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24 octobre 2007

BOBINES DU MATIN CALME

L'art de l'affiche de cinéma coréenne est peu connu, et c'est bien dommage. Pourtant, il existe de belles choses dans ce domaine et l'on assiste depuis quelques années à une espèce de petite révolution qui, un jour où l'autre, finira par nous envahir aussi sûrement que Samsung ou Daewoo.

Petit retour en arrière.

Dans les années 1950, les affiches de films coréens empruntaient beaucoup à celles des Zétazunis :




Affiches de 1955 et 1957


À titre de comparaison :



Blackboard Jungle (Graine de violence)
de Richard Brooks, 1955



Dans les années 1960, 1970 et 1980, les affiches semblèrent s'internationaliser ; mis à part la typographie et le physique des personnages, on aurait pu les croire européennes
ou amerlocaines :




1969



1973



1984



On notera au passage la typographie de type Ben-Hur, qui commença à faire des ravages en Corée (et ailleurs) dès les années 1950.




L'affiche du film de William Wyler, 1959



Les années 1980 virent aussi les affiches se faire envahir par le texte. On en mettait partout (voir ci-dessus et ci-dessous), comme si on n'était pas certain de convaincre :




1986



Et puis, vers la fin des années 1990, un nouveau style se fit jour. Un style radicalement opposé qui, en fait, puise aux sources de la peinture chinoise (voir, par exemple, les peintures de Chu Ta dont j'avais parlé par ici et par là).




2000



Les figures sont souvent solitaires, isolées dans de grands espaces nus.




2002



Le texte se fait plus discret et la calligraphie au pinceau reprend ses droits.




2002



On est loin, désormais, des affiches "bruyantes" qui nous racontent le film par le menu. L'heure est à la sérénité au pays du matin calme. Et l'on n'hésite pas à montrer, parfois, des personnages totalement inactifs qui posent comme chez le photographe.




2003



2003



D'autres affiches de la période 2004-2007 :




2004



2005



2005



2005



2005



2007



2007



2007


L'immense majorité de ces affiches pourrait passer, par chez nous, pour des annonces de films intimistes, de films d'auteur. Or, il semblerait que ce ne soit pas le cas en Corée, et que certaines de ces bobines soient des films plutôt populaires. Cela dit, toutes les publicités cinématographiques coréennes ne sont pas dans ce style ; certaines sont plus tonitruantes et fonctionnent selon des ficelles bien connues, grosses comme des câbles (voir à ce propos, grâce au moteur de recherche, ma série de billets commençant par : "recette rapide pour réaliser"…).

•••


Bien que son aspect typographique fasse penser à du chinois, la langue coréenne utilise un alphabet appelé hangeul qui est composé de cinquante-et-une lettres.

Il a été créé par Sejong le Grand (1397-1450), quatrième roi de la dynastie Chosŏn, pour pallier l'analphabétisme du peuple qui ne savait pas lire les difficiles caractères chinois jusque-là employés. Mais l'utilisation du hangeul ne deviendra officielle que bien plus tard, en 1894.

Et l'on constate que le chinois et le coréen se mélangeaient encore allègrement dans les affiches de cinéma des années 50 et 60. Aujourd'hui, les choses ont changé. On n'utilise plus les idéogrammes chinois que pour les « noms de personnes et de lieux, et occasionnellement dans les médias. Ils servent aussi en cas d'homonymie de deux mots écrits en hangeul » (dixit Ouiquipédia).

La question à mille Won


Comment différencier visuellement le chinois du coréen ? Trop fastoche ! Le professeur KA, diplômé de la faculté de linguistique de Séoul, vous explique tout par l'exemple.

Sur cette affiche, on a, en haut en rouge et sur la première ligne à droite en jaune, du coréen. Le reste est du chinois.




1965



Et ci-dessous, une affiche composée uniquement en caractères coréens, sauf les deux petites lignes tout en haut à droite :




1978


On voit par là que graphiquement, le coréen est beaucoup plus simple que le chinois. Mais si l'on en croit la Ouiquipédia, l'alphabet coréen, c'est quand même pas de la tarte…


안녕히 계십시오 !
[an-nyõ'ng-hi-gué-chib-chio !]

18:55 Lien permanent

Commentaires

C'est drôle ces affiches récentes, ça ne m'évoque pas du tout des affiches de films pour la très grande majorité. Comme quoi on a vraiment l'œil habitué à certaines pré-interprétations.

Ecrit par : mirza | 24 octobre 2007

[kam-ssa-ham-nida]

ak

Ecrit par : rozo | 24 octobre 2007

ROZO : de rien !

Ecrit par : KA | 24 octobre 2007

Bon, je ne sais plus si j'ai le droit de m'extasier (ou alors, vite fait, entre deux portes : Ouhaou !!!)
Ces affiches sont superbes de dépouillement (avec une préférence pour celles de 2000, 2002 et la bleue de 2007)
Merci

Ecrit par : Basquounette | 24 octobre 2007

Une grande sensualité silencieuse dans ces affiches.

Ecrit par : la bacchante | 24 octobre 2007

Quelles sont belles !

Ecrit par : Valérie de Haute Savoie | 24 octobre 2007

À l'heure de l'angoisse de l'espace vide,
c'est affiches coréennes nous montrent à quel point il est important de laisser respirer les éléments centraux d'une affiche pour qu'ils prennent toute leur force. Ces compositions équilibrées et épurées _bien qu'un peu systématique tout de même_ sont magnifiques.

Ecrit par : bango | 24 octobre 2007

Coïncidence: on me parlait de Chu Ta il y a deux jours. :-)

Elle est très belle, cette écriture "hangeul".

Ecrit par : Micheline dans le calme du soir | 24 octobre 2007

Ce cas de Corée me turlupine...

Ecrit par : PhWatrelot | 24 octobre 2007

Belles affiches, beau sujet, belle chronique...

Ecrit par : isophe | 24 octobre 2007

Attention, ne vous laissez pas enduire avec de l'erreur : l'affiche datée de 1978 représentant une jeune personne endrapée sur une rose n'est pas écrite uniquement en hangeul : les deux lignes en haut à droite sont en caractères chinois. La première ligne est le nom du réalisateur, je pense, un monsieur ou madame Kim quelque chose, et la deuxième, c'est un autre monsieur ou madame Kim qui doit être le/la producteur/trice (à moins que ce soit le scénariste ? je maîtrise mal le coréen. Oui : je ne voudrais pas contredire mon estimé confrère de l'université de Séoul, mais si c'est écrit en caractères chinois, ça reste tout de même du coréen, pas du chinois, et les mots peuvent avoir des sens sensiblement différents, même écrits pareils, vous voyez ce que je veux dire ? Non ? Bon, c'est pas grave.).

Les deux affiches datée 2005 avec un acteur à lunettes présentent la star Bae Yong Joon (BYJ pour les intimes, ou Yon-sama au Japon), une sorte de jeune premier trop craquant façon, euh... allez, disons Gérard Philipe du 21e siècle. Il fait des ravages dans les coeurs de dames plus ou moins proches de l'enfance à une échelle que vous avez pas idée.

Ecrit par : malpa | 24 octobre 2007

"systématique" écrit Bango, et à raison : les affiches coréennes, à l'image des films qu'elles représentent, sont jolies mais on tendance à être toutes jolies de la même manière.

Reste que je connais un certains nombre de films que j'ai vu uniquement parce que l'affiche était belle (dans ta liste je pense notamment à 'Mil-ae', la troisième des affiches "modernes" avec la femme qui s'appuie contre le mur). Ma préférée dans ce style très épuré reste 'La Belle' ('Mi-in'), je les trouve vraiment classes. En prévision de ce commentaire j'ai hebergé quelques images, mais je crains que le système ne soit pas html-friendly, je vous fais donc confiance pour copier coller ça dans votre navigateur :
http://img106.imageshack.us/img106/6768/miin1up0.jpg
http://img231.imageshack.us/img231/4121/miin2if3.jpg
http://img156.imageshack.us/img156/8681/miin3xr6.jpg
http://img156.imageshack.us/img156/7893/miin4ok1.jpg

Sinon, vous avez bien fait de souligner deux choses :
- les caligraphies des titres est souvent lachée et au pinceau. Ce qui n'est pas sans rendre la lecture délicate, en particulier du " ㄹ " (rieul, qui correspond au " l " ou au " r ") qui à tendance à partir en zigouigoui. Exemple flagrant avec l'affiche de 'Secret Sunshine' : vous arrivez à lire " 밀양 " vous ?
- cette épure n'est pas réservée au films intimistes, mais les gros blockbusters y ont droit aussi. A nuancer quand même, il y a plusieurs affiches (c'est aussi valable, dans une moindre mesure, pour les films d'auteurs) : les affiches de teasing adoptent souvent l'esthétique mise en évidence ici (et qui est souvent reprise pour les éditions collector des DVD) alors que les affiches dévoilées lors de la sortie en salle sont bien plus "traditionnelles".

Mais une chose que vous avez oublié : il y a quand même un paquet d'horreurs !
(un petit tour sur cine21 pour vous convaincre)

Ecrit par : Epikt | 24 octobre 2007

Pour qui aimerait comparer l'affiche en V.O. et l'affiche en V.F. d'un film coréen :
http://www.cinemovies.fr/fiche_affiches.php?IDfilm=4498
cliquer sur les affiches pour les agrandir.
Il s'agit de OLD BOY de PARK Chan-Wook qui a obtenu le Grand Prix du Festival de Cannes 2004.
Pour en savoir plus sur le film, voir la page qui lui est consacrée sur le site du Festival :
http://www.festival-cannes.org/index.php/fr/archives/film/4182985

Ecrit par : Kinkapricorne | 24 octobre 2007

MALPA : Je vois ce que tu veux dire, oui, et je n'avais pas repéré les deux p'tites lignes en caractères chinois. Faut que je me rachète des zieux.

EPIKT : C'est vrai que ces films ont souvent trois ou quatre affiches de teasing (d'ailleurs, j'en ai mis deux pour la même bobine, datée de 2005). Mais toutes celles que j'ai vues dans ce style avaient le même louque. Cela dit, j'ai fait un choix, hein. J'ai vu aussi pas mal d'affiches assez moches, et je voulais juste mettre en avant une tendance à laquelle ne se résument pas toutes les affiches coréennes.

BANGO : c'est vrai que tout ça est un peu froid et systématique : on les dirait toutes sorties du même studio, ces affiches. Mais là, je pense que c'est l'accumulation qui joue un peu en leur défaveur. Quand j'empile dans un billet "recette rapide pour réaliser…" plusieurs affiches faites dans le même moule, on a aussi une petite sensation d'écoeurement :-)

A part ça, j'aime bien la première affiche de 2005 qui me rappelle un petit peu celle de "la Femme gauchère" de Peter Handke, d'après le livre du même.

Ecrit par : KA | 24 octobre 2007

En fait tu fais ça exprès pour rendre jaloux tout le monde. Tu travailles aux Halles pour vendre des posters? je suis contente d'avoir appris que les affiches de films coréens étaient aussi belles que ça. Elles ne sont pas froides, mais dépouillées.
Tu connais Michalkov? Je suis sûre que tu dirais des choses bouleversantes de pertinence devant ces images. Je pense en particulier à Oblomov, il y a plein de scènes avec des images très belles; dans le sauna par exemple. Dans Soleil trompeur aussi, il y a des scènes hyper esthétiques. Si tu as le temps un jour, j'adorerais lire ce que tu en dirais. Je dis juste ça comme ça. En tout cas, merci de partager ta culture et ton esprit d'analyse avec nous.

Ecrit par : antagonisme | 24 octobre 2007

Ces affiches (dès 2000) sont magnifiques. Ce qui l'est encore plus, c'est qu'elles aient pu voir le jour. Et trouver leur public. Je m'étonne vraiment qu'un graphisme aussi épuré et sensible puisse être apprécié pour des films «grand public»! Le monde de l'image contemporain réserve de belles surprises.

On dirait effectivement qu'elles sortent toutes du même studio, de la même école, ou qu'un graphiste ait pu avoir une influence sur une génération de confrères... Ne peut-on en savoir plus à ce sujet?

Ecrit par : Béat | 25 octobre 2007

Pour des affiches de grand public, elles sont très sensuelles!
Ca montre bien qu'on peut trouver de la popularité sans tomber dans l'excès des affiches d'aujourd'hui!
Ce qui m'étonne quand même de pouvoir faire une affiche comme celle de 2003 figée où on a l'impression que le temps est arrêté, je me demande est-ce que c'est par tendance de date et d'année ou un effet de mode lancé par les concepteurs eux-mêmes?

(j'ai une petite préference pour les 2002 et 2007)
Merci pour ces découvertes monsieur KA:-)

Ecrit par : S. | 25 octobre 2007

"On a, (...) à droite en jaune, du coréen".

J'voudrais pas faire le fort en gueule (ah ah !), mais la deuxième ligne n'en est pas.

Ecrit par : untel | 25 octobre 2007

Un jour, un ami coréen vivant à Paris m'a dit à peu près (en français):

"C'est drôle, quand je compare les films coréens qui sortent en France et ce que l'on regarde chez nous, ça me semble complètement différent. C'est comme si on produisait des films spécialement pour l'Europe."

Et de fait, il semble qu'un certain nombre de bobines soient les résultats d'une démarche marketing qui cible directement les festivals occidentaux, avides de films "d'auteur". Plutôt que des trucs oniriques glauquifiants style "Old boy", les coréens semblent préférer en général une peinture du Séoul contemporain (très portée sur l'effet de réel), à travers des films annonçant clairement leur couleur, comédies ou drames. On trouve aussi d'excellents films historiques (sans ninjas qui volent à travers les bambous). Il serait par ailleurs malhonnête de nier l'existence d'une production cinématographique et télévisuelle d'une ahurissante nullité et d'un sentimentalisme parfaitement creux, destinée à abrutir les femmes au foyer.

Amateur de cinéma coréen (j'ai beaucoup aimé "peppermint candy" et "jiburo", en particulier), j'ai par contre été souvent irrité par certains nanars esthétisants portés au pinacle par la critique en France. À mon avis, la Corée produit autant de bon films que ses voisins, ni plus ni moins.

Ecrit par : Gilles F. | 25 octobre 2007

ANTAGONISME : Je dois avouer que je ne connais pas le cinoche de Nikita Mikhalkov, faudrait que je loue un ou deux dévédés.

BEAT : J'aimerais bien en savoir plus, moi aussi, sur les concepteurs des affiches coréennes. Mais je n'ai rien trouvé. De toute façon, il est déjà impossible (quand on ne bosse pas dans ce milieu) de savoir comment et par qui sont conçues les affiches françaises. Tout ça est très opaque. On nous cache des choses ! Halte à la manipulation :-)

S. : Je pense vraiment qu'il y a une forte influence de la peinture traditionnelle chinoise où tout fonctionne sur la dualité (vide-plein, noir-blanc, terre-ciel, etc.). Je n'ai mis que deux liens à ce propos dans mon billet, mais c'est un sujet que j'ai assez souvent traité.

EPIKT : Je reviens sur la calligraphie. Tu fais remarquer qu'elle est parfois illisible, tant les caractères sont déformés par le pinceau. Ça aussi, ça fait partie de la tradition. Il est courant que des calligraphes reproduisent/interprètent une ancienne calligraphie aux caractères si déformés que plus personne n'est capable de leur donner un sens. Fabienne Verdier, une très grande calligraphe française (voir son nom dans le moteur de recherche intime), avait fait cette remarque à son maître qui lui avait répondu que ça n'avait absolument aucune importance.
En calligraphie, ce qui compte c'est le geste, cet instant de communion avec le monde dont le signe tracé ne sera que le souvenir (j'avais fait un billet là-dessus aussi, mais j'me souviens plus de son titre…) Et voilà qu'on retrouve cet esprit dans certaines affiches coréennes. Ça peut sembler anti-commercial d'entraver ainsi la communication autour d'un produit, mais l'est-ce autant que ça ?

UNTEL & MALPA : J'ai modifié dans mon billet mes deux approximations graphico-linguistiques dues à un accident de lunettes.

Ecrit par : KA | 25 octobre 2007

Et puis tiens, pourquoi ne pas se faire plaisir ? J'ai ajouté au bas du billet mon nom, que je fis graver en coréen sur un sceau de bois au marché de Namdaemun à Séoul.

Ecrit par : KA | 25 octobre 2007

Mais si, l'alphabet coréen c'est de la tarte. Pour avoir testé japonais et coréen, je peux le dire : l'alphabet coréen, c'est deux heures de boulot, alors que le japonais c'est toute une vie. Je suis un grand fan du hangeul. Et les Coréens aussi : le musée national de Séoul y consacre l'une de ses plus belles salles et Sejong, question popularité, c'est quelque chose comme Charlemagne + Henri IV + le bon roi Dagobert...

Et malgré cette simplicité, l'organisation des caractères, en imitant la disposition des caractères chinois, permet des variations calligraphiques très intéressantes.

Tiens, pour prendre l'un des calligraphes contemporains des plus connus : Ahn Sang-soo, véritable star, qui avait une expo à Paris il y a quelque temps :
http://www.coreeenfrance.com/index.php?part=2&rub=8&art=201

Ou son blog perso, avec peu de calligraphie mais plutôt space : http://www.ssahn.com/

Ecrit par : thbz | 25 octobre 2007

Ah bein tiens, allez visiter le blogue de THBZ, qui revient justement de trois semaines passées en Corée. C'est chouette et intéressant.

Ecrit par : KA | 25 octobre 2007

"En calligraphie, ce qui compte c'est le geste, cet instant de communion avec le monde dont le signe tracé ne sera que le souvenir (j'avais fait un billet là-dessus aussi, mais j'me souviens plus de son titre…)"
Ptêtre celui-ci ?
http://laboiteaimages.hautetfort.com/archive/2007/09/11/le-zen-et-la-photographie.html

J'essaie de suivre :-)

Le cadeau du prochain concours c'est son nom gravé en coréen (ou en japonais ou en chinois) sur un sceau de bois, alors ?

Ecrit par : Micheline par un beau matin calme | 25 octobre 2007

MICHELINE : Ouais ouais c'est ce billet qui se profilait vaguement dans mon esprit traversé par les brumes matinales :-)

Ecrit par : KA | 25 octobre 2007

Eh, M. KA me fait de la pub ! Mais ça fait des mois que je veux faire un sujet sur le hangeul et que j'ai la flemme...

Ecrit par : thbz | 25 octobre 2007

Influence de la peinture traditionnelle? très intéressant, j'irai lire les autres billets du blog le concernant. Merci monsieur KA:-)

thbz, décide-toi à écrire ce billet, n'y connaissant rien du tout dans ce domaine, j'irai bien te taquiner sur le sujet:-)

Ecrit par : S. | 25 octobre 2007

Seigneur, un genou féminin à nu sur l'abouate. Nous vivons une époque décadente.

Ecrit par : M | 25 octobre 2007

M : ah, ce genou ! "Pôle magnétique du désir" comme aurait dit Eric Rohmer :-)

Ecrit par : Micheline | 25 octobre 2007

en tout cas ce qui est très drôle pour les ignares, c'est de lire ces affiches et de même pas savoir comment ça peut donc bien se prononcer : ce qui permet d'imaginer, de se faire son film comme on dit...

Ecrit par : Agaagla | 25 octobre 2007

AGAAGLA : T'as même pas fait coréen en deuxième langue ? Pfffuittt !

Ecrit par : KA | 26 octobre 2007

Je parlais, dans l'un des comm, d'une des affiches qui me rappelait "la Femme gauchère" de Peter Handke.
Voici la couverture du livre, qui servit également d'affiche :
http://www.gundelach.de/filmbild/lhplak.jpg

Ecrit par : KA | 26 octobre 2007

Elégance du dépouillement, calligraphie magnifique, ces affiches sont sublimes.

Encore une fois je suis éblouie, comme chaque fois que je viens ici. Mais quel régal un blog beau et intelligent ! Je suis ravie de me l'être mis dans mes favoris !

Ecrit par : nathalie | 26 octobre 2007

KA > (toujours au sujet de la caligraphie)
Je suis bien de ton avis.
En fait je me plaçais surtout de mon point de vue de français : si j'ai effectivement appris l'hangul en 2 heures, je peine toujours à bien reconnaitre les lettres quand leur forme diffère de celle à laquelle je suis habitué. Quand on est à l'aise avec un alphabet et une langue, on peut compléter de manière quasi intuitive les défauts ou les sophistications de l'écriture (c'est quelqu'un avec une écriture lamentable qui te dit ça ^^), alors qu'un étranger aura beaucoup plus de mal.


PS : je me permets modestement de "plusser" le commentaire de Gilles. Au sujet de la non-représentativité de la production importée, mais surtout sur les louanges disproportionnées dont bénéficient d'immondes purges (ou simplement des films très moyens).

Ecrit par : Epikt | 26 octobre 2007

Mon truc pour reconnaitre le coréen, c'est les petites boules partout presente dans l'ecriture, un moyen . Sinon j'ai vu secret sunshine dont on voit l'affiche, interessant pour s'imaginer un patelin coréen, et une actrice puissante, de acteurs fabuleux. L'histoire est tragique , douloureuse mais avec vraiment une interprétation épatante.
Song Kang-Ho a encore un rôle original et où il relativise un peu le côté dramatique du film.

Ecrit par : olivier | 26 octobre 2007

Il faut comprendre le côté industriel du cinéma coréen et son rôle de l'industrie dans la conception des affiches du cinéma, pas simplement son côté esthétique.

- en 2006, le budget moyen des films coréens qui dépensent plus d'un million d'euros en production était de 5 millions d'euros a peu près. Parmi ces 5 millions, le cout de P&A(Print & Advertisement) n'est pas loin de 1, 5 millions d'euros en moyenne. Ce montant investi pour attirer le public y compris plusieurs versions d'affiches de teasing, de la sortie, de bande annonces , avant-première en masse, est énorme, ce qu'on critique souvent. Quand même cela garantie certain niveau plastique,mais sans aucunne profondeur.

-Comme on a remarqué, quelques uns dessus sont des affiches de teasing qui servent à impressionner le public par la force des images épurées et nécessitent des affiches suivants plus conventionnels avec un phrase plus explicite. Ce genre d'affiche de teasing qui est devenu obligatoire à cause du marketing est-il courant en France? Peut-être non. Le rôle de l'affiche dans l'industrie du cinéma coréen n'est pas la même qu'ici.

Et des coréens sont-ils grands fans de la beauté , style dépouillé? Je laisse un lien d'un site du revue coréen qui sélectionne chaque année "poster of the year" in cinema, voire des affiches sélectionnés en 2006 selon leur critère esthétique, d'efficacité,de créativité . Il y a aussi des informations sur les graphistes, les photographes de ces affiches. (dommage, ils sont en coréen)
http://www.film2.co.kr/feature/feature_final.asp?mkey=4128

-Nous distinguons l'esthétique de la peinture chinoise et celle de la Corée, même si elle est bien influencée au long de l'histoire. Et l'introduction du vide, du néant dans la pensée ou dans l'art contemporain n'est pas un phénomène spécifique à la création asiatique. exemple extrême : Malevitch.

Ecrit par : kiwi | 30 octobre 2007

j'ai un pote photographe, et français, qui s'est marié avec une Coréenne en Corée avant de revenir vers la France avec son épouse. Avant cela, lui en France, elle en Corée (du sud) il s'est initié au coréen et au clavier coréen puisque pendant de longs mois, parsemés de désirs et de doutes, ils ont communiqués essentiellement par internet. C'est lui qui m'a appris que cette langue à une histoire sans histoire.
L'image l'intéresse, je lui signale cet article dès à présent

Ecrit par : Agnès | 01 novembre 2007

suite,

la Corée a été longtemps sous domination japonaise et la langue officielle était le japonais. A la fin de la guerre entre le Japon et la Corée, la Corée a "inventé" une langue propre pour marquer son indépendance vis-à-vis du Japon. Ensuite, elle s'est alliée aux Etats-Unis...
Ceci explique sans doute en partie, d'une part les changements de graphie des textes, mais évidemment l'évolution des visuels dans le cinéma et certainement dans la publicité.

Ecrit par : Agnès | 01 novembre 2007

Bonsoir,

premier commentaire que je laisse sur le site. M. KA, j'apprécie de plus en plus vos billets et votre ... comment dire... vocation ? à partager vos connaissances.

J'aime beaucoup - pour ne pas dire j'adore - cette manière que vous avez de me faire "sortir de moi" pour être entièrement dans le(s) monde(s) dont vous parlez...

Et surtout, c'est avec un plaisir immense que je lis enfin des commentaires agréables, avec de vrais échanges emplis de générosité et de gentillesse. Je voudrais donc aussi remercier les excellent(e)s commentateurs :)

Merci pour ces moments colorés de douceur agréable dans un monde lisse de brutes.

Ecrit par : Guillaume | 01 novembre 2007

Agnès, je ne sais pas exactement quelle "langue" la Corée aurait inventé après l'occupation japonaise. Car la langue coréenne existe depuis déjà quelques millénaires et le pays a simplement repris en 1945 la langue qu'il utilisait avant 1910...

Ah si, la Corée a intégré pas mal de mots américains dans un mélange détonnant qu'on appelle le "konglish".

Si l'influence du japonais (ou du chinois) peut se voir dans ces affiches, c'est par exemple dans la disposition verticale des caractères, en particulier dans les années 1950.

Ecrit par : thbz | 01 novembre 2007