« 2007-11 | Page d'accueil
| 2008-01 »
15 décembre 2007
15 DÉCEMBRE
1805 Napoléon 1er signe à Schönbrunn le décret de création de la Maison d'éducation des demoiselles de la Légion d'Honneur.
« Je veux faire de ces jeunes filles des femmes utiles, certain que j'en ferai par là des femmes agréables. » La première de ces maisons s'installera, deux ans plus tard, dans le château d'Écouen.

Visite de la reine Hortense à Écouen
par Elisabeth Swaggers, 1810
1917 Signature de l'armistice entre les Russes, les Allemands et les Autrichiens, à Brest-Litovsk.

1917 Le Grand-Duché du Luxembourg promulgue un arrêté portant dérogation à celui du 20 septembre 1917, relatif au prix de vente maximum des pommes de terre.

la pomme de terre n°2 par Henri Cueco, 1998
1959 Premier concert de Gene Vincent en France.
1960 Véra Clouzot, femme de Henri-Georges Clouzot, décède d'une crise cardiaque à l'âge de quarante-sept ans.

Véra Clouzot et Simone Signoret dans les Diaboliques,
film de Henri-Georges Clouzot, 1954
1960 Le roi Baudouin 1er de Belgique épouse la princesse Fabiola de Mora y Aragón.

1961 Reconnu coupable de tous les chefs d'accusation, Adolf Eichmann est condamné à mort.

1962 Décès de Charles Laughton, acteur britannique naturalisé américain et réalisateur d'un unique film : la nuit du Chasseur d'après le roman de Davis Grubb.

1970 décès de Stanislas-André Steeman, écrivain belge auteur de l'Assassin habite au 21 (1939), et de Quai des Orfèvres (1942), entre autres.

L'Assassin habite au 21, film de Henri-Georges Clouzot, 1942
1996 Fusion de Boeing et McDonnell Douglas.

Boeing Boeing, film de Robert Reed, 1965
2000 Fermeture définitive de la centrale nucléaire de Tchernobyl.

image d'Andrej Sheljutto
(voir mon billet sur le sujet)
2003 Prolongement du RER Éole (Est-Ouest Liaison Express) entre Villiers-sur-Marne / Le Plessis-Trévise et Tournan.
Rame Z 22500 à la station Val-de-Fontenay.
2007 Troisième anniversaire de la Boîte à Images…

Boîte à illusions de Samuel van Hoogstraten, vers 1655
… et dernier billet.
Oui, après trois ans, pas loin de six cents billets et environ sept mille images publiées, j'arrête. Autant par lassitude, que contraint par un emploi du temps démentiel. Peut-être reprendrai-je à partir du mois de mai prochain, ou peut-être pas. Merci de m'avoir lu.
Alain Korkos.
Liens
Le billet du 15 décembre 2006,
intitulé Le bonheur.
Le billet du 15 décembre 2005,
intitulé Éphéméride du 15 décembre.
Le billet du 15 décembre 2004,
intitulé Le plagiat de Dave.
00:05 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
13 décembre 2007
BOBINES ET PINCEAUX
Quelques affiches de films récemment parus ou à paraître, qui s'inspirent de chédeuvres (sélection opérée entre septembre 2007 et mars 2008).


Peinture de Shi Tao, 1642-1707 ?




Marilyn par Andy Warhol, 1962



Composition avec grands aplats de bleu, rouge, noir, jaune et gris
par Piet Mondrian, 1921


Page de dédicace de l'album
Deux carrés - une histoire suprématiste en six constructions
par El Lissitzky, 1922
traduction : Pour tous, tous les enfants


Femme dans un intérieur
par Vilhelm Hammershøi, vers 1905


Couverture de Paroles
de Jacques Prévert,
photographie de Brassai, 1946
12 décembre 2007
SIGNES D'IRAN - réédition
Le Louvre présente, du 5 octobre 2007 au 7 janvier 2008, une exposition intitulée Le Chant du monde, l'art de l'Iran safavide, 1501-1736. À cette occasion, réédition d'un ancien billet consacré à l'art de l'affiche iranienne (tous mes remerciements à S_CL et Sepideh). Ne manquez pas les liens en bas de page.
J'avais déjà parlé, par le passé, des miniatures persanes et de quelques graphistes iraniens contemporains (voir les liens signalés en bas de page).
Voici une nouvelle sélection d'affiches, en vert et ocre.
Indiquées en ocre, les traductions du persan ont été assurées par l'amie Sepideh. Grand merci à elle.
REZA ABEDINI

Affiche pour une conférence internationale
sur la philosophie et les arts, 2001
affiche pour le musée des arts contemporains

Affiche pour une exposition personnelle à Shiraz, 2001
(il s'agit d'un autoportrait)
MONIREH ZARNEGAR

Affiche pour la journée des Droits de l'Homme, 2001
Le droit à la justice par des tribunaux qualifiés;
la liberté de pensée et le droit à l'information ;
le droit à la sécurité sociale ;
le droit à l'hygiène et à la salubrité ; la sécurité individuelle ;
se libérer de l'esclavage et de la servitude ;
l'égalité dans le service public ;
se libérer de la torture et des comportements humiliants ;
le droit à la liberté dans les affaires privées
telles que la maison, la famille et la correspondance ;
la liberté dans les jugements privés et publics.
Cette affiche a figuré dans le centre culturel de Chafaq à Téhéran.
PEDRAM HARBY

Affiche pour un récital de violon
MASOUD NEJABATI

Affiche pour une exposition personnelle, 2004

Affiche pour le 3ème festival d'art conceptuel,
Université de Mashad
La lettre H en persan, autour des yeux ;
les lettres du mot festival en persan, dans les sept losanges ;
quelques poésies en haut qui ne sont pas lisibles.
EDIK BOGHOSIAN

Neglection, and trees will burn

A flower on the rock, Parajanov's art exhibition
Les phrases qui se trouvent en bas à droite,
dans la partie arrondie :
Tout le monde sait que j'ai trois pays d'origine : je suis né en Géorgie, je travaillais en Ukraine et je mourrai en Ouzbékistan.
MOSTAFA ASSADOLLAHI

La cinquante-quatrième exposition de livres en province.
Ici, au Kurdistan.
Liens
Le site de Reza Abedini.
Quelques affiches de Pedram Harby par ici.
Le site de Edik Boghosian.
Les miniatures persanes dans la Boîboîte sont
par ici avec LES CINQ POÈMES DE NEZÂMÎ
et par là avec DE LA PERSPECTIVE - 5.
D'autres graphistes iraniens contenus dans la Boîboîte,
visibles avec UN REGARD PERSAN
et grâce à une CINQUIÈME COULEUR.
06 décembre 2007
LE MERCENAIRE DU PINCEAU - 1
Puisque nous évoquions récemment dans les commentaires le métier d'illustrateur, j'm'en va livrer quelques souvenirs et considérations, en vrac et en épisodes à parution aléatoire.

Ce roman raconte l'histoire d'une jeune fille qui rejoint un chevalier du Moyen Âge.
Nous avons donc la joulie zhéroïne en premier plan, et le personnage secondaire en second plan dans le décor principal de l'action.
De très nombreuses couvertures illustrées et affiches de cinéma sont réalisées sur ce principe. Pasque c'est simple, et efficace. Banal, aussi. Tellement banal, même, que l'illustrateur doit s'évertuer à trouver une combine pour tenter d'apporter un chouïa d'originalité à son chédeuvre impérissable.
Alors, c'est quoi qui fait de cette illustration

D'abord, c'est le traitement du personnage secondaire et du décor qui rappellent plus ou moins (mais plutôt moins que plus) les manuscrits à peinture médiévaux, et plus précisément cette
peinture :
Cliquez sur l'image pour la voir en plus grand

Illustration du mois de février issue du calendrier des
Très Riches Heures du duc de Berry
par lesfrères de Limbourg, 1410-1416
J'eusse reçu de la part de l'éditeur une bourse plus garnie que j'eusse tenté de me rapprocher du travail des trois frères, mais bon, avec ce que je percevais, c'était totalement hors de question.
Le deuxième truc qui fait que cette couverture a un semblant d'originalité, c'est ce qui unit la jeune fille contemporaine et le chevalier du Moyen Âge :

L'amour étant difficilement illustrable sans tomber dans l'iconographie de type Harlequin, l'écharpe devenue neige relie les deux personnages, les unit par-delà le temps. (C'est beau, non ?)
Je dirai qu'il s'agit là d'un petit plaisir d'illustrateur, un plaisir tout à fait solitaire. Car il ne faut pas se leurrer : j'ai maintes fois montré cette couverture à des enfants dans des écoles, et rares sont ceux qui s'aperçoivent que neige et écharpe ne font qu'une. Quant au clin d'œil vers les Très Riches Heures du duc de Berry, bah !
L'illustration ci-dessus est, comme beaucoup de couvertures, une illustration à caractère d'ambiance. Elle ne montre pas un moment précis de l'histoire, mais tente plutôt de restituer l'atmosphère générale du récit.
D'une manière générale, l'illustration de couverture doit séduire, vendre le texte en ne le déflorant pas, être accrocheuse, voire menteuse. C'est son boulot. Menteuse, car tous les textes ne sont pas géniaux et l'illustrateur doit convaincre le lecteur potentiel du contraire.
Voici une autre illustration d'ambiance :

Un ordinateur tue tous ceux qui veulent jouer avec lui. Une grande partie de l'action se passe dans un château médiéval, qui prendra feu.
Le ciel suggère l'incendie, et plutôt que de représenter un nordi j'ai peint une tête de mort taillée dans une carte-mère, une tête de mort qui semble nous dévisager. Le château est celui de Puymartin, à peine modifié (merci à Untel-Intel qui l'a retrouvé) :

Une autre couverture qui pourrait être une illustration d'ambiance, sauf que non. Je crois me souvenir qu'elle décrit un moment particulier de l'histoire :

Ici ce n'est pas, on s'en doute, le portrait du héros, mais de l'un des méchants décrit exactement ainsi dans le texte. Avec ses lunettes noires et son ticheurte Miquet.
Il est vu en contre-plongée et lève la tête vers nous, sort du cadre de l'illustration. Son arme, elle, va jusqu'à sortir de la couverture. On pourrait penser qu'il vise quelqu'un se tenant à notre droite mais il nous regarde, nous, et le double reflet dans ses lunettes (rappel d'une paire d'yeux) semble aussi nous dévisager. Aglagla ! ça fait peur ! Heureusement, le Miquet est là pour nous rappeler que tout ça c'est rien que des histoires à dormir debout.
L'auteur a-t-il, pour ce personnage, pensé à François Hadji-Lazaro, ex-lideur des Garçons Bouchers ? En tout cas, moi j'y ai pensé.

La scène se passe dans un port et pour le dessiner, j'ai utilisé une des photos de ma collection :

Il s'agit en fait des ruines d'une usine à gaz qui était située porte d'Aubervilliers, à Paris. Il a fallu modifier l'arrière-plan, afin de correspondre au bouquin.
J'ai illustré beaucoup de romans du style polar et donc, me suis très tôt constitué une photothèque de lieux en déshérence : usines, entrepôts, ruelles, etc. Indispensable quand on veut travailler dans ce style. Il faut aussi posséder quelques flingues en plastique, répliques de vraies pétoires. J'ai donc un faux Smith&Wesson Special Police, un automatique Colt 1911 et un engin du genre Magnum 357. C'est ce dernier qu'on voit dans les mains du méchant ci-dessus. Mais il y a un problème, avec ces flingots en plastique toc : ils ont été fabriqués pour des mains d'enfant, bien plus petites que des mains d'adulte ! Il faut donc adapter son dessin, se souvenir de la taille réelle des joujous delamorkitue.
Voilà ! La prochaine fois, je livrerai un vrai secret d'illustrateur mercenaire…
P.S. : Toutes ces illustrations ont été réalisées à l'aquarelle sur du papier Arches grain satiné. Les contours ont été tracés à l'encre de Chine avec un stylo tubulaire Rotring n°3.
01 décembre 2007
L'ARBRE ROUGE DE SHAUN TAN - réédition
À l'occasion de la réédition de ce livre magnifique, réédition du billet qui lui fut consacré il y a deux ans.
Né en 1974 en Australie, Shaun Tan a publié cinq albums pour la jeunesse dont deux où il est à la fois auteur et illustrateur.
Le premier s'appelle The Lost Thing et reste inédit en France. Le deuxième, qui s'intitule l'arbre rouge, a été publié par la compagnie Créative. Il a reçu, en 2003, le prix Octogones décerné par le Centre International d'Études de la Littérature Jeunesse.

En voici le texte intégral et quelques images, qui peuvent être agrandies en cliquant dessus.
La journée commence parfois sans rien d'intéressant à l'horizon
et les choses vont de mal en pis
l'obscurité s'abat sur toi

personne ne peut comprendre

le monde est comme une machine sourde
sans logique ni raison
quelquefois tu attends encore et encore et encore
et tu attends toujours toujours
mais… toujours rien
puis soudain tous tes ennuis te tombent dessus

des choses merveilleuses te passent à côté

les catastrophes sont inévitables
quelquefois tu ne sais tout simplement pas
ce que l'on attend de toi
ou encore qui tu es censé être
ou bien, où tu te trouves
et la journée semble finir comme elle avait commencé
mais là, tout à coup, une chose t'apparaît, droit devant toi,
lumineuse et éclatante,
et elle t'attend tranquillement
exactement comme tu avais pu l'imaginer.

Les images ci-dessus ne rendent pas justice à cet album, en tous points merveilleux. Illustrations entre rêve et cauchemar faites de peinture et de discrets collages ; clin d'oeil au Metropolis de Fritz Lang avec une évocation du Chrysler Building de New York ; rappel de Jérôme Bosch et de Jeffrey Smart, peintre australien.
Et puis, légère et presque invisible dans ces pages lourdes, une petite feuille rouge qui traverse l'album jusqu'à la conclusion.
Bibliographie
L'arbre rouge
de Shaun Tan,
édité par la compagnie Créative.

Vous ne trouverez pas ce livre dans les librairies à grande surface, mais un petit libraire pourra vous le commander ou vous pourrez l'obtenir sur le site de l'éditeur.
À découvrir également :
The Lost Thing
de Shaun Tan,
édité par Simply Read.
Disponible sur le ouèbe.

Là où vont nos pères
de Shaun Tan,
Une bédé sans paroles parue chez Dargaud en 2007.








