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29 mai 2007

TENTATIVE DE RECENSEMENT D'UNE ICONOGRAPHIE PERECQUIENNE - Deuxième déménagement








Mes p'tites recherches perecquiennes ont déménagé sur un blogue spécialement dédié qui s'intitule Tentative de recensement d'une iconographie perecquienne (TRIP pour les intimes).
Il intègre quelques fonctionnalités nouvelles :
• un moteur de recherche interne
• un index des noms propres
• un abonnement au fil des commentaires

* * *

Et voici, pour mettre en appétit, le billet consacré au :

CHAPITRE VIII - Winckler, 1


(…) un bahut qu'il avait sculpté lui-même et dont les motifs illustraient les scènes capitales de l'Île mystérieuse (…)




Illustration de Jules-Descartes Férat, 1874

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(…) la chute du ballon évadé de Richmond (…)




Illustration de Jules-Descartes Férat, 1874

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(…) qui concluent ces aventures en les reliant aux Enfants du Capitaine Grant et à Vingt mille lieues sous les mers.




Illustration d'Édouard Riou, 1866-1867




Illustration d'Édouard Riou, 1869

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(…) les trois reproductions encadrées. Valène ne se souvient avec précision que de l'une d'entre elles : elle représentait Le Grand Défilé de la Fête du Carrousel, Winckler l'avait trouvée dans un numéro de Noël de L'Illustration ; des années plus tard, il y a seulement quelques mois en fait, Valène apprit, en feuilletant le Petit Robert, qu'elle était d'Israël Sylvestre.

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Carrousel de 1662 par Israël Silvestre, 1664-1670 ;
extrait de estiva ad capita annulumque decursio,
a Rege Ludovico XIV Principibus, summisque aulae proceribus
edita anno M DC LXII
par Charles Perrault,
Paris, Imprimerie royale, 1670
(actuellement conservé à la Bibliothèque Nationale, Paris )




Une autre gravure coloriée à l'aquarelle du Carrousel,
par Israël Silvestre

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(…) mais cette gravure justement, ou celle qui était accrochée dans la chambre et qui représentait les trois hommes en habit (…)

Ces trois personnages apparaissent au chapitre I (voir par là) mais c'est ici, dans le chapitre VIII, qu'ils sont dénommés les trois hommes en habit. Il existe, sous ce titre, un film musical franco-italien écrit et réalisé en 1933 par Mario Bonnard avec Tito Schipa en vedette, dont le synopsis est le suivant : un ténor envahi par le trac se fait remplacer sur scène par un ami qui mime ses gestes, tandis que lui-même chante dans les coulisses. Un soir que l'ami, enfermé par sa maîtresse, ne peut se rendre au théâtre, le ténor se voit contraint de chanter devant le public et obtient un triomphe.

Les trois hommes en habit (Il trattato scomparso) parut en Angleterre sous le titre I Sing For You Alone. La fiche technique complète du film par ici.






Trois hommes en habit est aussi le titre d'un roman de Charles Graza, paru en 1934 chez Tallandier. S'agit-il d'une version romancée du scénario ?

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(…) un carton à gâteaux, ouvert, encore accompagné de sa ficelle de faux raphia et sur lequel les mots « Aux délices de Louis XV, Pâtissiers-Confiseurs depuis 1742 » dessinent un bel ovale entouré d'une guirlande flanquée de quatre petits amours joufflus (…)

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Portrait de Sébastien Münster
en buste dans un encadrement ovale,
avec quatre angelots joufflus dont deux le couronnent de lauriers.
Écrit en rouge : Sebastian Munster / jung Alters L.X. jar.

Dans sa Nouvelle Biographie générale (Paris, Didot, 1865. t.36
p. 954), Hoefer signale un portrait de Münster gravé sur bois en tête de l'Organum Uranicum paru à Bâle en 1536. Celui-ci, peut-être ? De Münster, il fut déjà question au chapitre VII.

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(…) une carte postale représentant une jeune athlète manifestement japonaise tenant à bout de bras une torche enflammée.




L'athlète japonais Yoshinori Sakaï parcourant les rues de Tokyo
avec la flamme olympique, pour l'ouverture des Jeux de 1964




Affiche des XVIIIèmes Jeux olympiques de Tokyo en 1964

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(…) avec des dessins qu'il recopiait dans ses albums d'images d'Épinal (…)






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Quelque temps après il trouva au Marché aux Puces de Saint-Ouen tout un lot de petits miroirs convexes, et il se mit à fabriquer ce que l'on appelle des « miroirs de sorcières » en les insérant dans des moulures de bois inlassablement travaillées.


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Les époux Arnolfini par Jan Van Eyck, 1434



Un bref coup d'œil au cahiers des charges de Perec révèle que la mention de ce miroir est la conséquence de la contrainte imposant de citer Qentin Metsys.
Et donc, le miroir du Prêteur et sa femme :


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Le Prêteur et sa femme par Quentin Metsys,
1514, musée du Louvre, Paris.



Ce miroir, évocation de celui de Van Eyck (voir ce que j'en disais par là), n'a pas de cadre ouvragé tel que décrit dans LVME. Raison pour laquelle la mention des Arnolfini colle plus au texte que celle du Prêteur et sa femme, même si c'était là le point de départ de Perec !

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(…) un petit paysage à manivelle où l'on voyait apparaître successivement une barque, un bateau à voiles et un canot en forme de cygne tirant un homme faisant du ski nautique.


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Puzzle de soixante pièces des frères Parker
représentant l'acte I de Lohengrin de Wagner, 1912

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(…) Ils allèrent à la cinémathèque du Palais de Chaillot, dans l'après-midi, voir Les Verts Pâturages, une mouture mièvre et laide de La Case de l'Oncle Tom.







Les Verts Pâturages (The Green Pastures) était une pièce de théâtre écrite en 1930 par Marc Connelly, d'après Ol' Man Adam an' His Chillun, série de contes traditionnels qui furent publiés en 1928 par Roark Bradford. L'histoire transposait la Bible dans le milieu noir américain.

Marc Connelly adapta sa pièce au cinéma en 1936, avec William Keighley comme co-réalisateur et Rex Ingram comme vedette. La télé amerlocaine en fit deux adaptations, en 1957 et 1959.

Un téléfilm, diffusé par la télévision française pendant les vacances de Noël 1964, fut également réalisé par Jean-
Christophe Averty
et Claude Santelli.

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(…) Il le trouvait assis à sa table en train de regarder les étiquettes d'hôtel que Smautf avait ajoutées pour lui à chacun de ses envois d'aquarelles : Hôtel Hilo Honolulu, (…) paquebot Île-de-France, (…) Hôtel Mirador Acapulco, la Compaña Mejicana de Aviación, etc.




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(…) des sacrés-cœurs en carton bleu, des saints Joseph à barbe
rouge (…)







Le rêve de saint Joseph de Georges de La Tour, vers 1640

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Ces images religieuses ne sont pas nées de l'imagination ou du souvenir de Perec, car tout ce passage est en fait une citation du Bouvard et Pécuchet de Flaubert, consultable par là.

27 mai 2007

TRAVAILLEZ DU CHAPEAU ! - les réponses








Appraisal (L’évaluation), par Grant Wood,1931
Dubuque Museum of Art, Iowa




Groupe d’hommes par Rogier van der Weyden, 1460
Musées Royaux des Beaux-Arts, Bruxelles




Frère et sœur bretons par Adolphe William Bouguereau, 1871
Metropolitan Museum of Arts, New York




Le roi Marc et la belle Iseult par Sir Edward Burne-Jones, 1862
Birmingham Museums and Art Gallery, Birmingham






Le mariage à Cana par Gérard David, 1500
Musée du Louvre, Paris






L’adoration des Mages par Fra Angelico, 1445
National Gallery of Art, Washington




La présentation au Temple par Hans Memling, 1463
National Gallery of Art, Washington






L’adoration des Mages par Alessandro Botticelli, 1475
Musée des Offices, Florence




Autoportrait au chapeau de paille
par Elisabeth Vigée-Lebrun, après 1782
National Gallery, Londres






La cour des Gonzague par Andrea Mantegna, 1461-1474
fresque de la chambre des Époux, palais ducal de Mantoue




Laura Battiferri par Agnolo Bronzino, 1555-60
palais Vecchio, Florence




Portrait d’un gentilhomme par Bartolomeo Veneto, 1512
Galerie nationale d’art antique, Rome


Le premier à avoir trouvé toutes les réponses est…





Le dénommé Untel (que ça en devient une habitude).
Le deuxième est une deuxième et c'est Micheline.
Viennent ensuite Gougle, Anita, Zerbinette, Jo et Vroumette.
Sans oublier Cali qui fut très rapide, mais qui buta contre le roi Marc.





Un grand merci, comme dab aussi, à Samantdi qui instaura sur son blogue un forum de recherche.


Attttention attttention Médames zet Messieurs !


Pour le prochain concours - qui concernera un sujet inconnu pour l'heure et aura lieu à une date indéterminée mais le staff de la Boîboîte travaille nuit et jour sur ce dossier -






les réponses ne se trouveront pas dans la Web Gallery of Art ou chez CGFA, et encore moins chez Art Renewal Center. Ça sera 'achtement beaucoup plusse dur.

25 mai 2007

DES VACANCES TOUTE L'ANNÉE !

Christine Beigel est une auteuze jeunesse avec qui il m'arrive (souvent) de travailler. C'est elle qui a écrit, entre autres, l'album la petite fille qui marchait sur les lignes que j'ai illustré.





Mais la bougresse a d'autres cordes à son arc puisqu'elle lance actuellement une collection intitulée Des vacances toute l'année, qui inaugure le secteur JeUNESse des Éditions APrès la LuNe, toute jeune maison qui vient de fêter son premier anniversaire.



Ill. Morgan Navarro




Son idée, c'est de publier des livres « pas finis » parce que l'auteur et l'illustrateur (qui sont rien que des gros faignants c'est bien connu tous les zéditeurs vous le diront) sont partis en voyage. Alors, dans ces 128 pages au format cahier de brouillon, il y aura un vrai grand roman palpitant entrecoupé de 40 jeux. Avec des textes et des dessins à terminer, une carte postale à envoyer, une recette de cuisine,





un questionnaire ardu-ardu sur les narvals nerveux ou les mammouths à mémé, des charades, une BD à compléter, une chanson, des devinettes, des coloriages, etc. Sans oublier, à la fin de l'ouvrage, un carnet d'adresses, un album photo,





un herbier, un mini-journal intime, le guide de tes vacances, un grand jeu de l'oie dépliable et pas de raton-laveur, quoique…

La collection Des vacances toute l'année s’adressera à des enfants de 7 ans et demi à 11 ans au moins pour la somme modique de 8,50 €.


Mais les choses s'emballent et l'on m'annonce que deux titres sont d'ores et déjà parus, disponibles dès aujourd'hui dans toutes les bonnes librairies. Ce qui tendrait à supposer qu'il en existe de mauvaises et c'est facile à les reconnaître, puisqu'elles n'ont pas sur leur table :

LE CIRQUE PITOUFLARD À PÉTAOUCHNOCK
écrit par Christine Beigel, illustré par Pierre Fouillet

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Pitouflard a promis des vacances à ses enfants et les voilà...
à Pétaouchnock !






Assez déçus par la destination, la jeune éléphante, le vieux canasson, l'otarie, la lionne et le singe du cirque s'échappent et s'en vont visiter la ville incognito. Quoique…






Ils s'égareront dans un labyrinthe, rechercheront un zèbre caché derrière ses rayures, admireront le mémorial à la voiture inconnue, mangeront des glaces aux parfums bizarres, vivront des tas d'autres aventures et finiront par apprendre à s'aimer les uns les autres malgré leurs différences.






Le cirque Pitouflard à Pétaouchnock est recommandé par la Boîte à Images pour :
• l'été prochain
• un dimanche où il pleut et où l'on se sent vieux
• un mercredi après-midi
• un soir d'orage sous la couette
• (à toi de compléter la liste).



BONS BAISERS DE LA GALETTE-LES-BAINS
écrit par Lilas Nord, illustré par Carole Chaix

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Partir en vacances à la plage avec toute la famille et Pépé qui oublie des mots et des bouts de son passé, c'est finalement un sacré défi pour Jules Lemousse. Alors quoi de mieux qu'un cahier de vacances pour collecter de nouveaux souvenirs ?
Il y aura un réceptionniste d'hôtel qui pose des colles pas comme à l'école, une Clémentine et des nuages en forme de dragon, une carte postale adressée à une inconnnue, des profiteroles au chocolat, un chanteur d'opéra…






… des coquillages sur la plage, des crustacés jamais assez, une nuit au clair de lune avec les vagues qui font shhhhlouuuffff… pchhhh… shhhhlouuuffff…





Bons baisers de La Galette-les-Bains est recommandé par la Boîte à Images pour :
• une fin de mois de juillet au Tréport
• un début de mois d'août dans la banlieue de La Baule
(ou l'inverse)
• un samedi après-midi de septembre dans la baignoire pendant que le cartable fait une sieste dans la chambre
• (à toi de compléter la liste).




•••


Le prochain titre de la collection Des vacances toute l'année sera rédigé par le tenancier de la Boîboîte qui vous cause ici et maintenant, oui oui. Ami lecteur, sauras-tu deviner où se situera l'action de ce roman frénétique ?

• Au musée des étiquettes de boîtes à camembert de La Galette-les-Bains
• Au sommet de la tour Eiffel
• Dans la Galerie des Glaces pistache du château de Versailles
• Au sommet du phare d’Alexandrie
• Dans le fort d’Alex sans draps
• Dans les musées zinzins parisiens
• Dans un entrepôt de yaourts nature
• Dans le bon appartement chaud d'un Bonaparte manchot

Tu as trouvé ? De ces quatre personnages, quel est celui que tu n'y croiseras sûrement pas ?







23 mai 2007

AUTOPSIE D'UNE PHOTO RATÉE

Philippe Warrin, photographe de l'agence Sipa, fut l'auteur de cette affiche de campagne dont j'avais parlé dans Ça sent si bon la France :






C'est également lui qui vient de réaliser la photographie officielle de Nicolas Sarkozy en costume de président.










Une image mal cadrée, qu'il eût fallu couper en bas afin de dissimuler cette main gauche pendant bêtement, cette courbe disgracieuse de l'arrière du pantalon et cette position figée telle un piquet.

Ajoutons à cela qu'un étêtage des drapeaux nous aurait empêché de nous souvenir que ledit président n'est pas d'une très haute stature. Bien que photographié en contre-plongée comme il sied à la tradition, les étendards l'enfoncent encore un peu plus dans le sol et l'on eût pu les abaisser, quitte à couper leurs hampes.

Et ce livre en façade placé juste derrière sa tête, qui attire irrésistiblement notre regard !
Et cette coiffure quasiment rousse !
Et ce veston attaché par un seul bouton !
Et ce sourire crispé !
On est loin du chédeuvre…






En situant cette photographie dans la bibliothèque de l'Élysée, Nicolas Sarkozy fait à la fois référence à celles de De Gaulle et Pompidou, mais sans la table :






Photographié par Gisèle Freund, François Mitterrand siégeait lui aussi dans la bibliothèque. Un livre en main - on sait les goûts de l'homme pour la littérature et sa propension à en faire étalage - il avait délaissé le queue-de-pie et le bligne-bligne des médailles officielles :






Cette sacrée bibliothèque, pour un nouveau président dont l'étendue de la culture est si souvent contestée…

Jacques Chirac, lui, s'était fait portraiturer dans les jardins de l'Élysée par Bettina Rheims :






Il avait eu l'intelligence de placer ses mains inoccupées dans son dos mais le décentrement excessif de sa silhouette semblait nous faire douter de la légitimité de sa présence en ces lieux.

Quant à Valéry Giscard d'Estaing, il avait été le premier à rompre avec la tradition grâce à cette photo de Jacques Henri Lartigue






… que certains esprits chagrins rapprochèrent de ce type d'icône :






Les gens sont méchants… Mais revenons à la photographie de notre actuel président.






On a vu que la table avait été remplacée par les drapeaux et l'on peut attribuer au moins deux sens à cette substitution :

1. les livres de la bibliothèque ne sont, dans l'esprit de son propriétaire temporaire, que des livres au mètre ; des livres qui servent de papier peint, des livres qu'on n'ouvrira jamais ; pas besoin de table ni de chaise, donc ;

2. les drapeaux nous renvoient aux photographies officielles des présidents des Zétazunis :






Et c'est peut-être la raison pour laquelle le drapeau européen (qui apparaît pour la première fois sur une photo officielle de président de la République française) a été disposé à la gauche du drapeau français, et non pas à droite. Car ainsi, les étoiles sur fond bleu et les bandes horizontales rappellent la bannière amerlocaine.





On notera cependant que si les présidents étazuniens se font immortaliser devant leur drapeau (tout comme Giscard d'Estaing), Nicolas Sarkozy se fait photographier à côté, contre. Comme s'il y avait une opposition, un combat.

Comme si son projet était d'engager une lutte contre ce que représentent ces symboles, ou bien comme s'il y avait, par définition, une incompatibilité à faire coexister sur un même plan ces trois "entités".

On voit par là que le discours est trouble, fort mal maîtrisé.

Et l'on voit par là également que tout ceci n'est qu'une accumulation de maladresses : un petit bonhomme mal fagoté, crispé, perdu dans l'immensité d'une bibliothèque qu'il n'a pas l'intention de consulter et planté tel un piquet contre une paire de drapeaux bien trop grands pour lui.

Comme quoi ce n'était pas forcément intelligent de convoquer Philippe Warrin pour cette photographie, plus habitué à coucher sur papier glacé les starlettes des magazines qu'à immortaliser les personnages officiels :








Liens
L'affiche chinoise vient du site de Stefan Landsberger.
Le site des photos de Philippe Warrin est par ici.

22 mai 2007

LA CHAÎNALAKON

Le sieur Aymeric a eu la fumeuse idée de répondre à ce que l'on appelle familièrement une chaînalakon.

Une chaînalakon, vous savez, c'est ce genre de truc qui circule de blogue en blogue et qui vous demande : « Si tu étais un poisson pané à quelle huile aimerais-tu être grillé et si tu ne renvoies pas immédiatement cette chaînalakon à 827 personnes tu seras électrocuté d'ici un quart d'heure. »

Il a eu les foies, le sieur Aymeric. Il s'est dit : « J'viens juste d'arrêter d'fumer, j'vais tout d'même pas m'laisser électrocuter par une chaînalakon ! » Alors il a désigné les cinq blogues qu'il garderait s'il ne pouvait en conserver plus.

Et voilà comment je me retrouve, à mon tour, pris au piège de mon tout-à-l'ego au service d'une chaînalakon. Or donc, si je ne devais en garder que cinq, par ordre alphabétique :


Actualités34




Prévert dit le Temps perdu sur une musique d'Henri Crolla.





Collage-autoportrait de Prévert dédié à Betty Bouthoul, 1957


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Chroniques de la dèche
et de la dissolution de l'espèce humaine
dans l'économie du moteur à explosion




Bloug (détail) d'après Nighthawks d'Edward Hopper

© Alain Korkos



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Finis Africæ



Affiche de Leonetto Cappiello, vers 1921



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Kozeries en dilettante




Anna Moffo dans l'air des bijoux, extrait du Faust de Gounod.



Jenny Orléans dans le rôle de Bianca Castafiore
(avec Jean Bouise dans le rôle du capitaine Haddock)
dans Tintin et les oranges bleues de Philippe Condroyer, 1964



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Un hippopotame n'est pas une table






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Voilà. Les cinq que j'emmènerais sur une île déserte pourvue de la Déesse Aile et de tout le confort indispensable.

Une fois s'être acquitté de la tâche ingrate imposée par la chaînalakon, il est d'usage de transmettre l'objet à de pauvres hères qui vous maudiront jusqu'à la cent trente-septième génération. Je n'ai guère envie qu'on me déteste d'aussi loin, aussi je m'abstiendrai.

19 mai 2007

MOHISS, SÉNÉGALAISEMENT VÔTRE

Un grand merci à l'ami JR qui m'a envoyé les deux premières images ci-dessous.


Mohiss (Maurice) est un illustrateur qui vit ou aurait vécu à Dakar pendant de nombreuses années, et qui a dessiné la vie de tous les jours. Il s'appellerait, de son vrai nom, Richard Maurice et serait actuellement professeur d'arts plastiques en région parisienne.

Toutes ces informations sont au conditionnel, je n'en sais pas plus, alors si quelqu'un peut confirmer ou infirmer ces dires, merci d'avance.

Isabelle C. nous dit, dans les commentaires :
J'ai bien connu Maurice Richard dans les années 75, à Niamey au Niger. Il travaillait comme moi à la télévision scolaire comme graphiste-concepteur, envoyé par le ministère
de la Coopération pour former des illustrateurs nigériens.
Il travaillait auparavant dans une banque parisienne
où quelqu'un l'avait repéré pour ses talents d'illustrateur.
Il était talentueux, gentil et portait des espadrilles en toile...



Cliquez sur les images pour les voir en plus grand

















Lien
J'avais publié, il y a deux ans de cela, des enseignes de coiffeurs africains et le billet s'appelle Au bon coiffeur.

Bibliographie
Mohiss
a publié trois albums, hélas épuisés :










18 mai 2007

LA JOCONDE EST UNE TUEUSE EN SÉRIE !





L'affiche française du Zodiac de David Fincher se compose d'un code cabalistique sur fond blanc, surmonté d'un signe manuscrit bleu qui se retrouve en rouge et en petit tout en bas dans le titre.

Les affiches composées de signes sont la marque essentielle des films d'angoisse. En voici deux exemples :








D'ordinaire elles sont plutôt sombres (voir mon billet intitulé recette rapide pour réaliser une affiche de film d'angoisse), mais en concevoir une qui s'inscrit sur un fond blanc ne fait, en définitive, que confirmer le genre.

Pourquoi ce code incompréhensible ? Parce que c'est celui que le personnage principal de ce film - un tueur en série - utilise pour communiquer avec la police :






Pourquoi ce signe composé d'une croix et d'un cercle ? Parce que c'est la signature du tueur, sa marque, le logo qu'il affiche sur son costume :








Ce costume, il l'a emprunté aux premières tenues d'une bande de barbares amerlocains :




Arrestation en septembre 1871 de trois barbares
dans le comté de Tishomingo (Mississippi),
après l'assassinat d'une famille entière



On peut voir, sur cette gravure, que le premier des barbares arbore sur sa poitrine une croix chrétienne. Ses successeurs la remplaceront plus tard par une croix celtique, la même qui orne le costume de notre tueur en série.




Croix celtique à Tynwald, sur l'île de Man, en mer d'Irlande



Ce motif se retrouve judicieusement encrypté dans le film, quand l'un des personnages examine une bobine de film, justement :






Bien qu'elle soit utilisée aux Zuhessa par la bande de barbares évoquée ci-dessus, la croix celtique demeure, pour la population amerlocaine, essentiellement associée à ses racines irlandaises.






Il n'en est pas de même de ce côté-ci de l'Atlantique, qui a vu ce signe récupéré par de nombreux groupes extrémistes européens :






Et le tracé manuscrit de l'affiche française de Zodiac ne peut que rappeler certains graffitis nauséabonds, passés ou présents :






L'affiche amerlocaine contient la croix, bien sûr. Mais elle n'est pas spécialement mise en avant :






Si les affiches russe et danoise ont gardé ce signe, elles l'ont, quant à elles, converti en viseur de fusil à lunettes.








Alors on peut se poser la question suivante : pourquoi les concepteurs de l'affiche française ont-ils tellement insisté sur la croix celtique graffitée (deux fois !), si lourdement connotée ? Par bêtise, inculture crasse ou manque de morale ?




Dans les tribunes d'un stade de football romain

CADEAU BONUS


En 2006 était sorti un autre film sur le même sujet, intitulé The Zodiac et réalisé par Alexander Bulkley :






Une ambiance noir et or, un œil, des signes cabalistiques formant un code inscrit dans une forme triangulaire, une élégante police de caractères avec empattements et enfin une minuscule croix celtique.

Ça ne vous rappelle rien ?






La même année, avant ou après : une ambiance noir et or, un œil, des signes cabalistiques formant un code inscrit dans une forme triangulaire, et enfin une élégante police de caractères avec empattements…


...


La Joconde serait-elle une tueuse en série ?

16 mai 2007

TOUTE RESSEMBLANCE OU SIMILITUDE AVEC DES PERSONNAGES EXISTANTS…

En janvier 1940 paraissait aux Zuhéssa le premier numéro d'un comic book mensuel de science-fiction intitulé Planet Comics. Voici les couvertures des six premières livraisons :




Des méchants cyclopes et de courageux astronautes
avec un aquarium sur la tête




La même chose avec un œil en plus
et un aquarium en moins




Des vaisseaux spatiaux, le courageux astronaute
et la belle captive dans les mains d'un vilain




Tiens ! La demoiselle a disparu !




Ah ! La revoilà aux prises avec une créature des marais




Etc.



Mais revenons au numéro 1.





Le crayonné de la couverture est l'œuvre de Will Eisner, créateur du Spirit, décédé en janvier 2005. J'en avais parlé dans l'envol du Spirit of Brooklyn. L'encrage et la couleur de cette même couverture ont été réalisés par Lou Fine.

La toute première bande dessinée de ce Planet Comics n°1 s'appelait Flint Baker and The One-Eyed Monster Men From Mars (Flint Baker et les Cyclopes de Mars).

Il s'agissait d'un récit de quinze pages, réalisé par un certain Dick Briefer. Y apparaissaient Fletcher "Flint" Baker (notre valeureux héros), Harry Parks, Phil Godwin, Cliff Grant (qui mourait sans attendre le deuxième épisode), la très charmante Mimi Wilson, la non moins séduisante Viga, princesse de Ru, le roi de Mars et un Grand Méchant.

À la tête d'une armée de cyclopes, ce dernier prenait le pouvoir sur la planète Mars. Mais il finissait par se faire dézinguer par le peuple de Ru, et c'est ainsi qu'il passa - lui aussi - de vie à trépas avant la fin de ce premier opus.

Ah ! Suis-je bête, j'avais oublié de vous dire son nom, au Grand Méchant. Il s'appelait Sarko.




Pendant ce temps, du côté obscur,
Sarko, le dernier des méchants terriens,
prépare une attaque !





À L'ATTAQUE !




Et maintenant, je vais donner la mort à Viga, la princesse de Ru.
Et je vais donner l'immortalité à Mimi la terrienne,
afin qu'elle reste avec moi pour toujours !




C'est le magazine Comic Box qui, dans son numéro d'avril-mai 2007, exhuma les trois cases ci-dessus.






Les couvertures de Planet Comics et les détails bibliographiques proviennent d'autres sources. Rappelons enfin que :


Toute ressemblance ou similitude
avec des personnages et des faits existants ou ayant existé
ne saurait être que coïncidence fortuite.




14 mai 2007

TRAVAILLEZ DU CHAPEAU ! - le jeu


Retrouvez les titres, les auteurs, les dates de réalisation
et (si possible) les localisations actuelles de ces oeuvres :




Les réponses, intitulées chapeaux,
sont à expédier exclusivement dans
ma boîte aux lettres alain.korkos (at) gmail.com.

Clôture du concours le dimanche 20 mai à 23h59.


En attendant, vous pouvez admirer le bairait français chez Actualités 34.

12 mai 2007

CÉRÉMONIES AFRICAINES - réédition




medium_twowoodabechrm.jpg
Deux danseurs Wodaabe, Niger


medium_massaiwarrior.jpg
Guerrier Maasai avec une parure de tête
en plumes d'autruche, Kenya


medium_woodmangreene.jpg
Homme Wodaabe au concours de beauté
Geerewol, Niger


medium_surmagirltwo.jpg
Jeune fille Surma, Ethiopie


medium_wodaabecharm.jpg
Jeune homme se préparant pour la danse
au concours de beauté Geerewol, Niger


medium_femalecompmassai.jpg
Jeunes compagnes de guerriers Maasai,
Kenya


medium_bodygrdsultanagad.jpg
Garde du corps du sultan d'Agadez, Niger



Carol Beckwith et Angela Fischer

La première est américaine, la seconde est australienne. Depuis trente ans elles parcourent ensemble l'Afrique, photographiant des coutumes qui peu à peu disparaissent.

Cliquez ici pour d'autres photos
de Carol Beckwith et Angela Fischer.

Toutes les notes