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29 octobre 2007
LE JEU DE REGARDEZ-MOI DANS LES ZŒILS
Retrouvez les auteurs, les dates de réalisation,
et les titres éventuels de ces photographies :

Les réponses, intitulées zœils, sont à expédier exclusivement
dans ma boîte aux lettres alain.korkos (at) gmail.com.
Il y aura deux classements :
catégorie amateurs et catégorie professionnels
Clôture du jeu : dimanche 4 novembre à 23h59.
27 octobre 2007
TRONCHES DE BACON et L'ÉCHO D'UN CRI - réédition
Quatorze autoportraits de Francis Bacon.

1970

1970

1971

1972

1972

1972

1972

1973

1976

1976

1977

1977

1979

1980
•••

Electric Chair, sérigraphie de Andy Warhol, 1967
Malgré ce que j'ai pu en apprendre, les papes Innocent X de Velázquez revus par Francis Bacon m'ont toujours fait penser à un supplicié assis sur une chaise électrique.
Le courant le parcourt, l'envahit, il hurle et tout son corps se tend, prisonnier de cette combustion interne qui le ravage.
Ses mains se crispent sur les accoudoirs pendant que l'électricité le traverse.

Étude à partir du
Portrait du pape Innocent X de Velázquez
par Francis Bacon, 1953
Il vibre, il vibre tellement que l'image tremble et se trouble.
Les chairs se consument de l'intérieur, la pourriture post mortem devra céder sa place, il ne restera que des cendres contenues dans une carcasse faussement intacte.
Cendres invisibles, écho d'un cri.

Electric Chair, sérigraphie de Andy Warhol, 1971

Portrait du pape Innocent X par Diego Velázquez, 1650
Lien
D'autres études du pape Innocent X par Francis Bacon sont visibles par là.
26 octobre 2007
LA SCANDALEUSE AFFAIRE MARTINE
Martine cover generator est un site crapuleux qui détourne honteusement les belles couvertures des superbes albums de Martine publiés aux Éditions Casterman.


Ce site inqualifiable, qui a vu le jour le 18 octobre dernier, est arrivé à saturation en l'espace d'une semaine avec quatre (4) millions (000000) de pages chargées par jour (lire à ce sujet cette page qui raconte la genèse de l'affaire).
Aujourd'hui, l'administrateur de Martine cover generator est dépassé par les événements (bien fait pour lui), et ne permet plus aux internautes qui ne respectent rien de proposer de nouveaux détournements conjuguant la honte au scandale.
La Boîte à Images s'en réjouit et n'hésite pas à publier ici quelques-uns de ces méprisables sacrilèges afin que tout un chacun puisse juger de l'outrage intolérable :







Non vraiment, de telles entreprises qui bafouent les valeurs de notre société ne méritent pas de vivre et l'on se surprend à regretter la mise au rancart de la bascule à Charlot, qui n'avait pas que des inconvénients.

Extrait de La bascule à Charlot,
scénario et dessins de Jacques Tardi
24 octobre 2007
BOBINES DU MATIN CALME
L'art de l'affiche de cinéma coréenne est peu connu, et c'est bien dommage. Pourtant, il existe de belles choses dans ce domaine et l'on assiste depuis quelques années à une espèce de petite révolution qui, un jour où l'autre, finira par nous envahir aussi sûrement que Samsung ou Daewoo.
Petit retour en arrière.
Dans les années 1950, les affiches de films coréens empruntaient beaucoup à celles des Zétazunis :

Affiches de 1955 et 1957
À titre de comparaison :

Blackboard Jungle (Graine de violence)
de Richard Brooks, 1955
Dans les années 1960, 1970 et 1980, les affiches semblèrent s'internationaliser ; mis à part la typographie et le physique des personnages, on aurait pu les croire européennes
ou amerlocaines :
1969
1973
1984
On notera au passage la typographie de type Ben-Hur, qui commença à faire des ravages en Corée (et ailleurs) dès les années 1950.

L'affiche du film de William Wyler, 1959
Les années 1980 virent aussi les affiches se faire envahir par le texte. On en mettait partout (voir ci-dessus et ci-dessous), comme si on n'était pas certain de convaincre :
1986
Et puis, vers la fin des années 1990, un nouveau style se fit jour. Un style radicalement opposé qui, en fait, puise aux sources de la peinture chinoise (voir, par exemple, les peintures de Chu Ta dont j'avais parlé par ici et par là).
2000
Les figures sont souvent solitaires, isolées dans de grands espaces nus.
2002
Le texte se fait plus discret et la calligraphie au pinceau reprend ses droits.
2002
On est loin, désormais, des affiches "bruyantes" qui nous racontent le film par le menu. L'heure est à la sérénité au pays du matin calme. Et l'on n'hésite pas à montrer, parfois, des personnages totalement inactifs qui posent comme chez le photographe.
2003
2003
D'autres affiches de la période 2004-2007 :
2004
2005
2005
2005
2005
2007
2007
2007
L'immense majorité de ces affiches pourrait passer, par chez nous, pour des annonces de films intimistes, de films d'auteur. Or, il semblerait que ce ne soit pas le cas en Corée, et que certaines de ces bobines soient des films plutôt populaires. Cela dit, toutes les publicités cinématographiques coréennes ne sont pas dans ce style ; certaines sont plus tonitruantes et fonctionnent selon des ficelles bien connues, grosses comme des câbles (voir à ce propos, grâce au moteur de recherche, ma série de billets commençant par : "recette rapide pour réaliser"…).
Bien que son aspect typographique fasse penser à du chinois, la langue coréenne utilise un alphabet appelé hangeul qui est composé de cinquante-et-une lettres.
Il a été créé par Sejong le Grand (1397-1450), quatrième roi de la dynastie Chosŏn, pour pallier l'analphabétisme du peuple qui ne savait pas lire les difficiles caractères chinois jusque-là employés. Mais l'utilisation du hangeul ne deviendra officielle que bien plus tard, en 1894.
Et l'on constate que le chinois et le coréen se mélangeaient encore allègrement dans les affiches de cinéma des années 50 et 60. Aujourd'hui, les choses ont changé. On n'utilise plus les idéogrammes chinois que pour les « noms de personnes et de lieux, et occasionnellement dans les médias. Ils servent aussi en cas d'homonymie de deux mots écrits en hangeul » (dixit Ouiquipédia).
Comment différencier visuellement le chinois du coréen ? Trop fastoche ! Le professeur KA, diplômé de la faculté de linguistique de Séoul, vous explique tout par l'exemple.
Sur cette affiche, on a, en haut en rouge et sur la première ligne à droite en jaune, du coréen. Le reste est du chinois.
1965
Et ci-dessous, une affiche composée uniquement en caractères coréens, sauf les deux petites lignes tout en haut à droite :
1978
On voit par là que graphiquement, le coréen est beaucoup plus simple que le chinois. Mais si l'on en croit la Ouiquipédia, l'alphabet coréen, c'est quand même pas de la tarte…
안녕히 계십시오 !
[an-nyõ'ng-hi-gué-chib-chio !]

20 octobre 2007
AU NOM DU SILENCE
Il est rare que des produits de grande consommation offrent des visuels publicitaires de grande qualité. Or donc, comme le suggéra Olivier dans un commentaire pour sainte Barbe, voici quelques mots à propos de deux affiches vantant les bienfaits de la bière Grimbergen.
Et j'en profite pour dédier ce billet aux pères Arno et Xave, tiens. À la bonne vôtre, mes bien chers frères.
Cliquez sur les zimages pour les voir en plus grand


Le slogan Au nom du silence rappelle le roman d'Umberto Eco intitulé Le nom de la rose, puis l'adaptation filmée par Jean-Jacques Annaud.
Et la première des affiches Grimbergen n'est pas sans évoquer vaguement celle de ladite bobine :
Mais il y a d'autres rapprochements à faire, intimement liés à l'origine du produit. La bière Grimbergen est une bière belge qui était à l'origine brassée dans l'abbaye de Grimbergen (comme par hasard), en Belgique flamande.
Et voilà ce que nous vendent ces deux affiches : la Flandre de la fin du Moyen Âge, son folklore, son art, ses traditions et une ou deux p'tites arnaques en prime.
Première petite arnaque :
Sur les deux affiches nous voyons dessinée la basilique de Grimbergen, qui fait partie de l'abbaye.
Voici la basilique pour de vrai et l'on constate qu'elle est fidèlement reproduite :
Cela dit, fabrique-t-on toujours, dans l'abbaye qui la jouxte, la savoureuse bibine ainsi que nous le suggèrent les affiches ? Certes non ! Car en vérité je vous le dis, la bière belge Grimbergen est propriété de Kronenbourg, qui est comme chacun sait une marque française. Qui cependant appartient désormais à Scottish & Newcastle, premier groupe brassicole britannique. On est loin des p'tits moines et l'endroit où l'on élabore la Grim ressemble plus sûrement à cette usine qu'à une abbaye médiévale :
Et puis de toute façon, la basilique de Grimbergen fut érigée en 1660. Elle est de style baroque et on est loin, très loin du Moyen Âge !
Seconde petite arnaque :
Les deux affiches nous montrent des moines vêtus de blanc et sont agrémentées d'un slogan (ou baseline, pour causer la novlangue des pubards) convoquant le silence.
Sauf que les religieux de Grimbergen ne sont en aucun cas des trappistes. Cette abbaye fut fondée en 1128 par saint Norbert de Xanten, qui faisait partie de l'ordre de Prémontré. Il s'agit donc de chanoines soumis à la règle de saint Augustin, et non de moines cisterciens soumis à celle de saint Benoît. Alors certes, les prémontrés sont vêtus de blanc comme les trappistes. Mais ils ne font pas partie de cet ordre.
En associant des religieux vêtus de blanc et la notion de silence, on voudrait nous faire croire que la Grim fait partie des prestigieuses bières trappistes. Or il n'en existe que sept, dont six sont belges : la Westmalle, la Westvleteren, et l'Achel pour les bières flamandes ; la Chimay, l'Orval et la Rochefort pour les bières wallonnes. La septième est néerlandaise, c'est la Trappe.
On s'aperçoit au passage que la Leffe n'est pas non plus une trappiste, puisque l'abbaye de Leffe appartient aux prémontrés comme Grimbergen.
Allez, glissons sur ces petits détails et concentrons-nous maintenant sur ces deux superbes affiches (vous avez le droit d'aller vous chercher une Grim au frigo et je vous le conseille, vous en aurez besoin).
Elles sont l'œuvre d'Antoine Helbert, illustrateur strasbourgeois ô combien talentueux.
Je disais plus haut que ces deux affiches nous vendent la Flandre de la fin du Moyen Âge, son folklore, son art et ses traditions. Tentons (tontaine) de recenser ce qui y participe.
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Le cadre, d'abord. Il rappelle ceux des retables flamands, et peut-être plus précisément celui-ci :
Triptyque de la Vierge
par Rogier van der Weyden, vers 1440
Les coins supérieurs des cadres des affiches Grim sont en effet identiques à ceux du triptyque de Van der Weyden :
Passons maintenant à la première affiche peinte par Antoine Helbert.
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Je disais précédemment qu'elle a une légère ressemblance avec celle du film Le nom de la rose. Mais elle est surtout le mélange de deux tableaux anciens. La partie supérieure fait référence à celui-ci :
Allégorie de la Vierge de Hans Memling, 1479-1480
La partie inférieure fait référence à celui-là :

La tour de Babel de Bruegel, 1563
Le mélange des deux…
… nous donne ceci :
On notera que les personnages installés sur un promontoire situé en bas à gauche se retrouvent à la fois chez Bruegel et chez Antoine Helbert.
La position centrale du moine, avec son doigt levé, rappelle à l'évidence de nombreuses représentations de Dieu ou de Christs célestes ou non :

Détail du panneau central supérieur du
polyptyque de l'Agneau mystique de Gand
par Jan et Hubert Van Eyck, 1427-1430
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Triptyque de la famille Braque
par Rogier Van der Weyden, vers 1450
L'image nous montre la basilique de l'abbaye attaquée par la musique, le bruit. Des notes, sur des portées musicales, partent à l'assaut de la basilique-citadelle :
Des notes cuivrées, qui ont quelque chose à voir avec les cuves de fermentation des brasseries :
Cuves de l'ancienne brasserie Stella Artois,
photographie de Tchorsky
Les portées musicales, elles, sont un clin d'œil aux phylactères qui ornent nombre de tableaux de cette période :

Détail de l'un des volets extérieurs du triptyque du Maître de Moulins dont j'avais causé par là.
Rappel pour ceux qui suivent pas
et qui préfèrent siroter de la bibine
au fond de la classe.
Un phylactère, c'est :
- une amulette grecque (phulactérion = antidote) ;
- une bandelette de papier sur laquelle est recopié en hébreu un extrait de la Torah et, par extension, la boîte (téfilin תפילין) contenant ces bandelettes ;
- une banderole affichant les paroles d'un personnage dans une peinture du Moyen Âge ou de la Renaissance ;
- une bulle de bande dessinée.
Dans le ciel, tels une armée d'anges ordinairement musiciens,
des moines s'alignent pour la bataille. Ils brandissent en guise d'étendards des portées musicales où n'est inscrit
qu'un seul signe : le silence sous forme de pause.


Panneau central du triptyque du Jugement dernier
par Jérôme Bosch, non daté
Pour cette première affiche, nous avons donc (sans que la liste soit limitative) : Hans Memling, Pieter Bruegel l'Ancien, Jan et Hubert Van Eyck, Rogier Van der Weyden et Jérôme Bosch, que nous retrouverons dans la seconde.
Leurs périodes de vie vont de 1399 (naissance de Jan Van Eyck) à 1569 (mort de Pieter Bruegel).
C'est bien la fin du Moyen Âge et un peu le début de la Renaissance qu'on nous vend ici, avec l'image d'une basilique du XVIIème siècle qui est largement postérieure à cette période. Bon allez, pour une fois on pardonnera les pubards parce que ces deux visuels (comme ils disent) sont bien jolis, mais qu'ils n'y reviennent pas !
Passons maintenant à la seconde affiche. (Avant, vous avez le droit d'organiser un second raid vers le frigo.)
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Les moines représentés à droite sont peints dans des tons ocres (les deux affiches, d'ailleurs, ont cet aspect monochrome) :
Nous avons là un rappel des images peintes en grisaille qui ornent l'extérieur des retables flamands du Moyen Âge:
Volet extérieur du diptyque du portrait Laurent Froimont
par Rogier Van der Weyden, vers 1460
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Volets extérieurs du triptyque du Maître de Moulins.
Mais cette assemblée de moines rappelle aussi ces troupes d'ecclésiastiques, de nobles ou de saints qu'on peut voir dans moults peinturlures médiévales. Exemple :

Détail du panneau central du
polyptyque de l'Agneau mystique de Gand
par Jan et Hubert Van Eyck, 1427-1430
Au-dessus d'eux, d'autres étendards en forme de partitions musicales où figure l'indication du silence. Et à leur gauche, la fameuse basilique. On en a déjà causé, je n'y reviens pas, passons plutôt à la partie gauche de l'image qui vaut une inspection en règle.

Elle nous montre une foule d'instruments, qui s'inspirent des peintres précédemment cités.
L'orgue et la harpe…

… viennent de chez Van Eyck, du polyptyque de Gand déjà cité :

La cornemuse au bas de l'orgue s'est échappée du…

détail du panneau droit du polyptyque du Jardin des délices
de Jérôme Bosch, vers 1500
C'est de là aussi que vient la vielle à roue, accompagnée par une autre harpe :


etc.
Dans cette accumulation d'instruments, trois détails amusants dignes de Jérôme Bosch. Un instrument à cordes qui ressemble à un visage :

Avec, au-dessus de lui, ses petits frères qui arrivent :

Et un instrument à vent de forme éléphantesque :

Tout ça, rappelons-le, dans deux affiches publicitaires pour une marque de bière. Et encore, mon recensement n'est sûrement pas exhaustif. De la belle ouvrage, ouaipe.
Bon, c'est pas tout ça mais il fait sacrément soif.
P.S. : La société Kronenbourg a le droit de m'envoyer un ou deux paquets de son excellente bière Grimbergen, pour toute la pube que je viens de lui faire.
Liens
Le site d'Antoine Helbert, auteur de ces affiches.
Le site de Tchorski, auteur de superbes photographies industrielles. Voir à ce propos les billets que j'avais consacrés à ce sujet en tapant "l'art et l'industrie" dans le moteur de recherche.
Bonjour,
J'ai effectué un petit tour sur votre site, je l'ai trouvé fort sympathique, pris avec humour et sérieux à la fois,
merci pour l'intérêt que vous me portez.
Petite rectifications ou rajouts possible : les références que vous développez sont effectivement très exactes. Par contre, le cahier des charges me demandait d'autres références. Par exemple :
- un clin d'oeil aux Seigneur des anneaux de Peter Jackson et surtout à la composition d'une affiche de cinéma en surdimensionnant certains personnages principaux ;
- des notes évoquant une armée en armures qui, au fur et à mesure de l'avancement de l'image, se sont progressivement lissées.
18 octobre 2007
INTERLUDE
•••

La durée poignardée
par René Magritte, 1938

La gare Montparnasse
par Giorgio de Chirico, 1919

La gare Saint-Lazare
par Claude Monet, 1877

Le pont de l'Europe
par Gustave Caillebotte, 1876
17 octobre 2007
PETIT MANUEL DE DESSIN RAPIDE
Le dessin rapide est à la mode, pas le temps de passer des heures sur une œuvre, vite ! vite ! dessinons les yeux de Bette Davis avec du mascara :
Cela dit, si vous êtes définitivement nuls en dessin, vous pouvez vous contenter de warholizer une photo grâce à Photoboutique et ça donnera quelque chose dans ce genre :
gagnant du jeu du patchwork
Cliquez sur l'image pour la voir en plus grand

Lien
Des tas de vidéos de dessin (soi-disant) rapide sur YouTube,
par là.
15 octobre 2007
LE JEU DU PATCHWORK - réponses et résultats

Les réponses

Olga Kokhlova par Pablo Picasso, 1918
musée Picasso, Paris

Portrait de François Ier, roi de France
par Jean Clouet, 1525-1530
Musée du Louvre, Paris

Nature morte au tapis rouge
par Henri Matisse, 1906,
musée de Peinture et de Sculpture, Grenoble

L'enterrement du comte d'Orgaz
par Le Greco, 1586-1588,
église de Santo Tomé, Tolède

détail

Madame de Pompadour
par François Boucher, 1756,
Ancienne Pinacothèque de Munich

La Grande Odalisque
par Jean-Auguste Dominique Ingres, 1814,
musée du Louvre, Paris

La lectrice ou l'intimité
par Édouard Vuillard, 1896,
musée du Petit Palais, Paris

Portrait de KangXi,
anonyme, avant 1722,
musée du Palais, Cité interdite de Pékin

Psyché et l'Amour
par le baron François Gérard, 1797,
musée du Louvre, Paris

L'accordée de village
par Jean-Baptiste Greuze, 1761,
musée du Louvre, Paris

détail
Cliquez sur l'image pour la voir en plus grand

La Vierge entourée de saintes
par le Maître de la légende de sainte Lucie, vers 1488,
Musée royal des Beaux-Arts, Bruxelles

Louise O'Murphy
par François Boucher, 1752,
Ancienne Pinacothèque de Munich

L'une des six tapisseries de la Dame à la licorne, l'Odorat, 1484-1500,
anonyme, Musée du Moyen Âge, Hôtel de Cluny, Paris

détail

Le cabinet de toilette au canapé rose
par Pierre Bonnard, 1908
Musée royal des Beaux-Arts, Bruxelles

La marquise de Pompadour
par Maurice Quentin Delatour, 1748-1754
musée du Louvre, Paris
•••
A2 : Le François Ier de Clouet avait déjà participé à un jeu, celui des pieds et des mains.
A3 : En 2005, j'avais parlé des tissus de Matisse.
B1 : En juin dernier, j'avais évoqué l'enterrement du comte d'Orgaz du Greco dans Portrait de Montaigne en Nikopol grec.
B2 : J'ai maintes fois parlé de Boucher et de la Pompon Padour, et notamment dans ce jeu : mais où ai-je la tête ?.
B3 : De La Grande Odalisque d'Ingres j'ai causé plusieurs fois, même qu'elle a participé au jeu du 3en1.
C1 : J'avais évoqué Vuillard dans le billet consacré à Matisse, déjà cité.
C2 : Un billet fut consacré à KangXi, paix et prospérité.
D2 : Cette sainte Catherine d'Alexandrie apparut il y a peu, dans mon billet sur sainte Barbe.
D3 : J'avais longuement parlé de la Miss O'Murphy dans un billet intitulé accro de Boucher.
E2 : J'avais affiché cette œuvre dans un billet sur les miroirs de Bonnard par là.
E3 : La Pompon Padour par Delatour, cette fois, j'en avais dit de longs mots par ici.
Autrement dit, 11 œuvres sur 15 figuraient déjà dans la Boîboîte.
Les résultats
Il m'a fallu attribuer des demi-points quand les localisations des œuvres étaient oubliées. Voici donc :
Untel : 14
Micheline : 12,5
Artemisia : 14 bonnes réponses mais manquent deux localisations. Soit : 13
isophe : 9
BabdeBab : 8
Jos : 14 bonnes réponses mais une seule localisation ! Soit : 7,5
Krakoomette : 6,5
32janvier : 9 bonnes réponses mais aucune localisation ! Soit : 4,5
Perine : 4,5
Vroumette : 3,5
Vous vous êtes tous trompés à propos de la Pompon Padour de Boucher. Il s'agissait de celle de Munich, et pas d'Édimbourg.
Voici les deux :

Munich, 1756

détail de Munich

Édimbourg, 1758
Le coussin est terne dans la copie d'Édimbourg… J'avais déjà utilisé ce piège dans un jeu intitulé Mais où ai-je la tête ? (Comment ça je suis fourbe ?)
Ah ! j'allais oublier notre candidat hors-concours, j'ai nommé Fincasor qui, l'air de rien, ne raconte pas que n'importe quoi :
A1
Titre : “Die Blaue Blume“ (portrait de la mère de l'artiste)
Date : 1901
Auteur : Wassily Kandinsky
Localisation : Musée de l'Ermitage – St Petersbourg
A2
Titre : “Oléa, reine des huiles"
Date : vers 1520
Auteur : Luca Rapelli
Localisation : Fonds Puget - Marseille
A3
Titre : “Petite robe fleurie (ref90057)“ – Catalogue printemps/été
Date : 1897
Auteur : Emma Tis
Localisation : Archives La Redoute - Roubaix
B1
Titre : “ Viens derrière le rideau, je te recoifferais le moral“
Date : 1780
Auteur : Jean-Louis David
Localisation : réserves du Louvre
B2
Titre : “les petits pois sont bleus (robe des champs, collection d'automne)“
Date : 1757
Auteur : Christian La Croix Bouchée
Localisation : Château de Versailles
B3
Titre : “La grande saucisse – Ôde à Lise n° 23“
Date : 1819
Auteur : Jean D. Pingre
Localisation : Réserves du Musée d'Orsay
C1
Titre : “Moi le dimanche, je fais tapisserie chez ma tante“
Date : 1896
Auteur : Eduardo Billard
Localisation : Archives GP (Galeries du Papier Peint)
C2
Titre : “Five o'clock tea au harem“
Date : 1862
Auteur : John Frederick Lewis
Localisation : Musée Pera - Istanbul
C3
Titre : “La victoire en chantant“
Date : 1944
Auteur : Sam O'Trax
Localisation : Mémorial de Caen
D1
Titre : “Mais où ai-je bien pu fourrer ce satané téléphone ?"
Date : 1855
Auteur : Marie-France Télécom
Localisation : Musée des Télécommunications de Pleumeur Bodou
D2
Titre : “Lulu perd ses verres“ triptyque (détail)
Date : vers 1488
Auteur : Théo Van den Muyop
Localisation : Siège de la Fédération Européenne des Ophtalmologistes - Bruxelles
D3
Titre : “Bal costumé chez les Kennedy“
Date : 1959
Auteur : Norman Rockwell
Localisation : Museum of Arts - Baltimore
E1
Titre : “La dame au rhinoceros“
Date : vers 1350
Auteur : Hildebrande Ionesco
Localisation : Chapelle Notre Dame des Missions Africaines - Lyon
E2
Titre : “De l'autre côté du miroir - Marthe“
Date : 1908
Auteur : Nabija Ponnard
Localisation : Musées Royaux des Beaux Arts - Bruxelles
E3
Titre : “Réveil en grande pompe (robe d'intérieur, collection été)“
Date : 1750
Auteur : Jean Charles de Castel La Tour
Localisation : Musée de la Mode et du Costume - Paris
Perso à S_CL : tu me dis m'avoir envoyé dix fois tes résultats prétendument tous exacts, mais je n'ai rien reçu. Vérifie que des N**** c***** n'ont pas plastiqué ta bouâtàmèles.
13 octobre 2007
LES PORTRAITS DE GROUPE DE GUY HERSANT
J'aurais pu, pour parler des portraits de groupe de Guy Hersant, évoquer les photos de Seydou Keita, Malick Sidibé ou August Sander.
J'aurais pu aussi parler des portraits photographiques isolés puis en série, des portraits de groupe isolés puis en série également, de l'influence de la série sur l'image isolée et inversement.
J'aurais pu évoquer la photographie documentaire, les tentatives de recension de la totalité de l'espèce humaine à travers des images de personnes uniques, les gens au travail, les individus en uniforme fondus dans un groupe, etc. Il y aurait tant à dire.
Mais le mieux, c'est peut-être de se laisser doucement envahir par les images. Guy Hersant expose actuellement (ou exposera très prochainement) dans trois endroits différents :
PORTRAITS DE GROUPE
au château de Suze-la-Rousse
du 15 septembre au 2 décembre 2007

Photographies de groupes de visiteurs
aux châteaux de Grignan et Suze-la-Rousse.
NATURE HUMAINE
au musée de l'Hospice Saint-Roch à Issoudun
du 13 octobre 2007 au 2 avril 2008


TOUS LES HOMMES SONT DES ACTEURS
à la galerie du théâtre La Passerelle à Gap
du 28 octobre 2007 au 2 janvier 2008


D'autres photographies de Guy Hersant, glanées par-ci par-là :




Liens
Ne manquez pas ce grand diaporama de 31 photos de Guy Hersant sur l'excellentissime site Purpose (cliquez sur l'image Purpose 3).
Allez visiter son site.
J'avais déjà mentionné notre homme dans un billet consacré aux photographes ambulants africains.
Bibliographie
Trois ouvrages de Guy Hersant sont disponibles aux Éditions Filigrane. Un quatrième chez le même éditeur est épuisé, me semble-t-il :
Please do not move
photographies de Guy Hersant
et poèmes de Sam Cambo, 2005

Un cinquième, plus ancien et épuisé itou,
se déniche facilement sur le ouèbe :
La Chine quotidienne
photographies de Guy Hersant
et texte de Roland Trotignon
Léoréca Édition, 1979

En parallèle, on peut lire ce passionnant ouvrage :
Le Style documentaire
d'August Sander à Walker Evans, 1920-1945
par Olivier Lugon, Éditions Macula,
30 euros mais ça les vaut.

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10 octobre 2007
TENTATIVE DE DISSECTION D'UNE ICÔNE RÉVOLUTIONNAIRE - réédition
Décédé en 2005, Freddy Alborta avait été l'une des rares personnes autorisées par l'armée bolivienne à photographier la dépouille encore tiède d'Ernesto Che Guevara, exécuté le 9 octobre 1967 à La Higuera.
Déposé sur un lavoir d'hôpital, le corps du révolutionnaire est entouré de militaires. L'un d'eux appuie son index droit sur la poitrine du cadavre.


À cause du raccourci, cette première image a souvent été comparée au Christ de Mantegna (1431-1506). Le rapprochement est un peu rapide, un peu forcé.
En revanche, la seconde image de Freddy Alborta se prête à des analogies plus intéressantes :

Sa mise en scène évoque de nombreuses Mises au tombeau telles que cette miniature issue d'une bible française du XIIème siècle :

ou ce dessin dû à la plume de Jérôme Bosch :

Mais la comparaison la plus frappante est, loin de toute peinture d'inspiration religieuse, celle qu'on peut faire avec la Leçon d'anatomie du professeur Tulp de Rembrandt, qui se passe de tout commentaire :

Guevara en Christ mis au tombeau, ou Guevara sur une une table de dissection ? Ni l'un ni l'autre ! Ces deux photos, qui firent le tour du monde, sont inconnues à Cuba où le Che est considéré comme toujours vivant, sinon mort puis ressuscité.
Tel le voile de la Sainte Face de Véronique*, son portrait officiel immortalisé par Alberto Korda orne depuis des années des milliards de tee-shirts adolescents.


__________
* Selon la tradition, Sainte Véronique a essuyé avec un voile le visage du Christ montant au calvaire et le tissu aurait gardé la trace du visage de Jésus. Sainte Véronique (déformation de vera iconica, vraie image) est la patronne des photographes.

Sainte Véronique par Hans Memling, environs de 1483.







