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29 juin 2006

LA MÔME MONA

La Joconde, ou Portrait de Mona Lisa, a été peinte sur une planche de peuplier par Léonard de Vinci entre 1503 et 1507. Ce n’est pas l’artiste qui a donné ces titres au tableau, mais les historiens qui se sont penchés sur son origine.






Qui était cette femme ? On a d’abord cru qu’il s’agissait d’une maîtresse de Julien de Laurent de Médicis. On a aussi parlé d'Isabelle d'Este, au prétexte que Léonard l'avait croquée en 1499 ou 1500 :






Mais il existe d'autres portraits d'Isabelle, qui ne nous montrent jamais la même femme !




Isabelle d'Este
attribué à Giovanni Francesco Caroto, 1500-1515




Isabelle d'Este par le Titien, 1534-1536




Terre cuite représentant Isabelle d'Este(?),
attribuée à Gian Cristoforo Romano, (vers 1465-1512)



Giorgio Vasari a écrit, dans les Vies des meilleurs peintres, sculpteurs et architectes(1550-1568), que ce pouvait être Lisa Gherardini, épouse de Francesco di Bartolomeo del Giocondo.

Le peintre et le bourgeois se connaissaient de longue date et il semblerait qu’en 1503, Francesco ait demandé à Vinci de portraiturer sa jeune femme. Sauf qu'on n’a jamais retrouvé le contrat passé entre Léonard et Francesco, ni aucune trace de paiement. Le doute subsiste donc, même si cette hypothèse est la plus répandue et a valu au tableau ses deux noms.

Il subsiste d'autant plus, le doute, que Vasari, qui n'a pas connu Vinci, décrit la môme Mona sans l'avoir jamais vue :
Ses yeux limpides avaient l'éclat de la vie : cernés de nuances rougeâtres et plombées, ils étaient bordés de cils dont le rendu suppose la plus grande délicatesse
Sauf que sur la peinture de Léonard, la môme Mona n'a pas de cils. Et la réputation de sérieux de Vasari en prend un sacré coup.




Illustration de Don Martin*

__________
*Don Martin fut l'un des dessinateurs fous qui officiaient dans MAD Magazine.


À partir du moment où il existe une large zone d'incertitude, pourquoi ne pas délirer ? De nombreux zozos ont affirmé que ce portrait était celui d'un travesti, voire celui de Léonard lui-même costumé en femme. En vertu de quelles preuves tangibles ? Aucune. D'autres ont cru voir une forme masculine couchée en lieu et place des lèvres…

À propos des lèvres, le magazine New Scientist nous apprend, en décembre 2005, qu'un logiciel de reconnaissance des émotions fonctionnant à l'université d'Amsterdam a déterminé que la môme Mona était - tenez-vous bien car voilà du scoupe en béton armé - … 83% heureuse, 9% écoeurée, 6% craintive et 2% en colère.

Et 100% des gens qui accordent crédit à ce genre de révélations sont à 100% des mal-comprenants complètement gentils.

Pourquoi ne pas imaginer la môme Mona surprise, agressive, effrayée, déçue, méprisante, béate dégoûtée, ou joyeuse ? (Oui oui, cliquez sur le lien et vous verrez !)






Allez, restons en Hollande où, en mars 2002, une chercheuse baptisée Magdalena Soest constata que le portrait de Catherine Sforza peint en 1487 par Lorenzo di Credi se superposait parfaitement avec la môme Mona.





La chose est indéniable. Alors ? Catherine Sforza posa-t-elle également pour Léonard de Vinci ?

Bien sûr que non. Les deux visages ne se ressemblent pas du tout et s'ils se superposent, c'est parce qu'il n'y a pas trente-six mille angles idéaux pour tracer un portrait et celui-là n'est pas le plus rare. Pas de quoi en faire un fromage, donc.

Qui est celle qu'on a pris coutume d'appeler la Joconde ? Une femme qui exista ? Une femme idéale dont le portrait synthétise toutes les recherches picturales de Léonard ? Finalement, on n’en sait rien ! En revanche, on est sûrs que Léonard quitta Florence pour Milan en 1506, en emportant le portrait inachevé. Dix ans plus tard, il rejoignait François Ier à Amboise. Il mourra dans sa propriété du Clos-Lucé en 1519, et le tableau passera dans les mains du roi de France pour finir en 1804 au Louvre, grâce à Napoléon Bonaparte.




L.H.O.O.Q. par Marcel Duchamp, 1919



CADEAU BONUS


Si par hasard vous allez vous empiler devant la Joconde comme 18 628 Amerlocains et 32 569 Japonais, retournez-vous. Juste derrière se trouvent les Noces de Cana de Véronèse. Un p'tit tableau qui vaut le coup d'oeil.


Cliquez sur l'image pour la voir en plus grand






Liens
Quelques précisions sur les Vies des meilleurs peintres, sculpteurs et architectes de Vasari.
Le texte intégral en italien.

27 juin 2006

DAVID ROBERTS ET LES PEINTRES TOPOGRAPHES

Le billet précédent montrait des vues chinoises gravées par Thomas Allom (1804-1872). Images à la perspective impeccable, au rendu quasiment scientifique. D'autres artistes du XIXème siècle livrèrent des scènes aux caractéristiques similaires et l'un des plus connu est David Roberts, qui sillonna l'Égypte, le Liban, la Jordanie et la Palestine.

Afin d'être reproduits de manière industrielle, ses dessins et aquarelles furent lithographiés par Louis Haghe et publiés en deux fois trois volumes, Egypte et Nubie et la Terre promise. L'ensemble est riche de 248 images.



Égypte



L'approche du Simoun à Gizeh




Le temple d'Abou Simbel




Le temple de Philae en Nubie




Le bazar de la soie au Caire




Les moines du couvent Sainte-Catherine sur le mont Sinaï


Jordanie



Pétra, les tombes royales




Pétra, le monastère




Pétra, vestiges de l'arche royale


Israël



Jérusalem, la mosquée d'Omar




Jérusalem, l'entrée de la citadelle




Bethleem, église de la Nativité


Hormis la dominante jaune, on constate que ces illustrations sont, dans le style, en tous points similaires à celles du China Illustrated d'Allom.

Il y a une bonne raison à cela : Allom, Roberts et bien d'autres étaient ce qu'on appelle des peintres topographes qui avaient souvent suivi des études d'architecture. Allom, par exemple, était l'un des fondateurs du Royal Institute of British Architects et travailla à la conception du Parlement de Londres.

Ces peintres topographes étaient souvent engagés par l'armée, par leur gouvernement, pour réaliser des vues des pays lointains. Ainsi, William Alexander - dont je disais deux mots dans le billet précédent - fut longtemps au service de Lord McCartney, ambassadeur du Royaume Uni en Chine.

Mais il ne s'agit pas d'une spécificité grand-bretonne. Premier Consul, Napoléon Bonaparte créa un bureau topographique dont il confia la direction à Louis Bacler d'Albe, aquarelliste et officier géographe.

En 1800, il engagea également Giuseppe Pietro Bagetti (1764-1831) en tant que topographe et peintre officiel de la Grande Armée. L'Italien y resta quinze ans.

Avant, Bagetti avait été au service du roi Victor Amédée III en qualité de dessinateur de vues et de paysages. Il s'acquitta de cette charge auprès de la cour mais aussi pour l’armée.

On voit par là que la fonction de peintre topographe trouve son origine dans des motivations principalement militaires. Dresser des plans, des vues réalistes des objectifs à conquérir, etc.

Ensuite, une fois la conquête opérée, la tâche de ces artistes consistait à établir un état des lieux pris à l'ennemi. Point d'ambition artistique affirmée, juste un inventaire à caractère scientifique. On s'occupe d'abord des paysages, des constructions civiles et militaires, puis des êtres humains (que certains dessineront comme des papillons punaisés sur une planche de bois, mais j'en causerai une autre fois).

La Chine, l'Égypte, le Honduras ou l'Argentine, même combat.




Église de la Merced à Honduras par Outhwaite, 1867




Église San Domingo à Buenos Aeres (Argentine)
dessin de Lebreton gravé par Delannoy, 1867



Plus tard, des photographes succédèrent aux dessinateurs et continuèrent ce travail d'appropriation du monde avec d'autres instruments mais dans la même optique (ah ! ah ! ah !)


•••


David Roberts, qui ne travailla pour aucun gouvernement, ne parcourut pas seulement le Moyen-Orient. Il voyagea aussi en Espagne et l'on se rend compte que ses images ne sont pas différentes de ses vues égyptiennes ou palestiniennes.


Espagne



Porte romaine à Cordoue




L'église de Sans Jago à Xérès




Forteresse de l'Alhambra à Grenade




La Giralda de Séville




26 juin 2006

CHINA ILLUSTRATED




La porte de l'Ouest, Pékin



1842 : les Grands-Bretons viennent de gagner la Guerre de l'Opium* en Chine, et se mettent à explorer le pays conquis. Des peintres graveurs topographes sillonnent l'Empire du Milieu et dessinent, croquent d'étranges images propres à faire frémir le bourgeois victorien et son épouse en crinoline.

Parmi eux, Thomas Allom (1804-1872), architecte de son état.

À dire vrai, il n'existe aucune preuve que Thomas Allom - qui a voyagé en Europe et au Moyen-Orient - ait jamais mis les pieds en Chine. Même qu'une flopée d'indices nous donne à penser le contraire : certaines de ses gravures sont inspirées par des oeuvres de prédécesseurs, tel William Alexander. On suppose donc qu'Allom a collationné des tas d'images (gravures, croquis) afin de composer les siennes qui n'en demeurent pas moins originales.

Ses gravures sur acier furent imprimées entre 1843 et 1847 à Londres, en une série de quatre volumes intitulée China Illustrated.

Elles existent en deux versions, en noir et blanc et en couleurs. Je ne sais pas si ces dernières ont été colorées à l'aquarelle ou "à la poupée" (pour l'explication de cette technique, lire ou relire ce que je disais par là).






Entrée de la cité d'Amoy




Dîner chez un mandarin




Boutique d'un marchand de lanternes




Représentation de la pièce
le Soleil et la Lune




Femmes jouant aux cartes






Les montagnes Woo-Tang




Les collines Hi à Chaow-King-Foo




Pavillon et gardiens d'un mandarin, près de Pékin




Le jeu du volant




Vue proche de la ville de Lin-Tsin sur les rives du grand canal
,
1796, par Willliam Alexander




Un docteur itinérant à Tien-Sing




Un barbier itinérant



__________
* La première Guerre de l'Opium (1839-1842) opposa les commerçants britanniques trafiquants d'opium aux autorités chinoises qui avaient prohibé l'usage de cette drogue. L'armada de Sa Grâââcieuse Majesté intervint, et mit la pile aux Chinois. Les Grands-Bretons signèrent à leur avantage le Traité de Nankin (1842), qui fit de l'île de Hong Kong une colonie britannique.


Liens
Quinze gravures d'Allom en noir et blanc et grand format avec force commentaires en grand-breton.
Soixante-six gravures d'Allom en couleurs et grand format sans commentaires.

24 juin 2006

K.O. TECHNIQUE - FIN DU COMBAT

Au mois de mars dernier un crochet du droit m'atteignit en pleine face : une agence de presse m'adressait une facture de 1 377,50 euros pour avoir utilisé sans autorisation six photographies de Peter Bialobrzeski, illustrant un article élogieux que je lui avais consacré. Cette agence me demandait également d'ôter les photographies de mon blogue, ce qui fut fait séance tenante.






1 377, 50 euros ! Je fus sonné.






Fallait-il que je paie cette somme astronomique ? Je ne voyais pas d'autre solution et m'apprêtais, vaincu, à rabattre définitivement le couvercle de cette Boîte à Images.






Mais l'on me persuada que le combat ne faisait que commencer, et j'allai souffler dans mon coin pendant que me poussaient des gants de boxe au bout des bras.






Payer 1 377, 50 euros pour avoir complimenté un photographe et lire que cette somme correspondait à un tarif internet augmenté de 100% pour faute grave semblait aberrant. À croire que louer un artiste était désormais un acte impardonnable. Jeter l'éponge dans ces conditions eût été non seulement humiliant, mais aussi profondément injuste.

Je fis donc appel à un entraîneur expérimenté portant la robe afin d'apprendre les bases du Noble Art : la parade-riposte.

La deuxième reprise sonna et sous les swings et les jabs le matamore chancela. Direct du droit : « Où est votre mandat d'agir au nom de ce photographe ? » Feinte du gauche : « En vertu de quel texte, de quel contrat vous permettez-vous de doubler vos tarifs et d'invoquer une faute grave ? » Crochet : « Quelle est, selon vous, la nature exacte de cette faute grave ? »





Mon adversaire se réfugia dans les cordes en prétendant avoir entendu la cloche sonner, et me pria d'attendre gentiment qu'il soit en mesure de reprendre le combat. L'intermède dura trois mois, sans que le soigneur ne se décide à quitter le coin adverse.

De guerre lasse, j'en référai à l'arbitre qui décida que plutôt qu'un crochet, je méritais tout juste une simple tape au bout des doigts.






En clair, l'agence allemande du photographe donna récemment des instructions à l'agence française pour qu'elle annule la honteuse facture que cette dernière m'avait envoyée. Fin du combat.





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À l'issue de cet épique pugilat je voudrais tout d'abord remercier mon attachée de presse-traductrice en CDD qui entretint une correspondance suivie avec Peter Bialobrzeski ;






puis mon entraîneur-avocat qui rédigea force courriers et passa de nombreux appels téléphoniques ;






je n'oublierai pas Peter Bialobrzeski et son agence LAIF sise à Cologne qui firent preuve d'une intelligence et d'un bon sens faisant cruellement défaut à certains de leurs correspondants d'outre-Rhin ;

et enfin mon public adoré jamais avare de ses encouragements qui osa parier sur moi un bon paquet d'euros, et sans lequel je ne serais rien, rien de rien.






Je conclurai en disant - tel un sportif à l'insu de son plein gré - que je suis très content d'avoir gagné et que j'espère faire mieux la prochaine fois.


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Les images 1 à 7 et 10 sont des lithographies de George Bellows, réalisées entre 1916 et 1924. Les images 8 et 9 sont de Norman Rockwell.

23 juin 2006

HÔTEL SAHARA

L'orientalisme, qui est né au XIXème siècle avec l'exploration de l'Afrique du Nord et du Moyen-Orient, a perduré jusque dans les années 1950. Un exemple parmi tant d'autres est le film Hôtel Sahara de Ken Annakin (1951), avec Peter Ustinov et la pulpeuse canadienne Yvonne de Carlo en danseuse orientale.






Avant, il y avait eu Pépé-le-Moko de Julien Duvivier (1936), avec Jean Gabin et Mireille Balin.










Et puis Sirocco de Curtis Bernhardt (en 1951 aussi), avec Humphrey Bogart et la ravageuse suédoise Märta Torén.






Afrique du Nord + Bogie = Casablanca, bien sûr. Film de Michael Curtiz (1942) avec l'angélique suédoise Ingrid Bergman.














Mais revenons à Hôtel Sahara, espèce de version comique de Casablanca avec Yasmin Pallas la danseuse et son mari Emad en costume et chéchia, tous deux propriétaires d'un hôtel dont la décoration change avec la nationalité des militaires occupants - on est en pleine Seconde guerre mondiale.
















En 1990 paraissait un roman de Jacques Lanzmann intitulé Hôtel Sahara. Un livre sans intérêt, qui n'avait aucun point commun avec le film. Sauf que l'homme qui l'écrivit fut aussi l'auteur de bien belles chansons.





Accessoirement, c'est votre serviteur qui illustra la couverture de cet ouvrage.



EXTRA MARX BONUS














22 juin 2006

LES AILES DU BONHEUR






En chinois mandarin, le mot chauve-souris se dit biānfú 蝙蝠.

En Chine comme ailleurs, la chauve-souris fut longtemps considérée comme un animal malfaisant. Jusqu'au jour où un peintre de la dynastie Ming (1360-1644 après J.-C.) décida de faire un jeu de mots en associant 蝠 (la fin du mot chauve-souris), à bonheur, bonne fortune.

C'est ainsi que la chauve-souris biānfú devint plus simplement et fut associée au bonheur.




Cinq chauve-souris entourant le caractère bonheur
papier découpé



Wu Daozi (Wu Tao-Tzu, 吴道子, 685-758) était un très célèbre peintre de la dynastie Tang (618-907). Il peignit environ trois cents fresques et de nombreux rouleaux, qui ont tous disparu. Ne subsistent que quelques copies et peintures dont l'attribution reste incertaine (voir un extrait de l'un de ses rouleaux par ici).

Cet artiste peignit pour la première fois Zhong Kui (鍾馗), dieu bienfaisant auquel est associée la chauve-souris.




Zhong Kui par Gao Qipei, 1660-1734


La légende de Zhong Kui


Zhong Kui s'était rendu à la capitale avec son ami Du Ping, pour passer les examens de lettré. Il avait triomphé de toutes les épreuves, mais l'empereur refusa de lui décerner le titre de zhuangyuan au prétexte qu'il était trop laid.




Zhong Kui par Yi Chun, XXIème s.



Affreusement déçu, atteint dans son honneur, Zhong Kui se suicida sur les marches du palais. Son ami Du Ping l'incinéra.

Arrivé dans l'au-delà, notre héros devint le roi des fantômes de l'Enfer. Et pour remercier son ami Du Ping, il lui donna la plus jeune de ses soeurs en mariage.
Fin du premier acte.
Bindidonc !






Au VIIIème siècle, il advint que l'empereur Xuanzong tomba malade. Dans un rêve, il vit deux fantômes. Le plus petit lui vola une flûte de jade, subtilisa ensuite le parfum préféré de son épouse Yang Guifei. Le plus grand des fantômes intervint alors, captura le plus petit et le dévora. L'empereur remercia cet être surnaturel qui s'appelait - bon sang mais c'est bien sûr ! - Zhong Kui, puis lui confia la tâche de réduire à néant tous les monstres nés de l'empire du mal.








Quand l'empereur se réveilla au matin, il était guéri.
C'est-y pas beau ?

Xuanzong ordonna alors au peintre Wu Daozi (le revoilà) de tracer le portrait de Zhong Kui afin qu'il puisse le montrer à sa cour. L'oeuvre semblait si vivante que l'empereur resta persuadé que le peintre avait le même rêve que lui.
Fin du second acte.




Zhong Kui par Hsu Kuan Yen, XXIème s.



À partir de ce jour, Zhong Kui devint un dieu protecteur dont les attributs sont une épée pour combattre les fantômes, quelques chauve-souris emblèmes du bonheur et une cruche symbole de la paix. Jeu de mots, là aussi : bouteille, flacon se dit píng 瓶, tout comme le mot calme 平 qui sert de base au mot tàipíng 太平, signifiant paix. Le bonheur, la paix, une chauve-souris au-dessus d'un vase.




Sage goûtant à la paix et au bonheur,
peinture de Qí Báishí (ou Ch'i Pai-shih), vers 1896







Zhong Kui par Hsu Kuan Yen, XXIème s.


Il faudra attendre la fin de la dynastie Qing (1644-1911) pour que le motif de la chauve-souris se répande sur tous les supports ; pierre, bois, tissu, papier, etc. Par groupe de cinq, elles entourent souvent le caractère shou 寿 qui signifie longévité. Sous le nom de Wufu Pengshou elles représentent alors les cinq bonnes fortunes qui sont la richesse, la santé, la longévité, l'amour et la vertu.








Mais revenons à la légende, et découvrons


Comment Wu Daozi s'en est allé


Quelques années après avoir rêvé de Zhong Kui, Xuanzong commanda une fresque à Wu Daozi. L'artiste, qui ne pouvait travailler sans être saoul et avait la réputation de peindre extrêmement vite, réalisa un immense paysage surmonté d'une montagne. Contre celle-ci, il traça une porte. Puis, il claqua des mains. La porte s'ouvrit, le peintre la franchit et invita l'empereur à le suivre. Mais le battant se referma derrière l'artiste, et Wu Daozi disparut à jamais.

C'est à partir de cette histoire que Marguerite Yourcenar écrivit en 1938 la première de ses Nouvelles orientales, Comment Wang-Fô fut sauvé.

•••


Les représentations actuelles de Zhong Kui sont toutes redevables de la peinture exécutée par Wu Daozi, malheureusement disparue.




Zhong Kui par Hsu Kuan Yen, XXIème s.




Zhong Kui par Zhong Rurong, XXIème s.




image populaire




figurines en papier découpé



Aujourd'hui, l'image de Zhong Kui - exorciste par excellence - sert à protéger les maisons des esprits mauvais. On l'accroche, notamment, lors de la fête des bateaux-dragons, Duan Wu, qui a lieu le 5ème jour du 5ème mois lunaire. Zhong Kui est aussi le dieu de la littérature et des examens.


Et les chauve-souris ? Que font-elles quand elles n'accompagnent pas Zhong Kui ? Elles volent dans le ciel du soir, enchantant ceux qui ont la chance de les apercevoir.


21 juin 2006

LA BOÎTE À RÊVES - 5 - textes

Dix participants pour cette cinquième Boîte à Rêves.









LES TEXTES


Elle l’accompagne jusqu’à la porte, lui fait face une dernière fois, la tête baissée. La robe sombre répond au costume sombre. La pièce est rangée pour ce départ ; seuls quelques objets de son quotidien traînent sur la table rouge, au pied de la lampe rouge, devant le fauteuil rouge, dans la pièce rouge. Rouge. Dès que la porte se referme, elle court jusqu’à la grande armoire bleue. La pièce est dans l’obscurité, mais elle a apporté une lampe. Posée au sol, celle-ci dessine des ombres gigantesques sur le plafond. Elle cherche parmi les linges pliés soigneusement. Sur l’étagère du haut, elle démolit les jolies piles bien nettes, et c’est sur la deuxième étagère qu’elle trouve enfin. Elle peut enfin s’agenouiller pour contempler à loisir ce qu’elle cherchait, à la lueur de sa lampe à l’abat-jour décoré. Elle peut maintenant revenir dans la pièce rouge. Le visage enfin détendu par un sourire, elle s’installe confortablement dans le fauteuil rouge, contre le mur rouge. Les bras reposés sur les appuie-coudes, elle regarde la petite fille sur le tapis rouge. La petite, en robe rose, déchire un papier en petits morceaux, et la femme, en robe rouge, la regarde sans faire un geste pour l’en empêcher.

LISA LISA


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ELLE

Les murs de la chambre étaient tapissés de velours cramoisi, un épais tapis d'un rouge moins accentué recouvrait le sol. Deux fauteuils cossus rouges. Un lourd reps rouge recouvrait le guéridon sur lequel le visiteur pouvait déposer gants, badine, portefeuille. Elle était encore alanguie sur le lit au fond de la pièce ; le miroir au dessus de la cheminée lui renvoyait son image dénudée ; le buste de Napoléon III, encadré par deux bougeoirs aux abat-jour carmin qui tamisaient la lumière, la regardait sévèrement. Elle soupira, les deux vases bleus choquaient dans ce décor. Son client, accompagné d'une hôtesse, revenait ; il avait oublié ses gants. Elle se couvrit le temps qu'il les prît. Elle s'étira avant d'attraper le peignoir rouge en soie sauvage ; elle en noua négligemment la ceinture, s'empara d'une lampe à pétrole et passa dans le cabinet voisin où elle rangea dans le gigantesque placard aux portes massives et austères, dans le double fond de la boîte à chaussures enfouie sous de lourds documents, les billets qu'elle venait de gagner.
Plus tard, comme chaque soir, elle rentrerait chez elle, s'installerait muette, dans la chambre cossue, entre le foyer et le lit au dessus rouge. Comme chaque soir elle observerait, rêveuse, l'enfant encore bien jeune qui rituellement mettrait en mille miettes les pages de "La Gazette du soir" qu'elle achetait au kiosque au coin du boulevard Malesherbes. Bientôt, son mari rentrerait du Ministère.

FG


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Dans le petit salon de son appartement berlinois, la jeune femme est en conversation. Un rouge intense hurle et s’étale du sol au plafond : tissus, tentures, tapisserie, la couleur envahit tout et se dépose en touches pour les détails. Peut-être la bibliothèque massive, les cadres symétriques, insinuent-ils dans cette tension de forces que nous percevons, une nuance d’équilibre et de paix dont nous soupçonnons qu’elle révèle quelque chose de la jeune femme. Elle est là et reçoit un de ses camarades qui travaille avec elle, à l’Ecole. Il ne fait que passer et lui apporte une nouvelle alarmante. Ils sont restés à l’entrée de la pièce, silhouettes troublées et recueillies, parlant à voix basse.
Après le départ de son collègue, elle a voulu se rassurer, allant vérifier au fond de son placard que tout est à sa place. Derrière les rideaux tendus sur une tringle, elle s’est accroupie, a dégagé les portes. Les piles de torchons, draps et serviettes, blancs linceuls, stagnent au-dessus de sa tête. Sa lampe à essence posée sur le sol irradie jusqu’au plafond et, dans le bas, éclaire des boîtes qui contiennent ses secrets.
Elle a rejoint la petite fille dans sa chambre. Elle songe, lâchant son ouvrage de couture ; elle se dit que sa révolte a raison. Son sentiment, c’est que la liberté, c’est toujours la liberté de qui ne pense pas comme soi, et cela la guide dans son action. A ses pieds, l’enfant éparpille une feuille en taches blanches sur le flou coloré du tapis.

ANIA

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Une fois ses frères partis et l'effervescence retombée, elle décida de réaménager la pièce avec l'aide de sa soeur. D'abord nettoyer les murs, le sol et le plafond. Puis les tissus précieux, appliqués partout où son regard pouvait se poser : brocarts, tulle damassé, satin de coton d'Egypte... Le velours chocolat des fauteuils répondait à la soie mandarine tendue sur les murs, les rideaux cascadaient en chintz multicolore, le guéridon se nappait d'un lin tendre et le miroir qu'elle posa sur la cheminée reflétait avec délices cette profusion sensuelle.
Le lendemain, la couleur était revenue et recouvrait murs, sol, meubles, tissus. Elle sentit à nouveau le souffle de son mari sur son cou. Alors elle referma la pièce avec la petite clé et alla l'engloutir sous des piles de linge propre dont l'odeur fraîche et saine la rassura, malgré la lueur fragile de la lampe.
Puis elle alla vivre chez sa soeur, laissant le château en l'état. Elle aimait bien les enfants de sa soeur mais hésitait à s'en occuper de façon trop rapprochée. Madame Veuve Barbe-Bleue ne voulait pas voir ses neveux se parer de la hideuse couleur qui prenait progressivement possession de ses vêtements et de son espace intime.

VALÉRIE

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Elle sait qu’il laisse son pardessus à la femme de chambre et pénètre dans le salon uniformément rouge. Deux fauteuils vides les convient et la lumière du jour illumine la table où Elle a abandonné ses effets élégants. Elle vient juste de rentrer. On la devine dans le miroir qui surplombe la cheminée inactive, de profil, préoccupée, dans sa robe noire et blanche. Les rideaux rouges, comme au théâtre, encadrent le miroir et contrastent avec le coupe-feu qui occulte l’âtre. Les lampes bien qu’éteintes sur la table et la cheminée révèlent astucieusement une scène d’intimité.

Le soir est tombé, Elle est seule à présent dans la chambre jaune. Une lampe éclaire l’intérieur du vaste placard. Les portes d’un indigo plus clair que sa silhouette, s’ouvrent à demi sur Elle, de dos et accroupie devant une boîte. Les étagères accueillent piles de linge et torchons soigneusement repassés, mais l’objet de son attention c’est cette boîte où Elle remise ses trésors. Des lettres et dessins de jeunesse, que sa mémoire doit évacuer, sont dissimulés sous des chaussons et brassières. Ceux-ci feront l’objet d’une lessive particulière aux copeaux de savon. Elle doit se concentrer sur l’avenir, tourner ses pensées vers l’enfant qu’elle attend.

Elle en a déjà un, tout le portrait de son père, Il marche à peine et déchire avec application trois lettres pendant qu’Elle somnole. Elle rêve, un long foulard souligne son ventre rebondi et décontracté, ce sera une fille, une alliée, une semblable. Sûr !

AMAZONE

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ROUGE

Elle... dans un océan de rouge... elle... avec lui...elle se cache, c'est sûr elle... se cache, elle... lui il veut il dit "c'est rouge" elle... honte...
Lire la suite du texte de LUNEMBUL.

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La chambre est rouge, comme le visage de celui qui part. Qu'il disparaisse.
Le cadre de la porte entoure cette ombre qui fuit, noire comme la soutane, sombre comme ses paroles.
Et la pièce retrouve…
Lire la suite du texte de MD.

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Elle est déjà sortie.
Sa chambre est comme un salon. Vaste, rangé, rouge. Du rouge d’un rideau qui recouvre tout, qui enferme.
Elle a laissé…
Lire la suite du texte de BÉATRICE.

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LE COMBAT DES FÉES

Pour la millième fois, elle essaie de le retenir. Elle prend une mine boudeuse ; lui, il parle beaucoup, comme chaque fois. Il y a trop d’excitation dans sa voix et trop…
Lire la suite du texte de LOBO.

•••


SOUVENIRS

Rouge au front de son grand-père
Rouge sur les murs
Rouge sur les draps
Rouge sur la main qui…
Lire la suite du texte de S_CL.

20 juin 2006

ŒIL POUR ŒIL

On aura beau dire, c'est important, les yeux, au cinéma….

































CADEAU BONUS


19 juin 2006

MAIS OÙ AI-JE LA TÊTE ? - réponses et gagnants






LES RÉPONSES



Sanzio Raphael
La Madonne Granduca
1504
Galerie Palatine (Palais Pitti), Florence


J'ai voulu commencer par un piège, vous aiguiller vers Vinci, mais pas grand-monde s'est fait avoir !










Rogier Van der Weyden
Le polyptyque du Jugement Dernier [Nicolas Rolin]
1/ face arrière - 2/ détail - 3/ face avant ouvert
1446-1452
Musée de l'Hôtel Dieu, Beaune


Le Chancelier Rolin fut jadis évoqué dans la Boîte et dans cette version et surtout dans celle de Van Eyck, et c'est par là.





Paolo Veronese
Lucrèce [Elena Badile]
1580
Kunsthistorisches Museum, Vienne


J'en avais parlé dans l'amour de Veronese.





René MAGRITTE
La Clairvoyance [autoportrait]
1936
Galerie Isy Brachot, Bruxelles


Ah non, de cet autoportrait je n'avais jamais dit un mot. Attention ne pas déranger : Magritte bosse…





François Boucher
Portrait de Mme de Pompadour
1758
National Gallery of Scotland, Edimbourg


Là, se dissimulait un piège à deux étages.
Premier étage : on pouvait penser au fabuleux pastel de Maurice Quentin Delatour dont j'avais causé par ici, et qui est dans les mêmes tonalités.
Deuxième étage : pour réaliser cette oeuvre datée de 1758, Boucher a copié l'un de ses autres portraits de la Pompon - celui-là conservé par l'Ancienne Pinacothèque de Munich - qu'il avait exécuté deux ans plus tôt.





Malgré les tons bruns du portrait munichois, beaucoup sont tombés dans le panneau !





Quentin Metsys
Portrait d'Erasme de Rotterdam
1517
Galerie nationale d'Art antique, Rome


Ici encore, petit piège facilement évité : Hans Holbein a exécuté sept portraits d'Érasme mais j'ai préféré proposer celui de Metsys, déjà paru dans mon billet consacré à la Duchesse d'Alice.





Lucas Cranach l'Ancien
Adam et Ève [Ève]
1538
Galerie nationale, Prague


De celle-là et de ses copines déguisées en ménagères désespérées, j'en avais dit quelques mots par ici.





Rembrandt
Portrait de Titus [son fils]
1657
Wallace Collection, Londres


Ce petit dernier a donné du fil à retordre à plus d'un. Il me semblait pourtant que que c'était logique et facile : comment ne pas faire figurer un Rembrandt dans un jeu sur le portrait ? Mais pas un autoportrait, tout de même ! Alors son fils, Titus.



LES GAGNANTS

Le combat fut âpre, et l'on voit par là que certain(e)s sont prêt(e)s à tout pour une poignée de fraises Tagada !
Il y avait 35 réponses à donner.

SYLVIANE : 32 réponses
Il manquait le nom du modèle pour Lucrèce : Elena Badile, épouse de l'artiste ; il y eut deux hésitations quant aux dates de la Pompon et de l'Ève.

DENIS-PIERRE : 32 réponses
Il manquait le nom de l'oeuvre complète pour le polyptyque ; la date du Veronese était fausse ; le lieu de conservation du Magritte était imprécis.

HOLBEIN : 32 réponses
Il manquait le nom de Rolin, le nom du modèle de Veronese, et la date pour le portrait de la Pompon était fausse : on trouve parfois sur le ouèbe la date de 1750, mais il s'agit d'une erreur.

DIDIER(?) : 27 réponses
Il manquait le nom du modèle pour Lucrèce ; la date de cette oeuvre était fausse : 1850 au lieu de 1580 (arg !) ; le lieu de conservation du Magritte était faux ; la date et le lieu de conservation de la Pompon étaient erronés (confusion avec l'autre portrait) ; les quatre réponses concernant Rembrandt étaient… délirantes ! ;-)

ZOLURNE : 27 réponses
Il manquait le premier portrait (4 points en moins d'un coup !) ; le nom du modèle pour Lucrèce ; des réponses définitives pour la Pompon.

AMAZONE : 26 réponses
Il manquait le nom du modèle pour Lucrèce, et la date était fausse ; le lieu de conservation du Magritte était manquant ; la date et le lieu de conservation de la Pompon étaient erronés (confusion avec l'autre portrait) ; les quatre réponses concernant Rembrandt étaient manquantes.


À propos des dates : on peut discuter à l'infini certaines d'entre elles, tant il est vrai que nous n'aurons probablement jamais de réponses définitives.

N'empêche que SYLVIANE, DENIS-PIERRE et HOLBEIN totalisent le même nombre de points. Le tenancier de ces lieux se trouvait donc bien embêté. Il mâchouillait distraitement des fraises Tagada en se demandant comment il allait s'en sortir et, ne trouvant point d'issue, convoqua son conseil d'administration formé par le concierge, le technicien de surface, le gardien de nuit et le dactylographe en CDD à temps partiel.

Après délibération et votes grâce à des bulletins entachés d'empreintes digitales rouges (bein ouais, les fraises…) il a été décidé que ces trois-là* seraient officiellement déclarés ex-aequo.

Parce que la maison ne recule devant aucun sacrifice. Et puis de toute façon, des fraises il n'en reste plus des masses, d'abord.

Or donc, les gagnants dont je ne possède pas encore l'adresse postale peuvent me la communiquer dans ma boîte aux lettres.

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*Précisons toutefois que le cas d'HOLBEIN faillit transformer cette sympathique réunion en pugilat. Le secret des délibérations m'oblige à n'en point révéler la cause mais lui, le HOLBEIN, il sait bien pourquoi, hein !



17 juin 2006

BOÎTE À RÊVES - 5 - proposition










À partir de ces trois images à considérer impérativement dans cet ordre, écrire une histoire de 1 500 signes maximum* dans laquelle il faudra montrer plutôt que dire. Ne pas dire, ne pas nommer les sentiments, mais les faire passer par la description soi-disant objective du décor et des personnages. Le texte sera écrit à la troisième personne du singulier féminin : Elle.

Les mots qui définissent les sentiments sont très vagues, il vaut mieux éviter leur emploi et s'en tenir à la description des objets, des êtres humains et de soi-même, c'est-à-dire à la description fidèle des faits.

Agota Kristof, Le Grand Cahier.



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* Un signe est une lettre, une ponctuation ou une espace. Dans Word, utiliser Outils, Statistiques, Caractères (espaces compris).




Modalités de participation et de publication


• Vous avez jusqu'au mardi 20 juin à 23h59 pour m'envoyer vos écrits.

• Les personnes intéressées peuvent publier leur texte et les images sur leur blogue éventuel ; dans ce cas, elles devront faire un lien vers cette page de la Boîte et m'avertir de leur parution ;

• les ceusses qui ne possèdent pas de blogue ou ne veulent pas y publier leur texte peuvent me l'adresser en boîte aux lettres ;

le jeudi 21 juin, une page de la Boîte à Images récapitulera, avec les premiers mots en amorce, la liste des textes publiés sur des blogues ; elle affichera également l'intégrale des textes adressés par courrier.

Allez hop ! À vos claviers !


Les trois oeuvres sont de Félix Vallotton :
- La Chambre rouge, 1898
- Femme fouillant dans un placard, 1900-1901
- Chambre rouge avec femme et enfant, 1899

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