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29 novembre 2007
POLY ET SÉMIE SONT DANS UN BATEAU…
Dans mon billet intitulé ALICE, ANNIE, ARTHUR & JOHN, Béat disait en commentaire :
La photo, qu'on le veuille ou non, véhicule des notions de réalisme qui sont absolument incompatibles avec la «construction» d'un imaginaire. Elle gèle tous les processus d'appropriation du récit en imposant une vision rigide. Une vision qu'on ne peut pas modifier.
Dans une certaine mesure, on pourrait dire la même chose des illustrations. Mais comme elles n'ont pas ce statut de réalisme que possède la photo, elles apportent d'autres dimensions, elles ouvrent des portes, elles suscitent des pistes pour l'idéation.
Je ne peux être qu'opposé à ces propos, et m'en vais donc argumenter afin de défendre des idées absolument contraires. Nanmèhô. Sandèc.
La photo, qu'on le veuille ou non, véhicule des notions de réalisme qui sont absolument incompatibles avec la «construction» d'un imaginaire.
Comment se fait-il, dans ces conditions, que je récolte à chaque fois des histoires différentes quand je propose, dans mes ateliers d'écriture, des images telles que celles-ci ?


Photographies d'Annie Leibovitz


Photographies de Diane Arbus


Photographies de Seydou Keita
Cliquez sur l'image pour la voir en plus grand


Photographies de Robert Doisneau
On s'imagine bien, en contemplant les clichés ci-dessus, que l'affirmation selon laquelle
[ La photo] gèle tous les processus d'appropriation du récit en imposant une vision rigide. Une vision qu'on ne peut pas modifier
ne résiste pas une seconde face aux pouvoirs évocateurs d'Annie Leibovitz, Diane Arbus, Seydou Keita ou Robert Doisneau. Et cela ne tient pas seulement à leur immense talent, puisque des photos sans prétention artistique peuvent également s'offrir à l'appro-
priation par le biais de l'écriture :
Cliquez sur l'image pour avoir accès aux textes

Cela tient, me semble-t-il, à la nature même de l'image dont la fonction est de nous transporter. Qu'il s'agisse d'une image religieuse (nous promettant un au-delà), d'une image publicitaire (nous proposant le paradis de la consommation), d'une image artistique (nous faisant rêver) ou d'une image dénonciatrice (nous rappelant les dures réalités de ce monde).
Prenons maintenant un autre exemple :

Ce cliché de Margaret Bourke-White est souvent interprété comme la dénonciation de la pauvreté et du chômage frappant les Noirs amerlocains à l'époque de la Grande Dépression, en opposition à l'opulence de l'American Way of Life réservée au WASP (White Anglo Saxon Protestants).
Or il se trouve qu'il ne s'agit pas du tout de cela, puisque cette photographie a été prise à la suite d'inondations (pour des explications plus détaillées, lire mon billet intitulé America Today).
Alors, elle est où, l'interprétation rigide imposée par la photographie ? Nulle part, puisque nous avons droit ici à une version officielle, historique, supplantée par un détournement de sens.
Dans une certaine mesure, on pourrait dire la même chose des illustrations. Mais comme elles n'ont pas ce statut de réalisme que possède la photo, elles apportent d'autres dimensions, elles ouvrent des portes, elles suscitent des pistes pour l'idéation.
Mmm… Et que dire alors des illustrations ou peintures hyperréalistes ?

Helene's Florist par Richard Estes, 1971
Cliquez sur l'image pour la voir en plus grand

Grocery, gouache, 30x40 cm, 1977
hommage à Richard Estes par le tenancier de ces lieux
On voit par là que l'affirmation selon laquelle
elles n'ont pas ce statut de réalisme que possède la photo
n'est pas toujours vraie, loin s'en faut. De la même manière, on pourrait raconter mille histoires à partir de chacune d'elles et encore mille autres histoires à partir de ces deux images associées. Sans parler des peintures hyperréalistes à tendance surréaliste :

Family Portrait par Guy Johnson, 1980

Watching TV par Guy Johnson, 1983
•••
Une image n'est jamais univoque, non. Penser que la photographie gèle tous les processus d'appropriation du récit en imposant une vision rigide est une démarche qui voudrait nous la faire croire toute-puissante. C'est en réalité l'inverse qui se produit, puisque son pouvoir d'évocation est nié, ramené à trois fois rien.
L'image, qu'elle soit photographique ou non, peut générer au moins autant de lectures qu'il y a de spectateurs. Parce que chaque spectateur est différent et apprécie l'image proposée au filtre de son expérience, forcément unique.
Pour finir en beauté, quatre images photographiques non créditées. Elles valent bien un long discours et en feront peut-être rêver certains qui peuvent soumettre ici leurs textes, ou s'amuser à retrouver les auteurs de ces clichés :




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Mots d'images, le blogue de Béat.
18:50 Lien permanent
Commentaires
"L'image, qu'elle soit photographique ou non, peut générer au moins autant de lectures qu'il y a de spectateurs. Parce que chaque spectateur est différent et apprécie l'image proposée au filtre de son expérience, forcément unique."
Unique oui, mais avec deux catégories !
Ecrit par : wolivié | 29 novembre 2007
WOLIVIÉ : J'ai point comprendu ! Tu veux dire "catégorie image peinte-dessinée" et catégorie "photo" ?
Même si la photo a un caractère plus grand de persuasion (on suppose que ce qu'elle montre est réel alors qu'en vérité, ce n'est au mieux qu'une réalité partielle, un choix très orienté), il n'en reste pas moins vrai qu'on la regarde, tout comme une peinture, avec notre expérience.
Ecrit par : KA | 29 novembre 2007
Tu vas (peut-être)tout comprendurer.
Je voulais dire, d'une part, que par delà une opposition photo-peinture (car je suis d'accord avec toi si j'entre dans le débat tel que posé par Béat), il reste toujours l'opposition absolue que tu posais dans
http://laboiteaimages.hautetfort.com/archive/2007/08/07/la-brigade-de-l-art-et-du-cochon.html
Qui fait quoi.
D'autre part, (mais là c'est perso et plus important,) qu'il y a deux approches pour affronter et imager le réel, celle que j'appelle (en m'amusant) masculine et l'autre.
Le première se coltine au drame, la seconde le cerne.
Je préfère ce débat là, qui n'oppose plus les images, mais la manière de les concevoir...
Et là, peintres, illustrateurs et photographes ne sont plus opposables que par leur comportement...
N'étant pas spécialiste de photo, c'est vrai que j'aurais pu intervenir sur une autre de tes pages, mais je venais de poser une question tout azimut...
Pour ce qui est du "filtre de son expérience" qui n'est pas "forcément unique. ", c'est aussi vrai que c'est un autre débat...
Ecrit par : wolivié | 29 novembre 2007
J'ai reconnu Le Querrec, Man Ray et Brassaï.
Ecrit par : untel | 29 novembre 2007
Absolument d'accord avec votre argumentation. Il y a des photographies qui frappent precisement à cause de son pouvoir polysémique, des evocations. Si vous voulez voire un petit essai que j'ai fait à ce sujet...
http://lasemillaciega.blogspot.com/2007/11/metforas.html
Merci, comme toujours, de nous faire voir les images autrement. J'adore lire ce blog ;-)
Ecrit par : Fernando | 29 novembre 2007
WOLIVIÉ : Tu pourrais préciser ton idée à propos de « La première se coltine au drame, la seconde le cerne » ?
Ecrit par : KA | 29 novembre 2007
L'imaginaire se nourrit de toute substance, absorbable ou pas. Avec la photo, il me semble qu'il a un mets de choix.
allez hop, pour les textes, je me lance...
Photo de la nuit humide :
Ciel bas
Tes yeux me parlent de demain
La belle affaire !
Un peu de pluie sur la terre
Ça fait regain
N’empêche…
Ciel toujours bas
Regarde ailleurs
Mon horizon se vide…
Le printemps sera vert
Les oiseaux chanteront
Les ruisseaux en murmures
Baigneront les amants.
Je m’en fous
Ciel bas
Je ne vois que l’averse
Et mon cœur qui se noie.
photo de la larme à l'oeil :
Sur le pavé Dédé
Croque ses estampes à grands coups de lames...
Dédé l’aime bien le soir,
Coupez !
Sur le trottoir, à minuit,
Y a plus rien qui chante
Que les donzel’s du comptoir.
Sur le pavé y a que du noir
Et un peu de rouge
Rapport aux estampes
Sur la peau des Dames
A Dédé le rasoir.
Ecrit par : Basquounette | 29 novembre 2007
Je ne sais pas exactement ce que voulait dire Béat et ne chercherai pas à le savoir, car je n'ai pas l'intention de me faire l'avocat de son opinion. Mais puisque Mister Ka attrappe ce fil pour se poser des questions et nous soumettre des réponses, peut-être ne sera-t-il pas mal reçu d'être un peu polémique ?
En fait, si je suis bien l'argumentation, Mister Ka dit deux choses :
- que la peinturlure (prise au sens large incluant l'illustration, le dessin...) et la photo sont des arts à part entière, en ce sens qu'ils sont tous les deux et l'un aussi bien que l'autre polysémiques (ou générateurs d'imaginaire).
- qu'ils ne sont pourtant aucunement réductibles l'un à l'autre, par une sorte d'évidence, qui fait que la photo, c'est de la photo, et la peinturlure, c'est de la peinturlure. Et puisque ce n'est pas le réalisme du résultat qui fait la différence, ça doit être celle entre appuyer sur un bouton pour obtenir une image (photo), ou manier des ustensiles laissant des traces colorées sur une surface avec ses petites mains (peinturlure).
Bref, la réponse à la question est dans la définition de départ, et le débat est clos dans le moment où on le pose.
Pourtant, moi je mettrais volontiers les deux "photos" d'Annie Leibovitz présentées ci-dessus dans la même catégorie picturale que, disons au hasard, des peinturlures de Delvaux ou du Gréco, pas au sens d'une unicité sémantique, mais peut-être d'attitude face au réalisme, justement, et de justification de l'image comme objet. Alors peut-être qu'il faudrait inventer un mot qui ne soit pas photo, ni peinturlure, pour que je puisse le justifier...
Ecrit par : malpa | 29 novembre 2007
MALPA : Oui, m'est avis que peinturlure et photo sont un peu du pareil au même, à deux petites différences près :
1. La photo a, comme je l'ai dit plus haut, un faux certificat d'authenticité que le dessin-peinture n'a pas, en ce qu'elle est supposée, pour pas mal de gens, rendre compte du réel. C'est une erreur, évidemment, mais pour la faire toucher du doigt un blogue est impuissant. Il faut faire de la photo, se confronter à la pratique pour piger, il me semble, que prendre une photo est un choix parmi une infinité de possibles et que ce choix, entièrement subjectif, peut être guidé par des critères artistiques mais aussi, parfois, par une volonté de tromper, d'induire en erreur. Et que donc, le réel est loin derrière, dans un cas comme dans l'autre. Et que donc (encore une fois) : c'est quoi le réel ?
2. Le dessin-peinture demande un savoir-faire, un métier qui est sans commune mesure avec la pratique de la photo (et là je vais me faire écharper par tous les photographes ;-). Je ne dis pas qu'un photographe n'est qu'un presse-bouton, hein, surtout pas ! Sinon, il n'y aurait que des génies de la photo. Je veux simplement dire que le métier de dessineux-peinturlureur est très dur, très lent, et qu'il faut une éternité de temps avant d'atteindre cette immédiateté que confère la photo. Une immédiateté trompeuse, d'ailleurs. J'en avais causé dans un billet intitulé "le zen et la photographie".
Mais à part ces deux réserves, oui, je dirai que peinture et photo sont un peu du pareil au même.
A part ça, Malpa, dire que les photos d'Annie Leibovitz n'en sont pas vraiment, bah ! Ça peut se discuter à l'infini ;-) Pour moi, ce sont des photos illustratives puisque inspirées par les illustrations de Tenniel pour les deux "Alice".
Il me semble que la différence entre photo et peinture est moindre avec le travail de Sarah Moon, et notamment ce qu'elle a fait à propos des contes de Perrault ou d'Andersen.
J'ai d'ailleurs failli mettre de ses images pour illustrer la dernière partie de ce billet, parce que je préfère de loin Sarah Moon à Annie Leibovitz dont le côté showbiz m'agace. Mais je crois que là, c'est une question de goût perso, et on en revient à ce que je disais vers la fin de mon billet.
Ah ! j'allais oublier : un gars qui fait des images qui ressemblent comme deux gouttes d'eau à des photos mais qui n'en sont pas (il se qualifie lui-même de peintre), c'est Gregory Crewdson. J'avais fait un billet à son propos, aussi.
Ecrit par : KA | 29 novembre 2007
Bon, vlà qu'a mon tour je fais des comm' trois fois plus longs que le billet !
Promis, j'arrête.
Ecrit par : KA | 29 novembre 2007
untel : les larmes de Man Ray et la couv' de Paris de nuit, c'est trop facile pour toi : trouve les autres ! ;-)
Moi, les photos me font rêver: quand j'étais ado, j'ai passé des heures à tenter de deviner la vie des gens photographiés par Disfarmer ou Paul Strand : chaque détail ouvre la porte à l'imaginaire. Les images d'intérieur de Walker Evans, c'est pareil, on imagine la vie des gens simplement en voyant la pièce où ils vivent.
C'est parce que la photo est considérée comme pauvre qu'elle n'est pas beaucoup utilisée pour les livres pour enfants et c'est dommage. Y a un article paru dans Citrouille qui parlait de ça justement (disponible en pdf : http://lsj.hautetfort.com/media/02/01/a15545f1c4be6cbb36420ee843b120b3.pdf.
mais d'ailleurs, il me semble que le tenancier du lieu avait justifié il y a quelques mois l'achat d'un APN en évoquant la possibilité de faire des livres pour enfants illustrés de photographies. me trompe-je ??
Ecrit par : laurence | 29 novembre 2007
Le lien pour l'article Citrouille
http://lsj.hautetfort.com/media/02/01/a15545f1c4be6cbb36420ee843b120b3.pdf
Ecrit par : Micheline | 29 novembre 2007
Chacun ses références...
Pour moi dans le genre qui efface les limites (discutables) entre photo et peinture... Gerhard Richter !
http://www.gerhard-richter.com/art/paintings.php
Ecrit par : isophe | 29 novembre 2007
Là, j'ai pas le temps, j'vais m'coucher.
Mais je dirais, en 2, Man Ray, et en 3, Brassaï.
J'ai survolé l'article et les commentaires à toute vitesse.
Je reviens demain, passque ch'suis d'accord avec Ka, au moins dans ce que j'ai entrevu.
J'ai réussi, l'an dernier, à faire écrire des élèves à partir de 2 photos de Doisneau ("Café noir et blanc" et "Les bouchers mélomanes"), et de "Maîtresse et la servante" de Vermeer, entre autres. J'étais assez content (des élèves, et de moi, bien sûr), d'autant plus que ça avait épaté quelques collègues.
Bon, allez, bonne nuit à tout le monde.
Ecrit par : Marc | 29 novembre 2007
Merci de me faire l'honneur de ton blog. Bon, je dois dire que j'aurais préféré que ce soit pour louer mes grandes qualités ;-)
II faut peut-être commencer par replacer le commentaire que tu cites dans le bon contexte. C’est bien joli d'isoler des phrases, mais cela peut prêter à confusion. Et tu omets de citer mon 2e commentaire dans lequel je nuance/explique le premier. Mais il est vrai que cela n'aurait pas bien collé avec ton brillant billet de ce jour, car nous ne parlons pas tout à fait de la même chose. Mon propos concernait les illustrations de contes (ou de livres pour la jeunesse), ce que semblaient vouloir être les photos d'Annie Leibowitz. Mon commentaire ne se vouait qu'aux photos prises dans ce contexte et pas à la photo en général. C'est tout de même important. J'ai peut-être eu tort de croire que le travail d'Annie Leibowitz s'inscrivait dans cette logique, alors que ce n'était qu'un exercice de style pour épater des adultes cultivés. Aujourd'hui, tu nous montres plein de photos formidables dont aucune (sauf les 2 premières, d'AL) n'a la prétention d'illustrer quoi que ce soit et surtout pas des contes. Mais, après avoir pratiqué le métier d'illustrateur pendant 20 ans, j'en ai peut-être une vision déformée...
Quand on parle d'illustration, il faut admettre la préexistence d'un texte. L'illustration n'intervient qu'après le texte. Stricto sensu, elle ne peut exister de manière autonome. Elle doit même se soumettre au texte (ça rend modeste). Je ne m'étendrai pas sur les infinies possibilités, pour une illustration, d'enrichir (ou d'appauvrir) un texte. Les scientifiques parlent même de décoration, ce que je trouve légèrement infamant, mais cela est un autre débat. Ton choix de photos, effectivement très stimulantes pour l'imagination, ne peut servir d'argument. Je ne connais pas la genèse de toutes ces images, mais je crois pouvoir dire qu'elles sont le fait de créations libres, du moins libres de la contrainte d'un texte à illustrer. Ce qui n'empêche personne de les utiliser, par la suite, pour illustrer un propos quelconque (pour moi, il s'agit de détournement, mais cela aussi est un autre débat). Bref, tes photos ne sont pas des illustrations. Quand tu proposes ces images dans des ateliers d'écriture, tu engages un processus exactement inverse de celui de l'illustration. Ce sont les images qui suggèrent des histoires et pas l'inverse.
Dans un conte (ou une histoire pour la jeunesse), les illustrations servent souvent à fixer un cadre visuel, une sorte de décor, pour canaliser le récit ou pour suggérer quelques pistes à l'imaginaire. Cela doit être fait avec un certain doigté pour ne pas être trop contraignant. Quand on a de la chance, on arrive à trouver une bonne métaphore visuelle. Je maintiens que la photo ne se prête pas volontiers à ce jeu. Dans ces conditions, l'impression de réalisme que trimballe une photo peut donner une vision trop fermée qui empêche le lecteur de développer son propre imaginaire. (Ou alors, il faut faire du roman-photo!) Mais il ne s'agit pas non plus, pour une illustration, d'avoir ce grand pouvoir évocateur dont tu parles. Quand on illustre un texte, on ne tient pas à envoyer le lecteur n'importe où. En général, on tente de le garder vaguement dans le cadre du récit!
J'ai donc pratiqué ce beau métier d'illustrateur (avec de vrais crayons, de vrais pinceaux et tout ça). Dans mes contacts avec le public et avec mes clients, j'ai toujours été confronté à cette notion de «vérité» que possédaient les photos et que n'avaient pas mes illustrations. Pourtant, j'en ai fait de très réalistes! J'ai aussi commis autrefois, un gros livre de contes, illustré, dans lequel je n'ai pas mis une seule photo ;-) On m'a quelques fois refusé des illustrations (dans la pub) parce que cela ne «faisait pas assez vrai». Alors que d'autres (dans la presse) les appréciaient parce qu'en photo cela aurait été insupportable, car «trop vrai». Mon travail a souvent été jugé à l'aune de la photo. Ici et ailleurs, dans nos salons blogueux, nous parlons doctement des images. Et c'est fort bien (non, je ne cracherai pas dans la soupe)! Mais croyez-moi, nous sommes très très loin de ce «public» que j'évoque parfois, sans mépris aucun. Il est à 10'000 lieues de nos préoccupations. Pour lui, une photo, «ça fait vrai», on ne lui ôtera pas ça de la tête. Et désolé, pour illustrer un texte, on doit composer avec son public.
Ecrit par : Béat | 30 novembre 2007
BÉAT : Je suis désolé que tu penses que j'ai détourné le sens de tes propos, mais il me semblait que tu faisais là des déclarations générales :
La photo (…) véhicule des notions de réalisme qui sont absolument incompatibles avec la « construction » d'un imaginaire. Elle gèle tous les processus.
Si l'on réduit tes propos à la photo d'illustration réservée à l'édition jeunesse (ce que ne sont pas vraiment celles d'A. Leibovitz, mais passons), alors prenons un autre exemple dont j'ai parlé dans un comm' précédent : celui de Sarah Moon qui illustra photographiquement le Petit Chaperon rouge, entre autres (ouvrage publié chez Grasset en 1985). Il suffit de regarder ses images, et surtout de soumettre le livre à des enfants, pour se rendre compte que ton affirmation tombe à l'eau. Je crois pouvoir dire que n'importe quelle bibliothécaire spécialisée jeunesse sera d'accord avec moi.
Quant aux spécificités de l'illustration jeunesse, on sera sûrement d'accord sur certains points, et peut-être pas sur d'autres. Il faudrait que je trouve un sujet de billet pour qu'on en parle longuement puisque l'air de rien, je suis quand même illustrateur jeunesse depuis environ… trente-quatre ans !
Ecrit par : KA | 30 novembre 2007
Laurence : Et le Querrec. J'avais gardé les trois entre deux neurones mais pour la dernière (peut-être à Chinatown avec les drapeaux américains), vu qu'y a pas de boule neigeuse à gagner, je laisse tomber ! ;-)
Ecrit par : untel | 30 novembre 2007
UNTEL : Si tu tiens vraiment à gagner une boule neigeuse, je peux m'arranger !
Ecrit par : KA | 30 novembre 2007
america today :
cette photographie a été "transformée" en pochette de disque (comme on disait à l'époque). la musique de curtis mayfield lui donne un certain sens. j'adore lire ce blog !
http://www.blogotheque.net/article.php3?id_article=948
Ecrit par : aplg | 30 novembre 2007
APLG : Eeeuuuh… j'ai fait un billet sur cette pochette, le lien figure dans la page ci-dessus. Le revoici :
http://laboiteaimages.hautetfort.com/archive/2007/07/11/america-today.html
Ecrit par : KA | 30 novembre 2007
Le texte au début du billet est tout simplement le point de vue des porteurs d'oeillères de la psychanalyse. Le bon gros dogme établi et théorisé qui partage le réel, le symbolisme, l'inconscient, l'imaginaire, jusqu'au verbiage indigeste lacanien.
Le cerveau ne fonctionne pas comme cela, tu le démontres bien, tes démonstrations se rapprochent plus des travaux des spécialistes de la cognition que des lubies des affalés du divan.
Vous ne parlez pas de fait la même langue.
Ecrit par : all | 30 novembre 2007
Il fallait que ces choses soient dites : la photo, comme la peinture (ou la musique ou la littérature, ou l'illustration, etc.) est liée à l'interprétation de celui qui la regarde, ou l'écoute, ou la lit...
"L'oeil existe à l'état sauvage"... mais apprend à voir et sa connexion au cerveau (à chaque cerveau) produit une "image", un "son", une "lecture" à chaque fois différente selon celui qui la pratique.
C'est pourquoi les tenants de tel ou tel type de genre de photo (merci pour votre choix éclectique et "parlant") excluent le fait que leurs photos ne sont pas forcément interprétées dans le sens unique qu'ils croyaient leur avoir donné.
Il n'y a pas d'art sans interprétation : même Léonard de Vinci s'est retrouvé, à son corps défendant, sur le divan de Freud !
Ecrit par : Dominique Hasselmann | 30 novembre 2007
ALL : Je suis un peu gêné, là. Car je ne pense pas qu'il soit nécessaire d'être aussi vindicatif.
DOMINIQUE H. : Chuis bien d'accord et j'efface donc le T surnuméraire.
Bein ouais, j'efface les fautes de frappe dans les comm' qui m'agréent, et les laisse dans ceux qui me défrisent. On appelle ça de la mauvaise foi. Ou de la manipulation ;-))))
J'ai même pas honte, en plus.
Rolala !
Ecrit par : KA | 30 novembre 2007
Lorsque je vis son visage de Madone et ses piercings qui ressemblaient à des larmes, je sentis battre mon coeur de chevalier servant.
- Keski t'arrive, ma belle ?
- Y m'ont piqué mon sac pour jouer au foot avec !
- Dis-moi ki, dis-moi zoù, j'vais y faire leur fête.
- Devant le resto, les Yakuzas...
- Euh... Scuse... j'viens d'me rappeler que j'ai un rencart urgent avec mon lait sur le feu.
A minuit je courais encore quand, dans une venelle en zigzag au pavé humide, j'emplafonnai un arbre planté au milieu de la chaussée.
Noir.
Ecrit par : jlcheche | 30 novembre 2007
"n'importe quelle bibliothécaire spécialisée jeunesse"...
Tiens, une profession réservée aux nanas, chez vous, ? Les mecs sont-ils analphabètes? ;-))))
Ecrit par : Micheline | 30 novembre 2007
MICHELINE : Depuis le temps que je hante les bibliothèques jeunesse, je n'ai rencontré qu'un seul bibliothécaire spécialisé dans ce domaine. C'est pô d'ma faute ;-)
Ecrit par : KA | 30 novembre 2007
MICHELIEN (re) : Ajoutons à cela qu'environ 70% des instituteurs sont des institutrices. Enfin, maintenant on dit "professeur des écoles".
Ecrit par : KA | 30 novembre 2007
Ka: tu dyslexiques dans mon prénom maintenant...
Ecrit par : Micheline | 30 novembre 2007
Ah oui pardon, on dit un Michelien, une Micheline !
Ecrit par : KA | 30 novembre 2007
arghhh ;-)
La photo non trouvée est-elle de Marc Riboud ?
Ecrit par : Micheline | 30 novembre 2007
MICHELINE : Nan.
Ecrit par : KA | 30 novembre 2007
La dernière photo : Arnold Genthe ?
Ecrit par : Micheline | 30 novembre 2007
MICHELINE : Toujours pas.
Ecrit par : KA | 30 novembre 2007
En réponse à la réponse de Béat : j'aurais à priori eu assez tendance à partager votre analyse en ce qui concerne la photo en tant qu'illustration d'albums pour enfants (ou pour adultes).
Dans bien des cas, l'utilisation de la photo comme illustration, parce que trop littérale et redondante, fige en effet l'imaginaire.
Mais il suffit de voir le travail de gens comme Antonin Louchard (Tout un monde) pour se convaincre que ce n'est pas une fatalité : tout dépend de la façon dont la photo est utilisée.
Ecrit par : paul | 30 novembre 2007
C’est vrai qu’au départ, hier, j’ai un peu chahuté…
Bon. Je précise et je m’investis dans ton vrai sujet…
Et pour répondre, plutôt que mascuculin-féminin,
je vais dire yin–yang et cela va faire la différence.
Se « coltiner au drame » c’est crayon à la main, (Yang),
aller affronter le réel, pour lui arracher la portion choisie
et lui faire traverser ses capacités et sa problématique.
Il est défiguré puis recomposé dans la durée de l’« accouchement »
« cerner le drame » c’est ouvrir large son objectif (yin) pour que le réel s’y engouffre. Il y garde son identité, protégé par l’instant qui le chope, passe au travers et quel que soit le régime imposé par le traitement.
Rien n’étant binaire dans cette histoire et réciproquement, il y a bien sûr un fossé entre Bernard Buffet… qui « cerne » et Robert Doisneau… qui « se coltine ».
Ouf.
Bon. Moi aussi, j’arrête
Ecrit par : wolivié | 30 novembre 2007
"Tout un monde" d'Antonin Louchard et Katy Couprie, éditions Thierry Magnier.
Ecrit par : KA | 30 novembre 2007
Ah oui pardon, on dit un Michelien, une Micheline !
Katrien, Maurien, Stien, Michelien... Et pourquoi pas ?
Mais alors, en flamand (ou en Néerlandais... quoique..) ; prononcer [een]
Ecrit par : ernest | 30 novembre 2007
Jack Delano ?
Ecrit par : ernest | 30 novembre 2007
ERNEST : Nan.
Ecrit par : KA | 30 novembre 2007
Ben même si sa reflexion à Beat est gélé elle même , celà m'aura permis de prendre des notes et de découvrir guy Johnson, merci Beat. Je ne dis pas merci à Mr Ka, il en est surchargé tout les jours.
Ecrit par : olivier | 30 novembre 2007
OLIVIER : Merci ;-)))
Il existe un site dédié à Guy Johnson :
http://www.artsversus.com/guyjohnson/guyjohnson.html
Ecrit par : KA | 30 novembre 2007
KA: S'il fallait remettre dans chaque phrase des indications de contexte, nos écrits seraient vite indigestes. On fait peut-être trop confiance au bon sens du lecteur! Mais dans les blogs, et je ne suis pas le seul à m'en plaindre, il s'en trouve toujours un-e à qui il faut tout réexpliquer... Mais comment peux-tu croire un seul instant que je puisse avoir des pensées aussi restrictives vis-à-vis de la force d'évocation des photos (en général!), alors que dans la plupart des billets de mon blog je ne cesse de m'émerveiller sur des photos et des photographes?
Un autre procédé courant dans les blogs est de citer un exemple, extrêmement minoritaire, pour tenter d'accréditer une thèse un tantinet capilotractée. Le Chaperon rouge de S. Moon est assez intéressant de ce point de vue. Pour moi, il s'adresse bien plus à des adultes férus de psychanalyse qu'à des enfants. Mais bon, en admettant qu'il plaise aux enfants, je n'ai pas l'impression qu'il a provoqué beaucoup d'émulation chez les éditeurs de livres pour la jeunesse! Les livres en photo pour ce public demeurent extrêmement rares. 'Faudra m'expliquer pourquoi...
Ecrit par : Béat | 30 novembre 2007
4e photo : William Klein !
Ecrit par : jlcheche | 30 novembre 2007
JLCHECHE : Bravo !
BEAT : Bon… Il m'a semblé que tu prononçais une opinion définitive et je n'avais pas compris qu'au lieu de :
La photo, qu'on le veuille ou non, véhicule des notions de réalisme qui sont absolument incompatibles avec la « construction » d'un imaginaire.
il fallait lire :
Les photos d'Annie Leibovitz, qu'on le veuille ou non, véhiculent des notions de réalisme qui sont absolument incompatibles avec la « construction » d'un imaginaire.
Cela dit, si les zéditeurs ne font guère d'albums avec des photos, c'est tout simplement parce qu'ils sont frileux et ne veulent pas prendre de risque. L'image dessinée marche. Pourquoi s'emmerder avec la photo ?
Des exemples de la frilosité des zéditeurs, j'en ai dix mille. Il en existe pourtant qui consentent à sortir sans écharpe par grand vent. Les Editions Où sont les enfants ?, par exemple, qui font des albums avec des photos (taper ce nom dans l'Âme à Zone).
Ecrit par : KA | 30 novembre 2007
"Les Editions Où sont les enfants ?"
Il me semble que Laurence en parlait dans le lien Citrouille que j'ai corrigé ;-)
http://lsj.hautetfort.com/media/02/01/a15545f1c4be6cbb36420ee843b120b3.pdf
Ecrit par : Micheline | 30 novembre 2007
en même temps, c'est vrai que les bouquins de photos destinés à la jeunesse sont rarement une réussite. Voyons, pour ce que je connais : le coeur de pic (Claude Cahun, Lise Deharme) : j'adore, mais objectivement, un bouquin surréaliste que peu d'enfants ont dû tenir entre les mains. les bouquins de Lamorisse (Bim, Crin Blanc, le ballon rouge) : grand succès, mais photographies de film, c'est un peu différent (le genre existe depuis le film allemand Emile et les détectives, quelque chose comme ça, dans les années 20).
Sarah Moon : plutôt pour les adultes, malgré tout : son dernier bouquin, le fil rouge, inspiré de barbe bleu, se vend autour de 80 euros neuf. un peu chéro pour des enfants "l'abime pas, ça va devenir un collector"
Les livres de Dominique Darbois m'auraient fait rêver enfant, j'en suis sûre (malgré la mise en page pas toujours génial, avec les formes géométriques de toutes les couleurs). pour moi, une des rares réussites.
Le Petit LIon, de Prévert et Ylla : ou comment des photographies naïves peuvent donner naissance à un texte subversif, qui sera censuré par son éditeur... mais du coup, il y a un écart entre les photos (destinées plutôt à un très jeune public) et le texte. D'ailleurs, les mêmes photos ont servi à un texte américain destiné aux très jeunes enfants.
Des Bêtes, des mêmes auteurs, dont je doute qu'il ait vraiment été réalisé pour des enfants...
Le bouquin de Rotchenko (animaux à faire soi-même) jamais vu, mais ça doit être un bijou : Ka, tu connais ?
Le cirque d'Izis, un bonheur pour les enfants... mais un livre qui ne leur est pas destiné.
Tana Hoban : oui, mais c'est souvent des imagiers...
J'en oublie, bien sûr...
dernièrement, j'ai vu un bouquin (chez rue du Monde, je crois) composé uniquement de photos de grands photographes - finalement, pas terrible à mon goût. J'ai aussi commencé une série de livres chez Magnier "PHotoroman", l'idée était bonne, mais ça ne marchait pas très bien malgré tout. celui avec Semeniako commençait bien, mais finalement, au milieu du livre, on décroche. Le problème, c'est que le lien entre le photographe et l'écrivain est souvent trop faible. c'est aussi souvent le cas avec les préfaces des livres de photos (même ceux pour les grands).
quand-même, j'ai découvert un chouette petit livre de photo sur des souliers rouges, que j'ai trouvé plutôt réussi.
conclusion : je suis persuadée qu'il y a de quoi faire des livres qui seraient des bijoux avec des photographies, des "max et les maximonstres" en version photo - mais ça reste à faire...
Ecrit par : laurence | 30 novembre 2007
LAURENCE : Le bouquin de Rodtchenko, j'en ai vu des extraits, ouais. Il faudra que je recherche ça.
Sinon, je te passerai un projet de collec textes-photos inédit…
Ecrit par : KA | 30 novembre 2007
Bonjour,
merci pour ces réflexions.
Pouvez-vous me donner les références de la photo qui figure sous celle de Man Ray, en bas de page (celle à la ligne de force sinueuse)?
D'avance merci !
Bonne continuation et bravo pour votre blog !
Ecrit par : paradeyes | 30 novembre 2007
Si je puis me permettre, parmi les exemples de photographies qui vont a l'encontre des propos à l'origine de ce post intéressant, il faudrait mentionner aussi tout ce pan de la photo des années fin 70 aux années 90 qu'on a appelé "photographie plasticienne", où des artistes comme Bernard Faucon ou Jeff Wall sont allés bien au-delà du clivage photo/peinture...
Avec ceci, bonne continuation sur ce site enrichissant! ;-)
Ecrit par : Daniel C | 30 novembre 2007
Basquounette, j'ai bien aimé tes pohêmes. T'as un blog ou quoi t'est-ce ?
Ecrit par : jlcheche | 30 novembre 2007
@ paradeyes : Brassaï "Paris de Nuit "(1932)
http://www.photographie.com/actual/expos/brassai/brassai-texte.html
(@ Ka : 'scuse si je suis sur tes plates-bandes )
Ecrit par : Micheline | 30 novembre 2007
@ paradeyes : Brassaï "Paris de Nuit "(1932)
http://www.photographie.com/actual/expos/brassai/brassai-texte.html
(@ Ka : 'scuse si je suis sur tes plates-bandes )
Ecrit par : Micheline | 30 novembre 2007
Bon, je vais essayer de passer à quelque chose de plus constructif... Et cette fois, je reste sur un plan général ;-)
Dans mon 1er commentaire ci-dessus, je soulignais l'opposition entre l'illustration d'un texte (préexistant) et la production de textes suscités par des images. Donc une question de déroulement: lequel précède l'autre? Je trouve cette problématique intéressante et, curieusement, elle n'a été relevée par personne. Peut-être que peu de commentateurs ici, à part KA ou moi, n'ont été confrontés aux difficultés de la production d'illustrations... Par contre, on peut dire que tout le monde a une pratique de l'interprétation des images. Nous y sommes confrontés tous les jours (comme Monsieur Jourdain...) Et c'est bien là que la polysémie des images développe tous ses effets (bénéfiques ou pervers).
Mais dans le cas de l'illustration, cette polysémie rend l'exercice très difficile. À moins de rester platement au premier degré (on parle d'un machin, alors je montre le machin), il est presque impossible de prévoir toutes les interprétations possibles d'une image et donc de choisir celle qui va «fonctionner». Cette ambivalence, qui est quelques fois souhaitée, peut donc constituer un obstacle à la bonne compréhension du texte en éloignant le lecteur du propos initial. Bien sûr, il y a quantité de façons d'envisager cela et il n'y a pas de règles, c'est ce qui rend le travail avec des images aussi passionnant. Loin de régler le problème définitivement et dans sa globalité, c'était juste une petite invitation à réfléchir sur quelques conditions qui s'imposent à la réalisation d'illustrations. Peut-être une amorce de billet...?
KA: Si, à l'inverse de tes ateliers d'écriture, tu pratiquais des ateliers de dessin (ou de photo) ou il s'agirait de faire illustrer des textes, je suis sûr que tu obtiendrais beaucoup moins de résultats passionnants ;-)
Ecrit par : Béat | 30 novembre 2007
BEAT : Faire un billet sur le noble et difficile métier d'illustrateur, ralala mais c'est difficile, ça :-)
J'aborde un peu le sujet dans un article que j'ai pondu pour le magazine Citrouille et qui se trouve sur mon site, il s'appelle "Epater la galerie". Y'en a un autre, qui s'appelle "Défense de l'éléphant". Mais ils ne cernent pas exactement le sujet, même si ça parle d'illustrations.
J'en ai pondu aussi pour le blogue de Citrouille (voir lien en colonne de gauche).
Alors un atelier expliquant par le menu les vicissitudes de l'illustrateur, ses choix, ceux de l'éditeur, ouais pourquoi pas. J'va zy reufleuchir.
Sinon, comme je fais "aussi" des ateliers d'illustration, je peux dire qu'en effet, les résultats ne sont pas toujours à la hauteur des espérances. Quoique. Il y a, sur ce blogue, le résultat d'un très intéressant atelier texte-illustrations intitulé "le double mariage" et qui se trouve à l'adresse :
http://laboiteaimages.hautetfort.com/archive/2005/09/02/en-l-an-10-et-15%E2%80%A6.html
Ecrit par : KA | 01 décembre 2007
Pour ma part il m'a toujours semblé que les images (photos, illustrations, peintures ou toutes formes que ce soit) au contraire (1) ouvraient les portes vers l'imaginaire tout autant que les mots mais différemment.
Le seul cas où l'image peut me "coincer" c'est quand elle n'est pas fixe et accompagnée de son : autrement dit au ciné. Ainsi si je vois un film tiré d'un livre avec tel acteur jouant le héros j'aurais du mal (re)lisant le livre par la suite à imaginer ledit héros autrement.
Et il y a un film que je n'ai pas PU aller voir parce qu'il était tiré d'un roman passablement autobiographique de quelqu'un que je connais et j'ai eu peur (une vraie peur, avec un ancrage physique) de quelque chose comme tout mélanger et en faire des cauchemars après. Je peux en revanche sans problème voir des photos tirées de ce film.
Je sais bien un peu pourquoi : dés lors que l'image est fixe et muette, elle fait appel à mon imaginaire à moi. Si elle est mouvante et sonorisé comme dans la vraie vie, là, elle s'impose à moi.
Je suppose que nous ne fonctionnons pas tous de la même façon et que certains peuvent avoir leur imagination qui démarre au quart de tour sur les mots mais reste à plat sur les images (ou peut-être l'inverse, en particulier chez les jeunes générations plus habituées à ces dernières qu'aux premiers).
(1) de la citation que tu reprends, non de ce que tu démontre par ton billet.
PS : je serais bien curieuse de savoir ce qu'ils attendent tous sur le trottoir de la dernière image. Ils avaient entendu Orson Welles à la radio et guettaient le martien ? (pardon si quelqu'un l'a dit plus haut, je dois filer et n'ai pas eu le temps de lire les commentaires)
Ecrit par : gilda | 01 décembre 2007
KA: «... Il y a, sur ce blogue, le résultat d'un très intéressant atelier texte-illustrations intitulé "le double mariage" et qui se trouve à l'adresse...»
C'est très très beau. Je pense que la simplicité presque abstraite de ces dessins laisse la priorité au développement de l'imaginaire véhiculé par le texte. Alors qu'avec des images plus précises et plus fouillées, on court le risque de brider ou de court-circuiter cet imaginaire-là. Un peu comme le dit Gilda, ci-dessus, pour ce qui se passe avec les films.
Ecrit par : Béat | 01 décembre 2007
Bonjour,
il me semble que dans le débat d'origine, la question est faussée si on part du médium, photo ou illustration, qui reste le résultat de l'intention de son auteur...et rentre en collision avec le spectateur. Du coup je vois ça comme ça: un medium, photo ou illustration, vaut à la fois par le "message"/sens que son auteur veut véhiculer ET par l'interprétation du "spectateur" qui est libre de lui assigner un autre sens, de comprendre ce qu'on a voulu dire etc.
Pour une illustration d'album pour enfant, le message transmis par l'illustration paraît (je ne suis pas un spécialiste de la question) adapté car doux et favorable à l'imagination du jeune lecteur. Mais on pourrait imaginer des photos aboutissant au même effet, pourquoi pas!
Beat: pour la différence image inspirante/illustration, c'est amusant, c'est la classification que j'ai adoptée pour les articles de mon blog! Et pourtant même là, il arrive qu'il y ait des interférences. Mais n'entrons pas dans la théorie du néant lol.
Ecrit par : Benoît | 07 décembre 2007







