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30 août 2006

LE JEU DU 3en1

Votre sein doux pour le corps
c'est ce que mes vers, à l'âme, sont.

Boby Lapointe





Trois catégories pour ce concours,
par ordre croissant de difficulté.

Retrouvez les titres, les auteurs, les dates de réalisation
et les localisations actuelles de ces oeuvres.

Vous pouvez jouer dans une, deux ou trois catégories,
les réponses sont à expédier exclusivement dans
ma boîte aux lettres.

Clôture du concours le dimanche 3 septembre à 23h59.


Lavage Minidoux



Lavage Couleurs délicates



Lavage Blanc à 90°



25 août 2006

ACCRO DE BOUCHER

François Boucher (1703-1770) était un peintre renommé, un peintre de Cour qui jouissait de la protection de la Pompadour. On se disputait ses oeuvres et l'homme, qui avait le pinceau facile, ne se privait pas de se copier lui-même. Ainsi, on retrouve de nombreux éléments communs dans ses toiles et tapisseries.

Jetons un oeil sur un exemple frappant, avec cette Léda et le Cygne :




Léda et le Cygne, 1741,
Stair Sainty Matthiesen Museum, New York


Boucher la peint en 1741, la présente au Salon en 1742. L'oeuvre est unanimement applaudie, et aussitôt il en exécute une copie qui part dare-dare pour la Suède :




Léda et le Cygne, 1742, Nationalmuseum, Stockholm



Quelques mots sur la construction :





l'oeuvre s'inscrit dans un triangle et suit en même temps une diagonale qui, partant du coin inférieur droit, longe les fesses de la jeune fille de droite, suit son dos, passe par le sein droit de la jeune fille de gauche, longe son bras pour finir dans le coin supérieur gauche.

La jeune fille de droite se retrouve dans un autre tableau de la même année, l'Éducation de l'Amour :




l'Éducation de l'Amour, 1742, Staatliche Museun de Berlin


Cette toile est construite sur la même diagonale que précédemment, mais la jeune fille (Vénus) n'est plus posée dessus. Elle est à l'extérieur et interrompt Mercure, qui était occupé à faire l'éducation de l'Amour.





Elle brise le triangle qui les enfermait tous les deux, et va mettre le feu aux poudres…

Peut-être à ce moment-là (mais rien n'est moins sûr) Boucher s'est-il dit que cette jeune femme de dos, à demi couchée sur le ventre, était un sujet extrêmement intéressant. Quoi qu'il en soit, il réalise trois ans plus tard la fameuse Odalisque ou Odalisque brune :




Odalisque brune, 1745, musée du Louvre, Paris


Cette toile déclencha à la fois fureur et admiration. Fureur de la part de Diderot qui détestait Boucher et l'accusera d'avoir prostitué sa femme, sauf qu'on n'a aucune preuve qu'il s'agit du portrait de la femme du peintre ; admiration de la part du reste du monde qui se contrefoutait des pudeurs de Diderot. L'oeuvre sera copiée, dupliquée en gravure, et Boucher en réalisera lui-même une copie accrochée au musée des Beaux-Arts de Reims.

La toile est cette fois construite sur deux diagonales :





La première part du bas à droite, longe la jambe jusqu'aux fesses, rejoint la coiffure et se perd dans l'angle supérieur gauche ; la seconde part du coin supérieur droit, suit le drapé bleu, passe par le coin de la petite table en bas à gauche. À l'intersection des deux, le popotin de la dame ! Oulalah…

Croquis préparatoire à cette Odalisque brune :






Quand une recette fonctionne, pourquoi ne pas en tirer profit ? En 1751, Boucher peint Mademoiselle O'Murphy dans une position similaire :




Louise O'Murphy, 1751, Wallraf-Richartz Museum, Cologne



Grâce ou à cause de ce tableau, cette française d'origine irlandaise deviendra la maîtresse de Louis XV et la Pompadour fera comme si elle n'avait rien vu. Louise O'Murphy eut pourtant une fille avec le roi, et peut-être un fils aussi !

Quant à Casanova, il prétendit qu'elle fut également sa maîtresse et écrivit, dans ses Mémoires :
L’habile artiste avait dessiné ses jambes et ses cuisses de façon que l’oeil ne pouvait pas désirer de voir davantage. J’y ai fait écrire dessous : O-Morphi, mot qui n’est pas homérique, mais qui n’est pas moins grec. Il signifie Belle.


Là encore, le tableau remporta un vif succès et fut maintes fois reproduit. Par Boucher tout d'abord, qui en fit une copie l'année suivante :




Louise O'Murphy, 1752, Alte Pinakothek, Munich


On notera quelques différences : la couleur de la coiffure, le drap rose, la fleur déplacée, le coussin et l'espèce de petit fourneau qui rappelle la théière de l'Odalisque brune de 1745. Cette seconde version de Louise O'Murphy est à mon avis bien supérieure à la première et j'oserai énoncer qu'elle représente le sommet de l'art de Boucher, même si l'on s'accorde généralement pour dire que le nec plus ultra du peintre est Diane après le bain (dont je reparlerai plus bas).

Quand une recette fonctionne, disais-je plus haut… En 1752 toujours, Boucher reprend la même silhouette et l'inclut dans son Coucher du Soleil :




Coucher du Soleil, 1752, Wallace Collection, Londres




détail


Ce tableau a un pendant, qui est bien sûr le Lever du Soleil visible également à la Wallace Colection.

Ce dos, encore et toujours. Comme une marque de fabrique.

Était-ce seulement une recette, une manoeuvre commerciale ? Ne pourrait-on pas y voir plutôt une obsession de Boucher ? L'un de ces sujets que l'on dessine et redessine pendant des années et des années, sans exactement savoir pourquoi ?

Et ce visage, que l'on retrouve aussi par-ci par-là ? Car sans aucun doute, celui de Diane après le bain ressemble furieusement à celui de Louise O'Murphy :




Diane après le bain, 1742, musée du Louvre, Paris




détail



Ce visage identifié comme étant celui de Louise O'Murphy était-il vraiment celui de ladite demoiselle ? Pas sûr. À l'heure actuelle, on pense qu'il s'agirait plutôt d'un visage inventé. Celui de la jeune fille idéale, rêvée, adolescente potelée illustrant la femme parfaite pour les habitués de la Cour de Louis XV.

Mais peut-être ce visage, ce dos et ces fesses représentaient-ils pour Boucher la quintessence de la peinture. Peu-être l'artiste, qui passa l'essentiel de sa vie à composer des scènes érotiques, cherchait-il à cet endroit précis, entre cette nuque et ces pieds, quelque chose d'indicible. Un au-delà des apparences qui justifierait tout son art.






CADEAU BONUS N°1

Le plus fameux copiste de Boucher était Gilles Demarteau, un graveur belge originaire de Liège à propos duquel on trouve une foule d'images et d'informations par ici. Il grava cinq cent soixante planches, dont deux-cent soixante-six sont des adaptations de Boucher. L'estampe ci-dessous, très largement inspirée de Louise O'Murphy, imite le dessin à la sanguine. Il s'agit pourtant bien d'une gravure réalisée avec la technique appelée manière de crayon qui consiste à utiliser, sur un plaque vernie, des tiges à trois pointes et des roulettes de différentes largeurs visant à restituer le rendu du dessin au crayon en hachures (pour la suite des opérations, voir ce que je disais de l'eau-forte par là).




Femme nue étendue sur le ventre avec un Amour
par Gilles Demarteau, 1761


Liens
Le site de l'Université de Liège présente une notice biographique et des oeuvres de Demarteau.
Le site de la Wallace Collection possède quelques belles pièces de Boucher. Et également une oeuvre de Jacques Charlier qui est la copie d'une Naissance de Vénus de Boucher. Sur cette gouache, en bas à droite, toujours la même jeune fille dans la même position :





CADEAU BONUS N°2

DENIS DIDEROT ET FRANÇOIS BOUCHER


Boucher est le plus grand hypocrite que je connaisse.
Denis Diderot



En 1761, Boucher est nommé président de l'Académie. Diderot commence à critiquer ses oeuvres. Dans son compte rendu du Salon de cette année-là, il écrit :

« Cet homme a tout — excepté la vérité. »

Il reconnaît cependant qu'« au reste ce peintre est à peu près en peinture ce que l’Arioste est en poésie. Celui qui est enchanté de l’un est inconséquent s’il n’est pas fou de l’autre. »

En 1765, Boucher est nommé Premier Peintre du Roi. Dans son compte rendu du Salon, Diderot se déchaîne :

« Je ne sais que dire de cet homme-ci. La dégradation du goût, de la couleur, de la composition des caractères, de l'expression, du dessin, a suivi pas à pas la dépravation des mœurs. Que voulez-vous que cet artiste jette sur la toile ? ce qu'il a dans l'imagination. Et que peut avoir dans l'imagination un homme qui passe sa vie avec les prostituées du plus bas étage ? La grâce de ses Bergères est la grâce de la Favart dans Rose et Colas ; celle de ses Déesses est empruntée de la Deschamps. * Célèbre courtisane morte depuis un an dans la plus austère pénitence. * Je vous défie de trouver dans toute une campagne un brin d'herbe de ses paysages. Et puis une confusion d'objets entassés les uns sur les autres, si déplacés, si disparates, que c'est moins le tableau d'un homme sensé que le rêve d'un fou. C'est de lui qu'il a été écrit :

...velut aegri somnia, vanae
Fingentur species : ut nec pes, nec caput...
*

J'ose dire que cet homme ne sait vraiment ce que c'est que la grâce ; j'ose dire qu'il n'a jamais connu la vérité ; j'ose dire que les idées de délicatesse, d'honnêteté, d'innocence, de simplicité lui sont devenues presqu'étrangères ; j'ose dire qu'il n'a pas vu un instant la nature, du moins celle qui est faite pour intéresser mon âme, la vôtre, celle d'un enfant bien né, celle d'une femme qui sent ; j'ose dire qu'il est sans goût. Entre une infinité de preuves que j'en donnerois, une seule suffira ; c'est que dans la multitude de figures d'hommes et de femmes qu'il a peintes, je défie qu'on en trouve quatre de caractère propre au bas-relief, encore moins à la statue. Il y a trop de mines, de petites mines, de manière, d'afféterie pour un art sévère. Il a beau me les montrer nues, je leur vois toujours le rouge, les mouches, les pompons, et toutes les fanfioles de la toilette. Croyez-vous qu'il y ait jamais eu dans sa tête quelque chose de cette image honnête et charmante de Pétrarque ?

E 'l riso, e 'l canto, e 'l parlar dolce, humano.

Ces analogies fines et déliées qui appellent sur la toile les objets et qui les y lient par des fils imperceptibles, sur mon Dieu il ne sait ce que c'est. Toutes ses compositions font aux yeux un tapage insupportable. C'est le plus mortel ennemi du silence que je connoisse ; il en est aux plus jolies marionnettes du monde ; il tombera à l'enluminure. Eh bien ! mon ami, c'est au moment où Boucher cesse d'être un artiste qu'il est nommé premier peintre du roi. N'allez pas croire qu'il soit en son genre ce que Crébillon le fils est dans le sien. Ce sont bien à peu près les mêmes mœurs, mais le littérateur a tout un autre talent que le peintre. Le seul avantage de celui-ci sur l'autre, c'est une fécondité qui ne s'épuise point, une facilité incroyable, surtout dans les accessoires de ses pastorales. Quand il fait des enfants, il les groupe bien ; mais qu'ils restent à folâtrer sur des nuages. Dans toute cette innombrable famille vous n'en trouverez pas un à employer aux actions réelles de la vie, à étudier sa leçon à lire, à écrire, à tiller du chanvre. Ce sont des natures romanesques, idéales, de petits bâtards de Bacchus et de Silène. Ces enfans-là, la sculpture s'en accommoderoit assez sur le tour d'un vase antique. Ils sont gras, joufflus, potelés. Si l'artiste sait pétrir le marbre, on le verra. En un mot, prenez tous les tableaux de cet homme ; et à peine y en aura-t-il un à qui vous ne puissiez dire comme Fontenelle à la sonate : Sonate, que me veux-tu ? Tableau, que me veux-tu ? N'a-t-il pas été un temps où il étoit pris de la fureur de faire des vierges ? Eh bien ! qu'étoit-ce que ses vierges ? de gentilles petites caillettes. Et ses anges ? de petits satyres libertins. Et puis, il est dans ses paysages d'un gris de couleur et d'une uniformité de ton qui vous feroit prendre sa toile, à deux pieds de distance, pour un morceau de gazon ou d'une couche de persil coupé en quarré. Ce n'est pas un sot pourtant. C'est un faux bon peintre comme on est un faux bel-esprit. Il n'a pas la pensée de l'art ; il n'en a que le concetti. »

__________
*. Horace, Art poétique, vv. 7-8.


Afin de tempérer cette mise à mort on pourra lire, sur le passionnant site freresgoncourt.free.fr, ce que disaient les frères Goncourt à propos de nos deux amis. Ne pas oublier de lire également les notes et notules, tout aussi intéressantes (enfin, pour ceux qui sont aussi bargeots que moi !)

24 août 2006

LA PLUS ÉTRANGE BARBARIE


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et surtout pour lire le texte associé




Le naba Yateuga, chef Mossi au Soudan
(extrait de Plaisir de France, 1937)



« Les oeuvres d'art, qui sont aujourd'hui à l'honneur au musée du Quai-Branly, appartiennent d'abord et avant tout aux peuples déshérités du Mali, du Bénin, de la Guinée, du Niger, du Burkina-
Faso, du Cameroun, du Congo. Elles constituent une part sub-
stantielle du patrimoine culturel et artistique de ces sans visa ».




Femmes du Dahomey, vers 1895









« Le musée du Quai-Branly est bâti sur un profond et douloureux paradoxe à partir du moment où la quasi-totalité des Africains, des Amérindiens, des Aborigènes d'Australie, dont le talent et la créativité sont célébrés, n'en franchiront jamais le seuil compte tenu de la loi sur l'immigration choisie. »












« Nos oeuvres ont droit de cité là où nous sommes, dans l'ensemble, interdits de séjour. »












« Ce sont les descendants directs de ceux qui ont fabriqué ces merveilles qui meurent accrochés aux barbelés de nos parapets européens, qui se noient par centaines entre Lampedusa, Gibraltar et les Canaries, qui sont expulsés comme des paquets par charters hebdomadaires, dont les enfants sont arrachés aux écoles de la République, quand ils ne sont pas morts gelés sous les roues des trains d'atterrissage de nos avions jet liners. Pour les chanceux, dans les couloirs du musée, ils balaient peut-être les poussières ancestrales. »







Tabouret béninois
en réserve au musée du Quai-Branly



Sources
Les trois premières citations sont extraites d'un article d'Aminata Traoré, ancienne ministre de la Culture du Mali, paru dans Libération le 20 juillet 2006.
La quatrième citation est extraite d'un article écrit par Patrick Prado, chercheur au CNRS-Lahic (Laboratoire d'anthropologie et d'histoire de l'institution de la culture), et paru dans le même numéro de Libération.

Tous mes remerciements à Olivier qui m'a fait prendre connaissance de ces articles, et à la fabuleuse, l'inépuisable Agence Euréka de Pita qui m'a fourni certaines images et m'a indiqué des pistes pour en dénicher d'autres.



22 août 2006

LES CASES DE FRED - MODESTY BLAISE






Aux temps lointains où Fred était en culottes courtes, les BD paraissaient en histoires complètes dans des magazines de petit formats appelés illustrés, ou bien en épisodes dans la presse quotidienne ou hebdomadaire.

Modesty Blaise égayait les pages du quotidien l'Aurore, qui vécut de 1944 à 1985.

Ces strips de trois cases seulement mettaient en scène une sulfureuse aventurière, travaillant pour l'Intelligence Service grand-breton. Modesty B., version féminine de James B.
Le petit Fred en rêvait la nuit.






Selon certaines sources, le scénariste Peter O'Donnell proposa en 1963 cette série au Daily Express qui la refusa, jugeant le texte et les dessins de Jim Holdaway trop osés. O'Donnell aurait alors soumis le projet à l'Evening Standard qui l'aurait accepté.

Selon une autre source, c'est l'Evening Standard qui aurait demandé à Peter O'Donnell un projet de série. Le journal aurait alors proposé à Frank Hampson de l'illustrer mais O'Donnell aurait refusé les dessins de Hampson au prétexte qu'ils n'étaient pas sexy pour un penny, et aurait suggéré que Jim Holdaway se charge des dessins (O'Donnell et Holdaway avaient déjà travaillé ensemble). Les essais ci-dessous, comparés aux strips réalisés ensuite par Holdaway, semblent attester cette version de la genèse de Modesty Blaise :


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essai de Frank Hampson



strip final de Peter O'Donnell



Retrouvons maintenant quelques autres strips de Holdaway :


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Holdaway est mort en 1970. Mais il fallait que Modesty continue à vivre et c'est l'espagnol Enrique Romero qui fut chargé de la dessiner. Lui succéderont John Burns et Neville Collins. Quelques images de Romero, que je trouve de la plus haute vulgarité. Et encore, je vous épargne ses illustrations de Modesty à poil. Elles ne feraient qu'énerver notre ami Fred, qui a bien grandi depuis :


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Au point de vue graphique, la Modesty Blaise de Holdaway s'inscrit dans la lignée de Rip Kirby, série créée en 1946 par Alex Raymond et reprise en 1956 par son assistant John Prentice.


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Rip Kirby par Alex Raymond


À noter que Rip Kirby ressemble furieusement à Arthur Miller !





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Rip Kirby par John Prentice



Mais je sens que le vieux Fred s'impatiente, aussi revenons dare-dare à la môme Modesty.


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En 1965, Peter O'Donnell entame une série de romans relatant les aventures de son héroïne. Quand une affaire marche, hein ! Un film fut également réalisé en 1966 par Joseph Losey. Avec Monica Vitti dans le rôle-titre, Terence Stamp et Dirck Bogarde. Un film nullissime, mais avec Monica Vitti tout de même. (Non non, Fred, ne regarde pas ce film…)








LE CADEAU BONUS
POUR LES AMATEURS QUI VEULENT S'ENCOMBRER
DE TRUCS QUI NE SERVENT À RIEN


En France, Modesty Blaise et bien d'autres strips - parmi lesquels Rip Kirby - étaient diffusés par Opera Mundi. Voir l'inscription figurant à la verticale de la case ci-dessous :






Opera Mundi est une agence française créée par Paul Winkler. Elle est à l'image des syndicates amerlocains, qui diffusent de par le monde articles et bandes dessinées. Le plus grand syndicate est King Features Syndicate, suivi de près par United Features Syndicate.



Lien
Retrouvez sur The Lost Characters of Frank Hampson huit strips inachevés et en grand format de Hampson, ainsi que leurs versions finales par Holdaway. Et n'oubliez pas de cliquer sur les autres liens concernant Modesty qui figurent sur cette belle page.

Bibliographie
Les éditions Titan Books rééditent actuellement en idiome grand-breton la série des Modesty Blaise. Il existe pour l'heure sept ou huit volumes, regroupant les strips de Holdaway et de l'infâme Romero :







Certains des romans ont été traduits en français chez 10/18, mais sont désormais introuvables.

Filmographie
Le film de Joseph Losey avec Monica Vitti est disponible en dévédé. On notera la différence entre l'affiche originale et la jaquette du dévédé :





La Boîte à Images examinera bientôt une autre des bandes dessinées qui enchanta l'enfance de Fred.



21 août 2006

MANIÈRE NOIRE

La manière noire est un procédé de gravure sur cuivre inventé en 1642 par un Hollandais, du nom de Ludwig von Siegen. À une époque où la photographie n'existait pas, son but était de reproduire en noir et blanc - à l'instar des autres procédés de gravure sur métal - des peintures célèbres afin d'en permettre la diffusion.

La technique de la manière noire se décompose en deux étapes principales.

1. Obtenir un noir parfait
On constelle de petits trous une plaque de cuivre à l'aide d'un outil appelé berceau, qui est une espèce de lame striée existant en plusieurs tailles. Il faut "bercer" la plaque une multitude de fois pour obtenir un réseau fin et uni de petits trous.




berceau, vu des deux côtés




berceau en action




Vue en coupe d'une plaque de cuivre bercée



Si nous recouvrons ensuite cette plaque de cuivre d'une encre ayant la consistance de la gouache ; si nous la déposons sur une presse ; si nous la recouvrons d'une feuille de papier humide et si nous faisons tourner la presse, un rectangle noir uniforme sera imprimé sur la feuille. Les petites barbes créées par le passage du berceau donneront à ce noir un caractère velouté.

2. Ramener des zones grises et blanches
Sur cette plaque restituant un noir parfait, nous pouvons maintenant dessiner en créant des zones grises et blanches. Pour cela il suffit d'écraser, avec un brunissoir et un grattoir, les pics de cuivre. Plus nous écraserons ces pics, moins les trous seront importants et par conséquent, moins ils contiendront d'encre. Nous obtiendrons ainsi un gris. Si nous écrasons totalement ces pics, la plaque deviendra unie et l'encre n'y sera pas retenue. Dans cette zone, nous obtiendrons alors un blanc parfait.




brunissoir



grattoir



le travail du brunissoir sur la plaque de cuivre




Vue en coupe d'une plaque de cuivre encrée
dont certains pics sont restés intacts
alors que d'autres ont été à moitié ou complètement écrasés




portrait réalisé en manière noire




détail de l'oeil



Le principe de la manière noire est donc extrêmement simple : sur une plaque restituant un noir parfait, nous ramenons progressivement des gris de différentes tonalités et des blancs et nous créons un joli dessin qui fera l'admiration des foules.


La manière noire en images qui bougent




Cette technique qui, à l'inverse de l'eau-forte ou de l'aquatinte ne demande l'intervention d'aucun produit chimique, possède deux inconvénients de taille : grainer uniformément la plaque est un travail de galérien, et on ne peut pas se permettre ensuite de trop écraser les pics, c'est-à-dire de créer des gris trop clairs, car il n'existe aucun moyen de revenir en arrière. Mais le résultat en vaut la peine !


Quelques exemples de gravures à la manière noire



Une académie, manière noire de William Pether
d'après une oeuvre originale de Joseph Wright of Derby, 1772




Mister Banks, manière noire de John Raphael Smith
d'après une oeuvre originale de Benjamin West, 1773


Les Grands-Bretons étaient devenus - surtout au XIXème siècle - les grands maîtres de la manière noire (mezzotint en angliche). Si bien que souvent l'on appelait cette technique gravure à l'anglaise. Il s'agissait toujours de reproduire des oeuvres déjà existantes, avec l'accord du peintre qui parfois surveillait de près la réalisation de la gravure. Tel fut le cas de Constable, par exemple.

Au XXème, la photo remplace la gravure à l'anglaise pour la propagation des oeuvres picturales. Dès lors, la manière noire peut devenir un moyen d'expression à part entière avec des artistes qui ne se contentent plus de reproduire, mais qui créent des oeuvres originales.

Cependant, les manières noires contemporaines de qualité sont assez rares. Le plus souvent, des artisans qui se prétendent artistes réalisent, en petit format (bein oui, parce que ça fait mal au bras, de bercer puis d'écraser pendant des jours une plaque de cuivre !) des natures mortes sans intérêt. Heureusement, il reste quelques fous pour inventer de belles images grâce à ce procédé un tantinet préhistorique :




Morning Paper, manière noire originale
d'Alessandro Mastro Valerio, 1941




Oeil, manière noire originale
de M.C. Escher, 1946




Keith, manière noire originale
de Chuck Close, 114 x 89.5 cm, 1972




Trance, manière noire originale
d'Art Werger, 1994




Lokomotywa, manière noire originale
de Jarosław Jędrzejowski, 2001



Dans mon billet précédent, j'avais expliqué la technique de l'écran d'épingles inventée par Alexandre Alexeïeff. Cette invention géniale trouve son origine dans la gravure en manière noire puisque dans les deux cas, des pointes plus ou moins hautes créent toute la gamme du noir au blanc. Plus les pointes sont hautes, plus le noir est intense. Plus elles sont enfoncées, plus nous nous rapprochons du blanc. Ajoutons enfin que l'aspect velouté - si caractéristique de la manière noire - se retrouve à l'identique dans les images créées à l'aide de l'écran d'épingles.

Liens
Les belles manières noires d'Art Werger.
J'avais rapidement décrit les principales autres techniques de gravure (burin, pointe sèche, eau-forte et aquatinte) dans mon billet consacré à Martin Lewis.

19 août 2006

APPRENONS À DESSINER AVEC UN TAPIS DE FAKIR NAIN





L'écran d'épingles représenté ci-dessus est une invention géniale d'Alexandre Alexeïeff et Claire Parker.

Alexandre Alexeïeff (né en 1901 à Kazan en Russie et mort à Paris en 1982) quitte son pays natal en 1921 pour rejoindre la France, où il deviendra graveur et illustrateur. C'est là qu'il rencontrera Claire Parker, une étudiante amerlocaine qui deviendra son épouse.

Tous les deux, ils inventent l'écran d'épingles au début des années 30. Oui mais à quoi ça sert, un écran d'épingles ? Pour la couture ? Pour piquer en série des poupées vaudou ? Niet niet niet ! Ça sert à fairrre des films d'animation trrrès sombrrres et trrrès jolis.

Imaginez un rectangle de bois ou de métal peint en blanc, très régulièrement percé de 240 000 trous. Dans chacun des trous est enfoncée une épingle et l'engin ressemble alors à un confortable tapis à clous de fakir nain, sauf qu'ici ces épingles peuvent s'enfoncer librement dans le support. Posez un éclairage rasant sur le côté de ce rectangle. Chaque épingle va alors projeter une ombre. Si toutes les épingles sont sorties au maximum, on va obtenir, par addition de leurs ombres, le noir total sur la surface. Si elles sont à demi enfoncées, leurs ombres seront deux fois moindres et on obtiendra un gris. Si elles sont complètement enfoncées, elle ne projetteront plus aucune ombre sur le support et on aura alors une surface blanche illuminée par l'éclairage.




Alexandre Alexeïeff dessinant sur l'écran d'épingles,
face à Claire Parker



Avec un tel système, il est possible de dessiner, mais oui ! en enfonçant plus ou moins les épingles à l'aide de différents outils. C'est ainsi qu'en forgeant ombres et lumières, on donne vie à son imaginaire (vous avez vu ? j'ai écrit une bien jolie phrase, là).




Alexandre Alexeïeff Claire Parker devant un écran
probablement composée de 500 000 épingles



Il suffit alors de prendre une vue avec la caméra placée en face de l'écran d'épingles, de modifier ensuite l'image en jouant sur les épingles, de prendre une deuxième vue, etc*.

__________
* Il est nécessaire de réaliser dix-huit ou vingt-quatre images différentes pour obtenir une seconde de film d'animation… Quand on filme des acteurs, la vitesse est impérativement de vingt-quatre images par seconde. À noter que la vidéo a une vitesse de déroulement légèrement plus rapide : vingt-cinq images par seconde pour les normes PAL et SECAM, trente images par seconde pour la norme NTSC. C'est la raison pour laquelle un film projeté par une chaîne de télévision ou sur un magnétoscope dure moins longtemps qu'au cinéma.


En 1933, Alexeïeff réalise son premier court-métrage avec l'écran d'épingles. D'une durée de huit minutes trente, ce sera Une nuit sur le Mont Chauve, d'après le poème symphonique de Moussorgski.




Une nuit sur le Mont Chauve



L'oeuvre du compositeur était elle-même inspirée d'une nouvelle de Gogol, et l'une des versions de l'oeuvre de Moussorgski a été utilisée par Walt Disney pour Fantasia.

Quant à Gogol, il inspirera en 1963 un autre film d'Alexeïeff, le Nez.

Le Nez, images arrêtées







En 1962, Alexeïeff réalisait le prologue et l'épilogue au Procès d'Orson Welles d'après l'oeuvre de Kafka. Cliquez sur l'image ci-dessous pour avoir accès à sept images en grand format extraites de ce film.




Un grand merci à Omer, ouèbemaistre de LeWUB, qui m'a très gentiment fourni ces captures d'écran.

En 1974, après une visite d'Alexeïeff au Canada, le réalisateur Jacques Drouin se lance à son tour dans la technique de l'écran d'épingles. Il réalise Trois exercices sur l'écran d'épingles d'Alexeïeff, et le Paysagiste en 1976.

Le Paysagiste, images arrêtées











Dans ce film visible par là, on remarquera plusieurs hommages. L'un à Magritte, un autre au peintre étazunien Grant Wood (dont j'avais parlé par ici)




Stone City de Grant Wood, 1930



et un troisième à Alexeïeff avec ce labyrinthe, rappel du prologue au Procès de Welles.


En 1986, Drouin réalise un court-métrage avec Bretislav Pojar, qui mêle animation de marionnettes et écran d'épingles. L'animateur canadien signera par la suite d'autres courts-métrages avec l'écran d'épingles (visibles grâce aux liens ci-dessous).

Mais j'en entends au fond qui grondent, et qui se demandent comment cette idée farfelue de dessiner avec un tapis à clous de fakir nain a-t-elle bien pu germer dans l'esprit troublé de ce Russe exilé ? Excès de vodka ? Séance de méditation métaphysico-transcendantale devant le portrait de Lénine haranguant les foules ? Niet. Alexeïeff était graveur, ainsi que je l'ai déjà dit.

C'est de l'un des procédés de gravure sur cuivre que lui est venue cette idée, un procédé dont je parlerai longuement dans mon prochain billet !


Filmographie d'Alexeïeff avec l'écran d'épingles
1933 : Une nuit sur le Mont Chauve (noir et blanc, 08 min 30 s)
1943-1944 : génériques de films américains de propagande pour le compte de l’Office of War Information (noir et blanc, nombre inconnu)
1944 : En passant (noir et blanc, 04 min)
1962 : Le Procès (d'après la Loi, nouvelle de Kafka en prologue et épilogue du Procès d’Orson Welles, noir et blanc, 07 min)
1963 : Le Nez (noir et blanc, 11 min)
1972 : Tableaux d’une exposition (noir et blanc, 10 min)
1980 : Trois thèmes (noir et blanc, 08 min)

Liens
Un très intéressant article de l'ONF (Office National du Film canadien) à propos d'Alexeïeff et de Jacques Drouin est lisible par ici.
Un autre article, éminemment technique, sur l'écran d'épingles traditionnel et ses dérivés via le numérique est lisible par là. Attention, il est rédigé dans le dialecte grand-breton.
Certains des films de Jacques Drouin peuvent être vus en intégralité, toujours grâce à l'ONF, en cliquant sous leur titre (c'est magique) :
Le Paysagiste, 07 min 31 s, 1976
Ex-Enfant, 04 min 57 s, 1994
L'heure des Anges (avec Bretislav Pojar), 18 min 41 s, 1986.

Bibliographie
Dreamland a publié en 2002
Alexeïeff, itinéraire d'un Maître
par Youri Norstein et Giannalberto Bendazzi.
L'ouvrage coûte, hum… 53,00 euros. C'est cher mais ça les vaut
quand on se passionne pour le dessin sur tapis de fakir nain.



15 août 2006

CHUCK PATCH




Patty's Wedding, 1982



À la volée ou posées, quatre-vingt-cinq images capturées entre 1972 et 1990 par Chuck Patch, un photographe amateur étazunien de la Nouvelle-Orléans.

Elles ont quasiment toutes été prises au Tri-X* avec un Leica M2 et un objectif 35mm Summaron. Certaines d'entre elles avec un Olympus OM1 et un objectif 50mm Macro, précise-t-il.
__________
* Le Tri-X est un film de marque Kodak d'une sensibilité de 400 ASA.


Ces photographies sont réunies sur flickr.com dans un portfolio intitulé Old Silver. Extraits :




New Orleans, 1985




New York City, 1975




Art's Barber Shop, 1977




Merida, 1985




Millionaires Club, Chicago, 1973




St Vincent de Paul, 1977




In the Louvre, Paris, 1980




Au Grand Palais, Paris, 1980



Depuis ces good old times, Chuck Patch est passé au numérique en couleurs et Katrina par la Nouvelle-Orléans :












Liens
Les quatre-vingt-cinq photos de la série Old Silver.
D'autres portfolios de Chuck Patch.
Deux d'entre eux sont consacrés au cyclone Katrina :
Après le Déluge, Our Katrina Odyssey, et un troisième est une sélection effectuée dans les deux précédents : City of Hope.
Tous ces beaux clichés y sont dans un plus grand format qu'ici.

14 août 2006

REISER, CHARLIE, LINUS ET LES AUTRES

Jean-Marc Reiser est né le 13 avril 1941 et mort le 5 novembre 1983. Aujourd'hui nous fêterons donc son non-anniversaire que nous aurions pu célébrer avant-hier ou dans six mois et demi sauf que c'est aujourd'hui et puis c'est tout ne me demandez pas pourquoi.

Et encore, nous contenterons-nous de l'évoquer à travers une poignée de couvertures de L'Hebdo Hara-Kiri et de Charlie Hebdo. Quelques dessins parmi tant d'autres qui semblent toujours d'actualité, malgré les années.




20 octobre 1969




2 mars 1970




13 avril 1970




2 novembre 1970




7 août 1972




19 mars 1973




20 août 1973




13 janvier 1975




1er avril 1976




29 juin 1978




La petite encyclopédie de la Boîte à Images


D'abord, il y eut le mensuel Hara-Kiri créé en 1960 par le professeur Choron (alias Georges Bernier) et François Cavanna.

Ensuite fut créé en février 1969 Hara-Kiri Hebdo, qui deviendra L'Hebdo Hara-Kiri en mai de la même année. Si le mensuel était uniquement satirique, l'hebdomadaire est aussi politique et le gouvernement en place apprécie peu.

Le 1er novembre 1970, un incendie dévaste une salle de bal, le Cinq-Sept, à Saint-Laurent-du-Pont dans l'Isère. Bilan : 146 morts. Le 9 novembre paraît cette couverture illustrée par Georges Wolinski :






Ce même jour meurt le général de Gaulle à Colombey-les-Deux-Églises. Une semaine plus tard, L'Hebdo Hara-Kiri titre :






C'en est trop pour le gouvernement, qui interdit le journal. Mais il en faut plus pour abattre une équipe et le 23 novembre paraît le premier numéro de Charlie Hebdo, avec un dessin de Gébé (me semble-t-il) à la une :






Pourquoi ce titre de Charlie Hebdo ? Parce que les compères avaient lancé, en février 1969, Charlie Mensuel. Ce magazine qui était, pour le contenu comme pour la maquette, une copie conforme d'un mensuel italien baptisé Linus, publiait des bandes dessinées.






Quant au premier numéro de la revue italienne Linus, il parut en avril 1965 :






Linus van Pelt est l'un des personnages de la BD The Peanuts, créée par Charles M. Schulz en 1950. C'est lui l'intello, le frère de Lucy. Charlie, c'est Charlie Brown, évidemment.

Charlie Mensuel s'éteindra en 1981. Racheté par les éditions Dargaud en 1982, il reparaîtra jusqu'en 1986 ; mais il n'y avait guère de rapport entre la version originale et la mouture mède ine Dargaud.

Charlie Hebdo cessera également sa parution en 1981, pour reparaître en 1992. Cette nouvelle mouture n'a elle aussi que très peu de rapports avec l'ancienne, voire aucun.


Allez, un petit dernier de Reiser pour la route :




2 août 1971



Liens
Retrouvez la quasi-intégralité des couvertures de Hara-Kiri Hebdo, L'Hebdo Hara-Kiri et Charlie Hebdo (canal historique) par ici.

Les pages dédiées à Reiser sont assez rares et pauvres, en voici la liste :
http://jrobinss.free.fr/BD/reiser.html
http://norters.ifrance.com/
http://likidvcel.free.fr/reiser.html
Et quelques couvertures de Reiser pour différents magazines de BD, sur l'excellent site bdoubliees.com.

12 août 2006

DES PIEDS ET DES MAINS - les réponses


Alors ? À qui appartenaient
ces panards et ces mimines ?





Ces paquets de doigts appartenaient à :



Christina's World par Andrew Wyeth, 1948
Cliquez sur l'image pour la voir en plus grand

J'en avais parlé par ici, entre autres.





La leçon d'anatomie du Professeur Tulp par Rembrandt, 1632
Cliquez sur l'image pour la voir en plus grand

J'en avais parlé par là.





Gertrude Stein par Pablo Picasso, 1905-1906

Est-ce que j'en avais parlé ? Bein oui, par ici.





Le serment des Horace par Jacques-Louis David, 1848

Ah celui-là, non, je n'en avais jamais parlé, désolé.





Dulle Griet ou Margot la Folle par Peter Bruegel l'Ancien, 1562
Cliquez sur l'image pour la voir en plus grand

Bruegel ! J'avais forcément évoqué sa Margot par là.





La Madonne Granduca par Sanzio Raphaël, 1504

Certains s'en souviendront, elle fut l'objet d'un jeu précédent.





François Ier par Jean Clouet, 1525-1530

Je n'en avais jamais parlé non plus, mais je l'ai en projet.
Zavez pas d'excuse.





Thérèse rêvant de Balthus, 1938

Je n'en avais jamais parlé non plus,
et ne l'ai même pas en projet.
Bon allez, zêtes excusés.



Les résultats


1ère : Sylviane avec les huit réponses bonnes, même qu'il y avait les dates. Que ça en devient une habitude. En plus, elle a trouvé les sept premières en quoi ? Trente secondes ?
2ème : Philippe de l'esprit de l'escalier avec sept bonnes réponses en échouant sur le Andrew Wyeth.
3ème : Micheline qui fut la première à répondre en fournissant six bonnes réponses mais en échouant sur le Jean Clouet et le Balthus.
4ème : Samuel qui, pour une première participation, marque cinq bonnes réponses en échouant sur Wyeth, Raphaël et Clouet.
4ème itou : Zolurne avec également cinq bonnes réponses en échouant sur Raphaël, Clouet et Balthus.
6ème : La Fourmi avec quatre bonnes réponses en échouant sur Wyeth, Raphaël, Clouet et Balthus.
7ème : Vroumette de la Souris verte qui a trouvé le Balthus.


Bravo à tous et mention esspéciale attribuée à Laurence, qui a répondu en chansons :

1 - Hubert-Félix Thiéfaine
La fille du coupeur de joints

Ben, v'là qu'elle nous prend par la taille
Pis qu'elle nous emmène sur sa paille
Elle nous fait le coup du zeppelin
La fille du coupeur de joints
La fille du coupeur de joints


2 - Boris Vian
Le petit commerce

J'ai vendu des ciseaux
Et des lames de rasoir
Des peignes en corozo
Des limes et des hachoirs


3 - Nougaro
Bidonville

Donne-moi ta main, camarade
Toi qui vient d'un pays
Où les hommes sont beaux
Donne-moi ta main camarade
J'ai cinq doigts moi aussi
On peut se croire égaux

4 - Alain Souchon
Le bagad de Lann Bihouë

T'es moche en moustache, en laides sandales,
T'es cloche en bancal, p'tit caporal de centre commercial.


5 - Georges Brassens
Pour me rendre à mon bureau

Pour me rendre à mon bureau j'ai mis deux bons godillots
Et j'ai fait quatre fois par jour le trajet à pied aller-retour.
Les Tuileries, le Pont Neuf je me gonflais comme un bœuf,
Fier de souffrir de mes corps pour un si joli décor.

6 - Barbara
Parce que

C'est parce que ton épaule à mon épaule,
Ta bouche à mes cheveux,
Et ta main sur mon cou,
C'est parce que dans mes reins,
Quand ton souffle me frôle,
C'est parce que tes mains,


7 - Serge Reggiani
Madame Nostalgie

Madame Nostalgie
Pardonne-moi si j'en ai marre
De tes dentelles grises et noires
Il fait trop triste par ici

8 - Edith Piaf
Milord

Laissez-vous faire, Milord
Et prenez bien vos aises
Vos peines sur mon cœur
Et vos pieds sur une chaise
Je vous connais, Milord

10 août 2006

DES PIEDS ET DES MAINS

À qui appartient ce pied, cette main ? Retrouvez les oeuvres, et le nom de leurs auteurs.
Réponses dans ma boîte aux lettres uniquement.


Clôture du jeu
vendredi 11 août à 23h59.

Qu'est-ce qu'on gagne ?
Le plaisir d'avoir joué…


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