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15 novembre 2007
RECETTE POUR FABRIQUER UNE AFFICHE DE FILM AVEC DEUX COULEURS ET DEMIE - réédition
Avec la sortie d'American Gangster de Ridley Scott…

… il m'a semblé qu'une réédition de ce billet s'imposait.
•••

L'affiche de Scoop, le dernier Woody Allen, évoque les figures des jeux de cartes, roi, dame et valet. Et le slogan insiste en indiquant : Après Match Point, une nouvelle partie commence…
Il est une autre recette graphique utilisée pour la version française de cette affiche, c'est l'opposition noir-blanc. Ce truc avait déjà fait ses preuves avec le Scarface de Brian de Palma (1983) avec Al Pacino :

Affiche du film

Couverture du DVD
(exit Michelle Pfeiffer !)
Ce principe fut ensuite utilisé en 1988 par Yves Saint-Laurent pour son parfum Jazz :

Et peut-être faut-il en voir également l'écho dans la pochette du Love on the Beat de Serge Gainsbourg, sorti en 1986 :

Dans Scoop, Scarface et Gainsbourg Love on the Beat, le rouge a été ajouté au duo noir-blanc. La recette fait ses preuves depuis les années 1920, voir par ici tout ce que j'ai pu écrire à propos du trio noir-rouge-blanc. Seul le Jazz de YSL fonctionne sans le rouge.
Quant à l'affiche amerlocaine de Scoop, on remarquera deux points :
1. elle utilise moins l'opposition noir-blanc pour, d'une part, favoriser le trio noir-rouge-blanc, et d'autre part faire mumuse avec le lettrage du titre ;
2. les cartes ne sont plus celles d'un jeu ordinaire mais des cartes hésitant (à ce qu'on peut en voir) entre les tarots et les jeux genre Magic.

L'affiche française nous annonce que l'action se passe à Londres, l'amerlocaine nous prévient qu'il va y avoir un meurtre et que tout ça n'est pas sérieux (cf. les yeux du lettrage).
Si les affiches de film utilisant le trio noir-rouge-blanc ou le duo noir-blanc sont légion, peu d'entre elles fonctionnent sur la séparation verticale noir-blanc, peut-être à cause de l'immense notoriété de celle du Scarface de Brian de Palma.
Certains graphistes s'y sont risqués quand même, et voici trois exemples basés sur ce principe avec, toujours, la petite note rouge :



Et pour finir, une célèbre affiche qui pourrait être la grande soeur de l'affiche amerlocaine de Scoop si elle nous vendait des acteurs au lieu de nous fourguer le nom du réalisateur triomphant :


10:05 Lien permanent
Commentaires
Une autre affiche du film
http://www.cinebel.be/fr/film/13155-American-Gangster.htm
Ecrit par : Micheline | 15 novembre 2007
et l'américaine
http://www.allocine.fr/film/galerievignette_gen_cfilm=88156&cmediafichier=18772396.html
Ecrit par : Micheline | 15 novembre 2007
MICHELINE : On voit par là que les distributeurs français ont préféré jouer la ressemblance avec l'affiche originale de Scarface (opposition noir et blanc de deux personnages + filet de couleur).
Ecrit par : KA | 15 novembre 2007
Scoop, le dernier Woody Allen ? Ah, pardon, c'est une réédition...
Ecrit par : thbz | 15 novembre 2007
Je suis toujours étonnée de voir qu'il y a plusieurs versions d'une affiche de cinéma. (Je préfère la française :-)
Ecrit par : Micheline | 15 novembre 2007
Et celle-ci :
http://insomniacmagazine.com/wp-content/uploads/american-gangster.png
Ecrit par : untel | 15 novembre 2007
Hors sujet / aparté typo :
Grand jeu-concours : essayer de lire, dans les reproductions ci-dessus, le nom des producteurs, acteurs secondaires, etc. qui apparaissent généralement en typo ultra-condensées sur une grande partie de ces visus. Et oui, on ne peut jamais les lire, à moins d'être très près de l'affiche et/ou de s'y intéresser particlulièrement (autant dire que cela ne concerne que 1 ou 2 % des gens qui regardent ces affiches). Et pourtant, cette contrainte contractuelle, très peu utile pour le succès d'un film, oblige les graphistes à flinguer la mise en page des affiches de cinéma en gardant une part importante du visu pour y insérer ce bloc-texte.
Dans ce sens, l'affiche du film American Gangster ou la jaquette gainsbourienne de Love & the Beat offrent à mon avis beaucoup plus d'impact et de sens en libérant la composition et le choix des illustrations de ces mentions anecdotiques pour la plupart des spectateurs potentiels.
Voila, c'est un peu hors sujet, mais l'occasion était trop belle de militer un peu sur ce sujet ;-)
Ecrit par : ouinon | 15 novembre 2007
Môssieur OUINON : J'ai le regret de vous informer que votre commentaire n'est pas du tout hors-sujet.
Et que même je l'apprécie grandement (à ce propos, d'ailleurs, je dirai que je suis toujours en recherche, dans ces pavés de texte illisibles, de la mention du ou des scénaristes qui apparaît toujours en queue de peloton, comme si finalement, un film pouvait se faire sans histoire. Mais là, c'est moi qui suis hors-sujet.)
Cela dit, j'ai pompé l'affiche d'American Gangster sur Allociné et il faudrait vérifier si, sur les panneaux de pub urbains ou dans l'Officiel des Spectacles, ce pavé indigeste est toujours manquant à l'appel.
Ecrit par : KA | 15 novembre 2007
Belle sélection ... pertinente comparaison ! (ma preference, en dehors de l'incontournable Scarface, est l'affiche de Talons aiguilles, j'adore la demesure des affiches des films d'Almodovar)
Ecrit par : Carline | 15 novembre 2007
KA et Ouinon : J'ai trouvé l'affiche avec ses pattes de mouche en bas. Cliquez sur l'affiche pour la voir en grand.
http://afisha.org.ua/film.php?action=poster&id=4072
Ecrit par : untel | 15 novembre 2007
Ah ben voila ! et même en affichage plus important, ça reste impossible à lire.
Ecrit par : ouinon | 15 novembre 2007
ici les renseignements
http://www.cinoche.com/films/3135
Ecrit par : Micheline | 15 novembre 2007
ou sur le site officiel
http://www.americangangster.net/?__source=USMN.auto
Ecrit par : Micheline | 15 novembre 2007
Et celle-ci ?
http://cinemasansfrontieres.free.fr/spip/IMG/jpg/les_sentiers_de_la_gloire.jpg
Ecrit par : Micheline | 15 novembre 2007
Le rôle d'une affiche n'est-elle pas avant tout capter l'attention et faire passer un message via l'image avant tout et pas forcément lire les textes qui vont avec, ou je me trompe?
Merci pour cette belle selection...
Ecrit par : S. | 15 novembre 2007
Il y a aussi "Johnny got his gun", LE film de Dalton Trumbo :
http://img201.imageshack.us/img201/3691/afficheiw7.jpg
Que l'on trouve aussi dans l'autre sens :
http://tbn0.google.com/images?q=tbn:hhUDmMBARa8BYM:http://userdisk.webry.biglobe.ne.jp/004/952/44/1/0282.jpg
Ecrit par : ian | 15 novembre 2007
Très étonnant en effet ces deux affiches pour le film de Woody Allen ! (moi aussi je préfère l'affiche française)Je suppose qu'à public différent, affiche adaptée mais quel est le sens caché de l'affaire ? Suis peut-être hors sujet
Ecrit par : BabdeBab | 15 novembre 2007
Il y a aussi celle-ci:
http://topact.centerblog.net/1130246-On-chiale-contre-les-films-d-amour
celle-là:
http://www.krinein.com/cinema/dahlia-noir-5330.html
et enfin, une petite dernière pour la route :
http://culturofil.net/2006/11/08/laffiche-francaise-de-v-pour-vendetta/
Ecrit par : Saint Luc | 15 novembre 2007
SAINT LUC : J'avais fait un billet à propos de "The Good German", et un aussi à propos de "V pour Vendetta" (voir dans le moteur de recherche).
Mais là, on n'est plus dans le sujet noir-blanc/opposition de personnages.
On est plutôt dans la trilogie noir-blanc-rouge et j'ai fait des tas de billets là-dessus.
Voir aussi, dans un genre approchant, le billet sur l'affiche de "la Chute".
Ecrit par : KA | 15 novembre 2007
sans oublier celui-là, quand même un peu connu, non ? ;-)
http://www.krinein.com/cinema/parrain-oc3920.html
et celui-là, même si on s'éloigne du noir et blanc, on est dans le même esprit il me semble :
http://fredhorizons.blogs.allocine.fr/index.blog?blog=fredhorizons&tool=&page=4&f=1&themeID=9236
Ecrit par : Saint Luc | 15 novembre 2007
OUPS
Ecrit par : Saint Luc | 15 novembre 2007
Perso, j'aime bien ca, le coup du bloc illisible en bas de l'affiche.
Ca donne un certain effet de style.
Certes, c'est sans doute d'une frustration sans borne pour le graphiste, mais en meme temps, c'est un peu la signature du produit. Un peu comme le label 'produit bio': ca sert pas a grand chose, mais au moins on sait ce que c'est. On n'ira pas confondre avec l'affiche de pub pour le nouveau Cif framboise...
Comme on le voit sur l'affiche d'American Gangster "avec", finalement, ca reussit a peu pres a rester dans son coin, sans desequilibrer le reste de la maquette.
Et puis, on a tous deja vu des parodies, avec justement ecrites des petites choses marrantes a la place des noms, etc.
Quant a savoir si on impose d'y mettre tel ou tel participant, j'imagine que le debat est sans fin.
Gardons espoir, pendant longtemps, on n'avait que le nombre de calories derriere nos Snickers; maintenant on a aussi le % de sucre, de graisses saturees, de graisses saturees venant du sucre... Sans oublier les traces de cacahuete.
Il suffira peut-etre simplement d'etre patient pour y voir systematiquement le realisateur.
Ecrit par : Gyom | 16 novembre 2007
S. : « Le rôle d'une affiche n'est-elle pas avant tout capter l'attention et faire passer un message via l'image avant tout et pas forcément lire les textes qui vont avec, ou je me trompe? »
En effet, et c'est bien la raison pour laquelle Ouinon s'énerve : ce bloc de texte, qui est là pour des raisons légales et que personne ne lit, détruit la construction de l'image.
BABDEBAB : Les gros films amerlocains ont quasiment toujours plusieurs affiches. D'abord, deux ou trois affiches "teaser" qui paraissent plusieurs mois avant la sortie du film. (Les affiches "teaser" sont parfois appelées, dans nos régions, "affiches préventives". Comme si elles constituaient une menace ;-)
Puis, au moment de la sortie, l'affiche finale différente de celles du "teasing". Et très souvent, il y a une affiche finale réservée aux Zuhessa et une, deux ou trois autres pour l'Europe, pour le reste du monde.
Les affiches belges, par exemple, sont très souvent différentes des affiches françaises, plus proches de l'affiche étazunienne. Et pendant longtemps, d'ailleurs, les films amerlocains sortaient en Belgique parfois six mois avant de sortir en France.
A l'inverse, il y a une stratégie qui consiste à sortir partout dans le monde le même jour, avec une affiche unique.
Tout est possible, donc, et tout cela est gouverné par la subjectivité.
Maintenant, si un distributeur de bobines pouvait passer par là et nous détailler les différentes stratégies, il serait le bienvenu…
Ecrit par : KA | 16 novembre 2007
Un peu plus dans la définition, et dans quasi toutes les affiches, face à face de deux personnages, composition en noir/blanc/rouge, on a ça (même si la qualité du film est plus que discutable...) avec parfois un mélange interessant plutot que la simple opposition manichéenne:
http://www.horreur.net/film-2269.html
ou bien:
http://www.cinemotions.com/modules/Films/fiche/7041/Volte-face/affiches/1.html
ou alors:
http://blog.ledebugger.com/index.php/post/2006/08/16/48-de-l-art-de-titrer
même si l'affiche amerlocaine (comme dirait notre bon Ka;-) ne marche pas, elle :
http://www.cinemovies.fr/fiche_affiches.php?IDfilm=3812
comme quoi on est bien plus subtils que les mangeurs de hamburgers : on a inventé le jambon-beurre !
Ecrit par : Saint Luc | 16 novembre 2007
Et donc, après Matines,
peut être ai-je abusé du vin de messe, mais il me semble qu'il y a une équation bizarre : un bon film peut avoir une mauvaise affiche, alors qu'un mauvais film a toujours (?) une mauvaise affiche...
j'ai beau chercher je ne vois pas vraiment de contre-exemple à cette règle, et il ne me semble pas que ce soit qu'une question de budget (beaucoup de grosses productions, avec donc des devises en pagaille, sont de mauvais films), non ?
Ecrit par : Saint Luc | 16 novembre 2007
Question : Stendhal et Jeanne Mas touchent ils des droits sur ces affiches ? Et Michel Blanc ?
Ecrit par : paul | 16 novembre 2007
PAUL : Et Michel Noir ? (Homme politique oublié, à propos duquel il devient urgent que l'Hippopotable mène une enquête approfondie afin de rerouver sa trace. Ne serait-ce que pour lui verser sa part de droits d'auteur.)
Ecrit par : KA | 16 novembre 2007
On peut aussi parler du noir et blanc, de "Yin et yang" opposition et complémentarité.
http://fr.wikipedia.org/wiki/Image:Yin_yang.svg
Mais à qui verser les droits d'auteur ? ;-)
Ecrit par : Micheline | 16 novembre 2007
MICHELINE : J'ai déposé le logo et la marque. Par ici la monnaie, à moi l'argent zen.
Ecrit par : KA | 16 novembre 2007
Ka : je ne te savais pas si "vieux" ;-))
Ecrit par : Micheline | 16 novembre 2007
il est quand même intéressant de noter que nombre d'affiche utilisant le mélange noir/blanc/rouge expriment un peu à chaque fois le même type d'univers.
scarface/le parrain/ reservoir dogs...pesonnellement, je pense également aux affiches de SinCity ou, le Dalhia Noire...encore et toujours le même type d'univers assez sombre....parlent toujours de gangster ou de crime plus ou moins glauque
Bref, ce type de couleurs évoque un certain type d'atmosphère apparemment....
http://a69.g.akamai.net/n/69/10688/v1/img5.allocine.fr/acmedia/medias/nmedia/18/36/09/81/18669699.jpg
Pour Sin City, ce qui est intéressant, c'est qu'ici tout le film est uniquement en noir blanc et....rouge...^^
le dalhia noire
http://a69.g.akamai.net/n/69/10688/v1/img5.allocine.fr/acmedia/medias/nmedia/18/36/09/81/18669699.jpg
Ecrit par : Léo | 16 novembre 2007
LEO : Sin City (le film) est l'adaptation fidèle de Sin City (la bédé de Frank Miller, dessinée en noir et blanc). Certains plans sont même rigoureusement identiques.
Ecrit par : KA | 16 novembre 2007
Ka: oui, je savais que c'était tiré d'une bd en noir et Blanc ^^
Il y a aussi, il me semble, un film d'animation français, sorti il y a pas si longtemps qui reprends dans l'affiche et dans le film le principe du noir et blanc, mais le titre m'échappe, désolé ^^'
Ecrit par : Léo | 16 novembre 2007
LEO : Il s'agit de "Renaissance".
Ecrit par : KA | 16 novembre 2007
Léo : pour le Dahlia noir, je l'avais trouvé le premier, voir mon commentaire un peu plus haut...
Bisque bisque rageueueue !
;-)
Ecrit par : Saint Luc | 16 novembre 2007
Saint Luc : pour le Dalhia noir, je l'avais trouvé la première ;-)
http://laboiteaimages.hautetfort.com/archive/2006/11/02/recette-pour-fabriquer-une-affiche-de-film-avec-deux-couleur.html
6ème com' !!!
Ecrit par : Micheline | 16 novembre 2007
erf, désolé, je vous confesse ne pas avoir lu tout les commentaires ^_^'
Ecrit par : Léo | 16 novembre 2007
LEO : Dans Sin City, il y a aussi du jaune ;).
Un jaune sale, mais jaune quand même.
Ecrit par : ian | 16 novembre 2007
Je n'ai pas encore lu bien en détail la note, mais une petite précision : c'est Ridley ScoTT et non ScOOT, me semble-t'il...
Ecrit par : Denis | 16 novembre 2007
DENIS : Haurible fôte de phrape kôrijée.
Ecrit par : KA | 16 novembre 2007
arghhh,
Micheline est vraiment partout !
Moi qui avait eu l'outrecuidance et la vanité de me croire pour une fois plus rapide...
Je me flagellerai avec des orties fraiches en guise de pénitence ;-[
Ecrit par : Saint Luc | 17 novembre 2007






