintes en grisaille qui ornent l'extérieur des retables flamands du Moyen Âge:



Volet extérieur du diptyque du portrait Laurent Froimont
par Rogier Van der Weyden, vers 1460


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Volets extérieurs du triptyque du Maître de Moulins.



Mais cette assemblée de moines rappelle aussi ces troupes d'ecclésiastiques, de nobles ou de saints qu'on peut voir dans moults peinturlures médiévales. Exemple :




Détail du panneau central du
polyptyque de l'Agneau mystique de Gand
par Jan et Hubert Van Eyck, 1427-1430



Au-dessus d'eux, d'autres étendards en forme de partitions musicales où figure l'indication du silence. Et à leur gauche, la fameuse basilique. On en a déjà causé, je n'y reviens pas, passons plutôt à la partie gauche de l'image qui vaut une inspection en règle.






Elle nous montre une foule d'instruments, qui s'inspirent des peintres précédemment cités.

L'orgue et la harpe…





… viennent de chez Van Eyck, du polyptyque de Gand déjà cité :






La cornemuse au bas de l'orgue s'est échappée du…




détail du panneau droit du polyptyque du Jardin des délices
de Jérôme Bosch, vers 1500



C'est de là aussi que vient la vielle à roue, accompagnée par une autre harpe :








etc.

Dans cette accumulation d'instruments, trois détails amusants dignes de Jérôme Bosch. Un instrument à cordes qui ressemble à un visage :





Avec, au-dessus de lui, ses petits frères qui arrivent :





Et un instrument à vent de forme éléphantesque :






Tout ça, rappelons-le, dans deux affiches publicitaires pour une marque de bière. Et encore, mon recensement n'est sûrement pas exhaustif. De la belle ouvrage, ouaipe.

Bon, c'est pas tout ça mais il fait sacrément soif.


P.S. : La société Kronenbourg a le droit de m'envoyer un ou deux paquets de son excellente bière Grimbergen, pour toute la pube que je viens de lui faire.


Liens
Le site d'Antoine Helbert, auteur de ces affiches.
Le site de Tchorski, auteur de superbes photographies industrielles. Voir à ce propos les billets que j'avais consacrés à ce sujet en tapant "l'art et l'industrie" dans le moteur de recherche.

Un courrier d'Antoine Helbert


Bonjour,
J'ai effectué un petit tour sur votre site, je l'ai trouvé fort sympathique, pris avec humour et sérieux à la fois,
merci pour l'intérêt que vous me portez.
Petite rectifications ou rajouts possible : les références que vous développez sont effectivement très exactes. Par contre, le cahier des charges me demandait d'autres références. Par exemple :
- un clin d'oeil aux
Seigneur des anneaux de Peter Jackson et surtout à la composition d'une affiche de cinéma en surdimensionnant certains personnages principaux ;
- des notes évoquant une armée en armures qui, au fur et à mesure de l'avancement de l'image, se sont progressivement lissées.

12:05 Lien permanent

Commentaires

Et la pub devint culturelle, amen !
Ka tu es un puits de sience (je n'oserai pas ajouter sur ce coup là noyé dans la bière.. ah, bin mince, c'est fait)
Merci, merci, grâce à toi, on peut se rincer le gosier tout en se sentant intelligent. Et ça, bon sang, si c'est pas de l'art...

Ecrit par : Basquounette | 20 octobre 2007

Chapeau, soufflée, je suis (mais moi je n'ai pas vu ces pubes, c'est uniquement pour vendre de la bière belge en France?)

"Ils brandissent en guise d'étendards des portées musicales où n'est inscrit qu'un seul signe : le silence."
Ce silence s’appelle une pause ; normal si on veut déguster une bière !

L’instrument à vent éléphantesque ressemble à un hélicon : c’est en fait la contrebasse à vent.
http://fr.wikipedia.org/wiki/H%C3%A9licon_%28musique%29

Ecrit par : Micheline | 20 octobre 2007

BASQUOUNETTE : Oui, moi aussi je ne suis pas loin de penser que ces deux images sont de l'art authentique, même si elles n 'ont que des visées bassement commerciales.
Car après tout, les peintres du XVème siècle travaillaient tous pour des commanditaires, nobles, bourgeois ou ecclésiastiques. Faire une peinture religieuse et y représenter les donateurs, c'était du biznesse aussi.
J'avais d'ailleurs fait un billet sur le sujet, qui s'appelait "biznesse et blasons".

MICHELINE : Oserai-je te rappeler que Grimbergen est encore moins belge que moi ?
:-)
Ces deux pubes paraissent sont visibles dans la presse française (je ne les ai jamais vues sur des panneaux publicitaires, mais ptêtre que j'ai mal regardé).

Ecrit par : KA | 20 octobre 2007

Nan, désolée, mais là je suis obigée d'intervenir.

La harpe, c'est Guinness. Un point c'est tout.

Et qu'on n'y revienne pas.

Ecrit par : 32janvier | 20 octobre 2007

32JANVIER : Guinness… Guinness… C'est pas ce truc aussi fluide qu'un flan trop cuit qu'on sert dans des verres ?

Ecrit par : KA | 20 octobre 2007

Et les instruments avec les petits frères, ce sont des vièles médiévales à archet .

Ici un site intéressant sur les instruments dans la sculpture
http://apemutam.free.fr/viele4.htm

Il y a aussi de grandes trompettes thébaines (comme les trompettes de Jéricho!)

Ecrit par : Micheline | 20 octobre 2007

32janvier : la Guiness, c'est la harpe celtique (comme celle de Bosch) rien à voir avec la belle harpe de van Eyck ;-)

Ecrit par : Micheline | 20 octobre 2007

Très très impressionnant !
Bravo, je sens déjà mon alcoolisme mieux informé…

Ecrit par : Tri Sélectif | 20 octobre 2007

Silence !
http://www.latribunedelart.com/Publications_2004/Petit_-_Vieillard_un_doigt_sur_la_bouche.jpg

Savinien Petit "Apôtre demandant le silence"

Ecrit par : Micheline | 20 octobre 2007

Superbe ! Moi qui ai du mal avec la pub, là je tire mon chapeau. C'est très créatif, plutôt bien documenté et vachement bien fait. Mais quand même, tant qu'à boire un coup, je préfère une 'tite Leffe ou une Orval bien de chez nous.

Pour répondre à ta question d'hier, concernant l'interlude gouvernemental : 131 jours. Et ce n'est pas fini... Mais bon, on a toujours la bière, les moules et les frites ;-)

Allez, santé !

Ecrit par : jo | 20 octobre 2007

Excellent billet, sauf une petite erreur:

"Mais cette assemblée de moines rappelle aussi ces troupes d'ecclésiastiques, de nobles ou de saints qu'on peut voir dans moults peinturlures moyenâgeuses. "

Le terme moyenâgeux ne s'emploie pas pour parler des oeuvres du Moyen Âge mais des oeuvres du XIXème siècle. Comme par exemple, Viollet-Le-Duc a restauré des chateaux dans un style moyenâgeux.
Pour parler des oeuvres du Moyen Âge on utilise le mot "médiéval".

Ecrit par : Emmanuelle | 20 octobre 2007

ça donne en tout cas l'occasion de voir ou revoir de superbes tableaux & de découvrir 1 artiste qui conait ses classiques

quand au propriétaire écossais de Kronenbourg, il est en passe d'être racheté par Heineken & Carlsberg

Ecrit par : Eric LOW | 20 octobre 2007

EMMANUELLE : Eh oui bien sûr, suis-je crétin ! Je bats ma coulpe et je corrige (ralala c'que c'est qu'd'avoir des lecteurs et lecteuses culturé(e)s : ils ne laissent rien passer ;-)

Ecrit par : KA | 20 octobre 2007

Chère Micheline, je pense au sousaphone plutôt qu'à l'hélicon… pon, pon, pon, pon… Il est d'ailleurs le plus utilisé dans les fanfares. Il a été conçu pour cela.

http://web.archive.org/web/20000301152414/http://www.jwpepper.com/history/sousa.html

http://fr.wikipedia.org/wiki/Sousaphone

Dans sa « manière » de s'imposer, d'occuper l'espace, je vois aussi une lointaine réminiscence du gaffophone, belge lui aussi.

Ecrit par : Jean | 20 octobre 2007

Là, tu te fais mousser!
Bravo.

Ecrit par : MaNu | 20 octobre 2007

Ouais! Quel décortiquage ! Bravo !

La première affiche m'a aussi fait un peu penser à ça :

http://fr.wikipedia.org/wiki/Image:Albrecht_Altdorfer_001.jpg

Ecrit par : untel | 20 octobre 2007

sacré coup d'oeil, sacrée culture !

Ecrit par : erfvy | 20 octobre 2007

Pour voir "à la loupe" les deux tableaux de la publicité Grimbergen :
http://www.grimbergen.fr/home.html
pour les images de la campagne précédente intitulée "et le silence se fait" :
http://www.kronenbourg.fr/_corporate/marques/index_grimbergen.html
et une belle photo de sousaphone où l'on voit mieux la ressemblance avec l'instrument du tableau publicitaire :
http://www.pbase.com/clickaway/image/27876848
Et bien sûr merci à Monsieur KA pour son article rafraîchissant.

Ecrit par : Kinkapricorne | 20 octobre 2007

Magistral! Comme d'hab.
Bravo et merci.

Ecrit par : Elisabeth | 20 octobre 2007

Pour voir à la loupe les deux tableaux de la publicité :
http://www.grimbergen.fr/home.html
pour voir les trois images de la précédente campagne intitulée
"et le silence se fait" :
http://www.kronenbourg.fr/_corporate/marques/index_grimbergen.html
et une jolie photo de sousaphone où l'on voit bien la ressemblance avec l'instrument de la publicité :
http://www.pbase.com/clickaway/image/27876848
Et bien sûr un grand merci à monsieur KA pour son article si rafraîchissant.

Ecrit par : Kinkapricorne | 20 octobre 2007

Eh ben !
Je lève mon verre à la santé du dessinateur qui a réalisé ces deux magnifiques affiches. Tant de clins d'oeil, de références et d'humour, ç'est pas de la petite bière...
Et puis surtout, je lève mon verre au père abbé de ces lieux (même s'il n'a jamais rêvé de se voir en curé avec une calotte...) pour toute cette culture.
Enfin, une Grimbergen n'égalera jamais une Rochefort Brune qui est quand même un des sommets de la bière !
Amen !(z-en une autre...)

Ecrit par : PhWatrelot | 20 octobre 2007

Rhâaaaaa maudit capcha qui me fait répéter, désolée pour ce bis repetita involontaire :-(

Ecrit par : Kinkapricorne | 20 octobre 2007

Si la similitude avec Altdorfer n'est pas convainquante, celle-ci devrait l'être.

Le serpent, instrument pour l'office religieux, avec ses six trous. Chuis pas clarinetteux pour rien. ;-)

http://fr.wikipedia.org/wiki/Serpent_(musique)

Ecrit par : untel | 20 octobre 2007

Un modeste apport à cette belle analyse : l'orgue de l'affiche pub est à l'envers. Les grands tuyaux sonnent graves, et les notes graves, sur un clavier "normal", sont à gauche. Celle de Van Eyck est juste, pas celle de la pub.

Mais bon, du point de vue de la composition, l'entrecroisement avec les cordes de la harpe aurait sans doute fait fouillis. Gonflé, mais judicieux :o)

Ecrit par : Patrick | 20 octobre 2007

Encore un truc qui m'est revenu concernant la première affiche. Le promontoire rocheux en bas à gauche semble être une copie de celui-ci, au milieu :

http://commons.wikimedia.org/wiki/Image:Pieter_Bruegel_d._%C3%84._039.jpg

Ecrit par : untel | 20 octobre 2007

Magnifique étude comme d'habitude... Merci M. Ka.

Ecrit par : rimbus | 20 octobre 2007

Toujours aussi epastroufflant et vérigiglieux.

Merci.

Juste une précision de tonton tatillon. Règle de chien Benoît, oui, mais revue et (sévèrement) corrigée par chien Bernard, les sister-chiens.

Précision, histoire de les rendre sympa : comme inquisiteurs, les sister-chiens furent (encore) plus féroces que les dominicaincains.

Ceci dit, l’archi sister-chienne, quel pied !

Ecrit par : Karl-Groucho Devant | 20 octobre 2007

Entièrement d'accord avec Untel sur le serpent
http://www.serpentwebsite.com/Serpentx.jpg

On trouve assi un rebec :

http://www.instrumentsmedievaux.org/pages/REB25.htm


Reste aussi, semble-t-il une citole.

http://www.instrumentsmedievaux.org/pages/Guit22.htm

Moi, chuis violoneux et mandolineux ;-)

Ecrit par : ian | 20 octobre 2007

Quand on pense à ce qui arrive à une femme à Kronenbourg pendant ce temps...

http://hippopotable.blogspot.com/2007/10/contraception-enfin-du-nouveau.html

Ecrit par : paul | 20 octobre 2007

On peut écouter le serpent en cliquant sur "Diego Ortiz", au bas de la page :

http://serpent.instrument.free.fr/main/mp3.htm

Ecrit par : untel | 20 octobre 2007

Ka, ma prochaine Leffe sera savourée en ton honneur ! (On n'a plus que de la Leffe à la maison).

Ecrit par : Marc | 20 octobre 2007

Bonsoir

Moi je suis un inclute et toute la démonstration m'a "bluffé". Bravo, et merci.
Mais quitte à faire tâche, je signale quand même que ces affiches m'ont fait penser à une autre série, bien plus contemporaine, celle des films pour le Seigneur des Anneaux.
Je crois que le bandeau inférieur y est pour beaucoup, mais peut-être pas seulement.

Ecrit par : Pingouin | 20 octobre 2007

Il me semble avoir également aperçu une affiche (quand ?) pour la Grim, dont le texte était : "Et le silence se fit".

Ecrit par : Marc | 20 octobre 2007

Merci monsieur Ka ; passionnant comme toujours ! Hic !!!

Ecrit par : BabdeBab | 20 octobre 2007

Formidable ce billet!

Ecrit par : bocca | 20 octobre 2007

Kinkapricorne : génial, le site pour voir les affiches à la loupe!

D'accord, le grand instrument à vent est un mélange de sousaphone, hélicon, bombardon, serpent et saxophone...

D'accord aussi pour le rebec et la citole.

Ouais, très belles affiches, mais à consommer avec modération :-)

Ecrit par : Micheline | 20 octobre 2007

Encore un "Silence" de Fra Angelico
http://www.abcgallery.com/A/angelico/angelico43.html

Depuis ce matin, j'ai en tête la chanson de Paul Simon "The sound of silence" Merci m'sieur Ka ;-)

Ecrit par : Micheline | 21 octobre 2007

moi qui croyait que les instruments sortaient de picollo, saxo et compagnie
;-)

NB, il n'y a pas qu'un "instrument à cordes qui ressemble à un visage :", dans l'image precedente on y voit une superbe tete de diable, tres boscheenne

Ecrit par : blop | 21 octobre 2007

Encore une précision : l'oiseau qui figure sur les bouteilles ou verres de Grimbergen est un phénix et fait référence aux incendies qu'a subis l'abbaye pour, à chaque fois, renaître de ses cendres. Sa devise est "Ardet nec consumitur" (elle brûle mais ne se consume pas).

Assez de bière, c'est l'heure d'un petit café!

Ecrit par : Micheline | 21 octobre 2007

Grimbergen, en Flandre ou dans la périphérie de Bruxelles ?
La question agite les politiques, c'est un point de discorde, un de ceux qui bloquent depuis plus de 120 jours la formation du gouvernement.

Dur de s'y retrouver dans les problèmes belges, n'est-ce pas ?

Ecrit par : jcd | 21 octobre 2007

Et j'ajouterai juste aue l'affiche d'Au Nom de la Rose a été réalisée par Philippe Druillet.

Ecrit par : Attila7 | 21 octobre 2007

Le dernier instrument est un serpent, instrument liturgique ancien
"Vous avez observé cet instrument étrange, chaque côté du chœur en est pourvu. Il s’agit du serpent, instrument de musique déjà en usage à la cathédrale de Sens au XIVème siècle. A quoi servait le serpent ? Tout simplement à accompagner le chant grégorien, en réalisant à vue une ligne de basse."
http://www.schola-sainte-cecile.com/wp-content/2007/08/serpent05.jpg
http://www.schola-sainte-cecile.com/category/liturgie/images-de-la-liturgie/

Ecrit par : Philippe Edmond | 21 octobre 2007

Un bien beau billet encore ! Et toujours surprenant. Et qui nous en bouche un coin !
En plus - mais je ne le crierai pas sur tous les toits - il nous a permis de vous démasquer Maître KAnterbrau ! ;-)

Ecrit par : Didier(?) | 21 octobre 2007

Qu'est ce que je suis contente d'avoir trouvé cet endroit !!!!!!

Sinon, je voulais dire que l'instrument à vent me semblait plus "serpentesque" qu"éléphantesque" mais Untel est passé par là... aucune chance pour les débutants hmmm ??? :)

Merciii m'sieur Ka !

Ecrit par : isophe | 21 octobre 2007

Je suis un peu surpris par les éloges sur ces deux affiches. C'est pas parce que M. KA en parle bien qu'il faut se trouver ebahi devant d'honnêtes productions publicitaires. Qu'elles dénotent de leur créateur une certaine culture, c'est une chose, mais les prendre pour des chefs d'oeuvre ou s'extasier comme si enfin la pub avait rejoint l'art, voilà qui manque un peu d'esprit critique (d'art), il me semble. M. KA a décortiqué la construction picturale, c'est bien, mais cette construction relativement savante n'est mise au service que d'un seul message, pointé par 32 JANVIER : Grimbergen se positionne comme la bière qui va faire taire la Guiness, c'est très très prosaïque, très très codé marketing, et c'est tout.

A qui s'adresse cette campagne ? Au consommateur de bière ? Voui, certes. Mais vous savez comment on consomme de la bière dans un café, n'est-ce pas ? Vous commandez une Grimbergen parce que c'est votre bière préférée du moment, et si on vous dit qu'ici, c'est de la Leffe ou de la Carlsberg, vous prenez une Leffe ou une Carlsberg. Bref, ce n'est pas le consommateur qui fait le marché de la bière en premier lieu, c'est le gérant du café, qui choisira de prendre une franchise chez Kronenbourg, ou chez Kanterbrau, ou Heineken ou Guiness, etc. (Je ne connais pas tous les groupes de bière du marché. Si quelqu'un est de la partie, il corrigera). Or, le propriétaire de la marque Grimbergen, le fabriquant Kronenbourg, comme nous l'apprend M. KA, a pour concurrent sur le créneau de la bière de luxe la marque Guiness. C'est aux gérants de débits de boissons que s'adresse en premier lieu cette campagne. Chers cafetiers, limonadiers, bars z'et débits de boissons, clients mon amour, vingt fois par jour, des bobos vous demandent une Guiness et vous pensez peut-être prendre une franchise chez ce fabriquant de breuvage. Heureusement, Super-Kro met le paquet sur sa nouvelle bière de luxe : Grimbergen. Dans quelques semaines, quelques jours peut-être, le mot Guiness n'évoquera plus à ces bobos gogos qu'un livre pour trouver combien mesurent les ongles les plus longs du monde ou l'acteur principal de la première version de Casino Royale. Restez donc chez Kro. Votre dévoué, etc.

Voilà le message. Il n'y a pas de quoi fouetter un chat.

Ecrit par : malpa | 22 octobre 2007

Le prosaïsme avant, c'était de placer Dieu et ses saints en consommation monopolistique sur les tables de toutes les bonnes âmes. L'art était à ce service. L'époque moderne ne fait que réajuster ses objectifs commerciaux.
Personnellement je ne bois ni alcool ni Dieu, mais je m'extasie (my God !) devant toute personne qui m'ouvre les portes d'une culture à laquelle mon lourd passé de consommatrice primaire ne m'a pas donné accès.
Et ceci, Malpa, c'est à mon sens tout un art.
Bien à vous et à vos gants...

Ecrit par : Basquounette | 22 octobre 2007

Malpa : une précision, la Grimbergen n'est déjà plus "française" puisque Kro vient de se faire racheter par des grands-bretons.
Ce dont d'ailleurs, je me fiche complètement, n'étant pas amatrice de bières!

Ensuite, pourquoi ne pourrait-on s'extasier devant ces deux affiches qui dénotent, comme vous le dites, une certaine culture chez leur auteur? Dans le flot des pubes qu'on nous fourgue à longueur d'année et qui sont de véritables navets, comment ne pas se réjouir de voir que certains illustrateurs peuvent encore nous faire partager un clin d'oeil pictural. Et c'est cela que M.Ka nous décortique et nous fait voir, et pas nous inciter à consommer une bière plutôt qu'une autre.

Et c'est pourquoi je lève ma tasse de café à monsieur Ka ce matin et le remercie de nous faire voir les dessous des pubes!

Ecrit par : Micheline | 22 octobre 2007

Très intéressants, article et réactions! (j'ai mis un petit moment pour lire tout ça, c'est parsque j'arrive comme toujours un peu tard):-)
Il existe trop de pub en ce moment, non? on les appelle Art ou autre c'est pas là la question, l'Art c'est aussi pouvoir dénicher une belle publicité et la faire partager...
Merci monsieur KA.

Ecrit par : S. | 22 octobre 2007

Que de commentaires ! Je n'ai malheureusement pas le temps de répondre en détail mais j'essaierai de le faire un petit peu plus tard.

Deux choses, cependant :
1. Mille remerciements aux musiciens qui ont su identifier les instruments.
A ce propos, il est vrai que l'orgue est représenté à l'envers. Avec un clavier complètement farfelu, en plus. Si l'artiste (oui, je dis l'artiste) l'a peint ainsi, c'est à cause de la barre oblique posée sur les tuyaux qui se trouve, de la sorte, dirigée vers l'horizon et participe au mouvement général. Peindre l'orgue dans le bon sens eût généré un sentiment de contradiction, de rupture.

2 MALPA : Ma réponse est dans ce billet, dont la lecture édifiante est hautement recommandée (j'ai les chevilles qui enflent, là, m'enfin je le répète, il s'agit d'une lecture salutaire) :
http://laboiteaimages.hautetfort.com/archive/2006/11/03/biznesse-et-blasons.html

Ecrit par : KA | 22 octobre 2007

L'instrument à cordes semble être un Luth, instrument renaissance.
http://www.memo.fr/Media/Luth.jpg

A la fin du moyen-âge, c'était le cistre qu'on utilisait plutôt.
http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/0/0a/Woman_with_cittern_1677_by_Pieter_van_Slingeland.jpg

Quand à la cornemuse, si elle n'eût été dotée de bourdons de cornemeuse écossaise, elle aurait fort bien pu être une petite musette, mais apparaît comme très proche du biniou breton.

Ce n'est pas de l'instrument populaire flamand qu'il s'agit :
http://www.babot.co.jp/museum/art/bruegel.gif
http://images.google.fr/url?q=http://www.kikirpa.be/www2/cgi-bin/wwwopac.exe%3FDATABASE%3Dobject%26LANGUAGE%3D2%26OPAC_URL%3D%26%25250%3D40001756%26LIMIT%3D50&usg=AFQjCNESpWdIRMp4zgvmVUj6pSltS1r4zA

Voilà l'étendue des mes observations.

Ecrit par : ernest | 22 octobre 2007

En tout cas merci beaucoup, je boirai plutôt une triple Karmeliet en lisant ce billet et tout comme le maître de ces lieus, je pense que cette pub est un petit chef d'oeuvre. Merci pour ces indications généreuses et intéressantes.

Ecrit par : olivier | 22 octobre 2007

Encore une remarque qui m'avait échappé : deux bourdons de cornemuse flamande au premier plan, devant ce qui serait une vielle à archet ?

http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/b/bd/Hendrik_ter_Brugghen_-_De_doedelzakspeler.jpg/180px-Hendrik_ter_Brugghen_-_De_doedelzakspeler.jpg

Ecrit par : ernest | 22 octobre 2007

Il est assez sympa le site de l'auteur des affiches (moins ses dessins mais ses techniques sont interessantes , il doit tout faire sur ordi))

Ecrit par : olivier | 22 octobre 2007

"L'instrument à cordes semble être un Luth, instrument renaissance."

Il s'agit d'un théorbe.

Mais il ne faut pas trop s'attarder sur les instruments un peu fantaisistes, comme le serpent tout en métal avec un pavillon, ou des guiternes et citoles avec des ouïes de vièle.

N'oublions pas la libre interprétation de l'artiste.

Ecrit par : untel | 22 octobre 2007

Quand je dis qu'il s'agit d'un théorbe, je veux parler de celui du premier lien donné par Ernest, peint par Antiveduto Grammatica, et non pas de celui de la pub.

Ecrit par : untel | 22 octobre 2007

Je suis très sensible à la publicité. Je trouve cet article riche en révélations. Je découvre là un trésor d'images et d'informations variées. merci et bravo.

Ecrit par : nina de zio peppino | 22 octobre 2007

Tiens, oui, je me suis fait eu par ma photo... grmbl. Désolé :)

Ecrit par : ernest | 22 octobre 2007

J'avais pas vu, sur les tuyaux d'orgue, deux bouches plus grandes simulant des yeux.

Et puis les clefs et les notes de musique n'étaient, bien sûr, pas les mêmes au Moyen-Age.

Bon ! Ce n'est pas la peine d'en rajouter, comme disait le grand Maxwell Qualité Filtre.

Ecrit par : untel | 22 octobre 2007

Et pendant ce temps là, l'autre emmerdeur et moi étions effectivement en train de boire des bières, mais pas celle là. :)

Ecrit par : xave | 22 octobre 2007

Oué, on buvait de vraies bières, nous. La Grimbergen, c'est dégueulasse comme tout, et en plus ça fait affreusement mal à la tête.

Ecrit par : L'autre emmerdeur | 22 octobre 2007

L'AUTRE EMMERDEUR : Ne dis pas ça, malheureux ! J'espère bien recevoir quelques boutanches de Grim de la part de Monsieur Kronenbourg.
Pasque j'aime bien la Grim, moi, ouais. Et puis je me souviens avoir vu ton acolyte en boire, de la Grim. Dans un rade en face d'une gare. Pendant qur toi tu avalais un soda amerlocain. Alors hein !

Ecrit par : KA | 22 octobre 2007

Qu'un esthète de ta pointure puisse se laisser aller à boire une telle cochonnerie, ça me désole... Quant aux sodas amerlocains, je te l'ai déjà esspliqué, c'est thé-ra-peu-tique. Ça chasse le mal de crâne et ça boute la fatigue : tout le contraire de la Grim", quoi...

Et puis cesse donc de flatter ces vils gens de chez Kronembourg pour un misérable pot-de-vin (de bière, même, c'est pire). Ces individus sans scrupules n'arrêtent pas d'acheter des marques de bonnes bières pour les transformer en breuvages insipides, c'est mal. A cause d'eux, y a plus moyen de boire une bonne blanche à Bruges, c'est quand même un comble. Je propose qu'on les tonde à la prochaine Libération.

Ecrit par : LeChieur | 22 octobre 2007

LECHIEUR : À l'instar de Raymond, je suis un esthète de veau.
Et je dirai tout le bien que je pense de la Grim pendant une semaine. Passé ce délai, j'achète une tondeuse.

Ecrit par : KA | 22 octobre 2007

Toujours à propos de l'instrument éléphantesque ou serpentesque.
Il ressemble aussi à un buccin qui a avalé un pavillon de bombardon, ou hélicon ou sousaphone.

http://en.wikipedia.org/wiki/Image:Buccin_yeo_01.jpg

En général les peintres "interprètent" les instruments de musique, soit parce qu'ils n'en ont pas sous la main, soit parce qu'ils peignent de mémoire.

Ecrit par : Micheline | 22 octobre 2007

Il y a une différence entre faire une oeuvre commanditée par une sommité pour flatter son ego (avec ses sous à lui), et faire un oeuvre commanditée pour donner aux gens des envies qu'ils n'ont pas, non?

La pub ça pue quand même...

Quelle tristesse qu'un artiste soit obligé de vendre de la bière pour faire ses croutes.

Ecrit par : yves | 22 octobre 2007

YVES : Étant moi-même un mercenaire du pinceau, je dirai que non, il n'y a pas de différence. Quand on reçoit une commande, on l'exécute en respectant les contraintes et en tâchant d'y trouver du plaisir. Qu'il s'agisse d'un portrait de puissant sur une peinture religieuse ou d'une peinture pour une marque de bière ne change rien à l'affaire.
Quant à la destination finale de l'œuvre, qu'il s'agisse de faire la pub d'un puissant, de vendre de la religion ou de la bière, quelle différence ?
L'art a toujours été soumis à l'argent.
Alors pour une fois qu'on voit une belle pub, reconnaissons ses qualités au lieu de cracher dans la bière qu'on boira de toute façon. Celle-là ou une autre.

Ecrit par : KA | 22 octobre 2007

Superbe ! En passant, c'est Druillet qui a fait l'affiche du "Nom de la rose" et Nicollet , Bilal et Druillet ont participé aux story-board du film. Mais vous le saviez déjà, j'en suis sûr ! En tout cas, merci pour toutes vos recherches.

Ecrit par : s | 23 octobre 2007

Au nom du silence....que de bavardage!
En tout cas bravo Monsieur KA et surtout ne vous amusez pas à cracher dans la bière...
Un homme buvant une bière au comptoir fut pris d'un besoin urgent mais il avait peur de se faire braquer son demi . Aussi laissa-til ce mot à coté du vere "J'ai craché dedans".
Quand il revient ...il lit "Moi aussi".

Ecrit par : rozo | 23 octobre 2007

ROZO : A sa place, je serais allé aux ouécé (comme disent les Belges) avec ma chope !
Nanmèdèfoua.

Ecrit par : KA | 23 octobre 2007

Je plussoie avec Blop :
Moi aussi j'ai instantanément revu la pochette de mon vieux 33 tours d'enfance de Picccolo et Saxo en voyant la ribambelle d'instruments en position debout :

http://www.muhlemann.ch/os_comm/catalog/images/SAXO6461018.jpg

Non ?

Ecrit par : Fincasor | 23 octobre 2007

FINCASOR :Voui voui, mais il me semble (sauf erreur de ma part) que ce disque est sorti un petit peu après que Van Eyck et Bosch aient fait leurs peinturlures.

Non ?

arf arf arf.

Ecrit par : KA | 23 octobre 2007

C'est dégoutant. Je suis trop jalouse. Mais d'où sais-tu tout ça, m...? Comment tu fais?

Ecrit par : antagonisme | 23 octobre 2007

ANTAGONISME : Je fais que je passe ma vie dans les zolies zimages et aussi les moches. Alors forcément, au bout d'un moment j'arrive à m'en souvenir de quelques-zunes. C'est pas compliqué, ya pas besoin d'être intelligent pour avoir de la mémoire.
Mon seul ennemi c'est Alzh… zut, comment il s'appelle, déjà ?

Ecrit par : KA | 24 octobre 2007

De toute façon, les productions K... ne vaudront jamais les produits locaux.
Si vous allez à Bruges, tentez donc la Brugse Zot, complément indispensable aux visites de musées.
Le voyage à Bruges est de toute façon incontournable si on aime les primitifs Flamands.

Pour les amateurs, la Kasteel Bier reste ma préférée.

Ecrit par : ian | 24 octobre 2007

Ian > les productions K..., peut-être, mais les productions Ka, elles, valent quand même leur pesant de … K-caouettes !

Ka > "arf arf arf." rigole que tu rigole, mais aucun d'entre eux n'a présenté les instruments debout, comme ça, en ribamlbelle anthropomorchose… (ceci dit sans aucune vérification bien sûr :-)

Non ?

Ecrit par : Fincasor | 24 octobre 2007

Je viens d'ajouter, au bas de ce billet, un sympathique courrier d'Antoine Helbert, auteur des deux affiches.

Ecrit par : KA | 25 octobre 2007

"le cahier des charges me demandait d'autres références. …
- des notes évoquant une armée en armures..."

Le cahier des charges faisait sans doute allusion au manuscrit de Claudius Sebastiani "Bellum musicale, inter plani et mensuralis cantus reges" de 1563, conservé à Strasbourg (où se trouvent les brasseries Kronenbourg)
Un conte où le plain-chant et la musique mesurée (représentés par des monarques) se battent avec des troupes de notes en ordre de bataille.. (faudrait retrouver l’histoire en question)

Ecrit par : Micheline | 25 octobre 2007

Micheline : J'ai trouvé ceci sur un forum.

Le dessinateur se serait-il inspiré du Bellum musicale, inter plani et mensurabilis cantus reges ?
Cet ouvrage de Claude Sébastien, publié à Strasbourg en 1563, contient, nous dit Jean-Julien Barbé, "une plaisanterie sérieuse sur les discussions agitées de son temps, concernant la prééminence du plain-chant et de la musique mesurée.
Il suppose que la musique est un pays divisé en plusieurs provinces, dont il décrit la situation, ainsi que la frugalité et les mœurs de ses habitants.
Deux frères règnent : l’un sur la province du plain-chant, l’autre sur celle du chant mesuré. L’envie et l’ivrognerie brouillent les deux frères. Chacun d’eux publie un manifeste et se prépare à la guerre. Plusieurs nations viennent au secours du roi plain-chant ; le pape, les cardinaux, évêques, abbés, chanoines et même les ministres luthériens avec leurs femmes fournissent leur contingent. Les paysans avec des fourches, des haches, des faulx, enfin une troupe de racleurs et de gens qui chantent se rangent sous les drapeaux de la même armée.
Celle du roi du chant figuré est composée des mesures, des modes, des temps des prolations. Ces princes du sang commandent chacun un corps de troupes composé de notes rangées en ordre de bataille, suivant leur espèce. Les discants, ténors et basses sont les troupes auxiliaires. Lamentations de tout le peuple musical à l’approche de la guerre. Dispositions des chefs pour la bataille générale. Le combat s’engage : quelques notes y reçoivent tant de contusions qu’elles deviennent toutes noires. Les succès se balancent d’abord des deux côtés et semblent favoriser un instant l’armée du plain-chant mais la victoire se décide enfin pour le roi de la musique mesurée. Les deux frères se réconcilient, des plénipotentiaires sont nommés de part et d’autre ; ils fixent les limites de chaque royaume."

(Boudiiiiou ! C'est la première fois que j'fais un tartine pareille !)